GENEALOGIE DE JESUS
Les lecteurs les plus étrangers à l'étude de FÉcriture savent que les Évangiles donnent à Jésus deux généalogies différentes. Dans Matthieu, la généalogie sert de prologue à l'histoire du Messie; Luc, au contraire, la place après le baptême de Jésus. Matthieu commence à Abraham et descend jusqu'à Jésus ; Luc, suivant l'ordre inverse, remonte de Jésus à Adam et même à Dieu, Adam qui fuit Dei. La différence est insignifiante et il n'y aurait point à s'y arrêter, si des contraditions d'une importance beaucoup plus grande ne rendaient les deux généalogies inconciliables non -seulement entre elles, mais avec les nomenclatures généalogiques du premier livre des Paralipomènes.
Ce ciui frappe d'abord dans ces généalogies rapprochées, c'est que, selon Matthieu, Joseph est fils de
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Jacob, qui descendait de Salomon fils de David, et que, selon Luc, le même Joseph est fils d'Héli qui descendait de Nathan, également fils de David. Gomment Joseph peut-il avoir deux pères, l'un Jacob de la race de Salomon, l'autre Héli de la race de Nathan ? Jésus, dit-on, n'est pas fils de Joseph, il l'est seulement de Marie. Cette réponse, qui ne résout pas la question, multiplie les difficultés. En effet, si Jésus est fils de Marie et non de Joseph, pourquoi Matthieu donne-t-il la généalogie de Joseph et non celle de Marie, et pourquoi de ce que Joseph est fils de David conclure que Jésus, qui n'est pas fils de Joseph, descend de David et de Salomon? On repond que si la généalogie du premier Évangile est celle de Joseph, celle du troisième indique les ancêtres de Marie. Quoique cette hypothèse soit sans fondement, admettons-la. D'après Luc, Marie descend de Nathan et non de Salomon; par conséquent Jésus ne descend pas plus de David et de Salomon dans le système de J^uc que dans celui de Matthieu.
Mais voici des erreurs plus palpables, des erreurs de fait et de chiffres. Depuis Abraham jusqu'à Jésus, il y eut, dit Matlhieu ^, quarante-deux général ions qu'il divise en trois séries de quatorze géné-
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rations chacuDe : la première, d'Abraham à David; la deuxième, de David à la transmigration à Babylone; la troisième, de la transmigration à Jésus. Exact pour la première série, le chiffre ne l'est point pour les deux autres. Depuis David jusqu'à la transmigration, si l'on s'arrête à Josias, comme paraît le faire l'évangéiiste, le calcul ne peut-être juste qu'en comptant David deux fois, à la fin de la première série et au commencement de la deuxième. Si, au contraire, on exclut David et l'on commence, comme il convient de le faire, à Salomon, il faudra pour que la deuxième série ait quatorze générations y comprendre Jéchonias , et la troisième série n'en aura plus que treize. Dans tous les cas, le total, Jésus compris, sera quarante et un et non quarante-deux.
Mais si l'on compare la généalogie selon Matthieu aux nomenclatures de l'Ancien Testament et à la généalogie selon Luc, ce n'est plus seulement une génération qui manque. Dans le premier Évangile, depuis Salomon jusqu'à Jéchonias, il y a quatorze générations ; dans l'histoire des rois de Juda et les Paralipomènes, il y en a dix-huit. Matthieu dit^ que Joram engendra Ozias; d'après les Paralipomènes 2, Joram engendra Ochozias qui engendra Joas, qui