QUATRIÈME SALLE OU SALLE DES RIANUSGRITS
Cette pièce carrée, qui communique par un couloir avec la salle d'entrée (n** 2) doit son nom à sa destination (')• E<lle ne renferme en effet que des manuscrits, à Texception des livres très-nombreux d'histoire ecclésiastique et d'un rayon de livres imprimés qui sont des grandes éditions de luxe d'auteurs français , en format in-f* et in-4'^ provenant de M. Moutonnât. Elle est décorée de portraits, la plupart peints par d'excellens artistes , et dont plusieurs sont richement encadrés. Ces portraits sont ceux des professeurs Jacob Yernes, Amédée Lullin , le grand bienfaiteur de la bibliothèque , peint par Largillière , du célèbre Charles Bonnet peint par luel, artiste danois , en J777, de J. Burlamaqui, de J.-R. Chouet,de Gabriel Cramer, d'Abauzit , de De Candelle peint par Hornung, de J.-L. Calandrini, du docteur Tronchin, de Michel Roset, du général Montesquiou qui évita à Genève une occupation française au commencement de la Révolution.
Les portraits de Jean Arlaud et de Liolard , célèbres peintres genevois, qui étaient dans cette salle, ont été placés au Musée Rath. ^^
On voit encore dans la salle des manuscrits le portrait du Régent , Philippe d'Orléans , richement encadré et donné par luimême à Arlaud , ceux de J.-F. Osterwald , de Pierre Mouchon , de François de Roches, de David Claparède, de De Saussure (Horace Benedict), peint par luel, et de Moutonnât.
Enfin , on y remarque une tête de saint Pierre peinte au pastel par Liotard , quelques portraits gravés comme ceux de MM. Bourrit père et Odier, un buste d'Homère.
Au milieu de cette salle est une grande table de marbre avec de curieuses incrustations. Elle a été donnée par le baron Du Quesne
(') On l'appeUe aussi la salle Lullin, parce qu'elle renferme la plupart des manuscrits légués par Amédée Lullin.
en 1702. Une inscriplioD , fournie par le bibiiolbecaire Jallabert, porte que cette table , qui jadis était soutenue par quatre statues de Maures en argent, a appartenu à un duc de Toscane qui b donna à rémir Facardin (Fakhr-Eddyn). Celui-ci ayant été étranglé par ordre d'Amurat lY en 1635 , un renégat au service de Vétùîv emporta cette table. Elle fut successivement vendue à Sylvestre Ihhfour 1,000 piastres, au fameux voyageur Tavernier 400écus. Le baron Du Quesne la trouva au château d'Aubonne et la donna à la bibliothèque de Genève qui possède aussi un beau tapis de Perse provenant de la même source.
Une autre curiosité historique , placée dans cette salle sur im antique lutrin provenant de TEglise de Saint- Pierre, consiste dans une magnifique Hible in-f"", en grand papier, imprimée à Genève en 158S. Elle est richement reliée en maroquin rouge à compartir mens avec des ornemens d'une rare perfection. C'est un des plus beaux spécimens de la reliure au seizième sièéle. Cette Bible est aux armes du roi de France, Henri Yl. Ces armes sont.encpdrée^ dans le collier de l'ordre du saint Esprit (0*
Les manuscrits renfermés dans cette salle sont au nombre d'en-r viron six cents. Les plus beaux proviennent d'Ami Lulliur. Us sont écrits dans les langues arabe , hébraïque , syriaque , grecque, la^ tine et surtout française. Tous ont été catalogués avec soin. Cea%, qui sont entrés dans la bibliothèque depuis la rédaction du ca,talogue de Senebier en 1779 , figurent sur un registre supplémentaire.
L'inspection de ce registre prouve que les plus importante3 de ces richesses littéraires sont depuis plus d'un siècle dans la biblio-
(') Cne note placée en tête de cette Bible porte « qu'elle avait été ira- » primée OD papier de Florence, lavée et couverte ainsi qu'elle se voit, amx' » frais de M. Rotaa, ministre de la Parole de Dieu, natif de Couere (Coir«) » aux Grisons qui , ayant travaillé à la correction d'icelle avec Théodore de » Bèze , Antiioine de la Faye , Jean iaquemot , Simon Goulart et Bonaveq- »'ture Bértbam, l'avait envoyée au Roy avec deux autres exemplaires pa- » feils pour Madame sa sœur et monseig' de Sançy. Mais le ^oy p'ayant^ » voulu la sienne , le sieur Uotan la donna au sieur Mareschal auquel il » avait des obligations. »
Une autre note postérieure porte que cette Bibte passa au maréchal de Turenne qui la donna à spectable Noé Delagelé, l'un de ses chapelains. Elle devint ensuite la propriété de sa fille Anne Hamar qui épousa Daniel Lhuilier. Elle fut donnée à Abraham-Philippe Lhuilier par Anne Lhuilier , née. ïtainar], en 1740. De là elle, est arrivée à la bibliothèque de Genève.
thèqae. Nchjs nous bottierons à décrire sommairemeBl ceux que leur antiquité , ieor richesse ou quelqu'autre circonstance recommandent plus particulièrement.
d^ La Bible Vulgaie, manuscrit grand in-folio, velin, qu'une inscription attribue au 1X« siècle, mais qui pourrait être postérieur d un siècle. Cette énorme Bible latine était celle dont on se ser-^ vait jadis dans TEglise de Saint-Pierre. Elle est placée sur un lutrin ea fer d'un travail curieux , qui est le même qui la supportait dans cette cathédrale. Ce manuscrit est sans \irgules; les alinéas ne sont point commencés par une lettre plus grande que, les autres. Dao9 les litres des livres il y a des lettres onciales mêlées avec des lettres capitales. Bonivard piarle de cette Bible dans ses chroniques. On a joint à ta fin diverses pièces curieuses pour l'histoire de Genève^ le rôle des chanoines et le catalogue des livres donnés à Saint-Pierre par 1 evéque Frédéric, vers Tan 1035.
%^ l^ Quatre Evangiles, manuscrit latin, in-folio, velin. Il est antérieur d'un siècle au moins au précédent. Les lettres onciales, les grandes lettres capitales enrichies d'orneroens du stvle bysantin le plus caractérisé , attestent qu'il est du VII* ou au plus tard du VMI*' siècle. Il y a auelque chose d'étrange et de barbare dans ces ornemtfis plaqués ae couleurs vives, principalement vert, jaune et roAige^ Qq n'y l,rouve pas , comme dans les manuscrits d'un âge postérieur, des miniatures à fond d'or ou d'argent. La forme des A et des M est aussi une preuve de haute antiquité.
3^ C^mmeniaireê de Rabanuê Maurus sur les livres de Judith, Esther et sur ceua des Machabées, Manuscrit latin, in-folio, velin. Il est aussi d'une très-grande ancienneté et beaucoup plus beau que les deux précédons. Le velin est magnifique; le caractère de récriture annonce une main très-exercée. D'après Senebier, il aurait été copié dans le siècle même de Rabanus, c'est-à-Klire danci le IX'' siècle, Rabanus étant mort en 856.
4° De Computis Temporum, Les différentes manières de calculer le temps, par fiède. Manuscrit latin, in-folio, vélin. Baulacre a consacré plusieurs notices à ce livre extrêmement précieux ('). Il est écrit sur un velin très«fin et sans aucune lettre historiée. Les mots n'y sont absolument pas séparés; il n'y a pas de virgules* Tous les caractères concourent à le faire présumer de la nn du YIII* siècle ou du commencement du IX*.
Ce manuscrit provient de Tabbaye de Massai, en Berry, et coUr
(') Voyez ipiblioîhèq^ italique , tome XVIII et le Journal ^ekétique de iiiail7'43.
ne
tient reloge en vei*s des officiers de cette maison religieuse. La grande chronique qui se trouve dans ce volume rapporte les principales actions de Charles Martel, de Pépin et de Charlemagne. k Tannée 746 on voit que Carloraan, frère aîné de Pépin le Bref, tourmenté de remords après le gain d'une bataille , se fit moine au Mont'Cassin, et que là , il était chargé de gaixler les oies.
5*" Statuts de V Eglise de Genève. Manuscrit latin iu-folio, vélin. Ces statuts sont relatifs à la manière de célébrer les cérémo* nies de i'Eçlise , la façon de régler l'horloge et de sonner la cloche pour la nuit et les jours de fêtes, etc. , etc. Ces différens sujets sont renfermés en 150 articles. Le tout est daté du 24 septembre 1483, sous le pontificat de Sixte IV.
6® Notes de Tiron, manuscrit in-4°. velin, du IX* ou plutôt du X« siècle, selon Maflei. Les notes Tyronnienoes sont la sténo r graphie ou la tachygraphie des anciens. Ces signes abréviatifs avaient été inventés par Tiron, affranchi de Cicéron , afin de recueillir les harangnes de son patron. Ce manuscrit est donc un véritable dictionnaire des abréviations employées par les an(;iens: Ce» abréviations ont du rapport avec récriture chinoise ; elles expiiment chacune une syllabe ou un mot. Quelques-uns de ces signes paraissent plus compliqués que les mots écrits en toutes lettres. Uà affranchi de Sénèque ajouta plusieurs signes à ceux inventés par Tiron. Dans les anciennes républiques cet art d'abréger l'écriture était un besoin , parce que l'empire de la parole y était tout-puissant.
7* VjitnjfHs de Marins Philelphe, manuscrit in-8°, velin. C'est un poème qui célèbre les exploits de Mahomet H, auquel il est dédié par Othman Lilliis, d'Àncône, ami de Philelphe. C'est unmé^lange de fable payenne et de vérité historique. À la fin du dériver chant le poète invite Galéas, duc de Milan , à repousser l'orage qui menace l'Europe depuis la prise de Constantinopie par les Turcs, Il a été question plusieurs fois de publier ce poème, doQt la latinité est assez bonne , et qui est encore inédit.
8<* Harangues de Cicéron, in-4®, velin. Ce manuscrit du XV<> siè* cie est d'une élégance et d'une netteté rares.
9° Lettres de Cicéron à Publius Lentulus, en XVI livres. Manuscrit in-folio, sur papier, du XV" siècle.
10^ Lettres de Pétrarque, manuscrit in-folio, papier et veliQ, Elles ont servi pour une édition de cet auteur.
il» Missel, in-folio, velin. Ce manuscrit dont la première page est enrichie d'une bordure de fraises, ce qui annonce le commencement du Xy* siècle, est relié en bois avec des ornemens et des
fermoirs de mêlai. On a peint en {][rand dans un feuillet les armoiries dé Genève; mais cette peinture est (évidemment superposée ou restaurée sur une autre plus ancienne.
7® Les Décrétalea, manuscrit latin, in-folio, velin. On y trouve le nom d'un homme qui marque l'avoir possédé en 1412. Il est d'une fort belle main, mais mal conservé.
Tels sont, parmi tes manuscrits latins, ceux que leur antiquité ou leur mérite intrinsèque recommandent le plus- Sans doute ils ne sont pas aussi brillans que ceux qui sotit exposés comme de magnifiques spécimens dans la grande salle, mais ils ne sont ni moins rares, ni moins précieux. Nous bornons ici l'énumération deces manuscrits latins qui sont au nombre de 125 dans le catalogue de Senebier. Les manuscrits grecs sont moins nombreux. Senebier en comptait 42. Plusieurs sont fort importans. Nous citerons seulement les Homélies de saint Jean Chrisostome, in-folio, velin, qui est du IX^ ou du X*" siècle, et les Œuvres de saint Athanase, manuscrit in4blio, sur papier, divisé en trois volumes. Celui^t n'est que du XIV siècle, mais c'est un des plus complets de ce célèbre Docteur de l'Eglise. Il a servi pour la première édition qu'on en fit en 1600.
Les manuscrits arabes, parmi lesquels il en est d'importans, proviennent essentiellement d'achats faits à Paris dans les ventes de biblipthèques d'orientalistes , par M. le professeur Jean Humbert.
Dans les manuscrits français nous ferons remarquer essentiellement :
1" Le& Métamorphoses d'Ovide, moralisées en vers français, grand in-folio , velin , orné de fort belles miniatures. Il est aux armes de Petau et ne le cède pas aux autres manuscrits de ce riche fonds. On lit sur la garde qu'il a appartenu au dauphin d'Auvergne , comte de Montpensier. L'ouvrage commence ainsi : « Cy » commence les Rubriches d'Ovide-le-Grant, dit metamarphoseos^ » translaté de latin en françois par Crétien Legouays de Saincte- » More vers Troye. « L'histoire littéraire de France nous apprend que Jeanne de Bourbon, femme de Charles V, fit mettre en vers les métamorphoses d'Ovide par Philippe de Vilry, évéque de Meaux,
aui vivait au milieu du XI V" siècle. On trouve cet ouvrage cité ans le catalogue de la bibliothèque du duc de Berry, qui fut fait en 1416 (*),
(*) M. Pierre Tarbé a public à Rheims, ea 1850, un petit volume tiré à 225 exemplaires sous le titre d'OEutre* de Philippe de yUry, Ces œùvi^s.
ri8t
2^ Hùiairê ou Chronique de France , folio ,. velin* C'est ua abrégé de l'histoire de France jusqu'en 1204. Il fut fait et traduit par Tordre d'Alphonse , comte de Poitiers , frère de Louis IX, cjfur vivait en 1271. Il paraît être le même qui est indiqué sous le numéro 167&2 de la bibliothèque historique de la France augmentée par Pontette. On a joint à ce manuscrit une traduction ou plutôt une paraphrase en vers de la Pharsale de Lucain.
3^ Histoire de Troye , folio, velin. L'auteur de celle histoire eo vers est maître Jaque Milet, natif de Paris, étudiant à Orléans. Il apprend qu'il a commencé ce poème le 10 septembre 4450. Ce manuscrit est orné de curieuses miniatures , mais vers la fin l'espace réservé pour les peindre est resté en blanc.
4^ £ûf traité deê atuiennes histoires depuis ta Tour de Babel jusqu'à la prise de Jérusalem par Pompée, Ce manuscrit , folio, velio, est orné de miniatures peintes en grisailles ou en camayeux. Il est relié en velin.
5^ La fleur dès hysioires^ fdlio, velin. Ce manuscrit fort épais / dont la reliure en bois , avec des clous et des coins en cuivre , paraît fort ancienne, est écrit sur deux «colonnes. Il est orné d'un très grand nombre de miniatures d'un goût très fin , dont les costumes sont extrêmement curieux ('). k la fin l'espace réservé pour le$ peindre est en blanc.
6^ La Cyropédie, manuscrit in-f*', velin. Il est enrichi de sur perbes miniatures dans le goût de celles du Quinte-Curce du duc de Bourgogne, Charles-le-Hardi. Dans la bordure de la première page on voit des armoiries entourées du collier de la Toi$on*d'Or. La miniature représente lé duc de Bourgogne , dont la figure-por^ trait est évidemment la même que celle du Quinle-Curoe, recevant la Cyropédie des mains du traducteur qui la lui avait dédiée. Les encadremens représentent des fleurs et des fruits.
7® Le roman de Tristan ^ manuscrit in-folio « velia. U est orné d'une foule de très belles miniatures. Les leures capitales sont peintes sur ua fond bleu parsemé de fleurs de lys d'or. Les armures et parures qui concernent la chevalerie sont très curieuses à étu-
telles qu^eUes sont données dans ce livret , ne consistent que dans une fort minime partie des Métamoriphoies moraliiées telles qu'elles sont contenues dans l'énorme manuscrit de Genève. Les vers du commencement et de là fin concordent , ou à-péu-près , dans la publication de M. Tarbé et dans le manuscrit de Genève; mais c'est le seul rapport entre les deux, te manuscrit de Genève reste à étudier dans presque tout son contenu.
(*) A la page 151 du second livre, on voit des canons au siège de Jérusalem. -^ Les anges qui combattent pour Judas Maiehabée sont peints avec rhabiltemént des Chevaliers de Malte.
dt^. Le premier ciiapitr^ Craite de la venue de Joseph d' Arhnathée en Angleterre avec te San Graal ou le vaisseau sacré qui renfermé lé sang de J.-C
8<^ Vart de la chasse des oiseaua , manuscrit grand in-folto ,. yelin- Rien de plus beau que la miniature du tiire de ce livre admirable. Les têtes sont des portraits qui feraient honneur aux plus habiles artistes. L'encadrement représente des oiseaux de toutes sortes peints avec une vérité de couleurs et d'attitudes qui charment. Les paysages du fond sont aussi charmans.
Chaque page de ce volumineux manuscrit est en outre décoré , à tontes les marges qui sont fort larges, d'oiseaux , d'ustensiles de fauconnerie , de perchoirs et de tout ce qui concerne la chasse. Ce manuscrit a fait partie de la célèbre bibliothèque de Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, fameux amateur de livres, dont les devises et les supports se voient au bas de la miniature principale. Ses armoiries même sont recouvertes par celles de France, parce qu'après la mort de la Gruthuyse (1492) sa bibliothèque passa à Louis Xlf .
. On apprend dans la préface que cet ouvrage a été translaté de latin en français à la requête de très noble baron mon doux sei-: gneur Jehan Chevalier, né de Sainte-Rachine, seigneur de Dampierre et de Saint-Dizier. L'original latin est sorti de la plume impériale de Frédéric IL On sait que cet empereur savant composa un livre de re accvpiiariâ, Sur l'art de fauconnerie, et qu'il le dédia à sonRts Mainfroi.
SenelMer dit qu'an milieu de celte multitude de pântures on distingue quelques dessins de faucons et de chevaux de chasse faits le siècle dernier par M. Huber, qui s'occupait de recherches sur les oiseaux de proie.
9° Chronique de du Tillet, manuscrit folio, papia*. Cet ouvrage bien connu est dédié à Charles IX. Il a été imprimé en iô78 et souvent dès-Hors. On y voit les portraits en pied des rois de France peints avec beaucoup de goût et de finesse. A dater de Charles VIÏ, ces portraits acquièrent un grand mérite de ressemblance. Le dernier est celui de François I'*^. Des blasons peints très soigneusement ornent ce manuscrit curieux dont l'écriture cursive est du seizième siècle.
10*^ Chapitres de V ordre de la Toison-d'Or, grand in.4*, papier. Ce beau manuscrit renferme tous les chapitres de cet ordre célèbre tenus jusqu'à celui que Philippe II tint à Gand ep 1659. Il renferme les costumes de l'ordre , les armoiries de tous les chevaliers et les portraits de quelques chevaliers illustres. Parmi ceux-
ci figurent les ducs de Bourgogae. Le portrait de Cbarlr raire est curieux. Ce prince n'a pas Tair farouche que ' la plupart de ses effigies. Toutes ces miniatures sont * Ce manuscrit est relié en maroquin rouge aux armes la Toison-d'Or.
ii*^ Armoiries des chevaliers du Saint -Esp grand in-folio sur papier très richement relié en m Les peintures très soignées ont été faites par ColU çais,en 1637.
W Armoiries des chevaliers delà Toison d*C.
est le pendant du précédent. Il a été peint par la femm^ Collier.
43^ Recueil des armes des chevaliers de Lorraine, manuscrit in-fotio , sur papier, relié en deux volumes. Les armoiries de 402 chevaliers sont peintes avec leui's couleurs.
La bibliothèque de Genève possède encore d'autres livres manuscrits de blasons et de généalogies.
Les manuscrits français , dans le catalogue de Senebier, sont au nombre de 197. Leur nombre a augmenté dès-lors. Parmi les plus précieux figurent , sans contredit , les manuscrits de Calvin (quelques volumes de lettres de ce réformateur sont en latin) ; les pièces relatives à la Réforme qui ont été classées dans une longue série de registres ; plusieurs biographies inédites des réformateurs ; les correspondances des réformateurs ; celles des Eglises protestantes de France avec la vénérable Compagnie des pasteurs de Genève, les nombreux matériaux réunis par Court de Gébelin pour une histoire générale du protestantisme français. Ces collections uniques pour le nombre et pour l'importance des matériaux forment plus de cent volumes ou dossiers in-folios, dont plusieurs ont près de mille pages. Leur énuméralion n'entre pas dans notre plan.
La salle des manuscrits renferme aussi tous les papiers de Charles Bonnet , classés par lui avec le plus grand ordre et contenant une grande quantité de lettres à lui adressées par des hommes célèbres du XVllf siècle.
N'oublions pas de mentionner les manuscrits de Bonivard , entr'autres un volumineux Recueil historique, in-folio , sur papier. Cet ouvrage renferme une description et une histoire des Gaules , une histoire romaine, une histoire des empereurs d'Occident et
, el une histoire des rois de France qni régnèrent jus- S6.
onge du vieil pèlerin et le Songe du vergier, deux nias sur papier, méritent une mention. Ce dernier renferme inontrances respectueuses adressées à Charles V et à Char- I sur le gouvernement de l'Etat.
a manuscrit présente de l'intérêt à cause de sa provenance. >i la Relation du siège d'Orléans par les Anglais en 4428, folio, pier. A la suite de celte relation se trouve le procès de la Puoile, les réponses qu'elle fit à ses juges et la révision de son proces par les commissaires du Pape. Ce manuscrit fut donné à la bibliothèque de Genève par Jean-Jacques Rousseau II est ain^s^ annoté
de sa main : Pour la bibliothèque de Genève de la part de Jean- Jacques Rousseau, citoyen.
Enfin ^ citons en terminant la Cité des Dames, par Christine de Pisan , manuscrit in-folio sur velin , enrichi de belles miniatures.
Pour tout le reste nous ne pouvons que renvoyer à l'excellent catalogue de Senebier.