rtA présent n'est-elle pas la même
que celle qui est connue aujourd'hui sous le nom de Fera Crux?
M. Hunter. Non. Nous apprendrons bientôt que Cortès trouva bon de transporter cette colonie dans une autre contrée qui lui parut plus favorable, à quelques milles plus avant dans le sud. C’est là maintenant que nos cartes placent la Vera Crux. Nous en parlerons dans la suite.
On se prépara au départ, et un heureux hasard aplanit la route. Cinq Indiens, envoyéspar un cacique dont le pays n’était pas fort éloigné, demandèrent à être conduits au général, et dirent « que le rucique Cempoalla, leur maître, ayant appris les gran-
310 VOYAGES ET CONQUÈTES
des actions des Espagnols à Tabasco ; dé-k
sirait contracter alliance avec eux. »
En questionnant ces ambassadeurs, Cortès apprit d'eux « que Montézume, dont le cacique de Cempoalla était vassal, se faÿ sait craindre et haïr par son orgueil « | cruauté ; qu’on était las de porter son j; et qu'on n’attendait qu’une occasion Ë) rable pour le secouer. » UN
Cortès eut peine à cacher la ré être N causa cette nouvelle. Il savait combien il est aisé de renverser l'empire le plus puissant dès qu'il s’est élevé des mécontentemens entre le souverain et ses sujets ; et il ne douta plus du succès d’une entreprise qui, sans cette heureuse circonstance, n'eût été qu’une folle témérité. Les ambassadeurs furent comblés de témoignages d'amitié pour eux et pour leur maître, et renvoyés avec l'assurance que Cortès leur rendrait visite au plus tôt.
Pour remplir cette promesse, et en même temps pour pouvoir examiner une contrée qu'on lui avait indiquée comme un endroit bien plus commode pour un établissement que celui où il se trouvait, il se mit aussi-
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tôt en marche avec toute son armée, après | avoir ordonné à la flotte de longer la côte | jusque là. A la fin de la première journée, | on arriva à un village indien entièrement
‘abandonné de ses habitans : toutes les mai-
| sous et les temples étaient vides, à l’excep-
jen de quelques idoles , de quelques restes wmmes sacrifiés et de quelques livres , a “xemiers qu'on eût trouvés jusqu'alors ‘4 a6rIqQue.
Tuéonorr. De véritables livres?
M. Hunter. Non pas tels, sans doute, que sont les nôtres, mais pourtant quelque chose qui pouvait en tenir lieu. Ils étaient faits de parchemin ou de peaux enduites de gomme et pliées en forme de feuillets. Toutes sortes de figures et de traits significatifs tenaient lieu de lettres, et on soupçonna que leur contenu regardait le culte abominable des idoles mexicaines.
Le lendemain Cortès continua sa marche ; mais, à son grand étonnement, il trouva tous les lieux abandonnés, et n’aperçut aucun homme, quoiqu'ils fussent déjà sur le territoire du cacique Cempoalla.
312 VOYAGES ET CONQUÈTES is
Cela parut suspect; mais vers le soir, on À etar vit arriver douze Indiens chargés de vivres, En e qui leur étaient envoyés par le cacique. Ils & es priérent le général espagnol, au nom de L siens leur maître, de s’avancer jusqu’à sa de- y av meure, qui n'était éloignée, disaient-ils, |K plus
que d'un soleil ( cela voulait dire d’un ee] j'arfa jour de marche ) ; que là il trouverait p\} | ‘ide lui et pour les siens tous les rafraickitæhi # 6:
mens qu’il pourrait désirer. Of TeWr de- que, manda pourquoi le cacique n'était pas venu Æ On y lui-même à leur rencontre. Ils répondirent Ê lince qu'il était retenu par une incommodité. Æ 4e ve Cortès renvoya six de ces Indiens avec de Æ d'une grands remerciemens, et garda les autres peine pour lui servir de guides. ques-
Le jour suivant, on aperçut la ville où Æ Je sou demeurait le cacique. Elle était située dans grosse un pays agréable et fertile, et semblait Æ it n considérable. Quelques-uns des soldats qui quelqr faisaient l'avant-garde revinrent en cou- Æ Cités rant pleins de joie annoncer que les mu- Æ ge railles de cette ville étaient toutes d’ar- Æ jui.mé gent. C'était une erreur; elles n'étaient reste, qu'enduites d'une chaux si blanche et si EE Lortai brillante que , le soleil donnant dessus, ]
Yr, On rivres, ue. Ils >m de sa det-ils, in se"il it \ :
d'art PE Wr- deas venu ndirent nodité.
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DE CORTÈS. 913 des gens qui jour et nuit ne rêvaient qu'or et argent, avaient bien pu s'y méprendre.
En entrant dans cette ville, on trouva les rues et les places remplies d'une prodigieuse quantité de peuple que la curiosité y avait fait accourir de toutes parts; la plus grande tranquillité et l'ordre le plus jrarfait régnaient au milieu de cette multi- ‘ide désarmée.
OL: annrochait de la demeure du cacique, et alors son altesse indienne parut.
On vit au premier coup d'œil quelle était l'incommodité qui ne lui avait pas permis de venir au-devant de ses hôtes. IL étais d’une grosseur si monstrueuse, qu'il avait peine à se remuer de place, et que quelques-uns de ses officiers étaient obligés de le soutenir et de le traîner en avant. Cette grosseur difforme , jointe à ce qu'il ne pouvait ni se remuer ni s’aider en rien, avait quelque chose de tellement choquant que Cortès eut beaucoup de peine à empêcher
| ses gens d’éclater de rire, et de se tenir
lui-même dans les bornes de la gravité. Au reste, son habillement était magnifique. 1]
portait un manteau de coton tout cou- I. 1/
31/4 VOYAGES ET CONQUÈTES
vert de pierres précieuses. Son nez et ses oreilles , percés d’outre en outre , en étaient également ornés.
Le discours qu’il tint à Cortès en l’abordant fut très-obligeant et très-sensé; et il le termina par la prière qu’il fit à son hôte de venir chez lui pour causer plus à l'aise de leurs intérêts communs. Le res du jour fut employé à se reposer et à 6e rafraîchir avec les fruits du pa RS leur fournit en abondance.
Dans l'entretien que Cortès eut avec le cacique , il lui fit entendre à dessein , qu'il avait été envoyé par l’empereur d’Orient, en partie pour détruire toute oppression, et mettre fin à la tyrannie dans cette partie du monde. Cette explication donna au cacique le courage d’exhaler des plaintes amères contre l'orgueil et les injustices de Montézume , dont le joug était devenu depuis long-temps insupportable tant à lui qu'à ses autres vassaux. En raisant ce récit, le sentiment de sa douieur devint si vif qu'il en versa des larmes.
Cortès s’efforça de le tranquilliser, et
l'assura de sa protection. Il ajouta que là
et ses aient
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avec le ssein ; x d'Ote ope dans ication ler des les ing était ortable n failouieur es.
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que la
DE CORTÉS. 319 puissance du tyran était ce qui l'inquiétait le moins, parce qu'il savait qu’on ne pourrait résister à la sienne, qui avait le ciel même pour appui.
Le lendemain Cortès se remit en marche pour gagner Quiabislan, contrée qu'il avait choisie pour y faire un établissement. On traversa des plaines fertiles et des forêts charmantes ; et après une petite journée, ün wit la ville de Quiabislan , située sur une hauteur et environnée de rochers. Les habitans avaient pris la fuite 3 mais lorsqu'on fut arrivé sur la grande place, on vit sortir d'un temple environ quinze Indiens, qui vinrent saluer les étrangers, et les assurèrent que leur chef et tous les habitans reviendraient sans délai, si on leur promettait de ne faire de mal à personne.
Cortès leur en donna les assurances les plus sacrées ; et peu de temps après le cacique parut , suivi de tous les habitans de la ville , que la crainte avait fait fuir.
On vit avec plaisir qu’il était accompagné du cacique de Cempoalla. Tous deux étaient portés sur des brancards. À peine l'entretien fut-il commencé, qu'ils firent
316 VOYAGES ET CONQUÈTES
éclater les plaintes les plus amères contre la tyrannie de Montézume. Cortès, qui écoutait ces plaintes réitérées avec un nouveau plaisir, les consola , et leur promit de nouveau sa puissante protection.
Au milieu de cette conférence quelques Indiens entrerent d’un air troublé : ils dirent quelques mots à l'oreille des deux caci# ques , qui les jetèrent dans la plus grande consternation. Ceux-ci sortirent etlaye et tremblans : on les suivit. Six officiers de Montézume , superbement vêtus et accompagnés d’un cortége considérable d’esclaves, dont quelques-uns portaient au-dessus de leur tête des parasols de plumes, traversèrent le quartier des Espagnols. En passant devant Cortès et ses officiers, ils jetérent sur eux des regards pleins de mépris : celte fierté irrita tellement les soldats, que l’on eut bien de la peine à les empêcher de se jeter sur ces Mexicains.
Marine, qui avait été envoyée aux informations , revint avec la nouvelle que ces officiers avaient sommé les deux caciques de comparaître devant eux, et leur avaient fait les reproches les plus amers de ce qu'ils
| Lo. ——.
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DE CORTÈS. 517 avaient poussé la perfidie jusqu’à recevoir des étrangers ennemis déclarés de leur monarque ; que, pour punition de ce crime de lèse-majesté, ils devaient, outre le tribut ordinaire, livrer encore vingt Indiens pour un sacrifice aux divinités offensées.
Lindignation de Cortès était à son comble ; la prudence seule l’empêcha d'éclater. Il défendit aux caciques d'exécuter les ordres sanguinaires du tyran, et leur ordonna d'arrêter ses envoyés : comme ils semblaient hésiter, Cortès réitéra ses ordres avec tant de fermeté, qu'ils n’eurent pas le courage d’y faire la moindre objection. Les officiers furent donc arrêtés, sans qu’en apparence les Espagnols y eussent la moindre part. Alors ces caciques voulurent porter leur ressentiment plus loin, et sacrifier ces officiers à la place des vingt Indiens que Montézume demandait ; mais Cortes s’opposa avec horreur à cette barbarie , et ordonna que les prisonniers fussent gardés par ses propres gens.
Il désirait éviter, autant qu'il lui serait possible, d’en venir à des hostilités ouver-
318 VOYAGES ET CONQUÈTES
tes avec le puissant Montézume , et la ruse jui en fournit un moyen; il voulut même faire croire à ce prince qu'il n’avait eu aucune part à ce qui était arrivé à ses officiers, et qu'il lui avait au contraire des obligations à cet égard.
Dans ce dessein il se fit amener pendant la nuit deux des prisonniers, et leur rendit la liberté, leur enjoignant de dire à teur maître qu'il s’efforcerait de procurer aussi celle des autres : le lendemain on fit croire aux Indiens qu’ils s'étaient échappés.
Il se trouva encore d’autres caciques des montagnes voisines, qui haïssaient également l'empereur , et qui désiraientse rendre indépendans. Tous ceschefsderacesindiennes , qui portaient collectivement le nom commun de Totanaques, firent avec Cortès unc alliance dans les formes, et prétèrent hommage au roi d'Espagne , comme à leur unique seigneur.
On travailla alors à la fondation d’une colonie espagnole entre Quiabislan et la mer. La fertilité du sol, ses belles forêts et le voisinage des côtes rendaient ce lieu très-propre à y former un établissement.
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d'une et la forêts e lieu ment.
On lui laissa le nom déjà donné de Villa Rica de la Vera Cruz; maïs aujourd'hui on la nomme ordinairement par abréviation la Vera Cruz.
Tous les Espagnols furent obligés de mettre la main à l'œuvre, et de travailler à la construction des murs et des bâtimens de la nouvelle ville. Personne n'en fut exempt ; et Cortès lui-même se crut obligé de se mettre à la tête des travailleurs, pour
‘les animer par son exemple. Aussi les tra-
vaux avancèrent avec une célérité incroyable , et dans peu de temps la place fut fermée et assez forte pour résister à toutes les machines de guerre des Indiens.
Dans cet intervalle les deux Indiens relâchés étaient arrivés à la capitale, etavaient beaucoup fait valoir à Montézume les bons offices qu'ils croyaient que Cortès leur avait rendus. Cette nouvelle calma en quelque sorte la colère de leur maître , qui dans la première chaleur avait déjà donné ordre de mettre une puissante armée sur pied, pour exterminer ces étrangers, ainsi que les Indiens leurs adhérens. Il résolut de tenter encore une fois les voies de la douceur pour
320 VOYAGES ET CONQUÈTES se débarrasser, s’il était possible, de ces hôtes incommodes et terribles.
Il fit donc partir une nouvelle ambassade avec des présens d’une très - grande valeur, et il chargea même du soin de les présenter deux jeunes princes, ses parens.
Ils arrivérent au camp espagnol dans le temps même que les fortifications de la nouvelle ville venaient d’être achevées : ils s’acquittérent de leur commission , remirent les magnifiques présens, remercierent le général de son assistance, et finirent par le prier de vouloir bien quitter les états de leur maître.
Cortès fit le plus brillant accueil à ces ambassadeurs; il fit amener devant eux les quatre prisonniers, les mit en liberte , et leur répondit ensuite, par la bouche de Marine , qu'il était fâché que l’on eût eausé du déplaisir à l'empereur par l'emprisonnement de ses officiers ; mais qu'ils s'étaient attiré cette disgrâce par une demande barbare ; que la religion des chrétien: regardait l’usage de sacrifier des hommes comme une grande abomination , et qu'il était obligé de l’abolir partout , de quelque ma-
nière que
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nière que ce fût. 1l ajouta qu'il se flattait que l’empereur à sa prière voudrait bien pardonner au cacique de Cempoalla et à celui de Quiabislan, qu’il avait pris sous sa protection en reconnaissance de l’accueil qu'il en avait reçu , et de leurs soins à lui faire oublier la conduite offensante de Teutile; qu’en ce quitouchait son départ, il avait déjà eu l'honneur de faire savoir à l'empereur qu’une commission de la dernière importance lui imposait la nécessité de ne retourner dans sa patrie qu'après avoir eu une entrevue avec lui; qu'au reste les guerriers européens ne connaissaient aucun danger qui püt les empêcher de faire ce que leur maître leur avait ordonné.
Les ambassadeurs furent surpris du sangfroid et de l'air majestueux avec lesquels Cortès leur fit cette réponse , et ils s’en retournèrent admirant sa courageuse persévérance, et méprisant en secret la conduite faible et irrésolue de leur propre maitre.
La nouvelle ville espagnole se trouvait alors en état de défense ; et Cortès se prépara sérieusement à se rendre-dans la ca-
0 RE STE TEE + ; — = Re r= EE É
322 VOYAGES ET CONQUÈTES
pitale , ainsi qu'il l'avait arrêté. La fortune semblait s'être déclarée en sa faveur; cependant il s’en fallut bien peu que son zèle inconsidéré pour la religion ne ren-
versât tous ses projets. On lui rapporta que dans un temple de ses alliés il devait se faire un sacrifice humain. Irrité de la superstition barbare qui osait commettre sous ses yeux une telle abomination , il se rendit au temple, suivi de quelques gens ar-
més, et menaça de tout mettre à feu et à
sang, si dans l'instant même on ne mettait en liberté les malheureuses victimes.
CHarLoTtE. Îl avait raison en cela, papa!
M. Hunter. En cela, sans doute ; mais il voulut que les prêtres brisassent leurs idoles et renonçassent pour jamais à leur fausse religion, quoiqu'ils n’en connussent pas encore de meilleure, et en cela il avait tort.
Les prêtres se jetèrent à ses pieds en gémissant ; le cacique tremblait : ce fut en vain. Comme on refusait de renverser ces idoles, il donna ordre à ses soldats de le faire par la force. Les prêtres crièrent aux armes, et dans peu de momens Cortès et
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sa petite troupe se trouvèrent environnés d'une si prodigieuse quantité d'Indiens , qu'il y avait de quoi intimider les plus résolus ; mais, sans s'étonner et d’un air terrible , il cria à la multitude assemblée que la première flèche qu’on oserait tirer coùterait la vie à leur cacique, et amènerait la destruction de tout le peuple. Marine leur rendit ces paroles en langue du pays, et les soldats s’'empressérent d'exécuter les ordres de leur général. Dans un instant on vit rouler en bas de l'escalier la plus
grande et la plus affreuse de ces idoles ;
toutes les autres, ainsi que les autels et les vases sacrés, eurent le même sort : on mit tout en pièces; on nettoya le temple, on lava les taches de sang humain dont la muraille était toute souillée , et l’on mit à la place des idoles une image de la Vierge.
Les Indiens, étourdis et cffrayés , s’attendaient à voir tomber dans le moment le feu du ciel, pour venger cette profanation ; mais comme ils ne virent pas même la moindre étincelle , et que les audacieux destructeurs de ce temple se promenérent à leurs yeux sains et saufs et en triomphe,
cet événement ébranla leur croyance et leur inspira des doutes. Ils pensèrent que les Espagnols avaient aussi une divinité qui devait être plus puissante que leurs idoles : alors, sans autre délibération, ils se joignirent à eux , et ramassant les débris de ces idoles qui leur semblaient auparavant si sacrées, ils les jetèrent au feu avec mépris. Le temple fut aussitôt transformé en église chrétienne ; et ce même jour encore, en présence de beaucoup d'Indiens, on y célébra l'office divin selon le rit de l’église romaine, que les Indiens admirèrent à la vérité , mais sans y rien comprendre.
À peine Cortès fut-il hors du danger où son zèle religieux l’avait mis, qu'il s'éleva un orage dangereux sur sa tête. Quelques soldats et quelques matelots , las d’errer depuis si long-temps, et effrayés de la vue des périls qu’ils couraient pour arriver à la capitale, avaient fait le complot de se rendre maîtres d’un vaisseau et de s'enfuir à Cuba, où ils porteraient au gouverneur des nouvelles de Cortès. Cette conspiration fut découverte avant qu’elle eût réussi. Cortès en fit arrêter et punir le chef; mais en
VOYAGES ET CONQUÈTES
même des gd mée :
à jam sûr à | qu'uné rait re lut de plus là aucun ou pér Mai:
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nce et nt que ivinité irs idoils se débris upara- U avec formé ur endiens , de l’érérent udre.
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même temps il s’apercut qu’il y avait encore des germes de sédition dans sa petite armée : il chercha le moyen de les étouffer à jamais; et le parti auquel il s'arrêta était sûr à la vérité, mais tellement dangereux qu'une âme moins forte que la sienne aurait reculé devant son exécution. Il résolut de détruire sa flotte pour convaincre les plus lâches même qu'il ne leur restait plus aucun moyen fuir, et qu'il fallait vaincre ou périr.
Mais autant il avait fallu de courage pour concevoir un tel projet, autant fallait - il d'adresse pour le faire agréer par toute l’armée. Heureusement Cortès possédait à un degré égal ces deux qualités nécessaires à un grand génie. Il commença par faire dégréer ses vaisseaux.
FRéÉDÉRIC. Qu'est-ce que cela veut dire, papa ?
M. Hunter. Cela veut dire qu'il fit ôter tous les cordages des vaisseaux, ainsi que les mâts, qu’il les fit porter à terre avec tous les canons et tout ce qui pouvait se transporter. Après quoi il ordonna aux charpentiers d'examiner l’état de chaque vais-
326 VOYAGES ET CONQUÈTES
seau , et les cngagea de déclarer ensuite qu'ils étaient tous si endorn:nagés, que leur radoub était impossible. Alors Cortès sut enflammer ses soldats d’une si vive ardeur, qu'ils coururent eux - mêmes détruire ces vaisseaux, leur unique ressource en cas de malheur dans leur expédition, et trainèrent à terre les planches et les poutres qui s'y trouvaient.
On n’en réserva qu'un seul pour l’envoyer en Espagne. Cortès avait, à la vérité , été confirmé dans sa dignité de général par la chambre de justice qu'il avait créée ; mais dans le fond cela ne signifiait guère autre chose , sinon qu’ils’était nommé lui-même. Il désirait donc voir son droit au commandement établisurun fondement plus assuré, il voulait avoir sa commission du roi même, et le titre de gouverneur des pays qu'il allait conquérir. Il savait un moyen sûr de réussir ; c'était d'adresser au gouvernement un échantillon considérable des trésors dont il voulait le mettre en possession. Mais, pour que cet échantillon fût de quelqu'importance , il fallait y consacrer tous les présens reçus de Montézume ;
et en devai part.
ceper Chac tage , de ré vie d prouy ses st
Alc troup sins, de ca envir cheva Les c force, conte
ensuite ue leur tès sut rdeur, ire ces en cas et traipoutres
ar l’en- \ la véde gé- 1} avait ignifiait
ommé n droit dement mission eur des ait un esser au dérable en pos- Jon fût cOnsazume ;
eten ce cas , soldats, officiers et matelots devaient consentir à se désister de leur part. C'était là exiger une chose bien dure ; cependant Cortès la hasarda et y réussit.
Chacun rapporta ce qu’il avaitreçu en partage , et cela pour acheter la permission de répandre son sang et de prodiguer sa vic dans mille dangers ; circonstance qui prouve quel était l’ascendant de Cortès sur ses soldats.
Alors il se prépara au départ. Toute sa troupe étaitcomposée de cinq cents fantassins, de quinze cavaliers et de six pièces de campagne. Il laissa cinquante hommes environ , presque tous invalides , et deux chevaux, pour la garnison de Vera-Cruz.
Les caciques alliés lui offrirent toutes leurs forces pour troupes auxiliaires, mais il se contenta de quatre cents hommes avec deux cents T'amènes, c'est-à-dire deuxcents
‘porte-faix , pour les charger des fardeaux
nécessaires , des provisions et des vivres de toute l’armée. Pour la sûreté de ceux quil laissait en arrière ,.Cortès choisit parmi les Indiens qui l’accompagnaient, cinquante
328 VOYAGES ET CONQUÈIES des plus considérés du pays , qui, sans le savoir , devaient lui servir d'otages.
Ici, mesenfans , une nouvelle scène s’ouvre à vos regards , scène de prodiges , d’héroïsme et de cruautés , de bravoure et de perfidies , de gloire et de brigandage, la conquête du Mexique va commencer.
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