‹ Histoire élémentaire et critique de la littératureChapitre 75 sur 96 · Gabriel Daniel, natif de Bouen mourut · texte numérisé non relu

Gabriel Daniel, natif de Bouen mourut

historiographe de France en 1728. Sa vie fut laborieuse et marquée par un grand nombre d’écrits qu’on peut diviser en trois classes, philosophiques, théologiques et historiques. Dans la première, on distingue le Voyage du monde de Descaries, réfutation du système des tourbillons. On remarque dans la deuxième les Entretiens de Cléandre et d’Eudoxe sur les Lettres jtrovinciales ; on y voit clairement, qu’entraîné par l’esprit de parti, Pascal a souvent mis le ridicule à la place de la vérité ; qu'il a plus souvent encore exagéré ta tendance dangereuse de certains passages cités et qu’il en a même altéré le sens, soit en les traduisant d’une manière peu fidèle, soit en les isolant à dessein des discussions qui les précèdent ou qui les suivent. Mais ce qui établit ajuste titre la célébrité du P. Daniel, c’est sa grande Histoire de Erance, si décriée par Voltaire, Mably, Longuerue, Millot, Boulainviliiers, Lenglet-Dufresnoy. A les entendre, il ne possède aucune

des qualités de i’historien : il est, suivant eux, partial, inexact, intolérant ; il omet les faits les plus intéressants relatifs aux usages, aux mœurs, aux lois, et pour la troisième race surtout, son Histoire n’est qu’un ennuyeux récit de sièges, de combats et d’actions guerrières ; enfin son style est sans force, sans élégance et sans correction. Ces reproches ne sont fondés qu’en très-petite partie : le P. Daniel narre avec justesse et netteté ; il est méthodique, simple, clair, plus exact et plus impartial, dit le président Hénault lui-même, qu’on ne le croit communément, et s’il n’a point donné à ses recherches ni assez d étendue ni assez de profondeur, c’est qu’une entreprise aussi vaste était au-dessus des forces d’un seul homme. Le P. Daniel était Jésuite : indè iræ.

On lui doit encore VHistoire de la milice française, ouvrage original pour les recherches, et le meilleur qui existe sur ce sujet.

4. Henri de Boulainvilliers (1678-1722), issu d’une ancienne maison picarde, fut le plus savant gentühnmme du royaume dans l’histoire et le plus capable d’écrire celle de France, s’il ri’avait pas été systématique (Voltaire). Ses ouvrages, en assez grand nombre et la plupart restés en manuscrits, sont remplis de vues ingénieuses, de maximes hardies, et de paradoxes mêlés à d’utiles vérités. Les études quïl avait faites sur la féodalité l’avaient tellement frappé, qu’il regardait ce gouvernement comme le chef-d'œuvre de l’esprit humain. Son amour pour l’ancienne noblesse le rend quelquefois injuste pour le clergé, pour les rois et pour son siècle qu’il traite partout avec humeur ; il va souvent jusqu’à justifier les révoltes des grands vassaux, et tel est son aveuglement qu’en parlant de la liberté féodale, il s’exprime quelquefois sur la royauté comme les démagogues. Montesquieu Iç juge ainsi :

Comme Boulainvilliers, dit-il dans son Esprit des lois, a écrit avec cette simplicité, cette franchise et cette ingénuité de l’ancienne noblesse dont il était sorti, tout le monde est capable de juger des belles choses qu’il dit,

et des erreurs dans lesquelles il tombe. 11 avait plus d’esprit que de lumière, plus de lumière que de savoir ; mais ce savoir n’était point méprisable, parce que de notre histoire et de nos lois, il savait très-bien les grandes choses.

On connaît principalement de lui :

1» Histoire de Vaneien gouvernement de France avec quatorze lettres historiques sur les parlements ou Etats-Généraux, ouvrage curieux et hardi ;

2° Etat de la France,... extrait des mémoires dressés par les intendants du royaume par ordre de Louis XIV, avec des mémoires historiques sur l’ancien gouvernement de cette monarchie jusqu’à Hugues Capet ;

3» Mémoire pour la noblesse de France, contre les ducs et pairs ;

4» Histoire de la pairie de France et du parlement de Paris, avec des traités touchant la pairie d’Angleterre et les grands d’Espagne ;

5» Abrégé chronologique de l'histoire de France, depuis Pharamond jusqu’à la mort d’Henri IV ;

6“ La Fie de Mahomet avec des réflexions sur la religion mahométane et les coutumes des Musulmans. Dans cet ouvrage, Boulainvilliers se montre plein d’admiration pour le prophète de la Mecque, et peu s’en faut qu’il n’ait, pour les lois du Koran, le meme respect que pour celles de la féodalité. Du reste, cette histoire est écrite presque tout entière dans le style et avec l’emphase des Orientaux.

On a fait paraître, sous son nom, plusieurs brochures irréligieuses, entre autres, le Diner du comte de Boulainvilliers, dont il est prouvé qu’il n’est pas l’auteur. 11 mourut en effet entre les bras du P. La Borde, prêtre de l’Oratoire, qui rendit un compte édifiant de ses derniers instants.

5. L’abbé Dubos (1670-1742), natif de Beauvais, après avoir servi son pays dans plusieurs négociations secrètes, se retira de la carrière politique pour entrer dans celle de l’histoire et de la littérature. Son premier ouvrage fut V Histoire des quatre tiordiens prouvée et illustrée par des médailles (1695) ; mais malgré tous les efforts de son érudition et de sa critique, l’opinion commune, qui n’admet que trois empereurs de ce nom, a prévalu. Pendant la guerre de la succession d'Lspogne, il publia (1703), pour disposer la Hollande et l’Angleterre à la paix, un ouvrase intitulé : les Intérêts de l’ Angleterre mal entendus

dans la guerre présente. Il y prédit la séparation des colonies anglaises, comme la suite nécessaire de la destruction de la puissance française dans l’Amérique septentrionale, du besoin qu’aurait l’Angleterre d’imposer des taxes sur ses colonies et du refus qu’elles feraient de se soumettre à ces taxes; toutes choses qui sont arrivées point pour point. En 1709, l’abbé Dubos donna son Histoire de la ligue de Cambrai, où l’auteur développe avec beaucoup de détails et pourtant de netteté, les motifs, les progrès et la dissolution rapide de cette fameuse alliance. C’est une œuvre profonde, politique, intéressante, enfin un modèle en ce genre. V Histoire critique de V établissement de la monarchie française dans les Gaules a pour objet de prouver que les Francs sont entrés dans ce pays, non pas en conquérants, mais à la prière de la nation qui les appelait pour la gouverner. Ce système, exposé avec beaucoup d’art, eut d’abord des partisans très-zélés ; mais il fut ensuite réfuté victorieusement par Montesquieu {Esprit des lois, liv. 30). L’abbé Dubos fut plus heureux dans ses Réflexions critiques sur la poésie, la peinture et la musique. C’est un des ouvrages où la théorie des arts est expliquée avec le plus de justesse et de sagacité. « Tous les artistes, dit Voltaire, le lisent avec

» fruit . Ce qui en fait la bonté, c’est qu'il n’y a que

» peu d’erreurs, et beaucoup de réflexions vraies, nou- » velles et profondes. Ce n’est pas un livre méthodique, » mais l’auteur pense et fait penser. 11 ne savait pourtant » pas la musique ; il n’avait jamais pu faire de vers et » n’avait pas un tableau ; mais il avait beaucoup lu, vu, » entendu et réfléchi. y> Voltaire devait peut-être cet hommage à Tabbé Dubos , qui le premier avait indiqué la Henriade comme un sujet intéressant de poëme épique.

L’abbé Dubos mourut en 1742 secrétaire perpétuel de l’Académie française.

6. L’abbé de Saint-Réal ne fut notre compatriote que par le langage. Né, l’an 1639, àChambéry, ily mourut en 1692, et pourtant il n’écrivit qu’en français. Il est le premier écrivain du xviC siècle qui sût donner à l’his-

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toire l’intérôt dramatique dont elle est susceptible; mais il tomba dans l’écueil du genre, et ses compositions ont trop souvent une couleur romanesque.

L’abbé de Saint-Réal débuta par un Traité sur l’usage de Vhisloire. Ce traité renferme sept discours, précédés d’une introduction dans laquelle l’auteur s’élève contre la méthode ordinaire d’étudier l’histoire, en chargeant sa mémoire de dates, de noms et d’événements. Il veut qu’on l’apprenne pour connaître les hommes, les causes morales des événements et les mobiles des actions. Il fit paraître ensuite Don Carlos, nouvelle historique; c’est un morceau très-bien écrit, mais plus digne d’un romancier que d’un historien, h' Histoire de la conjuration des Espagnols contre la république de Venise est encore un roman historique ; c’est, pour le style, le chef-d’œuvre de Saint-Réal. Otway et Laplace en ont tiré leur Venise sauvée, et La Fosse, son Manlius (p. 383). La Conjuration des Gracques a moins d’éclat, mais autant d’intérêt ; les Entretiens sur l'histoire romaine présentent des considérations neuves et souvent piquantes; le Discours sur la valeur est un chef-d’œuvre de raison et de goût. Tels sont, avec un Traité de la Critique, la Vie de Jésus-Christ et quelques autres écrits, les principaux ouvrages de Saint- Réal, qui, quoique étranger, contribua puissamment à perfectionner la langue française.

7. Pierre Joseph Douléans (1644-1698), Jésuite, natif de Bourges, se fit d’abord connaître par quelques Biographies, écrites d’un style agréable et semées de rétlexions judicieuses. Il est le premier qui ait choisi dans l’histoire les révolutions pour son seul objet. L’idée était heureuse, et l’exécution y répondit. V Histoire des révolutions d' Angleterre a conservé l’estime des critiques les plus délicats ; celle des Dévolutions d’Espagne n'eut pas le même succès ; mais ce fut moins la faute de l’auteur que celle du sujet. On trouve dans ces deux ouvrages une narration vive et piquante, un style clair et abondant, l’art de discerner les objets vraiment dignes d’attention et celui de les présenter sous te point de vue la

plus frappant. Parmi ses Biographies, celle du P. Cotton est ta plus intéressante, et quoique ses Sermons n’aient rien ajouté à sa réputation, ils méritent d’être distingués dans le nombre des ouvrages de ce genre. On doit encore au P. Dorléans V Histoire des deux conquérants tartares, Chunchi etCamhi, remplie de particularités curieuses.

8. Paul de Rapin— Ihoiras (1661-1725), neveu du célèbre Pellisson (p. 464), quittala France après la révocation de 1 édit de Nantes, et séjourna d’abord en Angleterre, puis en Hollande où il mourut. 11 y écrivit VHistoire d’Angleterre, depuis l’établissement des Romains dans la Grande-Bretagne jusqu’à la mort de l’infortuné Charles 1“ (8 volumes in-4“). Le style de Rapin, quoique peu châtié, est clair et rapide : il présente les faits avec ordre, décrit bien les causes des événements, et cite avec soin ses autorités; mais il montre partout la partialité la plus révoltante. 11 semble n’avoir pris la plume que pour décrier la France et son gouvernement. On doit encore à Rapin-Thoiras une bonne Dissertation sur les Whigs et les Tories.

9. René Aubert de ’Vertot (1655-1735), abbé, chercha, avec beaucoup de tact, dans les annales anciennes ou modernes, des sujets dramatiques, et qui, bornés et unis dans la variété de leur développement, eussent, avec la grandeur de l’histoire, l’intérêt du roman. Les Révolutions romaines sont justement estimées ; les Révolutions dePortugal et cellesde Suède se font lire avec beaucoup d’intérêt. Narrateur élégant et habile, on désirerait en lui une connaissance plus profonde des mœurs et des institutions, ainsi que plus d'exactitude et de scrupule. Son Histoire de Malte passe encore, dans l’esprit de beaucoup de gens, pour être moins exacte; et l’opinion vulgaire se fonde à cet égard sur une réponse de Vertot à quelqu’un qui lui remettait des Mémoires sur le siège de Malte ; il refusa les pièces en disant : Mon siège est fait. Mais cette réponse, comme le prouve M. de Bussy ne

1 Voy. Y Histoire des chevaliers de Malte, refaite et continuée jusqu’à nos jours (chez Périsse frères).

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fut faite que pour échapper aux importunités d’un grand nombre de familles qui voulaient faire figurer leurs ancêtres dans cette histoire.

10. Les Révolutions romaines sont l’œuvre capitale de l’abbé Vertot. Pour la composer, il prit la science telle qu’elle était alors ; il ne chercha point, comme on le fait de nos jours, à découvrir, à travers la couleur épique dont la poésie, les traditions, les historiens eux-mêmes, ont revêtu les annales de Rome, quelles furent ses véritables origines, son état social, son gouvernement et ses lois aux diverses époques. En outre l’histoire ne lui apparaissait que sous son aspect dramatique. 11 écrivit les révolutions de Rome comme Corneille composait ses tragédies, et il prenait la chose si fort à cœur, qu’on le voyait fondre en larmes à l’Académie, en lisant le discours de Véturie à Coriolan. Ainsi, c’est surtout le talent du récit qu’il faut chercher dans son livre, et non la couleur des temps et des lieux. Les sentiments, les mœurs, les relations sociales, tout y prend un aspect moderne, comme dans une tragédie du Théâtre -Français. C’était ainsi qu’on représentait, à cette époque, soit l’antiquité, soit les contrées étrangères. De nos jours, l’imagination se plaît aux tableaux qui ont toutes les nuances locales, le costume original, la naïveté des sentiments et du langage. 11 n’est pas besoin de dire que cette dernière méthode, employée sobrement, est de beaucoup préférable à l’autre.

11. François Catroü (1659-1737), Jésuite distingué parmi tant d’autres, prêcha d’abord, pendant sept années, avec succès et réussit surtout dans les panégyriques. Une fatigue de mémoire lui fit abandonner la chaire. Le Jowrnal de Trévoux qui parut en 1701, lui dut sa naissance et ses progrès. 11 l’entreprit avec trois de ses confrères, le soutint environ douze ans, et s’y fit la réputation d’un bon critique. Ce travail périodique ne l’empêcha point de se livrer à la composition de plusieurs autres ouvrages dont les principaux sont :

\o U Histoire générale du Mogol avec le règne d’ Aureng • Zeb,

rédigée sur les mémoires portugais manuscrits du vénitien Manouchi;

2o L’Histoire du fanatisme dans la religion protestante, contenant l’histoire des Anabaptistes, du Bavidisme et des Trembleurs; on y désirerait plus de rapidité dans la narration;

3“ La Traduction de Virgile, effacée par celle de Desfontaines qui Ta été à son tour par d’autres;

L'Histoire romaine en 21 vol. in -4“, accompagnée de notes historiques, géographiques et critiques, de gravures, de cartes, de médailles, etc. Cette histoire est ta plus étendue que nous ayons : on applaudit dans le temps à la profondeur des recherches, à la solidité des réflexions, à l’art avec lequel les faits y sont enchaînés; mais la critique y reprit un style puérilement pompeux, des ornements ambitieux, contraires à la sévérité de l’histoire, des expressions triviales, un néologisme outré, et des détails inutiles. L’auteur avait recherché l’éloquence et n’avait pas rencontré la précision. Les notes sont presque toutes du P. Rouillé. L’ouvrage, à tout prendre, ne mérite pas l’oubli dans lequel il est tombé, et Rollin en a tiré un grand parti.

12. Louis Cousin (1627-1707), président à la cour des monnaies, est un des écrivains qui ont le plus ouvert les sources de l’histoire. On lui doit entre autres :

1“ L'Histoire de Constantinople depuis le règne de Justin l’Ancien jusqu’à la fin de l’empire (1462) : c’est une traduction des principaux auteurs de YHisloire Byzantine ' ;

2“ L’Histoire de l’Eglise, traduction nette, élégante et fidèle, comme la précédente, de plusieurs écrivains ecclésiastiques (Eusèbe de Césarée, Socrate, Sozomène, Théodore!, Evagre’^, etc.);

3“ L’Histoire romaine écrite par Xiphilin, Zonare, Zozime, traduction de ces trois auteurs;

4» L’ Histoire de l’empire d’ Occident, traduction d’Eginhard, de Thégan, de l’Astronome, de Nitard®, etc.

Le président Cousin travailla pendant quatorze ans (1687-1701) au Journal des Savants qui tombait en discrédit, et qu’il rétablit dams sa première vogue, alors qu’il y consacra ses travaux.

13, Timoléon de Choisy, né en 1644 à Paris, commença sa carrière par l'Histoire de madame la comtesse de Barres, récit fort peu édifiant de ses aventures ; mais il ne tarda pas à se convertir, et le premier signe qu’il en donna, ce furent quatre Dialogues sur l’Immortalité de l'âme, la Providence, l’Existence de Dieu et la Religion. Ils sont le résultat des conférences qu’il avait eues avec

1 Voy. Histoire de la Littérature grecque, p. 419.

2 Voy. Hist. de la Littérature sacrée, p. 188.

* Voy. Hist. de la Littérature française, t. Ier, p. 90, 102, 202, 111.

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l’abbé Dangeau, son ami. Converti, il voulut convertir ses frères, fit partie de l’ambassade qu’on envoyait à cet effet au roi de Siam, et de retour en France, il publia le Journal de son voyage, relation qui se lit encore avec quelque plaisir, parce qu’elle est écrite d’un style facile, agréable, et pour ainsi dire de causerie, qui rend le lecteur présent à tout ce que l’auteur raconte. L’abbé de Choisy fit paraître ensuite les Fies de David et de Salomon, l’une et l’autre panégyrique de Louis XIV sous le nom des deux rois d’Israël ; puis les Fies de saint Louis, de Philippe VI, de Jean II, de Charles V et de Charles VI, qui ne sont pas fort exactes, mais qui plaisent par le naturel, l’aisance et le mouvement du style. A ces histoires succédèrent la traduction de VImitation de Jésus-Christ, des Histoires de morale et de piété, la Vie de madame de Miramion, sa parente, et V Histoire de l’Eglise (11 vol. in-12), qu’il avait, dit-on, entreprise à la sollicitation de Bossuet^ pour les personnes peu instruites à qui celle de Fleury ne pourrait pas convenir*. Le style de cet ouvrage est loin de répondre à la gravité du sujet, qui ne comporte ni les anecdoctes galantes, ni les intrigues des cours ni mille autres frivolités, tout au plus bonnes pour des histoires profanes. On doit encore à l'abbé de Choisy des Mémoires pour servir ét l’histoire de Louis XIV. On y trouve des choses vraies, quelques-unes fausses et beaucoup de hasardées ; ils sont d’ailleurs écrits dans un style très-familier. L’abbé de Choisy mourut en 1724, âgé de quatrevingts ans, doyen de l’Académie française.

1 4. Antoine Banier, de Dalet, en Au vergne (1 673-1 741 ) , poursuivit, presque toute sa vie, l’idée qu’il avait conçue, jeune encore, d’expliquer historiquement la Fable. Aussi[ de tous les auteurs qui ont écrit sur la théologie païenne, ii est celui (fui paraît en avoir le mieux débrouillé le chaos.

L Explication historique des labiés, et la Mythologie expliquée par l histoire sont deux ouvrages pleins d’érudi-

' Un homme d’esprit, comparant cesl deux histoires, disait en .jouant sur les mots « que la première était un ouvrage fleuri, et l’autre un ouvrage choisi. »

tion, de recherches et d’idées neuves, écrits d’ailleurs avec autant d’élégance et de netteté que ces sortes de dissertations en peuvent admettre. Ce travail le conduisit à traduire les Métamorphoses d’Ovide ; cette traduction est trop libre, trop inexacte ; mais les notes qui l’accompagnent sont si intéressantes, si profondes, qu’on la recherchera toujours pour cet accessoire.

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