Piiralip., m
moitié du iii^ siècle. Jules Africain prétend qu'il y avait chez les Juifs deux sortes de généalogies, l'une suivant l'ordre naturel, l'autre suivant l'ordre légal. La généalogie selon Matthieu vient, dit-il, de David par Salomon, et la généalogie selon Luc de David par Nathan. De Salomon naquit Mathan par Abiud, fils de Zorobabel, et de Nathan naquit Melchi par Résa, qui était un autre fils de Zorobabel. Mathan épousa Estha et en eut un fils nommé Jacob. Mathan étant mort, Estha épousa Melchi, frère de Mathan, et de ce second lit naquit Éli; par conséquent Éh et Jacob étaient frères utérins. Éli étant mort sans enfants, son frère Jacob épousa la veuve conformément à la loi qui lui ordonnait d'épouser sa belle-sœur pour susciter des enfants à son frère ^. De ce mariage naquit Joseph l'époux de Marie. Ainsi Joseph était fils de Jacob selon la nature, et fils d'Éh selon la loi. Donc, Matthieu a écrit la généalogie naturelle de Joseph, et Luc sa généalogie légale.
Une première observation à faire sur ce système, c'est qu'il rejette deux aïeux intermédiaires, Lévi et Matath, que l'auteur du troisième Évangile place entre Melchi et Éli. Ces deux générations ne se trouvaient pas dans le texte dont s'est servi Jules Afri-