‹ Histoire et découvertes de l'Amérique [microforme]Chapitre 25 sur 61 · D CA 25 5 D · texte numérisé non relu

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diens amenés des îles nouvellement découvertes, et parés à la manière de leur pays. Derrière eux, on portait tout ce que l'on avait embarqué d’or, soit en ornemens, soit en feuilles ou en grains. Suivaient ceux qui étaient chargés des échantillons de toutes les productions naturelles et industrielles du Nouveau-Monde : de balles de coton, de caisses de poivre , de perroquets perchés sur des cannes qui avaient vingt-cinq pieds de longueur, de quadrupèdes et d'oiseaux empaillés, et d'une quantité d’autres choses que l’on n'avaient jamais vues en Europe. Enfin paraissait Colomb lui-même , fixant les regards des spectateurs émerveillés.

Pour l’honorer d'une manière convenable , leurs majestés avaient fait dresser un trône richement orné dans une place publique, où elles l’attendaient. Colomb s’avance ; selon l'usage de ces temps, il veut se mettre à genoux aux pieds du monarque; mais le roi l'en empêche, lui donne sa main à baiser , et lui ordonne de s'asseoir à ses côtés. Il fit, avec autant de modestie que de dignité, un rapport détaillé de ses

| 90 VOYAGES ET CONQUÈTES | découvertes, et montra les productions |

qu'il apportait. La cour et tous ceux qui : 4 l’entendirent furent saisis d’ admiration et

| d’étonnement.

| Son récit terminé , les deux souverains, 1

| et avec eux toute la multitude des specta- à teurs , se mirent à genoux pour remercier Dieu de ce merveilleux événement qui :

paraissait promettre à l'Espagne de si grands c

avantages ; après quoi Colomb fut comblé d'honneurs extraordinaires. On confirma publiquementtoutesles récompenses qu’on lui avait promises avant son départ; on lui fit expédier des lettres de noblesse pour

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lui et toute sa famille, et le roi ne sortit l plus à cheval sans avoir son amiral à ses é | côtés, honneur réservé jusqu'alors aux J seuls princes du sang. Mais ce qui lui fit I:

plus de plaisir que tout le reste, ce fut l’ordre que donna le roi d’équiper sur-lechamp une flotte entiere pour un second

voyage. :

Pendant ce temps-là, le roi envoya un :

ambassadeur à Rome, prier le pape de $ donner aux Espagnols seuls, et à l’exclu- a sion de toute autre nation, les pays dé- v

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DE CHRISTOPHE COLOMB. 91 couverts et à découvrir dans l'Océan inconnu, pour être possédés par eux héré= ditairement et en toute propriété; et le pape (il s'appelait Alexandre VT) tira sur la mappemonde une ligne droite d’un pôle à l’autre, à cent lieues de distance des Açores, et autant du cap Vert, déclarant que tout le pays qui serait découvert audelà de cette ligne, vers ie couchant, n’appartiendrait qu’au roi d'Espagne.

Diwrer. Eh ! comment le pape pourvait-il donner ces pays qui ne lui appartenaient pas ?

M. Hunrer. Dans ce temps-là, mon ami, le pape, comme tu le sais par l’histoire, était un personnage très-puissant, à qui l'on accordait le droit de disposer de toute la terre (1), en sa qualité de vicaire de Jé-

(1) Telle était à la vérité l'ambition des souverains pontifes; et dans la bulle d'Alexandre VI, il est dit en propres termes qu’il donne au roi d’Espagne les îles etterres dont il s’agit par sa pure et franche libéralité; et plus loin qu'il les lui donne avec leurs seigneuries, villes, châteaux, lieux, villages, droits, juridictions , et toutes autres ap-

92 VOYAGES LT CONQUÊTES sus-Christ. D’après cette idée erronée, lorsqu'un roi ou un autre prince voulait s'assurer la possession de son pays, il fallait qu’il recourût au pape pour faire confirmer son droit. Aujourd’hui ce n’est plus la même chose.

L'équipement de la flotte fut poussé avec tant d’ardeur et de célérité qu’en peu de temps dix-sept vaisseaux furent prêts à mettre à la voile dans le port de Cadix. La soif de l'or et l'ambition de la gloire portaient des hommes de toutes les conditions à faire partie de cette expédition, et même

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partenances et dépendances, par l’autorilé de Dieu tout-puissant , de laquelle il jouit en ce monde comme vicaire de Jésus-Christ. Mais jamais Îles rois et princes n’ont reconnu ce prétendu droit que les papes s’arrogeaient sur des biens qui ne leur appartenaient pas : et quant à la démarche de Ferdinandle-Catholique , les historiens les plus dignes de foi assurent qu’il ne la fit que par bienséance et pour s'assurer la médiation du souverain pontife dans les démèlés qui pourraient naître entre les couronnes de Portugal et d'Espagne au sujet de ces nouvelles découvertes.

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! à s'établir pour toujours dans le Nouveau- Monde. Colomb ne pouvant les emmener

tous , en choisit quinze cents, et eut soin que les vaisseaux fussent pourvus de tou-

\ tes les choses nécesaires tant au voyage

: qu’à la fondation de plusieurs colonies. Il

! embarqua une grande quantité d'outils et

| d’iostrumens de toute espèce , plusieurs sortes de grains d'Europe, des quadrupè- : des inconnus au Nouveau-Monde, tels que : chevaux, ânes, taureaux, vaches, etc.etc., et des graines de végétaux qu'il crut pro-

| pres aux nouvelles contrées qu'il se propo- | soit de visiter.

Du reste , comme il était toujours dans

| l'opinion que les pays nouvellement dé- | couverts étaient des parties de l'Inde, qu’il

supposait s'étendre jusque-là, on leur

: donna, pour les distinguer de l'Inde déjà

connue, le nom d'Inde occidentale, parce que, pour y arriver d'Europe, il faut faire voile à l'occident. L’Inde anciennement connue fut appelée dès lors Znde orientale. Lucien. Cependant toute l'Amérique ne s'appelle pas Znde occidentale.

M. Hunter. Non. Sous cette dénomina-

04 VOYAGES ET CONQUÈTES

tion on ne comprend aujourd’hui que les | et dé îles américaines situées dans le grand golfe | tresi

de Mexique. Mari

Les préparatifs du départ étant achevés, Jo la flotte appareilla du port de Cadix le} leçco 25 septembre. Comme la première fois, M.

Colomb dirigea d’abord sa course aux Ca-| prése naries, où il mouilla le 5 octobre. Li y fit} Gui

provision d’eau , de bois, embarqua quel-! Tu ques animaux, particulièrement des co-f aussi chons, et le troisième jour il se remit en M. route, ce no

Le vent lui étant favorable, ilfiten vingt} nest jours huit cents lieues marines ; et le vingt- pagn sixième après son départ d’Espagne, il jeta} jour «

l’ancre devant une île qu'il appela Domi- Pu nique, parce que le jour de sa découverte} l'ile d était un dimanche, qui, comme vous sa- Su:

vez , s'appelle également en latin dies do-} tutu minica, où jour du Seisneur, et dies solis, R qui

ou jour du soleil. point Cuarzes. N'est-ce pas une des petites An: | tendr tilles, ou des îles Caraibes? on n° Joux. Sans doute. avaie!

Fe

M. Hunter. N'y trouvant pas de rade Espa!

assez commode, Colomb remit à la voile F nèrer

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achevés, Cadix le ère fois, aux Ca- . Li y fit

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et découvrit en peu de temps plusieurs autresiles, dont les plus considérables étaient Marie Galante..….

Joux. Il n’en a pas été parlé dans nos leçons de géographie.

M. Huwrer. Il faut donc la remarquer présentement. Elle est au Français. Puis la Guadeloupe, qui aujourd'hui...

Tufornice. Appartient aux français aussi.

M. Huwrer. Et à laquelle Colomb donna ce nom , parce qu'il avait promis aux moines d'un couvent de ce même nom en Espagne, qu'il a ppellerait du nom de leur séjour quelqu’une des îles qu’il découvrirait.

Puis Antigue; puis Porto-kRico; enfin l'île de Saint-Martin.

Sur la côte de la Guadeloupe, on aperçut une superbe cascade , formée par l'eau qui sortait en abondance d’un rocher pointu et fort élevé ; le bruit s’en faisait entendre à trois lieues de distance. D'abord on n'y vit pas un seul habitant, parce qu'ils avaient tous abandonné leurs cabanes. Les ispagnols envoyés à leur poursuite ame-

! nèrent deux jeunes garçons, qui firent en-

- tendre qu'ils n’étaient pas de cette île, mais: d’une autre où les habitans de celle-ci!

étaient venus les enlever. On trouva en:core six femmes qui implorèrent le secours des Espagnols, leur faisant connaître qu'el-! les étaient captives et condamnées à un esclavage perpétuel. On apprit d'elles que les habitans de ces îles étaient dans l’usage de rôtir et de manger tous les hommes qu'ils faisaient prisonniers à la guerre, et de garder les femmes comme esclaves. Gelles-ci firent tant d'instances qu'on ne put se refuser à les emmener , ainsi que les deux garçons.

Ce que Colomb venait d'apprendre de la barbarie de ces peuples lui fut confirmé dans les autres îles. Presque partout où ill voulut aborder, il fut reçu en ennemi, et il trouva des traces de leurs repas inhumains. On voyait avec horreur des os et des crânes d'hommes répandus autour de leurs demeures. Toutes les tentatives qu’il faisait pour lier commerce avec les habitans étaient inutiles , et pressé de rejoindre

les Espagnols qu'il avait laissés dans l'ile |

d'Hispaniola, il poursuivit sa route vers

île, mais > celle-ci ouva en.

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cette dernière, et mouilla le 21 du même mois dans une rade qui n’était qu’à une journée environ du fort Vavidad.

Quelques Espagnols envoyés à terre revinrent avertir qu'ils avaient trouvé près du rivage les cadavres de deux hommes, ayant une corde d’écorce d'arbre au cou, et attachés sur une pièce de boïs en forme de croix; ils ne pouvaient dire si c’étaient des Européens ou des Indiens, parce que l’état de corruption où ils se trouvaient empêchait de les reconnaître.

Cette nouvelle alarma Colomb; et le iendemain , dès la pointe du jour, il voulut se convaincre par lui-même si ses craintes étaient fondées. Arrivé à la hauteur de Navidad..….

CnarLoTTE. Qu'est-ce que cela veut dire, mon papa, & la hauteur ?

M. Huwrer. Cela veut dire que sa flotte était vis-d-vis ou par le travers de la côte où il avait construit sa petite forteresse. Te souvient-il comment les choses nous paraissaient, lorsqu'un jour nous étions sur les bords de la mer Baltique? N'est-ce pas que la mer semblait aller en montant?

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