CHAPITRE III
Description de reztérieor de Téglise de Cliartres.
Aa centre de la illle, entre hait avenues»
Ce sahit Temple s'élève à la hautenr des naes. Et sa base s'enfonce autant dans les enfers»
Que son faite orgneiUeux s'élève dans les airs i Dans le vaste univers il n'est pas une roehe nont la pointe superbe à sa hauteur approche, Calpé même, Âbila , ni l'arrogant Atlas « En grandeur avec lui ne se comparent pas ; Et ces monts élevés qui voisinent les nues , Et rorgiieil sourcilleux Je leurs têtes chenues, De toui les autres monts eux qui sont les géants, Ne semblent que des nains ou pl itùt des néants. Il n'est rien ilt' m haut , de si grand que sa cime. Sa poiiitti toucke au ciel, son pied toucbe à Tablme ,
Et par CCS deux clochrrs célèbres en tous lieux,
Joignant d*uià ferme nœud les enfers et les cieia»
Ils donnent aux habitants de la voûte azurée
Du zèle des Chartrains une marque assurée ;
Et pour la profondeur de ses saints tuudements.
Il accroît des démons la rage et les tourments.
Ce Temple est merveilleux en son architecture,
Merveilleux en son art non moins qu'en sa structure.
Merveilleux au dedans, merveilleux au dehors,
Et merveilleiix enfin en tout son vaste corps.
Il est immense et vaste et de strocture antique:
L'ordre gotàiqoe l'orne avec le mosaïque.
Et par leur ornement et leur antiquité,
Us le font Ténérable à la postérité.
Des entrailles à*m mont sa masse composée
D'an art ingénieux en croix est divisée.
Son superbe lambris en arcades ployé
Sur cent fermes piliers a son faite appuyé ;
Et cent forts arcs4M>utants fiiits à plusieurs étages
Le défendent partout des vents et des orages.
D*OttTrages si divers Tédifice assorti»
Par un maître savant arUstement bftti ,
Tïe se voit point orn^ de marbre ou de porphyre,
ISi de ( es ornements que le vulgaire admire;
Mais l'habile architecte a voulu faire voir
Qu'il n'est rien qui ne cède à sou rare savoir .
Son travail délicat des pierres de Bcrchères
à fait de l'univers les pierres les j lus chères.
Et, par un ciselage ou le prodige est joint,
Il a donné du prix à ce qui n'en eut point.
Son esprit, employant la juste symétrie
D'une laborieuse et savante industrie ,
Figura dans ces lieux mille divers objets,
Y grava de fameux et d'illustres si^ets ;
n distingua si bien en toutes ses images
De ceux qu'il y traça les corps et les visagea
Que l'homme qui les voit s'imagine aisément Qu'ils sont tous animés, qu'ils ont du mouvemenl ; Tant les sens sont trompés d'une belle imposture, Qui si parfaitement imite la nature.
Du bas jusqu'en haut, de l'un à l'autre bout, L'édilice est orné de sculpture partout:
Les yeux trouvent partout des portraits dans des niches, Partout de croises tours, et partout des corniches, Et partout Ton peut voir festons et chapiteaux. Outre cent ornements qui sont encoïC plus beaux. L'on ne voit eu tous lieux cpie pilastres et qu'arcades ; Plates-formes, balcons, qui sont les promeitades Où les Gbartrnius oisifs portent souvent leurs pas. Et prennent quelquefois leurs innocenta ébats. En trois endroits divers, cette Eglise a nenf portca. Trois de dnqne côté, tontes grandes et fortes, Ttois sont vers le midi , trois vers oti le soleO, Submergé dans les eaux, va prendre son sonrn^ ; ^ Les trois autres vers oli le mari d'Orytbie Nous amène le froid dn fond de la Scythie.
Deux grands et longs porteaux artistement Toûtés, Sur des piliers massifs s'offrent des deux côtés ; DHme pierre solide ils ont mille figures, Qui ne craignent du temps la faux ni les injures , Et mille bas-reliefs s'y présentent aux yeux. Mais si savamment iaiU qu il ne se peut pas mieux. Toute la cour céleste y semble liistoriée.
Il semble qu'elle y soit toute pétrifiée.
Et d'entre tant de Saints par le ciseau gravés, Sur de fermes piliers plusieurs ^oiit élevés. Là les maîtres de l'art chaque jour se vont rendre Là vont cent écoliers qui désirent d'apprendre , Là chacun d'eux s'applique à faire des portraits. Qui puissent de ces Saints exprimer tous les traits. Pour monter aisément sous ces amples portiques, Que l'artifice rend si beaux, si magnifiques.
De terre on voit sortir deux pompeux cscalie»,
Qui sont industrieux autant que singuliers.
Et de qui la moitié souB le pavé cachée
Mériterait bien d'être avec soin recherchée.
lUis la porte royale efface les beaotés ,
Dont ce grand bâtiment s'orne de tous côtés ;
8iipeil»e, elle s'élève entre les pyramides.
Etalant avx regards cent tgores solides,
Qoi, du grand artisan déployant les dessins,
Représentent des Rois, des Anges et des Saints ;
Us y sont revêtus tous d'habits à l'antique.
En eux on ne voit rien qui ne soit magnifique ;
Et n'étaient ceux qui sont sous les deux grands porteaux.
Je dirais que sur terre ils n'auraient point d'égaux.