A une taille athlétique, <t une noble physionomie, à
une bravoure de soldat, à des goûts de galanterie licencieuse, à 1 amour du luxe et de la somptuosité, le nouveau roi joignait un enthousiasme irréfléchi pour les anciens chevaliers, et le désir ardent d’égaler en tout les Medicis. Des lors tout change ; le régné de ce monarque n’estqu’unelongueféte,ou,comme ledits! expressivement Brantôme, une magnifique et superbe bombance, troublée par les querelles religieuses, interrompue par nos défaites, les inutiles exploits de Bayard, le supplice de Semblançay et les vengeances du connétable de Bourbon. Boi plus spécieux que solide, comme le disait si bien Henri IV, il exerce encore aujourd’hui sur l’imagination une séduction puissante. Les seigneurs accourent et se pressent sur les marches de son trône ; le mot et le métier de courtisan ont pris naissance. Auteurs, femmes, gentilshommes viennent adorer en foule ce nouvel astre de la royauté. La féodalité disparaît; la chevalerie, sa dernière expression, s’efface alors ou se ternit. François I" en avait le courage et non les mœurs. Il en flétrit le trait le plus noble et le plus délicat, le respect pour les femmes, et pour la première fois, les maîtresses des monarques prennent insolemment leur place à côté des reines. Les chasses, les tournois, les mascarades, les bals, les concerts se succèdent au bruit des armes. De splendides palais s’élèvent; d’admirables copies de la Vénus de Médicis et de l’Apollon du Belvédère viennent, conduits par le Primatice, embellir les jardins de P’ontainebleau. Les revenus de l’Etat se dissipent, et la magnificence du camp du Drap-d’Or, de Chambord, du Louvre, contraste tristement avec la misère et les malheurs de la France. François P” consulte Lascaris et Budé, écrit à Erasme, visite les ateliers de Cellini et de Vinci, s’égaie avec Marot, rit du cynisme de Rabelais, s’entoure de jurisconsultes, de savants et d’imprimeurs. La volupté, la licence, l’érudition occupent les loisirs d’une cour que de plus grands intérêts auraient pu contrister. Des professeurs de grec et des femmes aimables s’asseyent à la table du roi. Les honneurs, la richesse, la faveur royale deviep-
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nentles récompenses du savoir. La roture, bien accueillie pourvu qu’elle soit érudite ou élégante, vient partager les plaisirs des courtisans ; la langue française se nationalise; les écrivains se multiplient; le mouvement général est puissant, servi par le caractère et le génie du monarque. Si l’histoire et la politique ont plus d’un reproche à lui faire, il brille d’un éclat durable dans nos annales littéraires. Ici les évêques de Sens, de Senlis, de Mâcon, de Montpellier, de Grasse, de Nebbio, Guillaume Gop, Lascaris, Budé, semblent, groupés autour de lui, faire revivre la vieille académie de Charlemagne. Là se placent d’utiles institutions, l’établissement du Collège de France, la fondation des caractères de l’Imprimerie royale, les belles éditions qui en sortirent. Par malheur, la constance ne fut jamais la vertu dominante de François Toutefois les contradictions dans lesquelles il tomba ne doivent pas surprendre. Le Père des lettres fut tour à tour indifférent ou favorable à ceux qui les cultivaient, comme à la guerre il fut vainqueur et vaincu ; en politique, téméraire et incertain; en religion, ondoyant et divers, partagé entre Rome et la Réforme. Protestant avec Marguerite la conteuse et Du Bellay, il était catholique avec les cardinaux Du Prat, de Tournon, de Lorraine; il faisait à Paris brûler les Luthériens et les protégeait en Allemagne et à Genève; il songeait à appeler Mélanchthon à Paris, en même temps qu’il défendait toute interprétation des Livres sacrés en langue vulgaire, et laissait Marot fuir devant les anathèmes de la Sorbonne. Un instant, il fut tenté de supprimer l’imprimerie : c’était voir de loin dans le mal qu’elle devait faire ; mais cette suppression n’eût pu durer; le mouvement était irrésistible, on ne pouvait qu’essayer de le guider dans une bonne route, et c’est ce que François P'' ne fit pas.
3. Cette incertitude, ce partage entre l’Eglise et la Réorme, François n’en est point seul coupable. La noblesse, la cour, parurent un instant, comme lui, indécises entre Luther et le pape. 11 se passa alors chez les
grands seigneurs quelque chose de semblable à ce qui eut lieu au xviii® siècle entre les grands seigneurs aussi et les philosophes. La Réforme plut d’abord; mais ensuite, plus sage ou mieux avisée qu’elle ne le fut depuis, la noblesse s’aperçut de son erreur : elle revint sur ses pas, ou plutôt la nation, contraire aux nouveautés religieuses, l’y ramena. Au xviii® siècle, la philosophie était populaire ; au xvi% la Réforme ne l’était pas.
4. Cette protection timide et inconstante accordée aux lettres ne les pouvait donc pleinement encourager, et si à cette époque l’esprit humain grandit et jette un si vif éclat, ce n’est pas à l’influence seule de François P'' qu’il le faut attribuer. Une bonne part en est due à sa sœur Marguerite, femme d’Henri d’Albret, roi de Navarre. Si les savants ont nommé l’un le Père des lettres, ils nommèrent l’autre la dixième Muse et la quatrième Grâce, en témoignage de leur estime pour ses œuvres et de leur reconnaissance pour ses faveurs.
§ 2. Marot et Brodeau.
Marol Iiienlôt après (Villon) üt fleurir les Ballades,
'lourua des Triolels, rima des Mascarades,
A. des refrains réglés asservit les Rondeaux,
Kl monlra pour rimer des chemins lout nouveaux.
(Boileal, Jrt poétique, c. l.)
1. Clémenl Marol ; détails sur sa vie, — a. Le Temple de Cupido. — 5. Caractère de la poésie de Marol. — 4- L’Apologue du Lion cl du Rut. — 5. Epître à François lc>'. — 6. Aulre Epîire à François — 7. Autres poésies de Marot. — 8. Caractère' de ses épigrammes, — 9. Traductions en vers de Marot; sa traduction des Psaumes. — 10. Jugement résumé sur Marot; le style marolique. — 11. Victor Brodeau.
1. Ce fut au milieu des premières fêtes de la nouvelle cour qu’un page de vingt ans, Clément Marot, olfrit à un roi qui n en avait que dix-neuf, une allégorie sur l’art d’aimer, le Temple de Cupido, son premier essai poétique et le plus long de ses ouvrages. Ce n’était là encore qu’une imitation du Roman de la Rose, mais embellie de tous les attraits qu’avait pu lui prêter la fraîche et riante imagination du jeune poëte. Ce brillant début lui valut dès l’abord les faveurs du maître, et plus tard
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le double surnom de prince des pactes et de pacte des princes.
Fils de Jean Marot, valet de chambre de Louis XII et poëte assez déréglé dans ses mœurs, Clément marcha sur les traces de son père. Le libertinage et la rime lui arrivèrent comme par héritage. A quinze ans, on le vit acteur dans la troupe des Enfants Sans-Souci dirigée par Gringoire et de Pontalais. Plus tard, on voulut en faire un avocat ; mais, ennuyé de la chicane et de cet antre de procès
Où sans argent pauvreté n’a raison,
il étudia peu, devint page de Marguerite, et étudia moins encore. 11 puisa dans le commerce des grands et des dames ce tour noble et gracieux, la finesse ingénieuse, la familiarité de bon goût qu’on ne trouve pas dans Villon ; il échangea' le patois du Quercy, son pays natal, contre la langue française, dans les caurs estimée; mais une fois poëte et courtisan, son amour des plaisirs ne lui laissa guère le temps de suppléer à son manque d’éducation première ; cependant il acquit quelque teinture de la littérature latine, et sut qu’il avait existé jadis une littérature grecque.
Dès lors commença pour Marot cette vie aventureuse et galante dont la misère et l’exil devaient être le triste dénouement. Blessé à Pavie près de son maître, il fut fait comme lui prisonnier (1525). De retour en France, il s'attira la haine de Diane de Poitiers, dont il s’était fait l’ennemi après avoir été son admirateur déclaré. La vengeance de Diane fut prompte; elle accusa d’hérésie Clément, dont l’imprudente confiance lui avait sans doute donné des armes contre lui. Emprisonné d’abord au Châtelet, puis transféré à Chartres, il y composa son Enfer, satire sanglante contre scs juges. Rendu à la liberté par le retour du roi, Marot osa lever les yeux jusqu’à Marguerite ; cette témérité lui causa de nouvelles traverses. Eloigné de la cour, il alla chercher asile auprès de Rénéc de France, duchesse de Ferrarc, protectrice avouée des protestants. Mais ce ne fut pas sans regret
qu il abondonna la France. En vain il veut s’armer de fermeté et quitter sa patrie ingrate; l’amour du pays l’emporte, et il s’écrie :
Tu mens, Marot; grand regret lu sentis!
Dans son exil, il suppliait François 1" de le rendre à sa patrie, à ses amis; on n’aura plus à craindre ses imprudences. Il a vécu à Venise; il y a appris deux mots de grand profit, défiance et silence. Enfin, au bout d’un an d’exil, il obtint sa rentrée. Son père était mort; il sollicita son emploi : on le lui accorda, mais de mauvaise grâce.
Réformateur par bon ton, parce que la Réforme était à la cour le parti des gens railleurs et des femmes frivoles; hérétique par état de poëte, parce qu’il y trouvait l’occasion d’exercer sa malice, Marot s’avisa de traduire les Psaumes en français, avec François Vatable, l’un des liseurs du roi en l’Université. Dès que cette traduction parut, la cour en fut enchantée. Le roi en fredonnait tout le long du jour quelque psaume ; les dames et les courtisans les chantaient sur des airs de vaudeville. Pendant un été, ce fut la mode d’aller, tous les soirs, dans la promenade du Pré aux Clercs, pour chanter en chœur les Psaumes de Marot. Cette ferveur ne se soutint pas : soit inconstance, soit avertissement, la cour s’arrêta dans ses velléités d’hérésie, et Marot paya pour tous. II fut obligé de fuir devant les censures de la Sorbonne. Il se réfugia à Genève, où régnait Calvin, qui s’empressa d’adopter sa traduction des Psaumes ; mais les dérèglements du poëte abrégèrent l’hospitalité que lui donnait le réformateur, et Clément, fouetté, dit-on, publiquement comme adultère, se retira à Turin, où il mourut presque dans l’indigence, à l’âge de cinquante ans. Avant sa mort, il visita le glorieux champ de bataille de Cérisolles. Pour un exilé, c’était une manière de ne pas mourir sans avoir revu la France.
2. La vie agitée de Marot se réfléchit dans ses ouvrages. Après le Temple de Cupido, il ne rima guère d’allé-
ik HISTOIRE CRITIQUE
gories, genre de loisir, lorsqu’il n’est pas satirique. La poésie prit place dans son existence, et devint pour lui une amie qui l’aidait à jouir de la bonne fortune et le défendait dans la mauvaise ; c’était l’interprète de ses infortunes et de ses joies, de ses succès et de ses remerciements, de ses prières et de ses invectives. De là sans doute cette heureuse convenance et cette harmonie parfaite entre ses vers et son caractère ou sa situation. Tour à tour tendre et enjoué, toujours plaisant, souvent malicieux, rarement sérieux ou indigné, il écrit sous l’inspiration du moment, et prend avec une égale facilité tous les tons, excepté le sublime, qu’il ne connut jamais.
3. Héritier naturel de Charles d’Orléans et de Villon, c’est Marot qui a épuré les divers genres où ils se sont distingués, et réuni les plus aimables traits du vieux génie de sa patrie. 11 joint plus de finesse, d’élégance, de souplesse, des saillies plus brillantes à la naïveté qui les caractérise. Cette naïveté, qui, simple et ignorante, semblait surtout tenir à l’enfance de la langue, cette naïveté, dis-je, devient chez Marot de la grâce, c’est-à-dire qu’elle ne s’ignore plus elle-même, et que, par une sorte de coquetterie permise, elle n’a plus seulement le don de plaire, elle en a aussi l’intention.
Du reste, Marot a tous les anciens défauts de la versification française; et le seul progrès en ce genre que l’on remarque dans ses œuvres, est le perfectionnement de la césure, que Jean I.emaire lui avait enseigné*. Les vers, masculins ou féminins, se succèdent et se confondent chez lui, sans aucun ordre, malgré la règle que Jean Bouchet avait iaite de l’entrelacement régulier des rimes. Il abrège ses mots quand le nombre de syllabes l’embarrasse; et s il est moins prodigue que Villon de parenthèses et d’enjambements forcés, il fait heurter aussi souvent que lui voyelle contre voyelle. S’il est donc juste de décerner à Marot le prix de la ballade, de l’épître, du
’ C cst-a-(iirp, la coupe féminine ou l’élision de I voyelle à la fin du premier hémisliclie.
’e muet devant une
rondeau, de l’épigramme, il est juste aussi de dire qu’il ne montre point pour rimer des chemins tout nouveaux, a moins qu’on ne veuille se contenter de voir dans cet arrêt de Boileau un hommage rendu aux grâces nouvelles dont il sut revêtir des genres longtemps connus avant lui, mais nullement un brevet d’invention.
Bien n est en effet plus facile et plus élégant que le tour de ses vers. Déjà perfectionné par l’exemple des Italiens et des Latins, s’il n’essaie pas de renverser, comme devait le tenter Ronsard, notre système de poésie, il emploie avec une facilité sans égale tout ce qu’elle lui offre, et ne semble jamais avoir besoin de ce qui lui manque. C’est une aisance, un laisser-aller, un naturel parfait dans la plaisanterie ou la satire, dans l’expression de la mélancolie ou de la gaieté ; un talent délicat et D’ès-rare alors de voiler des traits hardis sous la décence ingénieuse du langage. Pasquier, panégyriste exalté des poètes de la Pléiade, louait encore, vingt ans après, la fluidité de sa veine. Nul écrivain ne possède effectivement une flexibilité plus heureuse ; une sève poétique, naïve, spirituelle, anime tout ce qu’il a écrit; il semble avoir peint son propre talent, en décrivant l’inconstante étourderie de sa jeunesse :
. Sur le printemps de ma jeunesse folle
Je ressemblais rhirondelle qui vole Puis çà, puis là; l'âge me conduisait Sans peur, ni soins, où le cœur me disait.
4. Deux fois Marot fut mis en prison : la première, comme nous l’avons dit, pour avoir prêté à une accusation d’hérésie. Du Châtelet, où il était captif, il adressa une épître à son ami Lyon Jamct, et, employant VApoloçjue du Lion et du Ptat \ il le pria de solliciter son élargissement. f^n voici d’abord le début, qui a souvent été imité :
Je ne t’escry de l’ariour vaine et folle;
Tu voys assez, s’elle sert, ou affolle.
’ La Fontaine en a resserré l’idée en quelque*
Je ne t’escry ne d’armes, ne de guerre ;
Tu voys qui peult bien ou mal acquerre.
Je ne t’esery, etc.
Mais je te veux dire une belle fable.
Il raconte alors comment le lion délivra le rat d’un piège où il était pris,
Dont maistrc rat eschappe vistement;
Puis mist à terre un genoul gentement,
Et en estant son bonnet de la teste A mercié mille fois la grand’ beste,
Jurant le dieu des souriz et des ratz Qu’il lui rendroit.
A son tour, le lion est pris dans les rets ; le rat accourt et promet de le délivrer :
Lors le lyon ses deux grans yeulx vertit Et vers le rat les tourna un petit,
En luy disant : O pauvre verminière,
Tu n’as sur toy instrument, ne manière.
Tu n’as Cousteau, serpe, ne serpillon.
Va te cacher, que le chat ne te voye.
Sire lyon, dist le filz de souris,
De ton propos, certes, Je me soubris;
J’ai des cousteaulx assez, ne te soucye,
De bel os blanc plus tranchant qu’une sye; Leur gaine, c’est ma gencive et ma bouche ; Rien couppcront la corde qui te touche De si très-près : car je y mettray bon ordre.
Lors sire rat va commencer à mordre Ce gros lyon : vray est qu’il y songea Assez long-temps; mais il le vous rongea Souvent et tant, qu’à la parfin tout rompt ; Et le lyon de s’en aller fut prompt,
Disant en soy : Nul plaisir en etl'cct
Ne se pert point, quelque part où soit faict.
Or viens me vcoir, pour faire le lyon ;
Et je mettray peine, sens et estude D’ètrc le rat, exempt d’ingratitude.
Il n’est pas besoin de faire remarquer la gentillesse et la grâce de cet apologue.
5 La seconde fois que Clément tâta de la prison, il avait, cedant a un mouvement d’humanité, arraché des mains des archers un prisonnier que sans doute il croyait innocent. Pour sortir, il eut recours à François I" luimême, et lui adressa une EpUre dont nous citerons le commencement et la fin :
Koy des François, plein de toutes bontéz.
Quinze jours a, Je les ay bien contés,
Et dès demain seront justement seize.
Que je fus fait confrère au diocèse De Saint-Marri, en l’église Saint-Pris;
Si vous dirai comment je fus surpris,
Et me desplaist qu’il faut que je le die.
Trois grans pendars vinrent à l’estourdie,
En ce palais, me dire en desaroy :
Nous vous faisons prisonnier par le roy. Incontinent, qui fut bien estonné ?
Ce fut Marot, plus que s’il eust tonné;
Puis m ont monstré un parcliemin escrit,
Où n’y avoit seul mot de Jésus-Christ;
Il ne parloit tout que de plaiderie.
De conseillers et d’emprisonnerie.
Vous souvient-il, ce me dirent-ilz lors.
Que vous estiez l’autre jour là dehors, '
Qu’on recourut un certain prisonnier Entre nos mains? et moy de le nier;
Car soyez seur, si j’eusse dict ouy.
Que le plus sourd d'entre eux m’eust bien ouy ;
Et d’autre part, j’eusse publiquement Esté menteur : car pourquoy et comment Eussé-je peu un autre recourir.
Quand je n’ay sceu rnoy-mesme secourir ?
Pour faire court, je ne sceu tant prescher.
Que CCS paillards me voulsissent laseber.
Sur mes deux bras, ilz ont leur main posée Et m’ont mené ainsi qu’une espousée.
Très humblement je requiers vostre grâce De pardonner à ma trop grand’ audace.
D’avoir emprins [entrepris) ce sot escrit vous faire: Et m’excusez si pour le mien aiïaire Je ne suis point vers vous allé parler;
Je n’ay pas eu le loisir d’y aller.