‹ Histoire élémentaire et critique de la littératureChapitre 22 sur 96 · HIST DE LA LITT. FR. — XVU SIÈCLE · texte numérisé non relu

HIST DE LA LITT. FR. — XVU SIÈCLE

chœurs de conseillers au parlement, des chœurs de courtisans, etc.

10. C’est ici le lieu de parler des anachronismes qu’on reproche souvent aux poëtes érudits du xvU siècle. Tel d’entre eux, par exemple, mettra dans la bouche d’un héros grec les expressions de cantons et de tribuns. Mais ces fautes paraissent bien légères, si l’on songe que bien longtemps après eux les chefs-d’œuvre du grand siècle n’en furent pas exempts, et que Itacine lui-mème appelait les héros d’Homère monseigneur. Le véritable anachronisme était dans cette minutieuse contrefaçon des rites anciens à laquelle on s’asservissait aveuglément sans les comprendre. Garnier fut le seul qui, en traitant des sujets modernes, osât s’en écarter et supprimer les chœurs dans sa Bradantmle, qu’il fit d’après l’Arioste. Avant lui, on avait vu Guise, Coligny ou Marie Sturat immolés au milieu de chœurs de jeunes garçons et de demoiselles, et ses successeurs ne se firent pas faute de retomber dans les mêmes erreurs.

1 1 . Malgré l’accord unanime que l’on mettait à se conformer aux principes de la Poétique d’Aristote, c’était encore sans les connaître ou du moins sans les discuter. Les premiers qui s’appuyèrent de l’autorité du Péripatéticien furent Jean de la Taille et Grévin. Le premier en donna une longue démonstration en engageant les poëtes à s’y conformer ; le second s’éleva contre les massacres ou les exécutions sanglantes qui avaient lieu sur la scène à la vue des spectateurs.

12. Les représentations de l’Hôtel de Bourgogne n’en allaient pas moins leur train, malgré les succès de Jodelle et de Garnier; il y avait toujours cette portion du public recrutée parmi les bons bourgeois de Paris qui y accouraient en foule. Faute de délicatesse et d’un goût sufiisant pour comprendre la supériorité des novateurs sur les Confrères, il fallut même un nouvel édit pour faire retarder d’une heure le commencement des représentations qui faisaient déserter les églises ; le vieux théâtre tout entier avait trouvé un refuge à l’Hôtel de Bourgogne, où

venaient s’entasser pôle-môle Mystères faux et Moralités déguisées sous le nom de bergeries ou d’églogues. Cependant on ne cite guère qu’une comédie de François Habert, le Monarque, véritable sottie dans le goût allégorique, et plusieurs bergeries spirituelles et tragédies saintes de Louis Desmazures, traducteur de Virgile. Si quelques autres noms d’auteurs de Mystères, tels que ceux de Bienvenu, Jean Breton, Antoine Tyron, sont venus jusqu’à nous, ils demeurent d’ailleurs profondément inconnus.

13. Filleul , protégé par Charles IX, essaya, mais sans succès, de nationaliser la poésie pastorale. Sa tragédie A' Achille, écrite avec emphase, est dénuée d’action. Les auteurs dramatiques avaient à lutter , nonseulement contre le mauvais goût de leur temps, mais contre les acteurs privilégiés de l’ancien théâtre. Il n’existait pas encore en France une seule troupe de comédiens régulièrement organisée pour jouer les pièces d’un nouveau genre, tandis que les Confrères de la Passion parcouraient encore les villes. L’un d’eux, Jacques DE Fonteny, écrivait assez purement en vers. On voyait paraître une Camma en sept actes, par Jean Deshayes ; un Caïn, par Jean Lecocq, sous ce titre : L'odieux et sanglant meurtre commandé par le maudit Caïn; on y voit comme personnages Remords et Sang d’Abel. Roland Brisset imitait de son mieux les tragédies de Sophocle ; Béliard, auteur d’un mauvais drame intitulé le Guisien, écrivait la pastorale de Chariot, où se trouvaient des vers élégants ; l’historien, ou plutôt l’historiographe Mathieu, publiait Vasti, Clytemnestre, Aman, pièces barbares, et Bertrand une mauvaise tragédie de Priam, avec des chœurs. Parmi tant d’essais malheureux, la comédie et la tragédie faisaient cependant quelques pas. On trouve des vers énergiques dans les Lacènes ou Lacédérnoniennes, et dans la Marie Stuart ou VEcossaise de Montchrestien. Ce sont encore des déclamations vagues et vulgaires, mais où brillent de temps à autre des éclairs de talent.

^ k. Ecole ilalienne et école espagnole.

Lnriv.v, pven.ie,' i.nllale,w formel de IVcole itDllenne. - .. CaraoU-re de «s p eee reprorhes quVlle., rndrUen,. 3. l'raneni, d’Ambaise, Odel-Turnebe, Le ,n iln du sièele, la tragédie, de savame, devient poultque ; P.erre Mail, e . Loms

- 6. I.ren,ière.sinnnencea de l'école espagnole. - H. Confus, on dans ton, les .entes qnf en résultei Mo, in, Vorou.Virej. Papillon. - 7- Apparition d Alaxan re 1 ^

f'ols imitateur des Italiens, des Espagnols e. des Grecs. - 8 Exemple du » ^

gnc de Hardy. -9. Dernier signe d'existence du genre des Mystères; les deux theat.es

livanx; la Mélile de Corneille.

1. I.a connaissance du théâtre italien commençait à se répandre en France, et l’on avait déjà traduit plusieurs œuvres dramatiques de cette langue. Un essai d’imitation avait même été tenté par Jean de la Taille dans ses Corrimuoc; mais l’honneur de cette entreprise revient tout entière à Pierre de Larivey, qui déclare formellement son intention d’imiter les Italiens, et de composer des comédies en prose, parce que, disait-il, la prose allait bien mieux que la poésie aux manières du peuple, peu soigneux de ses discours, et qui, obéissant aux impressions du moment, ne pouvait guère cadencer ses périodes. Ce raisonnement est excellent, sans doute, en ce qu’il prouve que les comédies en prose doivent être admises ; mais il ne saurait prévaloir aussi contre l’emploi de la poésie. « Fes meilleurs poètes français, dit «Cinguené, ont, il est vrai, souvent employé la prose )i dans leurs comédies, et ils ont bien fait quand elle est )) bonne; mais quand ils ont eu le talent et le temps de »les écrire en bons vers comiques, tels que ceux du D Tartufe, du Misanthrope, des Femmes savantes ou du )) Joueur,’ des Ménechmes, du Légataire ou même du ), Menteur, des Plaideurs, du Méchant, de la Métromanie )) et de tant d’autres , ils ont fait encore mieux. »

2. Larivey publia douze pièces en prose. Par la fécondité de ses plans, l’habileté de 1 intrigue, la peintuie vraie des caractères, par une certaine vivacité toute française, il se place à la tête des auteurs comiques du xvF siècle. Son principal défaut, et il est grand, c’est qu’il r honnêteté, d’autant plus coupable de le faire qu’il sent

son tort et l’avoue même, en cherchant à le justifier par cette mauvaise raison qu’il faut bien peindre les mœurs du temps.

Du reste , Larivey s’embarrasse peu de la vraisemblance, accumule les incidents à la manière des Espagnols, et ne donne de mouvement à ses pièces qu’aux dépens de l’observation réelle des mœurs et des hommes. Mais il est naturel, et le vieux génie comique de la nation se montre chez lui sous des traits souvent heureux.

Montfleury, Regnard et Molière, n’ont pas craint de puiser quelques données dans les pièces de Larivey. Cel\e des Esprits, par exemple , pourrait avoir donné à Molière l’idée de son Avare. Cette ressemblance s’explique d’ailleurs par les emprunts que tous deux ont faits à Plaute. Les soins excessif que met Séverin, le personnage de Larivey, à enfouir son argent, ses indécisions, son adroite affectation à faire croire qu’il est pauvre, ses regrets amers quand sa bourse a été dérobée, ses soupçons sur tous ceux qui l’approchent, cette idée fixe qui l’obsède et amène les quiproquos les plus plaisants, tout justifie ce rapprochement, dans l’une des dernières scènes surtout, où la méprise roule constamment sur le double enlèvement de la fille et de la bourse de Séverin, et rappelle aussitôt les beaux yeux de ma cassette.

3. François d’Amroise, Odet Turnèbe et Pierre Le Loyer marchèrent sur les traces de Larivey, mais sans le dépasser. Le premier imita de l’italien deux comédies, les Néapolitaines et les Désespérades de l’Amour, qu’il intitule très-facétieuses et qui ne sont que licencieuses. Les Conteurs du second offrent aussi les mêmes caractères que les pièces de Larivey, sans être d’un aussi bon comique. 11 en est de même du Muet insensé de Pierre Le Loyer, bien plus connu par sa Néphélochorégie, imitée des Oiseaux d’Aristophane*.

k. Les troubles religieux qui marquèrent la fin du XVI® siècle amenèrent l’interrègne de la tragédie, ou du

‘ V. Histoire de la Littérature grecque, pag. 175.

moins en changèrent le caractère ; de savante, elle se fit politique. Le Triomphe de la Ligue de 1\. J. Nérée *, la Guisiade de Pierre MATTmEU^ le Chilpéric second du nom de Louis Léger, régent des Capettes, furent des manifestes politiques plus que des œuvres d’art et d’étude ; mais cette tragédie de circonstances et de passions ne dura pas.

5. Alors survint un événement qui prépara la véritable régénération du drame : les Confrères de la Passion renoncèrent à leur privilège, et une troupe d acteurs qui avait couru les provinces s’établit dans la salle construite par leurs devanciers à l’Hôtel de Bourgogne. Dans le même temps, les relations fréquentes qui s’établirent entre Ma-

* En voici quelques vers que Racine semble avoir imités :

Je redoute mon Dieu, c’esl lux seul que je crains. . . .

On n’est point délaissé quand on a Dieu pour père ;

Tl ouvre à tous.la main, îl nourrit lés corbeaux.,

Il donne la pâture aux jeunes passereaux,

Aux bêles des forêls, des prés et dés montagnes ;

Tout vil de sa bonté, eic.

L'auteur cl’Athalie dit :

Je crains Dieu, cher Abner, et n’ai point d’aulre crainte .

Dieu laissa l-il jamais ses enfants au bestiin ?

Aux petits des oiseaux il donne la pâture,

Et sa bouté s’étend sur toute la nature.

Pierre Matthieu n’était pas un poète saris mc’rite. Il est auteur d’une tragédie d'Esther, en cinq actes, sans distinction des scènes et avec des chœurs; de VasH et d’Aman, autres tragédies en cinq actes, sur le même sujet : de la G iiisiadc, tragédie nouvelle, dans laquelle, au vrai cl sans passion, est rcprésenté-le massacre du duc de Guise; enfin de Quatrains de la vanité du monde, ou Tablettes de la vie et de la mort. C’est un recueil de deux cent soixante-quatorze quatrains moraux, divisés eu trois centuries, et qui servirent longtemps à la première instruction de l’enfance. Dans le Syanarelle de Molière, l’un des personnages conseille de lire

liCs quatrains de Pibrac el les doctes tablettes Du conseiller Maliliieu, ouvrages de valeur.

Voici le quatrain qui sert de début à Matthieu :

Estime qui voudra la mort, épouvantable,

Et la fasse l’horreur do tous les animaux.

(Juam à moi, je la tiens pour le point désirable Où coimueiiccnt itus blefTâ et finissent nos maux.

drid et Paris, les drames alors récents de (Icrvantcs et de Lope de Véga, introduisirent en France la langue espagnole, et ce goût de littérature magnilique et retentissante qui domina dans les premières années du xviF siècle, et dont triomphèrent si difficilement nos meilleurs écrivains.

G. Passer ainsi sans transition des règles sévères de la forme grecque aux licences espagnoles, c’était jeter à coup sûr la confusion dans tous les genres, et c’est ce qui eut lieu en effet. Les tragédies morales allégoriques, tragicomédies, pastorales ou tragi-pastorales, fables hocagêres, bergeries, histoires tragiques, journées en tragédie ou histoire, tragédies sans actes ni scènes, martyres, tragédies bourgeoises, etc., envahirent librement le théâtre, et le dominèrent pendant trente ans. Ce fut une espèce de résurrection, de fantasmagorie du moyen âge, un potpourri, où vinrent surnager pêle-mêle des lambeaux de toutes les couleurs, farces, moralités, mystères, sotties, tragédies, tout y apparaît, tout s’y confond. Edouard Morin compose une tragédie intitulée la Peste de la Peste ou le Jugement divin, et choisit pour ses personnages le Jugement divin, la Providence, la Santé, le Vent du midi, le Peuple français, qu’il affuble de noms grecs et d’habits de cour et de guerre, suivant la circonstance, et tout cela en commémoration d’une épidémie qui venait de désoler Paris. Benoit Vorou représenta les sept Péchés capitaux sous les traits de Néron , Alexandre le Grand, Mahomet, Epicure, Crâsus, Héliogabale et Sardanapale, et les sept Vertus contraires sous ceux de Diogène, Codrus, Socrate, Solon, Pertinax, Pythagorc etllippolyte. Un religieux franciscain fait paraître une tragédie qu’il intitule, le Petit Rasoir des Ornements mondains ; Jean de ViREY compose les Machabées , et étale sur la scène les détails de torture les plus repoussants. Dans le genre comique, on voit la Nouvelle tragi-comique de Marc Papillon, bouffonnerie qui rappelle les licences de la farce. Du reste, nulle règle n’est observée dans ces bizarres compositions. L’un fait durer l’action pendant sept

ans ; l’autre introduit un narrateur oflicieux qui tient le public au courant de ce qui se passe dans les coulisses; un troisième, enfin, dans la tragédie de Joseph le Chaste, trouve moyen de parler des Anglais, des Ecossais et des Reîtres, et fait demander par le panetier du roi, qu’on mène à la potence, le temps de dire encore un Pater.

7. Ce fut au plus fort de cette anarchie scénique qu’A- LEXANDRE Hardy Vint se placer à la tête de l’école grecque-espagnole et du nouveau théâtre. Pendant trente ans, il en fut l’unique pourvoyeur, et ne composa pas moins de huit cents pièces, sur lesquelles il en a choisi lui-même quarante et une qui ont été publiées ; ce sont des tragédies, des tragi - comédies et des pastorales. Le reste ne se compose guère que d’ébauches grossières, composées en deux ou trois matinées, selon le besoin du théâtre qu’il exploitait.

Dans les pastorales, Hardy suivit les poètes italiens, successeurs du Tasse et maladroits imitateurs de s>onAminta ; mais il outra encore leurs défauts, en habillant à sa manière les nymphes et les satyres, auxquels il prête un langage aussi fade qu’obscène.

Dans les tragi-comédies, au contraire, c’est l’imitation espagnole qui domine : plans, sujets et personnages, tout est renouvelé, la plupart du temps, de Cervantes et de Véga; mêmes mœurs bourgeoises, mêmes dénouements, où triomphent la passion ou la vertu persécutées. Les changements de temps et de lieu s’y succèdent avec une telle rapidité que le lecteur ou le spectateur et le poète lui-même ignorent souvent où se trouvent les personnages.

Dans les tragédies reparaît la forme grecque, moins les chœurs, avec une certaine teinte espagnole. Les sujets en sont ordinairement historiques, tels que laMort de Darie, {Darius), Alexandre, Coriolan, Mariane, etc. L’intérêt du drame est plus vif dans ses ouvrages que dans ceux de Garnier, et l’art de combiner les etîets du théâtre semble naître dans ses pièces. Quant à son style, plus incorrect que celui de son prédécesseur, il n’oiïre encore qu’une

grossière parodie de la dignité antique. Corneille seul devait créer la tragédie, et rendre la comédie régulière.

8. Nous ne donnerons qu’un exemple du style et du dialogue de Hardy, tiré de sa tragi-comédie de Théagène et Chariclée :

Le voici . je le veux de constance sonder,

Et d’un front courroucé, d’abord, intimider .

(A Orondate.)

Homme double et pervers ! à cette heure, confesse Que réduit au pouvoir de ma main vengeresse,

Reprochable je suis de trop d’humanité ?

Que tu aurois cent morts, coupable, mérité.

S’il me ressouvenait de l’injure passée.

De la foy que tu m’as de n’aguères faussée ?

Je te laisse pourtant la vie et te promets Qu’on ne t’offencera, de ma part, désormais ;

Pourvu que, repentant, ton crime tu m’avoues .

Comment! par un mépris ta teste tu secoues?

ORONDATE

Quelle méchanceté trouves-tu de tromper Un puissant ennemy et ses fers échaper?

Employer l’artiflce, ou la force est sans force ?

D’avoir sur ses autheurs une fraude retorse {retournée) ?

J’ai fait ce qu’un des tiens en ma place devoit.

Si pour son prince armé, même chose il pouvoit.

HYDASPE

Tu m’as manqué de foy pour la trêve accordée.

ORONDATE

De mon consentement on ne l’eut demandée !

Un vulgaire {un peuple) timide et suspect me contraint;

Et semblable contrainte à la tenir n’astraint.

UYDASPE.

Qu’espérois-tu de mieux ?

ORONDATE

Une mort honorable.

HYDASPE

Ains, éloufé des eaux, une fin misérable !

ORONDATE

C’est pourquoy j’ay roidy contre elle mes éforls.

HISTOIRE CRITIQÜE

HYDASPE

11 falloit donc, sorty, te contenter alors !

ORONDATB.

Un péril afranchy defie un grand courage D’en afranchir un autre, et oser davantage !

HYDA8PE

Un péril afranchy doit, tout home prudent.

Garder qu’il ne retombe en un pire accident.

OnOJtDATB.

Trop de prudence empêche une haute entreprise !

HYDASPE

Trop de témérité est cause de ta prise.

ORONDATE

J’aime mieux par tes mains, magnanime, finir,

(lue vers mon roi, coupable, en la sorte venir.

HYDASPE

(juel suplice prendroit ton roi d’un téméraire ?

OROXDATE.

Il rémuncreroit sa vaillance, au contraire 1

HYDASPE

Tu appelles vaillance un projet insensé,

Estimant qu’il mérité estre récompensé ?

OROXDATE.

Le triste événement des guerres incertaines \ trompé devant {avant) moy de fameux caiiitaincs !

IIYD.iSPE.

Tu le savois pour nous de nombre incompetaut.

OROND.ATE.

Ouy ; mais je in’estimoy de courage hâstant

HYDASPE

Encor, quel traitement veux-tu que je te face ? ORONDATE.

Je ne désire point impéirer plus de grâce (,)u’accorderoit mon prince à quelques uns des tiens. Tombez, par un bazard louable, en ses liens.

HYDASPE

Ta franchise me plaist ; franchise qui procède D’une âme généreuse et que l’honneur possède.

Ainsy le lyon ayme à vaincre le lyon,

Combattant pour la gloire et non de passion.

Ainsy tu conoitras un vaincœur débonaire,

De courtoisie en tout à scs propos contraire,

Qui hormis le combat, ne pof te à tes pareils

Nulle animosité, les tient comme soleils .

(Aux soldats qui lui ont amené Orondate.)

3Ienez-le dans la ville, et que de ses blessures Nonobstant la vindicte et toutes les injures,

11 soit sollicité avec autant de soin

Que si j’étois réduit moy-mesme à ce besoin.

9. Au moment où la tragédie sortait de ses langes, le genre des Mystères donnait un dernier signe d’existence. On trouve, en effet, dans les annales du théâtre, que, le 9 mai 162i, fut représenté, dans l’église de Saint-Antoine de Reims, un poëme dramatique, intitulé ; Electidn de saint Nicolas à V archevêché de Myre, où 1 on voit apparaître les Nègres, les Anges et les Saints. La principauté de la Sottie subsistait encore aussi dans les premières années du xviù siècle, et donnait au prince des Sots le droit d’entrer la marot-gros à l’Ilôtel de Bourgogne par la grande porte et d’y prendre une copieuse collation. L espèce de vasselage dans lequel se trouvait l’Hôtel de Bourgogne, par rapport aux Confrères de la Passion, ne cessa qu en 1629 par arrêt du parlement. A cette époque, Paris renfermait deux théâtres rivaux, celui de l’Hôtel de Bourgogne et celui de l’Hôtel de l’Argent, autorisé comme le premier par les Confrères, et qui, débarrassé comme lui de cette servitude, fut encouragé dans la lutte par le succès de la Mélite de Corneille.

HISTOIKE CRITIQUE

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