Jean-Baptiste Massillon, né l’an 1663 à Hières
* Yoy. Iraité de Littérature, Rhèloriqiie et Eloquence.
entra à dix-huit ans dans la congrégation de l’Oratoire. Quelques Sermons, qu’il fit à l’imitation du P. Lejeune, quelques Panégyriques où l’instruction est heureusement mêlée à l’éloge, commencèrent sa réputation. A l’âge de trente-trois ans, il vint à Paris, et s’y fit connaître d’abord par ses Conférences pour les élèves du séminaire de Saint-Magloire, dont il était directeur. Quoique leur ton, assez simple, diffère de celui de ses sermons, elles ne manquent point de vivacité, lorsqu’il peint les suites du désordre ou de l’ignorance des clercs. Elles sont aussi plus analogues au genre aimable de son éloquence que les Conférences plus sévères qu’il fit dans un âge avancé.
2. Massillon débuta à Paris par un Carême qu’il prêcha, l’an 1699, dans l’église de l’Oratoire. Bourdaloue se résigna de bonne grâce à la gloire de Massillon ; Oportet eum crescere, et me minui, disait-il, comme le précurseur du Messie. Massillon ne suivait pas les traces des grands orateurs qui l’avaient précédé ; à ce ton véhément et passionné chez les uns, froid et sévère chez les autres, il fit succéder une diction douce, paisible, persuasive, et qui ne s’animait, comme son accent, son regard et son geste, que quand l’intérêt devenait puissant. A cette époque, où les orateurs sacrés servaient encore de modèle aux déclamateurs de la scène, le fameux Baron alla l’entendre, et dit à l’un de ses camarades : Mon ami, voilci un orateur; et nous, nous ne sommes que des comédiens,
3. On désira entendre Massillon à Versailles. Nommé prédicateur à la cour pour YAvent de 1699, il choisit, comme Fléchier avait fait en pareil cas, pour son premier sermon au jour de la Toussaint, devant une cour qui ne s’entretenait que de la gloire du roi ; Beati qui lugent. Mais avec quel art, en employant le dialogue comme l’apostrophe, il met l’éloge dans une autre bouche que la leçon, par ce tour adroit ‘ :
Si le monde parlait ici à la place de Jésus-Christ : . Heureux,
' Yoy. ce morceau : Traité de TAttérature, Style et Composition,
500 üfSTOIRP^ CRITIQUE
(lirait la monde, lieiireiix le prince (|iii ii’a jamais conil)atlu que
pour combaltre . Mais, Sire, Jésus-Christ ne parle pas comme le
monde !...
Co fui apiTS CO premier Avent que Louis XIV, en présence de toute la cour, lui dit ces mots caractéristiques si connus : 3Ion père, j’ai entendu plusieurs yrands orateurs, j’en ai été content ; pour vous, toutes les fois que je vous entends, je suis très-mécontent de moi-même.
k. En 1704, année qui vit enlever à la fois Ilossuet et Bourdaloue, Massillon prêcha un second Avent à la cour. En 1709, il Oraison funèbre diiprhice de Conti,
discours qui, fort applaudi dans la chaire, fut critiqué à l’impression : c’est, du reste, le seul qu’il ait rendu public. Peu de temps après, dans son sermon sttr l'Aumône, prêché à Notre-Dame de Paris, le tableau qu’il lit de la disette de 1709 émut jusqu’aux larmes, et ouvrit toutes les bourses aux malheureux. Après la mort de Fléchier (1710), Massillon, resté le dernier des orateurs du grand siècle, prononça, dans la Sainte-Chapelle, l’Oraison funèbre du Dauphin. Il y rendit le même devoir à Louis XIV, en 1715. Prenant pour texte de VOraison funèbre de Louis te Grand ces paroles de Salomon ; Ecce magnus effectus sum, il prononça d’abord lentement ces paroles, et se recueillit, puis ses yeux se fixèrent sur l’assemblée en deuil ; il promena ensuite ses regards autour de l’enceinte funèbre ; enfin, les ramenant sur le mausolée élevé au milieu du temple, après quelques mots de silence, il s’écria : Dieu seul est grand, mes frères! 11 n’y a pas dans Bossuet lui-même de mot plus éloquent ; mais le reste du discours n’est pas digne de ce magnifique début.
5. Après vingt années de prédications , nommé par le régent à l’évêché de Clermont, en 1717, Massillon fut chargé de prêcher un Carême devant le jeune roi. Racine avait plus de cinquante ans lorsqu’il produisit Athalie; Massillon en avait près do cinquante-cinq lorsqu’il composa son Petit-Carême ', qui lui fit donner le nom de Hacinc de la chaire. C’est ici la seconde époque du talent de Massillon.
‘ On l’appelle ainsi, parce (pi’il ne renferme que dix sermons. La
6. Dans la première époque, on retrouve la dernière et vraie tradition de la chaire chrétienne. Dans l’Avent de 1699, il y a des sermons d’un caractère lugubre , où le tableau elTrayant de la mort du pécheur est à peine tempéré par celui de la mort du juste ; ce sont les traditions de Bossuet, de Bourdaloue. On sait que dans le sermon sur le petit nombre des élus, tout l’auditoire de Saint-Eustache se leva épouvanté.
7. Dans la seconde époque, on sent les influences du xviii® siècle, et ici nous oserons contredire l’opinion générale.
Les gens du monde et tous les critiques citent le Petit- Carême comme un beau modèle de langage, sans songer que c’est le plus faible titre de gloire de l’orateur ; à peine même si l’on y rencontre quelque trace de cette majestueuse éloquence de la chaire qui se développe dans les grands sermons. L’évêque n’est plus ici qu'un docte et élégant moraliste, qu’un écrivain pur et ingénieux ; mais il n’est point un de ces apôtres envoyés aux nations pour faire retentir la parole sainte; l’Evangile disparaît de son langage, la piété et la foi ne l’animent pas de leurs inspirations ; rien de grand ne se manifeste dans son discours ; aucun mouvement oratoire ne vient saisir et enflammer l’auditeur ; il y a même au fond de toute cette perfection de style je ne sais quoi de monotone qui fatigue l’esprit et produit l’ennui.
Mais il faut voir comment s’est établie la renommée du Petit-Carême. Ce qui, dans ce recueil, a plu aux philosophes du xviiC siècle, c’est précisément cette absence de l’esprit chrétien , de ce langage évangélique qui fait trembler les consciences ; et cela suflisait bien pour qu’ils en fissent aussitôt un modèle d’éloquence ; mais il ne fallait pas accueillir ce jugement sans en étudier les premiers motifs. On nous a dit, dans la rhétorique, que Voltaire ne travaillait jamais sans avoir le Petit-Carême ouvert sur son bureau ; et il n’en fallait pas davantage
station de la cour avait été réduite à une simple dominicale, à cause du jeune âge du roi.
pour exciter l’admiration des écoliers. Nous ne savons trop pourtant ce qu’il y a de commun entre Massillon et Voltaire ; et quand Voltaire aurait ainsi voulu témoigner une grande admiration pour l’orateur chrétien, c’était peut-être une forte raison de soupçonner quelque pensée secrète , et de se défier d’un tel hommage. Après tout, ceci n’est vraiment qu’une moquerie , et il est surprenant que des hommes graves l’aient reçue comme un jugement sérieux, pour en faire ensuite la règle de leurs pensées. Mais on est aujourd’hui assez revenu de la soumission qu’on croyait devoir à l’autorité philosophique de Voltaire, pour oser voir dans \q Petit-Carême ce qui s’y trouve en effet, et pas autre chose ; un style agréable, et point d’éloquence ; des pensées ingénieuses, et point de mouvements sublimes; des aperçus pleins de grâce, et point de méditations profondes; une morale mondaine, et point d’inspirations chrétiennes.
C’est la foi, comme nous l’avons dit ailleurs ', qui est le principe de l’éloquence de la chaire. Partout où l’orateur paraît rempli de quelque pensée humaine , son éloquence s’affaiblit et disparaît entièrement. 11 y a dans le Petit-Carème tout ce qui peut flatter le goût d’un auditoire académique ; il n’y a rien de ce qui peut émouvoir et entraîner une assemblée de chrétiens.
Mais aussi Massillon reparaît dans ses grands Sermons avec toute la dignité d’un ministre de la parole de Dieu. Ici on retrouve l’orateur, qui cède avant tout au besoin de convincre et de toucher les hommes, de répandre l’amour de la vérité , et de faire triompher l’Evangile ; et cette remarque est plus sensible encore dans ses dernières Conférences ecclésiastiques , qui se prononçaient en présence de tout le clergé de l’illustre évêque. Ici l’éloquence chrétienne reprenait naturellement son vrai caractère; car les assemblées font les orateurs, nous a dit souvent Cicéron , et devant une multitude de prêtres chrétiens, l’orateur ne pouvait être animé que par des pensées de foi, et de là la supériorité de son éloquence.
‘ Voy. Traité de Littérature, Rhétorique et Éloquence, p. 187 et s.
8. Reçu l’an 1719 à l’Académie française, Massülon n’y fit que paraître. Il ne sortit de son diocèse que pour venir prononcer en 17i2I, à Saint-Denis, VOraison funèbre de Madame , duchesse d’Orléans. U vécut encore 21 ans dans l'exercice rigoureux de ses devoirs épisco-. paux, et mourut en 1742, comme il avait vécu, dans les plus grands sentiments de piété. Les OEuvres ûa, Massillon comprennent :
1° Ses Sermons, au nombre de cent, savoir : le Pelit-Carêmo, YAvent, le Carême, les Mystères, les Panégyriques cl les Oraisons funèbres ;
2° Les Conférences ecclésiastiques , Mandements et Discours synodaux ;
3“ Les Paraphrases de trente et un psaumes, en forme de prières ;
4“ Discours inédit sur le danger des mauvaises lectures;
5° Rituel du diocèse de Clermont.
9. Jean Gaichiés (1647-1723 prêtre de l’Oratoire, excellent théologien, joignait à cette science le talent du prédicateur et le goût de la bonne littérature. Il est de ces auteurs qui se sont fait une réputation durable par un seul ouvrage, les Maximes sur le ministère de la chaire, qu’il publia sous le voile de l’anonyme (1710). On l’attribua à Massülon, qui désavoua ce chef-d'œuvre en disant : Je voudrais l'avoir fait. Les Maximes annoncent un homme apostolique consommé dans l’exercice de l’art sur lequel il donne des préceptes. Quoiqu’elles paraissent toutes isolées l’une de l'autre , elles forment cependant un système ingénieux et bien ordonné dans toutes ses parties ; elles sont vives et concises, l'expression en est toujours juste , et le style toujours d’un goût exquis. Voltaire n’a pas dédaigné de s’en approprier plusieurs, entre autres celle-ci qui se trouve à l’article Boileau, dans le Siècle de Louis XIV :
Un principe proposé d’un tour sententleux fait impression, et on le retient. Les sentences sont les proverbes des honnêtes gens, comme les proverbes sont les sentences du peuple. (Ch. vu, Max. 10.)
10. L’abbé de Bretteville s’occupa , dans sa courte cîi-rière (1G50-1688) , des jeunes ecclésiastiques qui se
destinaient à l’éloquence delà chaire. Il publia l’an 1G85, en 3 vol. des Essais de sermons pour fous les jours de caverne, qui contiennent six plans diHérents pour chaque jour, avec des passages extraits des Livres Saints. Un autre volume, consacré aux dimanclies de l’année, ne contient (lu’un seul plan pour chaque dimanche, et quelques sermons complets à la tin. On a encore de l’abbé de Bretteville, V Eloquence de la chaire et du barreau , selon les principes de la rhélorique sacrée et profane, divisée en cinq livres, qui traitent de l’invention, de la disposition, de l’élocution, des passions et de l’action ; c’est une espèce de rhétorique complète ; mais l’auteur instruit bien moins par les règles que par les exemples.
1 1. FrançoisBRETOiVNE.Xü (1660-1741), Jésuite, consacra plus de trente-quatre ans au ministère de la chaire. On a de lui quarante-quatre Sermons, treize Panégyriques et des Discours sur lesmy stères. Ils sont plus solides que brillantsî on y trouve peu de défauts, mais aussi peu de grandes beautés; le style en est simple, clair, correct, mais sans élévation. Le P. Bretonneau s’est rendu moins utile à l’éloquence de la chaire par ses propres sermons que parles éditions qu’il a données de ceux de Girault, de Bourdaloue, de Cheminais, de de La Rue, etc. Les préfaces de ces éditions sont instructives; les analyses des discours sont exactes, claires, précises et très-propres à donner aux jeunes orateurs chrétiens l’idée d’un plan bien tracé et bien rempli par l’enchaînement des preuves.
ART. V. — PRÉDICATEüRS PROTESTANTS : CLAUDE, BEAÜSOBRE ET S.XURIN.
1. Jean Claude; ses Seniious. ■— a. Sa eonlroverse avec Bossuet. — * 3» Beausobre ; ses Histoires, ses Sermons cl scs Oraisons funèbres. — 4. Saurin, surnommé le Bossuet de la chaire proleslantc.
1 . Jean Claude, ministre protestant, joua un grand rôle dans les disputes religieuses du xviu siècle. Né l’an 1619, à Sauvetat dans l’Agenois, il ouvrit à Nîmes une écolo de théologie pour former les dissidents à l’art de la
prédication. En 1666, il fut attaché au consistoire de Charenton. Depuis cette époque jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes (1685), ses controverses avec/ Bossuet, Nicole, Arnauld, le firent regarder comme le chef et l’âme de sa secte, en France. 11 prêchait avec beaucoup de facilité, il avait une éloquence mâle, un raisonnement subtil; son style était simple et peu fleuri.
2. En 1678, Bossuet et Claude, après avoir controversé devant mademoiselle de Duras qui voulait abjurer le calvinisme, composèrent chacun leur relation, où l’un et l’autre s’attribuaient la victoire ; mais, écrivait Bossuet : « Partout où M. Claude dira qu’il n’a pas avoué ce que je » lui fais avouer dans le récit de la conférence, je m’en- » gage, dans une seconde conférence, à tirer encore le » même aveu; et partout où il dira qu’il n’est pas de- » meurésansréponse, je le forcerai, sans autres arguments » que ceux qu’il a déjà ouïs, à des réponses si visible- » ment absurdes, que tout homme de bon sens avouera » qu’il valait encore mieux se taire que de s’en être y) servi. « Claude n’osa point accepter ce glorieux défi. En 1685 il quitta la France et mourut à La Haye, deux ans après. H serait trop long, même d’énumérer les ouvrages de Jean Claude. Bossuet, dans son Histoire des variations, les a parfaitement caractérisées, en disant de leur auteur : « M. Claude était le plus subtil de tous les «hommes à éluder les décisions de son Eglise, lors- » qu’elles l’incommodaient. » C’est contre lui qu’Arnauld et Nicole composèrent l’excellent livre de la Perpétuité de la foi touchant l'Eucharistie,
3. ISAAC DE Beausobre, originairedu Limousin, naquit à Niort, en 1659, d’une ancienne et noble famille, alliée à celle de madame de Maintenon. Ministre protestant, il quitta la France en 1685, et mourut à Berlin en 1738. Son Histoire du manichéisme fait honneur à sa plume et à son érudition; mais la complaisance avec laquelle il expose cette hérésie, les réflexions qu’il joint à ses récits, n’en font pas autant à son jugement ni à sa foi. V Histoire
rfe.s Vaudois et V Histoire des Albigeois offrent, avec les mômes agréments, les mômes défauts.
Dans les ouvrages de pure éloquence, Beausobre peut ôfre regardé, après Saurin, comme le meilleur orateur de la secte protestante. 11 a de l’imagination, de la justesse, un tour neuf et original dans les pensées, du pathétique dans les mouvements et du brillant dans l’élocution. Si, dans ses ouvrages historiques, il paraît se prêter à quelques idées du philosophisme, il énonce des maximes bien opposées dans ses Sermons, où la religion est présentée dans toute sa pureté, dès qu’il ne s’agit que de morale. Tel est le passage de son Oraison funèbre de Jeanr,eorge II, prince d’Anhalt-Dessau :
Un souverain n’est pas un homme ordinaire, ni le trône où il est élevé, la seule distinction qui le sépare de ses sujets. C’est un homme que la Providence met au-dessus des autres, mais qui doit s’y mettre lui-même par son mérite ; qui, chargé du plus grand et du plus difllcile de tous les emplois, doit avoir ces qualités éminentes qui sont nécessaires pour régner sur les autres, pour soutenir le poids d’une grande autorité et d’une grande fortune, pour régler l’usage d'un pouvoir indépendant, et pour trouver dans sa propre vertu une loi sévère et impérieuse qui règle ses désirs et ses actions. C’est un homme libéral dans l’abondance, magnanime dans le danger, modeste dans les honneurs, tempérant au milieu du luxe et des plaisirs, grave sans être trop sévère, prudent sans artifice, humain sans faiblesse, d’une élévation tempérée par la douceur et l’honnêteté, juste, sage, vaillant, laborieux, actif, ennemi de l’impiété, protecteur de la religion, jaloux du maintien des mœurs ; et, pour tout dire en un mot, un homme qui, étant le premier ministre de Dieu, doit plus approcher que tous les autres hommes de ses perfections infinies, et, exerçant l’autorité, l’exercer comme lui.
i. Jacques Saurin, né l’an 1677 à Nîmes, acquit, dès l’âge de vingt-deux ans, la réputation de grand orateur. On l’a surnommé le Bossuet de la chaire protestante. Créé mi nistre de la noblesse à La Haye , il y prêcha pendant vingtcinq ans avec un talent remarquable. On peut lui repro-. cher l’abus de l’érudition , la sécheresse et la forme trop didactique de ses discussions , le contraste bizarre de ses citations bibliques, puisées dans des versions barbares et surannées, avec son propre langage plus moderne et plus
épuré ; souvent enfin une trop grande familiarité d’expressions. Mais quand il s’élève, c’est d’un vol d’aigle, et alors il suit de près celui de Meaux. Profondeur dans les pensées , force dans les raisonnements , habile enchaînement des parties , vigueur de pinceau , mouvements pathétiques , originalité de tours , traits qui saisissent l’imagination et remuent le cœur, simplicité majestueuse et imposante, comme celle des Livres Saints, tels sont les caractères de son éloquence. Plus occupé de la morale que du dogme , il écarta de ses Sermons la controverse , comme il a su généralement en bannir ces injustes et perpétuelles déclamations contre l’Église romaine et le clergé, qui défiguraient alors les discours de presque tous ses confrères.
Les Sermons de Saurin forment douze volumes. On lui doit encore des Discours historiques, théologiques et moraux sur les événements les plus mémorables de la Bible. Il mourut en 1730.