CHAPITRE XX
068 Reliques, Ghàsses et Ornements existant aiqonrdlrai à la Cathédrale.
Én 1801, époque à laquelle la cathédrale fut érigée en paroisse pour une partie de la population de la ville, il n'existait dans la sacristie que fort peu d'ornements; quelque modestes qu'ils fussent^ il fallut s^en eontenter. Peu à peu les dons de plusieurs personnes pieuses l'en* richirent de quelques-uns; et avec les achats qui ont été faits depuis le rétahiissoraent du siège épiscopal et du Chapitre, elle possède aujourd'hui le nécessaire en ornements simples et plusieurs même fort riches pour les grandes solennités.
Si la profanation des saintes reliques, qui étaient exposées 'autrefois à la vénération des fidèles dans cette église, a sensiblemeiu aiUigé les âmes pieuses, (luelles consolaliuns n ont-elles pas dii éprouver de leur consîervation miraculeuse? Toutes les anciennes châsses ayant disparu^ de nouvelles ont été faites pour contenir ces précieuses reliques; on en va donner la description.
Châsse de la sainte Vierge, Cette châsse, de forme gothitiue, est en hronzc doré, carrée et à jour. Sur chaque face sont trois médaillons de forme ovale ^ représentant chacun un des douze apôtres; le pourtour de la châsse est omé^ dans sa partie supérieure^ d'une galerie à jour ornée de grenats et autres pierreries; elle se termine par une pyramide à jour, de forme carrée, contenant la statue de la sainte Vierge tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras. Chacune des quaUe faces de la couvertuie de
cette pyramide e$t ornée d*une topaze. Sur le devant de la châsse est l'inscription suivante :
AD MAJORËM DËi GLOAIÂM
Sacrœ hic inclusœ reliquiœ e veîo Beatœ Matiœ Virginis
Ecclesiœ Caniotcni^i a Carolo Calvo imp. doua dalWj ab anno 876 ad annum infaustœ memoriœ i795, regum papuîorumque cùncursu veneratœ sunt.
ET IN IIONOREM DEATiB HARIiG VIRGLMS DEIPARiE.
Au milieu de cette châsse est un coffret en vermeil^
donné par Mk»" do Liibersac, ancien cvêque de Chartres; il contient du bois de la vraie Croix, le voile de la sainte Vierge et les reliques de plusieurs saiuts^ savoir :
, Saint Barthélémy, apôtre; Saint Barnabe, apôtre ;
Saint Thomas, apùtre;
Saint Ktienne, premier martyr;
Saint Âltin, disciple de Notre-Seigueur ;
Saint Corneille, pape et martyr;
Saint Loup, archevêque;
Saint Julien, évéque du Mans;
Saint Nicolas, évéque;
Saint Athanase, évéque;
Saint Germnin, évéque de Paris;
Saint Vincent, diacre et martyr; ^
Saint Christophe, martyr;
Sainte Apolline > vierge et martyre; Sainte Barbe, vierge et martyre; Sainte Opportune, vierge; Sainte Paule, veuve.
Le colïret porte Tinscription suivante :
Curé et impensis D. D. de LupasAc oUm Carnotensis Episcopi restitittœ, a D. D. D£ Latil^ ipsius $ucces&ot e, in hane ampliorm eapsam ' inelusœ^ Pietati votisque fidelinm felicUer offeruntur,
Dans l'intérieur de la châsse et sur le coffret^ sont les
sacrés cœurs do Jésus et do Marie : celui de Jésus, surmonté d'une croix, est couroimé d'épines; celui de Marie, percé d'un glaive, est surmonté d'un lis et couronné de l'oses. Ce présent a été fait par les princesses de la famille royale, en 1816 ou 1817.
Châm de saint Piat* Cette châsse, en hois d*ébène, longue de six pieds environ, renferme le corps entier de saint Piat, martyr*; sa foruio est un carré long. Sur chaque face de côté sont deux glaces à travers lesquelles on voit le corps du saint martyr : elle est décorée sur les côtés de plusiei^s ornements en argent. La couverture, artistement sculptée, est ornée de petites écailles en argent. Sur le milieu de la couverture est une croix en argeal, Liuicliic de grenats.
' Voir, pour la découverte du corps de saint Piat et des autres reliques, en 1816, la Notice historique sur naint Piat y par M. Hérisson. Chartres, llei*vé, 1816.
Chasse des saintes reliques. Cette châsse, en hois de noyer, noire et vernie, est de la forme de la précédente; elle contient toutes les reliques qai avalent été enfouies et jetées péle«méle dans la terre, entr^aatres celles de saint Taorin, évéqne. Sur chaque fiice sont des palmes entrelacées en argent.
Châsse de la sainte Couronne d*épines. Cette châ5>e L^t en bois doré et de petite dimension; elle renferme des fragments de la Couronne d'épines de Notre-Seigneur et du bols de la vraie Croix. On Teipose dans la chapelle du Calvaire, le 3 mai, fête de l'Invention de la sainte Croix, le 11 août, féte de la Susception de la sainte Couronne d'épines, et le U septembre, fête de l'Exaltation de la sainte Croix.
Châsse de saint Castin. Cette châsse, en bois doré, garnie de glaces, contient des reliques de saint Castin.
Parmi les autres richesses que possède la cathédrale, nous citerons : -
Une croix en vermeil contenant du bois de la udie (r Elle sert à radoraùoû delà croix, le Vendredi- Saint.
Une croix en argent, servant aux processions.
Deux chandeliers d'acolytes, en argent.
Deux encensoirs en argent avec rinscriptlon suivante :
vûto J. DE SALNT-Ai i iUQUE, sauitati redito.
Un ostensoir en argent massif, d'ime grande dimension, avec une couronne en brillants.
Deux paix en argent.
Un bénitier et son goupillon en argent
Plusieurs calices et vases sacrés, tant en vermeil qu'en argent, dont l'un paraît avoir été donné par Henri IV.
Une nu\ettc à encens, en nacre, d'un seul coquillage, montée sur un pied en vermeil, d'environ 8 pouces de
hwt, d^e fonoe gothique et artistement ciselée. Le fût qui soutient la navette est accompagné de quatre dauphins ayant la téte appuyée sur la base, dont la forme est légèrement bombée. Le couvercle est 'surmonté de petites pyramides du genrevgothiqu*\ Sur le devant de la base, s^élève une petite plate-forme, sur laquelle sont deux personnages debout, vêtus à l'antique, de la hauteur de 18 lignes environ, et supportant un écusson où sont les armes de Miles d'IUiers. Sur cette petite plate-forme on lit riuscription suivante :
UES BIENS DE HONSEIGNETR MILE D^ILLIERS, ETESaUB DE LVÇON, DOYEN DE CHARTRES, ET NEPVKV DE MES-
SIEVIiS MILE El RENÉ D'ILLIERS EVESQVES DE .CHARTRES.
Un autel portatif de marbre, environné de vermeil,
donné par les Anglais à la cathédrale pendant qu'ils étaient maîtres de la ville vers Tannée 4420.
Un grand canon de la messe, haut de deux pieds sur près de trois de large ^ fait de broderie et de petit point et donné à Téglise par Louise de Bourbon, abbesse de Fontevrault, fille naturelle de Henri lY.
Des tuniques, cbapes, chasubles et leurs accessoires, du Xyil*" siècle, brodés en or et en laine, et une nappe en guipure dont la broderie semble appartenir à la fin du XVI^ siècle.
Une croix pectorale en or, donnée par de Lubersac, ancien Evéque. Cette croix, d'une belle dimension, est ornée de l'image de Notre^eigneur. Ce morceau M d'une ciselure qui ne laisse rien à désirer.
Ms»' de Lubersac a en outre donné son anneau pastoral, formé d'une améthlste entourée de diamants.
Deux riches bannières, dont Fune, dédiée à la sainte Vierge, représente d'an côté, sur un fonds de moire
bleu-cieU FAssomption de la sainte Vierge brodée en soie
de difTcrentcs couleurs, avec une riche broderie en or à l'entour. De l'autre côté, sur un fonds de moire hlnnche, les sacrés cœurs d(' Jt-sus et de Marie , enîuuies de rayons; le tout uiagniilquement brodé en or^ avec une pareille broderie en or à Fentour.
L^autre» dédiée au Saint-Sacrement^ représente d'un côté, sur un fonds de velours rouge, l'adoration du Saint-Sacrement par deux ancres à genoux au milieu de nuages, le tout très-richement brodé, le Saint-Sacrement en or , et les anges en soie de diiïérentes couleurs nuées d^or et d'argent. A l'entour sont brodés en or des ceps de vigne avec des grappes et des feuilles de dimension naturelle; de Pautre côté, sur un fonds de moire d'argent, est un chiffre hrodc en or, avec une bordure depis brodés en or, mélangés de fleui's bleues.