‹ Histoire et découvertes de l'Amérique [microforme]Chapitre 58 sur 61 · SIXIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

SIXIÈME ENTRETIEN

M. Hunrer.

Ce fut le 16 août de l’année 1519 que la petite armée de notre aventurier partit de Cempoalla. Les premiers jours de leur marche il ne leur arriva rien de bien important. Îls traversaient des pays dont les caciques alliés des Cempoalliens étaient en même temps les leurs. Ils arrivérent aux frontières de T'lascala , où il faut nous arrêter avec eux. Pendant ce temps-là examinons la situation de ce pays. |

Le territoire de Tlascala avait environ cinquante milles de tour. Les montagnes qui le traversent sont regardées comme une suite des plus hautes montagnes du

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monde , qui s'étendent le long de l’4merique méridionale, et qu'on appelle en espagnol..….

Taéopore. Cordilleras.

Joux. En français , les Cordilières.

M. Hunter. Et aussi la Cordilière des Andes ; de là souvent on les nomme simplement les Andes.

Les habitans de ces montagnes se dis tinguaient de tous les autres Américains par un courage extraordinaire et par le fanatisme de la liberté. Ils avaient hardiment secoué le joug des Mexicains, et formaient déjà depuis long-temps une république invincible. Chaque habitation de ce pays guerrier avait ses députés ou représentans ( c’est ainsi qu'on nomme ceux qui portent la parole au nom de tout un pays ou de toute une province) dans Tlascala , la ville capitale, et l'assemblée de ces député:

composait le conseil supérieur et la puissance législative de la nation entière. Ainsi la forme de leur gouvernement était aristocratique. Sais-tu encore , Conrad, ce que cela veut dire ?

Conran. Oh ! oui; c’est quand la puis- 14*

330 VOYAGES ET CONQUÈTES

sance souveraine est entre les mains des C principaux citoyens. des M. Hunter. Fort bien. C'est peut - être cha là le seul exemple d’une parfaite aristocra- Jen: tie parmi des peuples qui, à cause de leurs On mœurs grossiéres , seraient encore comptés de € entre les sauvages. grar L'orgueil et l'amour, l'indépendance , le dan courage et le désir de la vengeance for- de}

maient les principaux traits du caractère de cette nation, petite , mais formidable.

En vain Montézume avait tâché de les assujettir . en vain des ambitieux s’élevèrent au milieu d'eux et voulurent s'ériger en tyrans ; ils surent courageusement résister aux usurpateurs , et se maintenir dans la possession de ce que l’homme a de plus précieux , la liberté ; et ils étaient jusqu'alors restés invincibles.

Cortès aurait bien voulu compter au nombre de ses alliés une nation aussi belliqueuse. Dès qu'il fut arrivé sur leurs frontières , il résolut de leur envoyer une ambassade de paix à la manière indienne , et avec toutes les cérémonies usitées chez eux.

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On choisit pour cette ambassade quatre des principaux Cempoalliens, et Marine se chargea de leur composer un discours solennel qu’il leur fallut apprendre par cœur.

On les revêtit d’un long manteau d’étoffe de coton; au bras gauche ils portaient une grande coquille en place de bouclier, et dans la main droite une large flèche ornée de plumes blanches, dont la pointe était tournée en bas. C'était un symbole de paix Ainsi parés, ils partirent , bien sûrs qu'on ne leur ferait aucun mal ; mais il fallait aussi qu’ils eussent attention de ne pas se détourner du grand chemin ; c'était là seulement que ces ornemens d’ambassadeurs les garantissaient de toutes insultes. Les Indiens désignaient cet usage par une dénomination qui, dans notre langue, revient à notre droit des gens.

Le lendemain de leur arrivée à Tlascala, ces envoyés furentmandé: devant le conseil supérieur qui devait écouter leurs propositions : tous les membres du conseil étaient assis, selon leur âge, sur des blocs faite d’un certain bois rare. Les ambassadeurs entrèrent avec les marques du plus profond

332 VOYAGES LT CONQUÊTES respect, c'est-à-dire la tête couverte de leur manteau, en tenant la fleche haute ; et messieurs du conseil se levèrent un peu de leur siège : alors ils firent à chacun une révérence et s’avancérent à pas mesurés jusqu’au milieu de la salle, s’y jetèrent à genoux , et attendirent, les yeux baissés, la permission de parler : après qu’on la leur eut accordée, ils s’assirent à terre, lesjambes croisées ; et celui d’entre eux qui avait appris le discours par cœur parla en ces termes (1) :

« Nobles états libres ! peuples courageux et puissans ! vos amis alliés, le cacique de Cempoalla et les caciques des montagnes vous saluent, vous souhaitent une riche moisson et la ruine de vos ennemis. Ils vous font aussi savoir , que des gens tout-à-fait extraordinaires, venus de l’orient, sont arrivés dans leur pays. Ils sont plus semblables à des dieux qu’à des hommes : ils sont arrivés ici par mer dans de grands palais , et

(1) Comme ce discours aété :;"is par cœur, on a pu le copier mot pour mot dans, les historiens.

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ont en main les mêmes armes dont le ciel seul a coutume de se servir, le tonnerre et les éclairs. Selon leur rapport, ils sont serviteurs d’un Dieu plusgrand que les nôtres, lequel ne peut souffrir ni la tyrannie ni les

voyé d’un monarque très-puissant , qui, par principe de religion , veut anéantir les abus etles violences que Montézume exerce parmi nous. Ce capitaine nous a déjà affranchis nous-mêmes de l'oppression dans laquelle nous languissions. Il se voit obligé maintenant de traverser votre territoire pour se rendre à Mexico, et il désire savoir quel est le genre d'offense dont vous avez à accuser le tyran, pour qu'il puisse défendre vos droits en même temps que les siens, et les compter parmi les autres motifs de son voyage. Il vient donc dans des intentions amicales , et ne désire de vous que la liberté du passage. Croyez fermement qu'il ne cherche que votre propre intérêt , que ses armes ne sont que des instrumens de justice, et que ceux qui les portent sont naturellement doux ct pacifiques , et n’usentderigueur qu’envers ceux

victimes humaines. Leurcapitaine est l’en-

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qui les ont attaqués ou offensés les premiers. »

Cette harangue finie , les ambassadeurs se remirent à genoux, s'inclinèrent profondément en cette posture ; puis, croisant de nouveau les jambes, ils attendirent la réponse. On leur dit qu’on les remerciait des nouvelles qu’ils avaient apportées ; qu'on délibérerait sur leur demande , et qu'ensuite on leur donnerait une réponse en forme.

Les opinions furent partagées. Quelquesuns étaient pour la paix, d’autres pour la guerre. À la tête des derniers était le général Xicotencatl, jeune seigneur ardent et courageux , mais trop prêt à tirer l'épée, Son parti prit peu à peu le dessus, et il fut décidé qu’on retiendrait les ambassadeurs sous toutes sortes de prétextes, pour gagner du temps, et se mettre en état de défense.

Huit jours se passèrent ainsi. Cortes et ses alliés commencèrent à soupçonner les raisons de ce retard. Il résolut d’avancer pour apprendre ce qu'étaient devenus les ambassadeurs , et savoir à quoi s’en te-

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nir sur les propositions dont ils étaient chargés.

Ils n'étaient pas bien loin encore, qu'ils rencontrèrent une troupe de naturels armés qui s'opposèrent hardiment à leur passage. On en vint aux mains, et il en coûta beaucoup de sang aux Indiens, tandis que les Espagnols, garantis par leurs cuirasses de coton, n’eurent que quelquesuns des leurs légèrement blessés, quoique le nombre des ennemis fàt dix fois plus grand que le leur. Mais que pourait le seul courage, sans tactique. sans autres armes que des arcs , des frondes et des massues contre la science militaire des Européens, et contre ces bouches à feu dont les effets sont si destructeurs ?

Après cette premiére victoire, Cortès pénétra dans ie pays; et i: lendemain il eut le plaisir de voir arriver deux de ses ambassadeurs , accompagnés de quelques Tlascalans. Ceux-ci rejetèrent l'événernent de ja veille sur les Otomies, leurs alliés, qui, à l'insu des Tlascalans , avaient, de leur propre mouvement, commencé les hostilités.

VOYAGES ET CONQUÈTES

Mais on eut bientôt la clef de cette conduite mystérieuse ; car les Espagnols ayant continué de marcher vers Tlascala, ils rencontrérent le jour suivant les deux autres ambassadeurs dans un état déplorable, Ils tombèrent aux pieds de Cortèsen pleurant; ils embrassèrent ses genoux , et se plaignirent avec les gestes de la plus vive agitatation , que les perfides Tlascalans, oubliant le droit sacré des gens, les avaient chargés de fers pour les sacrifier à leurs dieux ; mais que pendant la nuitils avaient trouvé le moyen de s'échapper, et qu'ils savaient que les Tlascalans avaient destiné toute l’armée espagnole à leur être immolée.

Cortès sut à quoi s’en tenir; il se prépara au combat, et continua sa marche.

Bientôt il se vit environné d’une troupe innombrable de Tiascalans armés et d’autres peuples leurs alliés, à la tête desquels était Xicotencatl, qui les commandait en chef. On en vint aux mains, et la bataille fut des plus meurtrières. Un événement de peu d'importance en lui-même faillit causer la ruine totale de l’armée espagnole.

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DE CORTÈS. 337 Un cavalier de cette nation s’enfonca tel-

qu'il fut entièrement coupé des siens ; environné de toutes parts, il reçut plusieurs blessures , et son cheval fut percé de tant de coups, qu'enfin il tomba mort. Aussitôt les Indiens coupèrent la tête du cheval, la mirent au bout d’une lance, et la portèrent partout en triomphe pour montrer à chacun que ce monstre n'était pas invincible comme ils l'avaient cru, mais pouvait être tué.

Cetincident inspira aux Indiens un courage inexprimable ; et ils combatirent avec une telle ardeur qu’insensiblement les Espagnols ne pouvaient plus résister. C’est alors qu’on crut voir le moment aïfreux d'une entière défaite , lorsque , au grand étonnement des Espagnols qui pliaient, l’effroyable cri de guerre de leurs ennemis et toutes les hostilités cessèrent subitement.

On entendit leurs cors qui sonnaient la retraite ; on vit leur nombreuse armée s'en retourner en silence par des raisons incompréhensibles.

lement danslesbataillons épais desennemis,

338 VOYAGES ET CONQUÈTES

Tuéopaize. Que pouvaii-il leur être arrivé ?

M. Hunter. On apprit ensuite des prisonniers que leurs principaux chefs avaient été tués, et que leurs places ne pouvaient être aussitôt remplies; que d’ailleurs ils regardaient la tête du cheval comme la plus grande marque de leur victoire. Xicotencati l'emporta de sa propre main, et l’envoya au conseil supérieur.

Cortès choisit une position avantageuse ets’y fortifia. Il tâcha encore une fois, mais inutilement , de négocier avec l’ennemi:

Xicotencatls'opposaconstamment à la paix; il traita même avec la dernière barbarie les envoyés de Cortès , et les chargea d’annoncer de sa part au général que le lendemain au point du jour, il paraîtrait accompagné d’une armée innombrable pour

le faire prisonnier lui et tous ses gens, et |

ensuite les sacrifier à ses dieux.

Cette nouvelle n'avait rien de bien consolant, mais elle était accompagnée d’un présent qui pouvait en quelque sorte en

adoucir l’amertume : Xicotencatl lui en- |

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d'autres vivres, afin que ses ennemis, avant qu'il les fit immoler, puissent s’en régaler : c'était sans doute pour que leur chair, dont ils voulaient faire un grand festin, füt de meilleur goût. Les Espagnols ne firent que rire de cette rodomontade, et se régalèrent de ce qu’on leur avait envoyé, afin d’acquérir de nouvelles forces pour le combat du lendemain. Xicotencatl tint parole. Il parut au point du jour à !: tête d’une troupe nombreuse ; et la batail -’engagea avec une fureur extraordinaire des deux côtés.

Le succès en parut long-temps douteux; mais enfin la science militaire des Européens l’emporta encore cette fois, malgré la quantité innombrable d'ennemis et l’opiniatreté de leur courage. Les Tlascalans se retirérent, et les Espagnols restèrent maîtres du champ de bataille.

Mais cettetroisième défaite nesuffisait pas encore pour abattre tout-à-fait le courage de cette nation guerrière. Il est vrai qu’alors ils étaient convaincus que tous les Européensen général, etchacunenparticulier étaient des sorciers qui ne pouvaient être vaincus par les moyens ordinaires ; mais

340 VOYAGES ET CONQUÈÊTES

ils espéraient toujours que l’art de leurs propres sorciers confondrait le sortilége de leurs ennemis.

CHARLOTTE. Avaient-ils donc des sorciers?

M. Horse. Ils avaient des prêtres trom.

peurs qui persuadaient au peuple que par divers prestiges ils pouvaient découvrir l’avenir, et faire plusieurs choses qui surpassent la puissance humaine. On les consulta : ils répondirent que les Espagnols étaient enfans du soleil; que pendant le jour, fortifiés par l'influence de ses rayons, ils étaient invincibles ; mais que pendant la nuit, lorsque le soleil leur retirait son influence paternelle , leurs forces surnaturelles diminuaient, et qu'ils tombaient dans l’état de faiblesse commun aux autres hommes.

Les superstitieux Tlascalans ne doutèrent pas un moment de la vérité de cette assurance, et se hâtèrent de faire usage d'une découverte si importante par une attaque nocturne. Mais Cortès était trop prudent et trop sur ses gardes pour qu’ur tel ennemi pût le surprendre par ruse. Il avait si bien disposé ses sentinelles et ses

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DE CORTÉS. 34t posies avancés qu'il devait toujours être averti assez à temps des dangers qui le menaçaient pour pouvoir prendre toutes les mesures convenables. Lors donc ac les Tlascalans s’avancèrent , ils trouverent les Espagnols déjà sous les armes; et quoique eur attaque fût extrêmement vive et opiniâtre, ils furent encore repoussés.

Cette défaite, qui leur avait coûté un grand nombre des leurs, sans que les Espagnols perdissent un seul homme, les remplit de terreur; ils commencèrent par sacrifier à leurs dieux les sorciers qui les avaient trompés, et députèrent ensuite vers Cortès pour lui demander la paix.

Lesambassadeurs, choisis parmiles principaux de la nation, s’approchèrent du camp des Espagnols dans leurs habits de cérémonie , ornés de plumes blanches. Ils s’arrêtaient de temps en temps; ils touchaient la terre avec la main, puis la portaient à leurs lèvres. Ces démonstrations de soumission et de respect furent répétées plusieurs fois, jusqu’à ce qu'ils fusssent

| arrivés aux lignes du camp espagnol, qu'ils

eurent bien soin d’encenser.

342 VOYAGES ET CONQUÈTES

Après les avoir reçus avec cette froide dignité quien impose toujours , Cortès leur permit de parler. Ils obéirent , et tinrent ce discours remarquable :

« Êtes-vous des divinités cruelles et ennemies ? Voici cinq esclaves que nous vous livrons pour en boire le sang et en manger la chair. Êtes-vous des dieux doux? Acceptez une offrande d'encens et de plumes

de \différentes couleurs ; mais si vous êtes des hommes, tenez, voici de la viande et du pain pour vous nourrir. »

Après cette harangue ils implorèrent leur pardon, et demandèrentla paix. Cortès leur accorda l’un et l’autre en exigeant toutefois une éclatante satisfaction des offenses qu’il avait reçues.

: Dès que cette réponse fut arrivée à Tlascala , le conseil fit publier un ordre général à tous les habitans des environs de fournir de vivres le camp des étrang. , en se gardant bien de recevoirle moindre paiement ; et cet ordre fut exécuté avec une promptitude et une ponctualité qui surprirent les Espagnols. Deux jours après on vit venir de Tlascala vers le camp une procession

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solennelle. L’habillement de ceux qui la composaient annonçait que c'était une se= conde ambassade de paix , et Cortès donna ordre de les laisser entrer sans aucune marque de défiance. |

À la tête de cette ambassade se trouvait le brave Xicotencatl. Son cortége était composé de cinquante des principaux de la nation, parés magnifiquement : il portait un long habit blanc, retroussé à la manière des soldats, et garni de plumes et de pierres précieuses. Quant à sa figure, il était grand et maigre, droit et nerveux, et son air annonçait la grandeur d'âme ct le courage. Après avoir fait au général espagnol quelques révérences à la manière du pays, il s’assit avec aisance sans en avoir demaudé auparavant la permission, et d’une voix mâle il dit, « Qu'il était lui seul la cause de toutes les hostilités, ayant cru que les Espagnols étaient du parti de Montézume son ennemi; que pour cela il se remettait entre les mains de son vainqueur pour l’engager à pardonner à l'état, qui n'était coupable en rien, et à lui accorder la paix, qu’il avait ordre de lui demander

544 VOYAGES ET CONQUÈTES

au nom du sénat , au nom de la noblesse et au nom du peuple ; que la ville de Tlascala était prête à le recevoir lui et toute son armée , et à les traiter amicalement. »

La générosité et la manière noble et franche de ce jeune guerrier firent beau-

coup de plaisir à Cortès , et il ne put s’empêcher de lui témoigner son estime, tout en lui reprochant son inutile résistance; il finit en l’assurant qu'il se rendrait dans quelques jours à Tlascala.

Sur ces entrefaites arriva une nouvelle ambassade de Montézume, qui avait la double mission d'empêcher Cortès d’aller à Mexico et de s’allier aux Tlascalans. Ceuxci n'étaient pas sans inquiétude de cette race intrigue diplomatique ; ils craignaient que moin les agens de l’empereur ne parvinssent à Tlasc exciter la défiance des Espagnols. Ne les preu\ voyant pas arriver dans leurs murs, ils voul( décidèrent que ie conseil suprême se ren- mais drait dans leur camp, et irait s'offrir pour l'esp. otage : ce qui s’exécuta avec la plus grande colér pompe. Tous les membres de cette assem- te co blée étaient vêtus de robes blanches de avor paix, et chacun d'eux était porté par des Nou

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DE CORTÈS. 345 officiers inférieurs sur une espèce de brancard.

À la tête de cette compagnie était Xicotencat]l le père, vénérable vieillard, devenu aveugle par l’âge, mais qui conservait encore toute la vigueur de son esprit. Il se fit porter près de Cortès, l’'embrassa avec une noble franchise, lui tâta le visage et tout le corps pour se faire par le toucher une idée de sa figure. Le discours qu’on lui fait tenir est si énergique et si beau, qu’il mérite d'être conservé comme un modele d’éloquenc:. Selon.les écrivains espagnols il était conçu en ces nobles termes :

« Généreux capitaine ! que tu sois de la race des immortels ou non, tu n'en as pas moins en ta puissance le conseil suprême de Tlascala , qui par là te donne la plus grande preuve possiblede son obéissance. Nous ne voulonspas excuserla faute de notre nation, mais seulement la prendre sur nous, dans l'espérance que notre sincérité apaisera ta colère. Nous seuls avons prisla résolution de te combattre ; mais c’est aussi nous seuls qui avons résolu de venir te demander la paix.

Nous n'ignorons pas que Montézume tâche

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