‹ Histoire élémentaire et critique de JésusChapitre 25 sur 169 · Marc, XVI · texte numérisé non relu

Marc, XVI

saires, qui ne manquèrent pas de contester l'authenticité des livres apostoliques et de demander dans quelles archives on les avait trouvés. Saint Ignace embarrassé répond que ses archives à lui sont la croix . la mort et la résurrection de Jésus ^, réponse qui dut paraître peu concluante , surtout aux Juifs, gardiens si scrupuleux du texte de la loi. Gelse reprochait aux chrétiens de remanier sans cesse leurs Évangiles et de rétracter le lendemain ce qu'ils avaient étourdiment avancé la veille 2.

Il y avait un moyen d'empêcher tout remaniement et de couper court sur ce point aux accusations des Juifs et des païens , et l'on ne s'explique pas que les apôtres ne l'aient point employé. Si après avoir, d'un commun accord , rédigé un Évangile , ils l'eussent présenté dans une assemblée générale des chrétiens, garantissant la pureté du texte et l'exactitude des faits, un exemplaire aussi authentique et que les fidèles auraient si précieusement conservé, rendait toute falsification impossible. Cette précaution si naturelle n'ayant point été prise , et chaque évangéliste ayant ^ donné son travail isolément, sans dire en quoi il était préférable aux autres, chacun ajouta ou retrancha

\. Épître aux Philadelphiens, n° 8, p. 484 du livre déjà cité : Ouvrages des saints Pères qui ont vécu du temps des apôtres, 2. Orig., contra Cels., lib. IL

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suivant son caprice ou les besoins de sa secte.

Saint Epiphane accuse Marcion d'avoir altéré l'Évangile de saint Luc et certaines épîtres de saint Paul, et, en même temps, il rapporte que des chrétiens orthodoxes ont supprimé le passage où saint Luc dit que Jésus a pleuré^, prévoyant le parti que certains hérétiques en auraient tiré 2. Les Ariens profitant du passage où Marc dit que « le fils », c'est-à-dire Jésus, ne sait pas lui-même quand viendra le jour suprême^, ces mots « le fils » furent supprimés. On supprima également, dans le même Évangile, les douze derniers versets du seizième chapitre, relatifs aux derniers actes de Jésus après sa résurrection, et saint Jérôme dit qu^^ils manquaient dans presque tous les manuscrits grecs ^. Les hérétiques n'ayant aucun intérêt à cette suppression , on ne les en a point accusés. Elle est évidemment l'œuvre de quelques orthodoxes qui ont cru faire ainsi disparaître la difficulté qu'il y a , nous le verrons plus tard, à mettre ces versets d'accord avec la relation des autres évangélistes.

Après le retour de l'exil , les îlébrcux ne parlant

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