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Histoire et description de la Suisse et du Tyrol

Il est, au centre de l'Europe, un j*avs que h nature semble avoir desiidéà représenter éternellement l'image despremiers âges da monde , un pays où ses pliénomènes se répètent toujours avecune ineffable i^rn^uleur, où les nommes niâmes ont retenu (juelque chose de la simplicité des anciens jours. La Suisse est comine le noyau de notre, hémisphère, comme le réservoir de la (î^iule, de la Germanie, et do l'Italie. Des roches amoncelées s'élèvent au- ^sits ^e la région des nuages ; elles apparaissent inclinées , menaçantes |wnr le voyageur , et le sol de la vallée en est (]iieiqiiefois obstrué. Magnifique et subiuiie desordre qui retient Quelque diose du chaos ! on dirait que wis la création ces matériaux épars ou entassés étaient demeurés sons emploi; on se croirait dans le laboratoire de la Divinité. Au fond de ces crevasses profondes, grondent et nrti- ^ fissent des torrents orécume ; sur les >ncommensurablQS«f)arois dont ils dé- Z chircDi la bnsr, croissent et là fjuel- 1 W arbres verts, et sur leurs cimes I pressent et se resserrent des forêts 1^ épaisses. Enfin la crête des Alpes ; 7 licieâte aux feux du soleil sa robe de

neiîie, et ses ^^Inriers aux teintes hlancheM et rosées. Us s'alignent majestueusement autour des vertes plainés de la Lombardie : depuis la'Médlter* ranée jusqu'aux monts Euganéens, brille dans les airs cette resplendissante ceinture^ limite abrupte, inipenétrabie et mystérieuse entre la civilisation antique et la barbarie, asile de peu* pies que l'histoire ne rencontre que pour projioiicer leur nom, que pour dire quel sang ils ont versé, quelle conquête ils ont rêvée , ou quels Romains ont péri dans leurs détilés. Admirables avant d'être admirées , * les beautés de la Suisse demeurèrent inconnues à la Grèce, et Rome ne pénétra que fort tard chez ces peuples alpestres, qui envoyaient leurs fleuves à toutes les nations. Le Rhône , le Rhin, le Tésin, i'Adda , l'Adige étaient illustrés par des victoires, mais 4eurs sources, leurs affluents , les vallées profondes que parcourent leurs ondes, les lacs qu'elles traversent , les rocs que depuis le premier jour du monde agite à chaque.minute le battement de leurs cascades , Rome semble ne les avoir pas aperçus ; et même dans ks lieux où ses légions ont pénétré, elles ont laissé

Iï»UNIVEIlS.

des vestiges de leur présence, mais rien, absolument rien qui attestequ'elles en aient emporté quelque souvenir, niquece peuple si grand dans l'histoire aft été ému à ras|»ot des soleiiiiité»

(k la nature.

Il faut bien se garder d'appliquer le nom d*Helvétie a tous les pays uui composent aujourdlni} la Sursse. Se»

vingt-deux cantons comprenaient autrelois dans leur étendue, la Rauracie , une partie de |a Khétie , les Le- Mut», les Sedunit tea Véragres, ka Nantuates et une multitude d'autres peuplades gauloises ou germaniques.

On ne s'attend pas à lire ici les noiubreuses dissertations par lesquelles on a Techerché Pori^ne de chacune d'el^ les. I>s premiers jours des nations sont toujours perdus pour Fhisloire ; trop heureux quand la tradition s'en empare; car si la tradition est incertaine et raporeuse^ ai elle- admet le * merveilleux, si elle entoure le berceau des nations de (i( tions amusantes ou flatteuses, du moins elle retient des souvenirs et constate des croyances. .

L'histoire d*un peuple aana tradition serait comme uue journée sans matin.

La Suisse n'a point à rappeler ces naïfs récits; toutefois elle pourrait revendiquer sa part des tictions grecques sur hàiHyf^rboPéens: les vers éena|> pés de la lyre de Pindare et Tigno* rancc des géographes favoriseraient cette prétention. Ces illusions mythologiques ne furent pas de longue durée ; le Ligurien, le GauloisdesrivesduPo , rOmtmrien, rfitmsque apprirent' que des hommes libres et belliqueux cachaient leur indépendance dans ces montagues,et que des jtpuuiations entiè* fes poovaiéBtmenaeer leur territoire, et bientôt, à la terreur des fictions succéda un effroi plus fondé. L'existence de ces montagnards se révéla non plus par de vaines chimères, mais par des nits sanglants; Atravers.le8 défilés des Alpes, se préi!rp.îta'ent des ik>ts de populatioiks barbares.; accourues des extrémités septentrionales du monde , elles refoulaient sur eliesmémes, puis enlndnaient vers le sud It» nations intennédîakes. La dvilisa-

tion était menacée; sans la valeur des Romains, la nuit cimmérienne edt dans 'SOU obscurité enve!op(>é et* la Gjto^ritalie; d'épaisses ténèbres eussent à jamais séfiaré, les lumiè' res de l'awtiqu té des lumières des temps modernes, si i'Ktrurie^ si iloiné après elle, n'avaient eu le loisir d*écrii:e leurs annales autrement que par des clous enfoncés au temple du Capjtole ou dans celui de iSortia ; si , avant l'arrivée des Barbares, le christianisme ne sa filt élevé sur le trône des Céws pour conserver à la ville éternelle une victoire iiitellectuelle,quand déjà la victoire des armées n'était plus possible; enlin si cette religion sublime n'eilt fait ^bir au.\ vainqueurs la loi des Vaiucus.

L'apparition des Cimbres n*est que le prenn'er* acte connu de cette grande émigration ; l'histoire n'aitf^'nt plus que par conjecture les prinulifs mouvements du genre humam , et ces temps où les nations se répandaient sur la terr% et voyageaient comme voyagent les iir»

dividiis. Kllea retenu le nom des Celtes, nom que l'ignorance citez les Grecsi, et chez les modernes un exc^ d*érudition, adouéd\ine élasticité qui pourrait égarer. Pour la saine critique il n<| peut englober les populations germaniques ; mais il appartient aux races gauloises , pénètrejusqu'aufondde riberi e, règne exclusivement sur la Bretagne, et s'établit sur la rive droite du Bhin. L'Ilelvétie était peuplée de Celtes a 1 euoque glorieuse où Julçs Césai; parut; il ledit formellement : seshab^ tants vers la Gaule étaient limitropJie^ des Séffuani, qui du Jura descendaient jusqu'aux limites actuelles des départements du Haut et du B^is-Khin. Là sq constatait, par la présence d^ Belles, un autre refoulement de nations, un^ migration dont la tradition avait retenu la date. quoi(jue d'une maiiièrevague et générale. Les Beiges, dit Césajc, ont passé le Rhin dans la plus liaut% antiquité; ils ont eiujilsé les nations gauloises : or ces Belges sont pour la plupart des Germains d'origine. On ajoute que leur valeur sut résister au3^ uinbres, et ce grand lait derinvasîon dmbrique dans les Gaules oouimmm

8t7ISSE.

ft

pour nous l'histoire de la Suisse.

Un canton helvétîen , le pagus Tii^utfaxoSfSejoignitaux Qnibres, aux Teutons, aux Ambrons , qtiand trois rmt mille combattants vinrent m s extrémités de rOri«nt fondre sur la Gaule.

Les Gaulois, renfermés dans leurs villes, en étaient réduits à manger lachair de lerirs vieiH.irds. l^f^s Barbares parurent près de Marseille, et Silanus ftit battu. Alors, «i^our empêcher les tmnqoeurs de se repand're en Italie, le œnsul Lucius Cassius franchit les Alpes Pennines, descendit la vallée d'Lntremont et passant sur le soi où • est aujourd'hui Martigny, vint camper an bofd du Léman. Là se trouvait le jeune et vaillant Divicon , le premier Helvét'en dont la postérité ait retenti le nom. Pour Cassius , il y allait de la grandeur de Rome, pour Divicon du salut de la patrie. Ces Romains qu'il aUa\t lonihattre avaient déjà soumis ntaUe, le trône d'Alexandre était touillé devant eux , la Grèce leur obéissait 6t f'Asi'e jusqu'au Taurus ; Carthage n*étaît plus, et de TOronte au Du* rius les n.itions obéissantes tremblaient dpv:tnt les légions, dette première action des Helvétieris précéda dè

Satorze coïts ans Tépoque où leur pae deTÏnt une république di.i^^ne par son héroïsme «les temps fabuleux de \à Grèce et de Tltaiie. La rencontre eut lieu en l'aa de Rome 646, et il est frabaUe que ce fut à Textrémité du bc» à l'endroit où s'élève Villeneuve, ài^aspectdesDiiibleretsetdc In Dentdu midi. Là les bords du Léman sont entrecoupés de collines et, le sol est mouvant sous les marais du Rhdne. LV vantase des lieux était tout entier pour les iudijzcnes : le consul Cassius gîrit, et avec lui son lieutenant L.

Pison; l'élite de l'armée romaine BHHirut en combattant : pour elle les ' communications étaient impossibles âussi bien que la retraite, il fallut i^ocier , donner des otages et passer •>us le joug.

Les Helvetiens sont mêlés aux )iu- • très événements de la guerre des Cîm-, l^res: une armée consulaire de quatrevingt mille hoiumes lut taillée eu pie-

ees. Ces désastres rappelaient aux Ro« mains e£frayés les joiirs néfestes ùk Brennos leur fit payer une rançon.

Heureusement les Cirnf^res perdirent eu excursions, an [ii<d des I Pyrénées, un temps oue Kume &ul mieux ëm* oUn er -i à leur retour Ils trouvèrent Alartus oui les dispersa , et remporta sur eux In célèbre victoire d'Aix.

Ce n'était point cependant la dernière expédition des Cimbres ; unis aux Tigurini, que commandait Divi* con , ils franchirent le Brenner, bat* tirent le consul Catulus , et vinrent camper dans les champs appelés Eaudiens, non loin de Vérone. Marius accourut; il était eonsul pour la cinquième fois avec Manius Aquilius. A la fin de juin, en l'an de Rome 6ô2, il parut sur les bords de l'Adige : les Cimbres se formèrent en carré; ils ocx^ipaient, en tout sens, un espace de . trente stades. Leur cavalerie, bardée de ter et reinarquaLle par la beauté de son arnmre , composait un corps séparé; elle prit la fuite devant lei Romains; mais ceux-ci, trop ardents à la poursuite, donnèrent imprudem-.

ment dans le [UfVje. Le corps de bataille des Cimbres i(>s j}rit en queue, tandis que la cavalene faisait volte face. Déjà ces vallées retentissaient df's cris victo redes Barbares : c'en était fait des lois, des arts, de la civilisation.... Marius alors voua des vio* timesau grahd 4»P>tcr, et le soleil vint diviser le lîroiiillard et frapper les Cimbres au visage; éblouis et aveuiilés par la poussière qu'un vent im- |>etuei]x leur eu voyait, ils ne purent plus tenir. Les Rdmains se montré* rent dignes de leurs ancêtres dans cette mémorable journée, et les Cimbres moururent.

Cependant les Helvetiens gardaient les défilés de TAdige : fis quittèrent les gorges du Tyrol et rentrèrent dans leur patrie. Protégée par les Alpes., par le Jura, par leKhin, elle était incxpugnabie; mais cette patrie, qui contient aujourd'hui plus de douze cent mille habitants, était alors trop étroite pour (pialre cent mille. Les rives des lacs etaieut cachées par d'iai-

L'UNIVERS

comniodait mieux de la conquête et me éhi par la nation, l'ambassadeur

des expéditions ioinlaiiies que de dé- du peu|iie auprès d 's Séquanieas et

frichemeuts opères sans suite , sans des Kdueus , dédai|jna de répondre à

intelligence et par conséquejit sans raccusation , et prévint le sup|)iire par

succès. Ce fut donc uo (excédant de sa mort, ainsi que Pindique une exprès-

population qni , cin(;uaiilp ans af)rès sion d'» >rose (!e îiinosle é\éneniLiit

reX|iédition di"s (!iinl)res , lit concevoir n'arrêta point l't lan national : à T'epo-

à toute la nation la penste funeste de que qu'il avait lixéç, les llelvétieus se

i'émigraiion. Ce n'était point d*ail-' réunirent^ ude dernière foffi* en assem-

îeurs un vaincaprice, une e\trava>;aute blee générale, et marquèrent le jour

manie de courses. , Le Nord n'avuit du (léj)art. (llia'-un rmlra dans sa de-

point repris son innnobiiité ; il en- . meurè , on chargea sur des cl.ariuts

voyait sans cesse de tiou v elles j^enera- les veillards impotents, les IVmmes,

lions au bord du Rtiin. Il y avait alors les enfants et des vivres pour trois

che2 les Helvétiens un homme puis- mois; puis on mit le feu à douze vil-

s.tnt , Orgetorix; il possédait plus de les, à quatre cents villages et à tous

di\ mille esclaves, et ga};nait les pau- les édifices du pays. Après cettftdci-

vrespar ses largesses. Chef militaire , truction on marcha au rendez-vous:'

il suscita la guerre i)our s'emparer du c'était le lieu où. le *Rhône s*élance

pouvoir supréine qui, durant la paix, avec impétuosité du sein du lacv où

appartenait aux maf^istrats. Orijetorix l'on admireaujourd'hui la superbe Ge-

s'élait assuré le concours des Sé- nèvo. il y vint aussi vingi-trois mille

guaniens et des I-^duens ; la no- ilaurauues, hommes et femmes, vingtlesse était à lui. 11 parut dono dans èix mille Tulingiens , quatorze miiie I*assemblée de la nation et dit qu'il Latobrigeseltn it(>-deuxiAilleBoîei]S. était i.. digne de guerriers qui avaient Mais le corps le plus nombreux était vaincu les Koniains et les (icrniains ceiui des véritables lleiv( tiens, qui de cultiver péniblenient une terre in- conjijtaient deux cent soixante-trois grate, et de se retrancher denière mille personnes. A leurtéte on revoyait leurs montagnes quand ils pouvaient I)evico.i qui, dJiquante ans auparafixer eux-m(^ines leurs limites , et sans vânt, avait vaincu le consul. Toute la autre rempart que leur valeur, occu- (iaulc était dans la slnncur : mais JulfS per à leur choix les plus riches con- César commaiiduit la Province, et Jt^ja trées de la Gaule. La proposition fut il était accouru vers le point menacé, agréée, et les quatre cantoiis résolurent ' A Genève deux envoyés des Flelvéde quitter le sol liabitc j;ar leurs aïeux: 'tiens le vinrent trouver; ils de/nanhommes , femmes, entants, troupeaux, daient passage a travers les terres des tout devait se mettre en marci;e ; ilomai..s, promeitant de n'y causer répogue de l'exécut on fut fixée à la aucun, dé^;». Daiisce mpment. César troisième aniiéc. Il i.:t décidé aussi ne pouvait Opposer qu'une seule léquo l'o i in\ it'M ail à faire partie de gion à quatre-vingt-douze mille homi'exi)édition les iiauraques, qui habi- mes; il dit qu'il y rélb chirait. Au Iwut taîeut avec leçantoo de lîâle une par- de quelques jours, les Helvétiens ayant tie de la H-aute- Alsace et delà Souabe, renouvelé leur demande, César répuis les Tmingie.,s et ies J.atobriges, pondit catégoriquement qu'il ne le peuples dont ie territoire n'est pas soulïrirait pas. Déjà il avait e.'evé sur Lien détermine, enlin les iioiens, qui la live méridionale du ithone ui.e muétaient établis sur les bords du lac de raille haute de se ze p eds , longue de .Constance. tieuf mille pas et Oanguée de tours :

Mais Orgetorix ne vécut pas jusqu'au temps lixc pour rexécuiion du . (*) Jd mortem coactus.

PUISSE. $ de toutes parts fl avait réuni des le- vicon, qui lui demanda de désigner laf*

vées. Après de vains efforts Dour rompre cette li^i.e de défense , les !!ebé- ' tiens marchèrent a travers leteniiuire des Séquaoiens que leur ouvrit Dum- Dorix, le gendre . d'Orgetorix. Ce Dumiiom voulait aussi s emparer du Douvoir et réi^iier s;ir ses compalrioles les Séquaiiiens. 1 rois passades peuvent avoir été livrés par celte jia- Im :*oii cite celui où est aujourd'hui 1p turt l'Écluse, les Clefs et Sainte- Ci oix. Il est plus probable que l'on (Mit le premier : le Rhùue y laisse à peine la place qu*ît faut à uo-diar, pt sur la rive opposée des parois de rodiers retombent à pic dans ses ondes bouillonnantes. JLa troupe s'avança tentemeut a travers raille dif xultés et parvint enfin jusqu'à' la Sadue, elle y fabriqua , tant bien que mat , des nacelles et des radeaux. En vingt jours tro s cantons f ranchirent la rivière, tesTîçuriui fermaient et- couvraient la marche. Enfin on partit pour les ferîrfe roiitrées de la Saiiiton,:;e.

César, apprc^iiant que teslieivctiens se dirigeaient vers le nord de la Pro- Tîncepours^établirdan^le voisiua:;e, laissa le commandement du pays âes Alîohro^fi ;i Labicnus, ronriit en Italie,y leva deux iép,ions,eu relii-a trois des quartiers d'hiver, et revenant par la vallée d'Ossoia , il dis|)ersa lesCentrom'> . icsOraïocèlcset les Caturiges, Peuples des Alpes qui voulaient empêcher son passage. Bieiitût il rejtarut ^•ilesVoconiiens et les Allobro^ês, wiflchîtle Rh^ne chez les Séi^usiens ftfaas le Bujçey) , et rejoignit l'arrièregardedes Helvélîens. De toutes parts lui arrivaient des plai ntes amères sur içsravajjes qu'ils comuietta eut. Les

mrine le pays dont sa nation prendrnit po session. I.e langage de ce ïiul)le guerrier fut orgueilleux ; il uk'I i lan.cnace à la prière ; il avertit César de ne point compter sut* un succès éphémère, lin* rnp()ela le consul Ca^sius , et lui dit que ce lieu pourrait acquérir, par sa défaite, une célébrité funeste aux Romains. Le lanf<;age de César ne fut pas moins hautain : il exigea que le doinmaixe causé aux Éduens et aux Aliobroges fù\ réparé sur-le-champ, et demanda des otages. '«/.€A //e/tT7/f;/.v, répliqua Divieon, ont appris de leurs pérex a eti recevoir y non a en donne,*, et If's' Homainu devraient s*en sou»

venir. »

César suivit donc l'armée helvétienne. Il avait auarante mille hommes; sa cavalerie, lorte de (ji.atre ini 1", fv.t d'aijord mise en fuite par l'n.j cents cavaliers que dirigeait Dunniorix, Éduen du parti contraire aux, Romains. Après quinze jours de marclies et d'escarmouches , Cés.u' ']t un mouvement vers la dix itc. et s'avança sur Bibracte. Les Hciveliens le suivirent ; aussitôt il rassembla son infanterie, et iIis[K)sa son ordre débat aille. Il eut soin de mettre en première ligne ses vieilles bandes, {;l:.çant derrière elles, et le^ légions de nouvelle levée et les Gaulois, auxquels il ne se liait pas. Les Fiel vétiens entourèrent de chariots tout leur bagage', y pincèrent les feîunie?; , les enf. iits, les vieillards , et doinierent à leur corps de bataille une grande profondeur.

D'abord ils chassèrent la cavalerie ro* maine (jui inquiétait leurs moîive- UîCiits. Au moment de la renc4)ntre, César descendit de clievai, commanda

Êdaens, ces anciens amis du peuple à tous ses cavaliers de Timiter, et de

fomain, imploraient vi ^ emi nt son se- résf rver les chevaux pour la poursuite.

cours. Ce secours ne se lit j-as aîten- Ai:;-sit 't la lutte sVniragea : d'abord

Jre'.Labiénus, qui était resté près de les javelots des ri(nnaiiis, lancés de

Cenèîe, accourut et attaqua dai.S la haut, s'attachaient aux boucliers de

^ les Tigunui , qui étaient encore l'ennéini, qu'ils embarrassaient de la

sur la rive gauche, et le lendemain il longuem- de leur manche. Profîtant de

^ sa jonet'on avec César. cette cirrohstance. César ordonna h ses

Plus étonnés qu'épouvantés delà soldats de ns'ttre le f^laive a la main,

rapidité de ces opérations, les llclvé- il ; pénétrèrent dans les ran^js à la fa»

^CQs dépêchèrent à César le viaix Dl- vcur du désordre. La position des

Romains était trop Dvantagetisp; les Helvétiens se retirèrent à mWk p:is ; mais, pendant queCésar les suivait, les Tuimpçieiis et les Boîens Tattaquèrent en flanc. Ko même temps le corps dé bataille, qui s'était posté sur le revers d*une montagne, profitait, pour une nouvelle attaaue, de la supériorité de ga position; César Ht faire une conversion à sa troisième li^^ne pour soutenirPeffortdes Koïens etdesTulingiens.

L*action dura la jom-née eiitiei e^: des deux côtés mêmetoui age, ménieiKliartiement. Le soir, les Helvétiens, après avoir éprouvé des pertes immenses, se retirèrent, les uns sur la monkigne, les autres vers les chariots, oii se trouvaient leurs biens les plus précieux.

Là , le combat se prolongea jtisqu'au milieu de la nuit. Les fennnes et les enfants s'enfuirent vers la montagne en poussant des cris lamentables; enlin la poursuite dura quatre jours et quatrenuits, jusqu'au paysdesLtngones. César ' ne se mit en marciie que le troisième iour, et fit avertir 1rs I.inj;ones qu'il les traiterait en enneniis, s iis accueillaient les Helvétiens : réduits au désespoir, ceux qui avaient survécu à leur malheureuse nation inipldrèi eut la pitié (lu vainqueur. César répondit aux envoyés que les Helvétiens eussent àTutteucfre : il vint en effet; et il exigea non-seulenii nt des otages^ mais la remise de'toules les artnes. Kfîrayés de se voir ainsi sans défense, six milie boinmes du Payiis Lrbiyenus prirent kt fuite, se dirigeant vers le Rbin.

Les Gaulois les ramenèrent, et ils furent massacrés. Alors les Helvétiens et les Latobri^'es obéirent aux ordres de César; ils étaient au nombre de cerit dix mille. Le général romain leur commanda de rentrer dans leur patrie, de reft'iiir leurs villes et leurs villages; il [irciiiit de pourvoir à leur subsis-' tanee, et les abarMionnaau gouvernement de leurs propres magistrats, les déclarant amis et alliés du peuple romain. Mais pour garder les défilés du Jura, il fonda à Noviodunmn (Mion) une colonie équestre. Désormais le nom de Rome protégea THd* Tétie contre lies Germains, et ritaile

sVn fît tTi^^oulrrard : car cette nouvelle alliance rendait les Alpes impéuétrables à ses ennemis. ^

6n s*étonne qu'un peuple si vantl dans les temps modernes par Tamour du sol qui Ta vn naître, app 'rnisf;© pour la première fois dans 1 histoire comme ayant abandonné sa patrie; néanmoins il ne se trouvait dans cette énn'gration adcun des ancêtres des lilH'(\iTeurs du moyen ^iie. On ne voit pas que le montagnard d'LIri soit des* cendu des sombre^ vallées de la Reuss»

ni que le pâtre de Schwvtz ait aban* donné les bords de son lac. Ce nom, qui est devenu cehri de la Suisse, était inconnu aux habitants de l'Helvétie.

César dompta les Véragres et les Nantuates , 'peuples du Valais qui gé* naient les coiuniunications et rançonnaient les néiioeiants. Sergius G#lba

f)rit ciiez eux ses quartiers d hiver avec a tr légion. Il s'établit h Octbdurus (Martigny), bourgade située au débouché de la Dranse dans la vallée. Le c.nnp fut fortilié sur la droite de la rivière. Cependant les Veragres avaient résolu d'exterminer les Romains : un jour ils parurent avec le^ Seduni sur toutes les liauteui's et fondirent avec impétuosité sur le eanip de dnlha.

Ses valeureux soldats avaient à lutter eontre des adversaires toujours plus ïionihreux ; déjà ils étaient presque tou6 hiessés; deja h» fossé ( tait eoinbié et ie renijtart entamé. Tout a coup Sextms ilacidus et Voliisenus eonseillèrent uoe sortie audacieuse, qui fut exécutée à ta fois par toutes les portes du camp. Les Veragres n'avaient [x int encore compris te [Mojet des lloniains (juand ceux-ci étaient maîtres des hauteurs.

Dix mille Barbares tombèrent sous leurs coups, le bourg fut réduit en cendres, et le pays denjeura aux vnin- (|ueurs , qui néâmnoins accordèrent à ces montagnards les droits que le Latium n'avait acquis qu'après cTe longues guerres et en vertu de son àntiqiie alliance avec Ronie.

Sous le rèirne d'Auiiustc le pays appelé aujourd hui canton des Grisons, xeux d^Uri , deSaint-Gall , d' ApenzeU , oiirout subi le joug eB 'méme temps

SUISSB.

Sie la Ebétie et la Vindelicie. Il est utile de recommencer Phistoire gélléfalede Pempire , nous ne rappellerons

Que les faits qui ont r,n r.ipjjurt direct lia Suisse. IMunatiiis Plnncus fut enrobé chez les Rauraques, qui habitaient ks bords du Rhfn, à Tendroft oà te fleuve se recourbe vers le Nord pour servir de frontière à la Gaule. Il y fonda une rolf nie sous le nom d' Angusta Rauracurutn. Les ruines de son enceinte, son théâtre , les vesti^de ses temples sontencore visibles ; c'était une cité vaste et populeuse, un poste mili' iiirp, qui dr\ait à la fois surveiller la Germanie, ol)ser ver les iUiéttenset garderies déniés du Jura; on lui conféra les droits des villes italiques. En giénéral les Helvétiens jouirent de toits les avantnîîps rompafmles avec l'état de soumission, (.haque cité avait deux magistrats {dutmwiri) , la nation se réunissait en assemblée politique; Novioïunttind*une pnrt, KbrodnnuiTi ■ yîYr- (ftin") de Tautre , envoyaient leurs U)is (le construction vers lés deux mers, par le Ithdne et par le Rhin : Cully avait son Bacchus , et la vigne était fertile st.T les bords du î.éinan. Du roté de la Germanie, le pays se gard.'i/t au rjioyeii d un fort occupé par ses pr près troupes. Cependant toute Ja contrée prenait, sous lè patronage romain, une physionoiru'e romnine.

Les noms propres, les diixuités civiles et militaires, les clientèles, tout re- Itaraît dans les inscriptions, comme dus l'Italie, eomnie dans le reste dè de 1.1 daide, et riiistoire dti pays se cmionà aveccellede Tempireet s'écoule vers le moyen âge sans caractère di^tînctif , comme sans orîj^ine connue.

Tandis que Rome voyait surcéder Onlha ;i \eron, Othon à^^Galba, Vitellius a Otlion , les léi^ions de la (iennauie supérieure s'ai^itaient de perpétuelséditions* Les Helvétiens avaient upegarnison à Vindoniâsa ; la XXr lés'empara violemment de la solde qui lui était destinée. Vindonissa était située sur lu frontière septentrionale, au confluent de l*Aar et de la Limmath, non loin du Bœtzberg, embranchement septentrional du Jura. Cette vio«

lence n^était qu'une première manifestation du mouvement préparé en * faveur de Vitellius. Les Helvétiens îa*

terceptèront des lettres qui le prouvaient : tideles a Galba, dont ils ignoraient la mort, ils arrêtèrent les traîtres qui portaient ces lettres à l*armée de Pannonie. Aulus Cécrna servait dans ces contrées , homme d'une taille élevée , d'un rarartère belliqueux , audacieux dans ses entreprises, sans respect pour les dieux ni pour les hom* mes, mais cher aux soldats, parce qu'il livrait au pillage les villes et les campaiines. Cécin» voulut punir les Helvétiens de ce qu'il appelait un attentat , et mît tout à feu et à sang. Les bains de la ville moderne de Ba* den attiraient déjà un grand concours d'étrangers; ses eaux salutaires étaient sous la protection d'isis; tout fut détruit. Cejtendant les Helvétiens se donc nèrent un chef ,Claudiu8 Sévérus, et défendirent leur forteresse; mSis sans connaissance de l'art militaire, ils ne prirent pas soin de garder leurs passages.Tout à coup un corps de réserve les prit en queue au détour d'une montane : c'étaient des Rhétiens formés à école des Romains. Les Helvétiens , ayant à se défendre contre les légions qui leur faisaient face et contre ce nouvel ennemijtooit saisis de terreur, et jetant leurs armes, ils cherchèrent à gagner le llfrtzberg ; mais ils furent suivis par unecoliortede Tl»race, accoutumée a vaincre tes difficultés des lieux. Dans cette œcasion, ils perdirent des milliers de gtierriers. Lorsqu'on sut à Aventicum toute Tétendue de ce desastre, Julius Alpinus, uni gouvernait la nation, envoya oes députés pour se soumettre au vainqueur. Aulus Cécina t'xiLrea le supplice (le Julius Alpimis, et déclara que l'empereur seul pouvait pardonner à la nation. Tout était dans le deuil et dans le déses*, poir : Julia, jeune prêtresse de la divinité tutélaire d'Aventicum, se rendit au camj) romain et se jeta aux genoux de Cécina. Ce fut en vain, il lit mourir le père de cette jeune lille.

Une "touchante inscription retrouvée dans les ruines rappeUe sa barbarie :

c'est répitaphe de cette infortunée.

Je repose ici, tmi Julia .-J/jnnulaf fHU malheureuse d*un malheureux père* prétresse de la déesse Jventia.

Je n aî pu écarter la mort qui menaçaif mon père; il était dans sa desiinée de périr cruellement. J'ai vécu XX m ans.

Cent vingt-cinq ans après avoir ini-

Ïiloré la clémence de César, \?s Ilelvéiens envoyaient leurs ainl)ass;>deurs aux pieds de Viteliius; pour arriver jusqu'à lui, il letir fiillut tvaverter les rangs d*une soldastesque insolente, qui leur tenait le 0oing souslc^ visnire, et demandait à grands cris qu'on exterminât un peuple qui avait osé porter les mains sur des Romains. Mais Claudius Cossus, le clK'fde la députation, fut si pathétique dans l'expression des malheurs de son pays , il sut si bien amollir ces cœurs endurcis, qu'ils ys. joignirent à lai pour su|)plierVitellius, et la nation fut sauvée.

Le père de Vespasien avait fait sa fortune en Ilelvétîe : le règne de cet empereur fut favorable au nays. Il étamit à Aventicum une colonie de ▼étérans; elle fut appelée cohniaFla' tia, pia, constans, enierifa, .froi' Uctim Ilflvetiorinn ; elle eut ses deux* décemvirs ou curateurs , et ses décurions. Cette cité devint le siège du conimerce et" du luxe. I ( s temples y étaient nombreux ; outre In Jécssc Aventia et le ^énie d'Aventicum, on y révérait Apollon. Jupiter, Au^uiite.

Il y avait uq collège de médecins et d'autres professeurs. Une inscription aujourd'hui encastrée dans l'égl ise paroissiale d'Avanches l'atteste formelle-

liigue paix régna sur«(*Helvé-

tie, la Rhétie, le Valais, l'industrie et le travail pénétrèrent dans les Aies : on sut tirer partie de leurs arres, de leurs niantes, de leurs oiseaux ; on arracha le marbre des entrailles de la terre; on gravit le roc, asile des chamois; et de la profondeur des lacs on retira des jjoissons inconnus. Dès lors le lait des vaches suisses était renommé, les fromages avaient de la célébrité; Tagriculture faisait des

essais : on perfectionna la charrue , et la vigne de Hhétie produisit uu Jus.

rival du Fateme. Le soleil, sous te nom de Belenus, la lune, SOUS le nom d'Isis, étaient particulièrement révérés. Les sylphes protégeaient les hommes, et les dieux mânes eurent aussi leurcuHe.

Les pays qui composent aujoind*hui la Suisse rf nient répartis entre différentes provinces; l'iielvétie proprement dite appartenait à la Gaule , la Kaura? cie à la Germanie supérieure, la Rhétie il l'Italie. Sous Adrien, l'Helvétie fut adjointe à la Séquanie, et le Valais confié à l'autorité du gouverneur de Rhéiie , qui commandait Jusqu'au confluent de Tlnn et du Danube. Genève avait toujours appartenu aux Allohroges. Ces divisions, étant fondées sur la disj)osion des lieux, ont survécu lon^-temps a l'empire. La iVo- Mtia imperU et les itinéraires indiquent beaucoup de lieux d*babitatioii.

"Winterthur s'y retrouve sous le nom de Vitodurum; Coire sous celui de Curia. Solcurc est l'antique Salodurum, Bîenne était appelée Petînesca; Vevay, Viviscum, Lausanne , 'Lousonlum, et sur le réveil méridiorial des Alpes, Clnvenna se retrouve dans Çhiaveiuic, etc., etc.

De nombreuses inscriptions rappellent les travaux du grand peuple. Lacolonied'A venticum avait laitconstruire des routes; sur les frontières des Kauraques, à l'endroit où est aujourd'hui Tavannes, on admire une roche • percée que le vulgaire appelle pierre' pértuis^le cintre sous lequel passe la route a été, selon la tradition, voiHé par les Uomains; finscrintion que nous .allons transcrire semUe confirmer cette opinion. Toutefois, la plupart des auteurs attribuent cette singularité à la nature même, et se prévalent surtout de l'inutilité du travail en ce quMI était possible de passer à côté du roc.'

Dans une dissertation spéciale j'ai établi qu'il convenait de lire l'inscrip* * tion ainsi :

NunUiU augustorum via facta per.

if. Dunnhm Fatermm tfmumfki co*

hid9 HeheHcfe : ce que Ton peut traduire convetiabicnient : fa divinUé de a lugusfes^ les duutnvirs de /a colonie neh'étique qui ont fait faire ce cAemiti par M. Dunniiis Patemus.

On se demande de quels Augustes il est question. De 160 à 1G9 , Marc Aurele et \ erus ont ré^ne ensemble ; c'est à eux qtie je m'arrêterais de préférence, quoiqu'on ne puisse le oéci* der d'une manière absolue. Caracalhiet Geta ont aussi gouverné ensemble de 211 a 212; enfiîi nalhieims et Pupiénus, en 210; mais il ne régnait pas eotre eux la même concorde. D'ailleurs les noms de Marc Aurèle et de Verus apparaissent fréquemment sur les monuments de riîelvétie. Il y a lieu de croire que de 160 à 169, 'on fit d'une grotte un passage^ qu'on y établît la . route pour communiquer avec la Rauracie et la Séquanie , et qu'on dédia le tout aux Augustes qui avaknt ordonné ces travaux.

L'iiistoire des incursions de Barims est commune à tout Tempire , .

et ce flénu atteignit b Rliétie dès l'an U}2. Deux cent soixante-quinze ans s'étaient écoulés depuis les' tentotives des Cimbres, lorsque Galiien partageait Tempire avec trente t\Tans t il y eut une grande irruption oe Barbares. An p n's de Glarus ils trouvèrent des positions l'ortiTu-rs par Adrien, Castra-Iihatica. Aujourd'hui «ncorc le nom de Gastern rappelle ces so-nfmrs, aussi bien que Tcrzen, fjiiarhn^ Oïd/i/en ; imh les positions furent enkxées par itrocb , ci.efdc s Ale- Qiamii, qui, en 265, pénétra jusqu'à Ravcnoc avec une armée de .cent mille hommes.

Les expéditions de Claudius, d'Aurélien, de Probus, passèrent sur la Suisse^ mais sans y laisser de souve« nin plus spééialement applicables à

ce p^vs. Qui voudrait compter ces flots de (/ennains, de Bourirniiinons , d'Alemanni, d'Herules qui se répandirent tour h tour sur toutes les provinces <it l'empire? Rappelons seulement qué O nstance Ch! >re bnttit les Alemàuni auprès de Mndoiiissa.

^on loin de bt.-Mauripe, les niontur

giies qui pressent les bords du Blidne

s'écartent et s'arrondissent en am-

)liithéritre. Au-dessus du lîenve s*éeve riiirommensurahle et neigeu.se Dent de Morclaz ; la plaine semble s'affaisser sous le poÎQS de cette ma^se immense. A saiidie, sur le revers de la Dent du midi , s'allmi^e tnie suite de rocs alignés contre la base de ces hauteurs, côunne une muraille d'enceinte.

Là, sont les débris de l'antique chapelle de Verolliez; plus haut Termitaiie de Cex, et partcMit les souvenirs de saint Maurice et (\o la !é'ii<}n tliébéenne que 1 Instoire conteste, que la légende retient et que la critii]ue ne détruit point. Écoutons ce récit :

En 301, Constance Chlore voulait passer en Bretagne, etcrai£înant (juel-

3ue irruption du coté de la Germanie, pria Maximten de .veiller 9ur cette frontière. Maurice commandait une légion levée dans la liié' aTde; elle s'appelait .lovia Thehea I'"eli\ , et on la disait composée des plus vaiilauts soldats de Pempire. L'année marchait à travers le Valais, et cette légion était prèsd'A'j Mintim ffMand fut donT:é le signal d'une grande per.séciiliun conire les chrétiens. Maximien Hercule lui ordonna vainanent des massacres , elle était chrétienne et s'y refusa. L'em* per^^Hf la fît [>ar deux fois dérimer, mais toujoiir.s les soldats ré.sisterent à l'exécution de ses ordres impies.

Knfin, sans tenir compte d'une sublime allocution des chefs de la légion, il la fît passer au (il de Tépée. Saint Maurice, Exupèrc, Canùiue moururent sans résistance , et Ton l'acontc que les martyrs llrse et Victor recurent la mort à Salodurum. Au milieu • de CCS majestueuses vallées on aime à ressaisir de grands souvenirs , à célébrer les premiers jours du cHHstianisme dans les lieux où la puissance de l'Éternel se révèle par les plus grandes beautés. Cette légion de si\ nu'lle six cents hommes était sans doute cantonméë entre Agaunum et Octodurum ; là se précipitait, à sa vue, t'admiraî)!^ cascade qui du haut des Alpes jette la Sallenchc dans le Rhône. Il semble que , pour rejoindre le soi , cette ri-

L'UJNIVERS.

Tière ait voulu creuser dans <fes montagnes un lit profond; mais arrivée à ces parois qui dominant vrrticalement les Fimrnis du fleuve, elle se précipite bruscjueincnt de trois cents pieds d'élévation, parce que le lit qu'elle s*était fait lui manque subitement ; forte de l'impulsion qu'exile a renie , elle se soutient encorenuel(jue tein j)s dans les airs; enfin , quand cette masse d'eau cesse 'd*obéir a ce mouvement, elle décrit une' courbe majestueuse dans* laquelle ôr<; nappes d'argçnt roulent et se meuvent sur elles-mêitïes. Qu'un rayon du soleil vienne à frapper cette chute , les couleurs (le Parc-en^iel s'y peignent; mais au lieu de Timmobilité qu'elles gardent au firmament, elles re(;oivent de la course de l'onde un mouvement toujours renouvelé : elles courent, s'agiteni et se croisent avec la cascade, dont le ^ids fait rejaillir du bassin et ramène en sens iin f rse une poussière humide qui remonte en colonne frémissante le long de la

grande gerhe, reçoit, comme elle, ceselles couleurs natives, et les mêle sekm le nu>n\ ement des gouttes aériennes a travers lesquelles s'élance le torrent. On dirait qu'il vient d'enlever aux roclies du Valais les pierres les jplus précieuses^ on croii lit voir s'agiter une poussière mélangée de topaze, de rubis et d'enieraude. Pour mieux jouir de ce spectacle , il faut se placer entre Miévtlle et la cascade: mais l'effet général est plus surprenant pour ceux qui viennent de Martignv ; parce qu'ils ne voient pas arriver la Sallencne , parce qu'à leurs yeux elle paraît s*élancer du roc comme la source salutaire que la baguette du législateur divin fit jaillir miraculeusement de la pierre d'iloreb.

Les modernes ont donné T ignoble nom de Pisse^vache à cette mei^reilie.

A quelques ps^ plus kdfi un. torrent s'échappe au niveau du sol; une fissure partcifie la montagne du haut en bas.

he Trient, qui en sort, n'a punit de iMords, ixtint de rivages ; il arrive mystérieux \ il semble interdire toute recherche sur son origine, sur les lieux ^'il a paroottvusi et m hâte de

gner le Rhône, comme s'il éprouvait

?uelque géne à couler en plein air sans Ire protégé par cet immense escarpement , ''omine si le voisinage de la majestueuse Salienche était pour lui un sujet d'humilité.

Ces beautés sont éternelles ; le sentiment religieux se fortiHe h leur aspcet , et la légion thébéenne en a pu concevoir une foi phis lernie. A

8 eu près vers le temps où les marais u Rbdne se rougissaient du saiiir des martyrs, Sion recevait des établissements nonv(>nux. Le fort Valérie prenait le nom de la fille de Dioclétien , épouse de Galère; à en iuger par une inscription , ce fort aurait été construit vers le 12* consulat de Dioelétien.

D'autres |)rétendent, aussi sur la foi d'une inscription, qu'il tient sou uom d'une aiftre Valérie, mère de Campanus, préfet du prétoire de Maxiinien.

T PS restes d'antiquités y abondent, ef Ton remarque eneore une belle galerie percée dans le roc.

Postérieurement à cette éiwque , le .

pays est qualifié de désert, et c'est I sans doute dans cè temps que périt Aventicum , car dès la fin de ce siècle 1 (le quatrième) Ammien Marcellin parle i des ruines d'Aventicum. On voit encore , son enceinte, et dans une prairies*^ | lève ime colonne qui atte^^te la magnjticenee du temple de Junon. L'amphithéâtre est recouvert de gazon; mais k& fragments de statues , d^autels , les ton il) IX, les inscriptrons se présentent en foule à l'observation de l'antiquaire.

L'expéditiond'Arbétion eut lieu peu dé temps après que Constanc^^iUs de Constantin, eut accordé la paix aux Barba re.s. Ce général fut envoyé vers .Bre^enz; il passa les Alpes à Cliiavenna, descendit du Splugen et vint sur les bords du lac de Constance, alors entouré d'épaisses forêts. Il diei'aitcom- I nttre les Alenianni Lentienses, qui inl estaient sans cesse les frontières de reinpire. Arbetiuu s'engagea dans les défilés m milieu d'une forêt qui, du lac, s'étendait jusqu'à l'Arlenberg.

Les Lentienses, profitant d'un broufllar4, sortirent de leurs embuscades.

SL

taillèrent en pièces un grand nombre de Romains et dix tribuns , et donnèrent Vassautaucamp; mais une sortie beurensement exécutée le sauva. En S64, Julien fit inarcber vingt cinq mille liommes à travers le désert des Helvétiens pour le venir joindre cbez les Uauraques. Il est évident qu'alors Augusta n'existait plus. Les victoires de oet empereur auront pour quelque temps arantï l'Helvétie, comme le reste d .»

empire». dont elle partagea la faiblesse et les malheurs. Plusieurs peuplades étrangères s établirent ou furent éta- . N'h's en Suisse à Tépoque de la grandi énïigration des peuples.

Lorsque les Francs parurent dans la Gaule pour la premioe fois, Aé^ tins y i^énéral romain , se méfiant des dispositions des Bourpui;:nons, que les empereurs avaient reiMis au bord du Ebin , leur a^si^na pour demeure les terres *autrtfois occupées au pied des Alites yiïT les Allobroges et les Helvétiens. Quelques années après , en 450 , parut le /leau de.Dieu, Attila; sur-lehiiamp tous les Barbares s'unirent à Aétitis pour le combattre. Une grande bataille fut livrée; les historiens différent ; le roi des Rourguifiuons , Gundahar, périt-i! dans cette lutte?

ou l)ien faut-il rapiKjrter à 436 le déiastve éprouvé far ce peuple? On veut que son fils ait trouvé lamoftdans' la bataille de 450. On compare les textes de Jornandès et d'idarius et les récits poétiques mais traditionnels du célèbre poème des Niebelungen sur la ven^noe de Chremliield ; mais en ne prenant que les faits liistorifiues, on lait aux Houriiuiguons établis en Suisse une large uart des cou(jU(te

âu'après la mort o*Aétiu8 et d* Attila s firent de concert avec les Visigoths, ceux-ci en Espagne, ceux-là en Provence. Les pays de Berne et de Fri bourg , le Valais, la Savoié, le Daupbiné. étaient couverts de leur population. Ces contrées avaient été long- temps presque désertes ; ils purent se les partager snns olwtacie. Alors l'Helvétie romaine rete- Baitpeu de traces de son ancienne splendeur : le Léman voyait Noviodunum ahwdoinés |pr loa évégvw; Aventi-

;SS£. i\

cum avait perdu jusqn*h son nom pour s'anpeler Pagus V^illiacensis , ou ^\^lacngau, et sauf queluues chalets du Jura, le désert 8*étenaart jusque vers Roroain-Moutier : c'est ce qui explique conmient les plus anciennes familles sont de riw.e bourguignone; conunent sur les deux rives du Jura les mêmes noms se répètent ; comment enfin il y a dans la langue tant de mots étr^n^ier?

au Intiii ; mais la race alenianiqtie occupait de plus vastes contrées. En Suisse , on la trouve assise au-delà du rays appelé Uechtland , que baignent les lacs de Neufchâtel, de Berne et de Bienne.

1/Argau, les rives de la Reuss, le lac de Constance, b Rhétie, enfin tout le cours du Rhin Jusqu*à Cologne ol)éis-

s. 'ent aux Alenianni. Ceux-ci étaient jatres,les PoiirLMiignons agrieulteurs.

Les Alenianni n'avaient que des trou-

Îieaux et des armes; ils détruisaient es villes, ils exerçaient le pilla^ et servaient chez les peuples vorsins.

Aussi la Suisse l)ourguigiione se civilisa, tandis qu'il fallut a la Suisse alémanique une nouvelle invasion.

Les Francs alors se tenaient vers le Rhin inférieur, dans des pays que les Bomains -n'avaient jamais soumis comulétement; ils se jetèrent sur la Gaule. Le siège dé I empire était à Byzance.. L*autorité de son chef était de peu de secours contre l'oppression des tyrans romains. Il arriva donc souvent que les villes elles-mêmes en nppelèrentàCblodowig, chef des Frunes î a sa première bataille il avait à peine IMge d'Alexandre au Granique. La victoire de i olbiac ne fut qu'un choc entre les Francs et les Alemasini , gui se disputaient Cologne : fes Alemanni lîrent place aux Francs.

Les Ostrogot lis avaient obtenu de Zenon la concession de Tltalie; une multitude d*Alemnnn{ vaincus par Chlodowigse dirigea vers le P() et vint dans *les terres (lu roi Didier. I.a Rliétie fai- ^ait partie du gouvernement d'Italie; i lie comprenait le ïyrol , une partie dé la Souabe, les Grisons* Des Alpél d'Appenzel,de Glarus et d'Un ju^â un*n)cfaer« limite de la Boai^Mt

L'UNIVERS

Sar lequel Dai^obert, roi des Francs ,

fit tailler une dejni-iune. Didier confia le commamieiiient de !n Rhétie n Servatus; il avait pour soid U une milice locale, les Bréones, sévèrement disciplinés. Nous ne savons pas assez quelle était alors la langue aes Goths pour juîror s'i! s'en est conservé quelque chose -riaas le dialecte suisse. Depuis deux ntille ans, environ , li s nations les plus diverses se sont répandues dans ces contrées, et il n'y a i^iière j)his de trois cents ans que T histoire est écrite par des indigènes; il nous est donc impossible de discerner ce qui dans chaque vallée, depuis le Pretti^au jusqitr vrrs Vérone , c*st d'origne taurisque, rhétiennc , citnbrique, alémanique, gotliique ou germanique..

Ainsi dans le cinquième sîme la Suisse romane était bourgui'znune , la Suisse a!lei7innde ('f;iitalc!"iK!ni<|iie et frr.n nie, et la Rliétïp obéissait aux Ostr- iroths. Les rois francs étaient catholiques ; Farianisme dominait en Bourgogne et en Rhétie.

La r.ourgogne ne fut pas exempte des ravages des Visisotlis; elle si^iit aussi des dissensions intestines. G ondebaud avait fait décapiter Chilpéric, son frère, qui avait essayé de !f' détrôner, ('e (llulpéric était le pt rt; lie Clotilde. I /histoire de France nous la fait connaître : eile nous dit comment res| )o i r de venger son père et le désir de convertir le roi des Frante lui firent ;iecej)ter I:t '.uiùn de fllovis; elle de' rit son de|):irt et l'iiiceruiie des bourgades qui sia,nala son passai^f,; «pOn elle rapporte la victoire de Clovia, la soumission , puis la révolte de Gondebaud , qui s'empara de tout le pnys situé entre Aventicum et l'Aar, et qui poussa même ses incursions jusqu'au Tésin et aux rives du Pd. 'Mais 1 évér nement le plus remarquable de ce règne est l'assemblée tenue à Genève pour mettre des bornes à l'autorité royale. Les lois de Gondeband y furent solennellément abrogées en la SO** année de son règne ; et bientôt l'on fit un code nouveau qui régit aussi les Suisses, et dans lequel on remarque, ^ travers beaucoup d'ignorance et de

sufierstition , des germes ftoonds de

civilisation et de progrès.

Genève, dpu\ fois détruite sous jps enipereurs, fut restaurée par Gondcbaud. Oji retrouveencore les fondations de ses murailles dans lesquelles se rencontrent beaucoup de dél)ris pins anciens. A !'i m^me époque s'élevèrent, au-dessusde Lousonium, les premières cabanes près desquelles se forma bientôt Lausanne. Protesius, leVénitien, fuyant l'aspect de l'Italie ravagée, était vrn:i' cherchfT un asile sur le Sauvahelin.

^es ermitages se^ multiplièrent dans s vallées (fôi Alpes etduJura,etces contrées S^ouv rirent 11 de plus noni> breuses populations , rotnme si les hommes s'associaient plus volontiers à ceux qui semblent les fuir. ^ . Gondebaud, déjà vieux , réunit sacoar à Quadruvium, non loin de Genève. Ce lieu est aujourd'luii apjjelé Quarne.

La son fils fut élevé sur le bourlier et proclamé roi. Gondebaud avait régné 50 ans. Le premier soin- du nouveau roi fut de déférer aipvœu du pape. Il réunît les prélats desesétatsà F.paone, et dans ce con'.'iic furent réglés plusieurs points de discipline eccléslastigue et de dogme , mais Sigmond n*en rut pas pour cela meilleur. I{ avait épousé, en premières noces, une fille de Didier, roi des Ostrogoths, et il en avait eu un fils ; après la mort de la ~ reine, il épousa une femme de sa suïté, et sur les instigat ions d ^ cette fenmiiQi offensée p;ir le lils de son ancîfMMîc m;i:trcssc, il l'avait fait tuer. i)idi<T envoya, pour ventier tet attentat, 'J'c?- • lonlc et une armée considérable , r^t Sigmond n'eut d'autre ressource que de fuir à Saint-Maurice , où il alla s-^ prosterner au pied des aiiteis. Mni.^ Clotilde vivait encore; elle n'avait point ' oublié la mort de son père; elle avait pour fils quatre rois^ et il y en avr.ît trois qui régruiient sur dès peupli's francs; elle les excita donc à reprendre l'héritage de leur aïeul, à se venger sur le fils du meurtrier. Cldodomir d'Orléans, Clotaire de Soissons etChiUlehvri de Paris 5;'al1ièrerit ave Didier.

La vii toire ne l'ut pa:^ douteuse :

inond , découvert parmi les retigieu.v ,

. SUISSE. ft

fat emmené à Orléans, où lui, sa fem- coup elle lut arrêtée et Uvrée au roi

me et ses deux iWs furent décapités. La des Francs. — Les maires do palais

Suis>p alors ■ Ix^it j>our !a plus grande dt'\ii)rent de pluy en plus puissjints.

partieau roi d 's ( JstroiZdths. (iodemnr Alors Alethée , pairice des Alpes, de

co(i)i)attit encore plusieurs années la rare des anciens rois, entreprit

<S0Otre les Francs, et la chuteitu royau- de chasser les Francs du pays. Il

flM de Bourgogne l'ut consommée* p.'ir était déchiré d*une violente pâssioa

sa défaite. Kn 53 f, les Francs étend!- pour fîertnide, femme de (Notaire. La

rent leur domination sur t> ule la roiir était à Marl«*nl)e m , m Alsace.

Suisse; la Ehétie même fut conquise Aletliée y envoya i cvi que de Siou,

par eux. qui prédità Bertrade que , d'après Tob-

A partir de cette époque, il y eut servatton qii^il avait taité des astres,

un. patrice rliargé du gouvernement son royal époux ir.i\ iir pas une année a

(le iii Hour^ogiie ; son autorité sVten- vivre, et que le patrue Aletlieeressai-

daitsur ia Savoie, Genève, le Valais, sirait le sceptre de Bourgogne et le

Berne, Fribouri; et Soleure. La partie déposerait à ses pieds. L^évéque ter-

aieinaniquedela Suisse obéit à un duc, mina en offrant a Bertrade de fuir

et 1.1 Kiii'tie eut un président. 1rs dans son dirUciUi dr Sion; in.iis !:i relue

Ij,<l)itiints de ces provinces pt in ; !, re\ cla t ctte conversation , et le patrice

avœles autres Bourjçtii^nons, une part lut décapite, tandis que l'évêque fut

active à la ^'engeance des Ostrocotbs confiné pour le reste de ses jours dang

contre Milan, en 538. Cette malheu- un cloître.

relise cité expia sa révolte par le mas- Au temps de Dai^obert, vivait, dans

satre de tous ses habitants, et les les vallées du Jura, un Trévirois de

femmes furent emmenées en captivité, noble race, nonnné Germanus, que

Les Suisses auront fait partio aussi de peut-être on appelait ainsi à cause de

rexpédition de Bucelin et de Lantahar son origine. Il fonda , au milieu de

co/itre .Xars/'s ; ils auront éprou\é les ces forets, de ces roches bizarres fjui

màjies lUdiheurs après avoir exa cé s'alignent en forteresses ou qui descen-

sur l'Italie les mêmes pillages. JUentôt dent parallèles vers la Birse, un mooas-

les Lombards vinrent prendre la place tère dont nous ne voyons plus que le

des Ostro^oths. Us trouvèrent ou bâ- portail. Dans une autre vallée , non

tirent licliinzonn, pénétrèrent jusqu'au moins pittoresque, Vandergcsils, riche

Saint-Gotiiard, et passèrent dans le et noble, viiîl fuir le monde et la cour,

VUais ou ils éprouvèrent plusieurs dé- offrant f hospitalité, à quiconque ba-

frttes, entre autres , près de Bex, en sardait ses pas sur le «entier périlleux

qui conduisait a sa retraite, voisine des

Lorsque le faible Thierry succéda à sources du Doubs. Telle est l'origine

son pcre Childebert, Protadius acquît des abbayes de iMoutier et de Sainte-

la dignité de maire du palais ; en haine Lrsane. C'est dans ce. même temps

de la noblesse qu*it voulait opprimer, que saint Imier vint avec Albert, son

ii suscita une guerre contre rAustra-' valet , fertiliser les environs de Po-

sie, mais il périt dans une stdition. rentrui el l'Arirnc!, déserts qui appar-

Brtfhehaut, qui l'aimait, ne se contenta tenaient aiors a i evèque de Lau.sanne,

point de le pleurer, elle le vengea en successeur de ceux d'Avenches. Saint

hmnX périr Wi If, son ennemi. Theu- Imier 0t ensuite un [^èierinaiçe en

dibw,petite-lille de Hrnnehaut, re(jut Terre-Sainte, et quand il revint, ses^

d'eile Je pays de Vaud et rrclitl ind. ctablissenjcnts sur les bordsde In Suze,*

Cette reine altière éprouva dans ses au pied du majestueux Ciiasseral,

vieux jours les effets de la vengeance étaient dans l'état le plus prospère,

des nobles. Tinerry n'existait plus ; elle II n'y avait point de villes sur les rives

vivait chez ( Ctte mein§ Theudelane au du lac de Bienne; quelques fermes

fbâteuu d'Orbe, dans un défilé du Jura, étaient répandues autour de celui de

sur des rodies escarpées. Tout -a- Morat, et plus loin, vers le sud, s'of*

^rait le triste aspect des ruines d'Avenftcunî. Non loin dè là vivait Marius, auteur d'an? chronique, noble bour-

ruiixnon, qui passait fête à la culture, riiiver à faire des vases Sacrés. La maison et l'église qu'il bâtit donnètent tfaissaoce à la viUe de Payerne.

Nommé f véquè d'Âvenehes , il transféra ce siège à Lausanne. Le Léman , si riche d'habitations, n'avait alors, sur ses bords les plus fertiles, que des dé- 1»^ plus trisks que la roche qui retombe dans la proTondeur de ses eaux, plus déserts que les sommets des Diablerets ou la croupe rocailleuse de la Dent 4'Oche. D'une part, les ruines deLou- 4pnium; à l'opposite* versSaint-Oengolf, telles de Tauretunum, engloutie dans le lac avec les lianes de la montagne (|ui s'y précipita; vers le nudi, Noviodunum aussi ravagée. Kn un jour de désastre, le lac S'éleva subitement à une hauteur telle, qu'il couvrit les villes, les vîllaires et les églises, et que des po-

{)uhitious entières périrent. Il rompit e pont de Genève, a l'autre extrémité du Léroan. Le diocèse de Lausanne avait alors une immense étendue : ît comprenait, d'une p.nt, tout le Jura, de Tautre, tout le cours de l'Aar, jusqu'à spn embouchure, et par suite de 1 ancienne réunion de ces pays avec la Séquanie, il ressortissait à Varrhevéché de Besancon. Bientitt, a|)rès]Marius, vint Doni^tiiis, qui prêcha le christiaotsme dans les montagnes et fonda Ilomain-lVloutier dans Te Jura. Quand aes solitaires écossais se répandirent sur la France pour y prêcher leur religion , saint Colomban , chassé de Luxe^îl où il avait fondé une a.bbaye , obtint du- foi d'Austrasie la permissmn d'annoncer à l'Helvétie les vérités du christianisme. Ast apha était le nom du lieu où depuis s'est élevé Schaffiouse; à Zurich it n'y avait qu'un château fort, et la Suisse alémanique n*a* vait guère (|ue des bourgades eparses.

Les solitaires les parcoururent. Saint Call trouva beaucoup de résistance ; dn lui répondait que jusqu'à ce jouic lès dieux uu pays avaient su dispenser, comme il le fallait, la pluie et les heaiix jourS) et qu'on leur demeurerait lidele.

Alors saint Colomban et saint Gai] mirent lefea au temple , précipitèrent k$ offrandes dans l'eau et s'enfuirent è Arbon , au bord du lac de Bregentz.

Là .se trouvait un temple de \Vodan.

Ces pieux voyageurs brisèrent les idoles, consacrèrent une église et plantèrent un jardin de beaux arbres fruitiers. Peu sensibles à ces bienfaits, les Barbares obtinrent du duc l'expulsion des religieux. Gall se retira donc chez le prêtre Willeram, car il était malade : Colomban partit avec Sî^'ebert pour le pays des Lombarcfs, mais û resta dans les plus affreuses solitudes des Alpes, et non loin des sources du Rhin, 11 fonda Disentis, tandis que son compagnon créait auprès d'Arbon l'abbaye de Saint-Gall. Il u y avait encore que des cellules quand li mourut, et le couvent s'éleva, 65 ans pluF tard, sous la |1rotection de Peprn d'IIéristal , maire du nalais.

Long-temps avant I arrivée de saint Gall , Fridolin , également venu d'Éoosse, avait étabU dans une fie Rhin le couvent de Seckingen. Deux seii^neurs, T'rso et Landulphe , lui donnèrent, dans le milieu des Alpes, près de la source de la Lininuti) , de .vastes p/lturages : c*était le pn}s de Glaris, qui fut ainsi nommé par<:é que Fridolin établit, près de la princfpaie !ial)itation , une éulise de Saiiit- Hilaire. La urononciation locale de HUarhts produisit Gksrts et Clarius.

Ce pays lut donc une dépendance de l'abbaye de Seckingen. Il était rnitivé depuis l'époque des Romains, qui, pour couvrir la Rliétie, avaient un camp sur le 'hofâ du lac de TVahlenstadt :

une charte de Qfi.'i qualifie encore cetts position de P )rtiis Rivanus. N.ousavonar déjà cite les noms deTerzen, Quarten, Quinten , qui indiquent les numéros dbse cohortes; mais les populations et^

(rayées s'étaient enfuies dans les m< tagnes. Depuis la chute de l'empire , ce n'était plus qu'un désert; le christianisme seul put rappeler dans les vallées, autour des couvents, les habitants dispersés.

1/ori^ine de Zurich est contemporaine. Deux irères, Ruprecht et wio

SUISSE

tê

kafd* l'un duc, Tautrc prêtre, avaient des Qomaines sur TAlbis. Le lieu où s*écoule la Limmath avait toujours été firéquenté uar les marchands qui traversaient m Rhétie pour se rendre (Tltalie dans la Gaule, mais les ruines des anciennes villes étaient rouvertes de broussailles ; les forêts s étendaient dé ce désert jusqu'au pays d'Arbon ; les Alemaiini en oombaitant Tempire, les Franc-S en subjuj^uant les Alemanni, 'avaient tout dévasté. Ru])recht commença par établir un monastère à Vvndloit où la Litnnfiath devient fleuve. Sept fois le jour, ses religieux devaient louer le Seip;neur. WicKard, de son coté, fonda Tabbayt de Saint-T.éger, à l'endroit où le lac de Lucerne rend la Reuss à son cours ; cette rivière reparaissait d'abord sous la forme de maréca^ malsains et înnreessihles à la naviiration. On conçut Theureuse idée d'ai;;randir le lac; une digue accompUt ce projet, et ce lac fut ôwvert' aux comrotmtcatîons, jusqu'à Teridroit bii la Reuss prend un cours déterminé.

Telle eut l'origine de Lucerne, qui appartient, comme celle de Ztirich, comme oeÛe de Glarus, de Saint^all , de Dissentis, à ce septième siècle, à j^ette renaissance de l'humanité, qui semblait s'éveiller à la voix du christianisme pour ressaisir les bienfaits de la civilisation, que le découragement lui avait fait Aandonner.

Les conquêtes des Arabes ébranlaient l'F.urope; la Rour^ogne, et par conséquent la Suisse, en furent menacées, jusqu'à la victoire de Charles Martel. D*un autre c »té, une peuplade venue de Hongrie pénétra dans la Rhétie et voulut franchir le Sàint- Gothard ; mais elle fut cernée et tail- Mb çn pièces par les habitants , dans iHeOTlrons de Dissentis^ La puissance des maires du palais grandissait chaque jour : les ducs se révoltaient quelquefois contre leur autorité : dans une de ces séditions, Saiht-6a11 fut ravagé par les troupes du duc Godefroi. Ce fut à la suite d'une autre révolte que Pépin abolit le diirhé d' Aiemanie. Des colites administrèrent ce pays, sous la aitrveiliaoce de MM

cameraB, enroyés de la chambre. Les

évéques conservèrent leur dignité , mais ils négligèrent leurs devoirs , et perdirent leur importance. Il se passe deux siècles sans qu'on entende parler * de ceux de Lausnmie. On ignore pendant près de auatre cents ans ce qui concerne les chapitres de Bâle et les évéques du Valais. L*histoire semble muette depuis la fm du rèçne de Da- . ffobert, décrite par Frédégaire, jusqu'à ré[)oque où les chartes jettent quelque jour sur les annales des peuples.

Sous le règne de Charlemagne s'établit la puissance des évéçiuesde Coira^ l'abbaye de Dessentis prit des accroissements considérables. Confondue dans le reste de l'empire^ la Suis$e ne fournît point à rhistoire de faits spéciaux; seulement on se sou vient qu*Isambert, comte de Tburgovie, sauva l'empereur, menacé par un sanglier , à une citasse près d Aix-la-Chapelle. Dans ce temps , les comtes de Lenzbourg rappelaient, en perdant leur orH;ine danf la nuit des temps, les anciens Alemanni I.enticnsrs. Ils couvrirent l'A rgovie de fondations; Les couvents, les villages , les villes semblaient naître à leur voix. Les vallées de Schwytz et d'IJnterwalden reçurent aussi leurs établissements. IMei'nrad, fils du comte de Hohen/oUern , avait pris dans le couvent de Reichenau le goût de la vie retirée; il s'établit d'abord près du lac de Zug; puis, après des ieOnes et des prières, il s'avança dans le désert, au pied du mont Etzèl , et y demeura de fondes années, jusqu'à ce c^u'il fût assassiné par des brigands , qui furent livrés au supplice. Quatre-vingts ans après l'événement, l'abbaye de iSotre- Dame-des- Ermites s'établit au milieu des ronces et des bois qui avaient recouvert le sol cultivé par Meinrad. Déjà Saint-Gall avait pris des accroissements notables; la science y était cultivée; les religieux lisaient les meilleurs.écrits des Pères de TÉglise. Sans eux nous serions privés de beaucoup d'écrits de Ci( éron , nous n'aurions m Quintilien, ni Anuiiien Marcellin.

Le monastère de Lucerne était placé . sur la frontière de la thuigovie et di

L'UWIVERS.

TArgovie. PeptA TaTiit donné à Tab* baye de Hkinrbach en Alsace. Les domaines de ces religieux sont ensuite devnuis le siège, de villes assez consideraiiies , telles queSaraen , Stanz, Alpenach , Kusnacitt. Il parutt que Pe* pin se réserva le pays qui , des Alpes et de TAar, s'étend au Jura, car on l'appela ComUatiis Pif/piiienm. Ces (mbsessions étaient fort importantes pour surveiller les Aleuianni et (^rder les pas-jages de la France et de Tltaiie. L'éveque de Lyon -uvernait le Valais. Les pi elats et la noblesse allaient a ia diete de Teinpire.

Kn 827, Louis*le*Débonnaire donna à i on lilsl'harles-le.-Chauvc la lUiétie, la S; uaÎK' et l'A isace, dont les trontières s'approeisaient alors beaucoup des Alpes. Lptliairc, après avoir lait la guerre à ses frères et à sua père, joignîtau royaume d'Italie le Valais, lè pays de Vaud et l'Alsace. Après qu'il se lut rttirédans le monastère de l-rum, ses trois lils se réunirent a Orbe pour y partager ses états, lis ne purent s*enteodre ; mais plus tard la Khétte et l'Italie furent îdlribuces à Louis; Sion, Genève, J^ausanne et le con»té de Fepin h Loliiaire, tandis queCbarles eut J.yon et la Provence. Bientôt Lothaire céda ses possessions à Louis , mais il garda le cou^cnt du Saint- Bernard et le comté (le Vcpin. Lothaire avait épousé la riUc de iiosoii , comte de Bourgogne, et la dédaigna pour une concubine. Alors Hubert, son frère, se ft'Aoît i poiii ia venger; miiis l' s troupes (ie Lolliiire turent vhtorieuses îia.is uji coiiihat livré près d'Orbe. Ce pi-tncc élai>t mort, Louis -prit T Alsace, Kàle , le pays de Solcurc et Lu cerne , dépendance de Murbarh; Charlrsie-Ciiauve eut Lyon, Genève et Lau-

Après la mort de Louîs-le-Dè^ue , les prélats de Bourgogne se réiiiiir* nt et dépM*(rent vers Boson , j our le prier d'eue roi. i)oué d'un grand courage militaire et de qualités aimables, ce seigneur s'était éievé a la faveur de la passiun que Charles-le-Lhauve éprouvait pour sai.œur Richilde. 11 avait reçu de ce prince le gouvernement de la

Provence, du comté de Vienne, de Psè- I baye de Saint-Maurice et du Valait»

Lorsqu'on lui offrit la couronne, il se montra incertain, irrésolu; enfin il accepta, et fut couronné par Aurélien, évéaue de Lyon. Il y avait S45 ans | que les Francs avaient détruit le premier royaume de Bourgogne. Mais Louis et Carloman se liguèrent avec Charles-le-Gros , et vinrent assiéger Vienne, qui fut prise , ce qui n'einpécba pas que Charles ne donnât a Bo** sou riu\e>titure du royaume, soit en sa (pia.ite de tuteur de c;barles-ie-Siniple, soit qu'il considérât la i>ourgone Gojnme un ancien patridat de empire. Cest de la sorte (pie les empereurs acquirent un droit sur le royaume d'Arles, celte ville étant la principale du territoire de Boson.

A cette époque les évéqu(;side Lausanne continuèrent à être élus^ par le peuple, sous la présidence du clergé. ! Le pape J ean V l i 1, prétextant sa sou- j verameté sur tous ces sièges, détendit ' d'introniser un évéque de Lausanne* sans son consentement. 11 le donna pourl'évêque lliéronyjne, et le soutint quand Charles-l( -(iros voulut l'expulser comme partisan de Bosoo. Ce même pontife^*en gagea dans une querelle avec Tarcbevéqiie de Vienne. Ln légat de Genève voulant maintemr l'éve jue Optandus qu'il avait cousarrc . 1 1 (jne Boson (i l'archevéuue ne recoiuiaissaieot point ; ce. dernier le fit jeter dans les fen, jusqu^à ce qu'il cédât luimême aux excommunications fulminées par le pape.

Après neut an^ de rè^^ne, Boson i mourut , laissant un'fils mineur appelé Louis. L'empire était alors usurpé sur Charies-le-tircs , par Arnolphe, lils illégitime de Carloman. La France, l'Italie étaient ai rachces aussi a leurs souverains. La Bourj^ogne ne fut pas plus tranquille. Rodolphe, lils de Conrad, qui avait vaincu Hubert prés d'Orbe , se créa roi de tout le haut pays \ il assembla des prélats et des scigueurs à Saint-Maurice dans le Valais, et par 1' nHucnce de l'évéque de Lynn l'assemblée lu» conforn la courouuc. Louis et ses descendants se

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contentèrent du roynump (f ArÎPS. Arnolphe essaya d'abord de susc iter une Aierre à Kmlolphe, mais il vint à Ransbonne, et -ctmclut une transaction avec les grands de la SouaI)e. Plus tard, qunnd Arnolphe entreprit une expediiioa en Italie , Rodolphe comprit qu'elle ne serait point sans danger pour ses états, surtout à raison de la nrote( tton que le roi d'Arles obte« îiait (lu monarque allemand : il occupa donc le col d'ivrée dans les Ai« DM. Aussitôt Arnolplie marcha contre mi par le Saint-Bernard, tandis que Zwentibold , son Mtard, remontait le Rhiu pour faire diverson. Lfs Allemands vinrent car Saint-Maurice à fiex, et se répanairent le long du lac sur tout le pays de Vaud; mais ils ne purent que le ravager, et furent ohiigés de 1 abandonner, parce que Rcdol-

Sbe tira parti de la difficulté des lieux, iévêuue de Lyon, qui Pavait beaucoup i seronde. fut investi du comté du Va- I lais, dont la possession est importUite et pour la Bourgogne et pour le Mîlanez. Rodolphe régna :t4 ans, et transmit son royaume à son fils du même nom.

('eprnd;)nt, depuis Pépin, la- Suisse ( alémanique, coniprerant Ivvbourg, Zurich, Saint «Gall, Rapereohwilil »

était sous Tautonté des oriiciers de la rijatnbre qui gouvernaient la Souabe.

Cette charge appartenait a Krchanger et Eerthoid,deux frères de la .maison d'Astolfiiigen. qui, dans des temps , fort recul&, possédait le duché de Bavière. Erchanoer et Berthold s'étaient vaillamment battus contre les Hongrois. Alors, se distinguait de tous ses \ contemporains Salomon, évéque de Constance, abbé de Saint-Gall, de Pfefterset ôp deux autres monastères.

La magni licence dj ce prélat et les do- ! nations qu'il recevait de la couronne excitaient la coière des ofUciers de la , c/;j/nbre; ils le firent deux fois arrél îer; et après des aventures assez ro- ' loanesques, ils se virent, contraints de cMer. Burgbard , comte de Souabe, fui Pavait soutenu, fut fait duc, et l'ad* roinislration des ofliciers de la chamcessa quand Erchanger et Bert^

a* iiuraUon* (Smsas.)

IT

hnid eurent été mis à mort et leun

biens confisqués.

Il paraît que Rodolphe et Burgliard se disputaient la possession del*Ar}^ vie; le premier passa la Reuss, et vint près des ruines de \ itoduruin, non loin (lu château de Kybourg, où il fut battu par les Soiiabes; mais le duc Burgbard lui donna en martage sa fille Terthe, qui fut plus utile à son peuple que ne feilt été la conquétvde beaucoup de provint es.

Après avoir désigné Berthe comme la nilede Burghard, comme Tépouse de Rodolphe, l'histoire se tait; à peine si lescliartes font mention de la fondatrice de Paverne, de ia tour de Gourze, de IVuflfens; mais les monument ont traversé les siècles : ils ont fixé la tra« ditîon au piefi de leiu's antiques créneaux. Le nom de la reine Berthe est toujours dans les souvenirs. Le peuple parle encore de cette princesse, de sa jiiété, de sa haute sagesse, de son mépuisable eiiarité, de son ardent amour du travail. On la représente filant au milieu de ses femmes : 'Wufflens, dit-on, était sa princi|)ale r^* denec. Le merveilleux aes récits populaires n'a point abandonné ceehateau.

L'ouragan quelquefois mugit a travers ses vastes greniers et dans ses nom* breiises tourelles : ici la nature tet t^rande, impnsnnte , et l*ame accessible a la superstition s'effraye à ia voix iiiiaginaiie des nocturnes visiteurs de ces neiix , fantdmes presque millénai* res , que cliaqué nuit * ramène parmi les homifies, que chaque jour rejette dr.ns la tombe, effroi mystérieux de la postérité, après avoir été Taniour des contemporains.

La fondation de Wufflens est reportée plus haut que l'époque < ù vécut Berllie; mais cette opinion est sujette à contradiction. Le stvie d'architecture est bien celui de son époque : une forme hexagone, un double ciiateatt dans la même enceinte, des créneaux, des galeries et des tourelles en saillie supportées sur des contre-forts^ Il v à dans cette construction uneorîginaflté

2ue le dessin seuf n pu faire connaître, haut de ces galeries, ia vue se re*

18 rtwi

pose sur de fertiles vifrnnbîps , et par del;^ les collines s\irn-tf sur ia b.anclie siu fuce du lacj dans ses pru-. fi>iMl«ar8 se rellètent les Jumel.es, la (lent Doche , le rocd'KnIer , et tout ce que les Alpes du ( JuiMais ont de plus sombre el de plus abrupt. Puis , à travers une éi huncrure ue ces re.»:par'8 de la nature, ap^Hiraisseiit le itiont Blanc, et ses rroupes neigeuses, et ses supports de rti( hei-s. TpI ftiiit le séjour de lù rtlie, quiind les seigneurs italiens iipiK lèrent ftodolpbe a leur seiWrs eootre le roi Hérenger. Il y courut; mais nprès dos stirces divers, il se \it tronii e [)ar les ;irli. ces de ia marquise d hret*, qui mil sur le trône iiu^ucs, eoiiiie de Provence, dont cde éiait la sœur. Rn vain Rurgiiard de SotiaLe assie^e^i Milan, cebeaii-j èie de llodulphe pcril assassine, (/elait le temps où les Ma^ares se répandaient sur T Lurupe :

' ils se chargèrent de venger Kérengt r et ravagèrent la Lombard le, la Soualte et la Hlié ie. On les ap|)elail lurcs t>u Honjîrois, |>ari;e que ce dernier nom signiiie étranger, Néanmoins Kulolpiie agrandit ses éta^ : Ilenri>n«i6eleur lui donna une {xirtie de la Suisse alëinanique, et nut.imi lient Alun et Èglisau. U inonriit en i)'.i7.

A peine son b.s Conrad eut- il été

Srôclainé roi à (:lia\otnay, que de DUtes parts les Barbares se priH^ipiterent dans s.^'S éiats, 1j*s Sarrasins venaient des cotes de i-'rance; les Hongrois arrivaient de la Khetie; en passant à Bâle , ils massacre I eut i'évéque. A leur approche, Berihe s'enfuit dans une tour, a l'endroit où est aujourd'hui jNeulchtiitel. Conrad eut recours à b ruse : il promit aux Hon^ois son appui contre lesSarnis ns ; puis il avertit ceux-ci de se garder des hongrois; el quand iis se furent mutiiei etnent exterminés, il eut bun niari.lie du reste de leurs armées.

Cette apparition des Rarbares décida }'ert..e a la construction de la tour de Gourze, que l'on vtul a deux niilie pieds au-dessus du lac, sur Tone des plus hantes ctnies du Jorat : à Tonposite so'U les rocîi^ de la Sitvoie; à reiit se présentent, au'diSMW des

F- A% iy»

montagnes du Valais. les formes bizarres et d;-nteié;S des liiai'ierets, puis la lar^e etb;anclie dent du Midi, qui ressemble à une lortere^e aérien-»

ne. A la base de ces ro< s immenses le Ri.ône s'ouvre un passage au niilicu des broiissailies. i. se glisse inapereti dans le Léman, et le ntb.e château ùe -ClitiloU attire a lui seul l'attention d« voyageur vers le tond de c«s magnifique talilnau.

Ces incursions des Barbares n'étalent, dans tous les esprits , ^ue Taffreux prelud ' de l'accon'plissenientde la période milit ii; ire, terme fixé par Dieu même a la création. La pieté des grands se manifestait par des fondations. Rertl.e éleva Paterne, abbaye de l'ordre de Ciuny, et la dota de sôa do.i ire. Les m; lêriaux de l'é^ilisp furent tires d'Avenlicum, La charte de loi.datiun e\i>te encore; les plus grandes iniprecalions menacent ^"icohfiue toucherait aux revenus du monastère.

" Que sa portion soit avec ceux i\m " o .t dit à l'Ktern I : lielirc-toi de « nous. Qu il soit avec Datlian et « Abinm , que la terre < njsloutit vi* « vants. Qu il soit assimile àiudas, « qui trahit sou Scij^treur, etc. , etc.»

Herthe se'.ait remariée à Hui»ues, roi (rilalie; mais ce second époux n'eut point de juirt a ses vmix : elle reoom« maiidet^anie de Rodolphe, son premier niari , son propre salut, et celui de set lils. •

Alors aussi, Bernard de Menthon , moine de la r«illée d*Aoste, vint s'établir sur la montagne de iupiter Pernii** nus. Lesouvenirdeee dit'u se conserva long-tempsdans ie nom de Monl-JouxC*).

Les rieJiesses du monastère s'tlendaienten SieJle, en Italie, dans le pays de Vaud et dans le Valais. Il en fut suo-

(*) Itenian] cfe Mi^lhon pasv pour le rofiiliiii-iii- tli- ic eiMiv< m : in.ii> plii<> di* rettY aiii uiip;ii.iv.ii)i U-.H v\ïm\ s ntpi'cllt'iii un Viilgtiiii^.fiblif ii<> MotiUtiiin, nir<>«i'f|tK* da l^iiisiiiiiii* H;irliii«'< tti , rii lui •itiii(niii,»r. Klilill ilali ti'X- ratiiti' tlinti ili* M5«(, i.i>ltl<iii*e, MU il Aiistiasie, M ijnt irM-r\4' vv\ fiopiluL Dm % oit qiif |j«rtHrtl «I** M«'rrli<.ri ru fut |4ut«l te rMtauinUiUr i{m le ioudaniur*

SUISSE

cessîvcment dépoîTHÎ^. Les reîÎ2;i>nx, placé? stir le point le plus élevé du passage (à 747t> pieds nu-dessus de la mer), parcourent fcsdéwrts de neige, où le froid, pendant sept à liuît mois dp /'année, est de 22 degrés, où il gèle chaque matin, même en été. Jls sont suivis decJiieus dont riutelligence «t le dévoaement seraient înonipré- Èensibies, si l'expérience n'était là pour confondre notre incrédulité. Os nnimnux explorent les vastes S( litudes de neige dont le monastère est entouré; Ils se mettent à la recherche des voya* geurs, les découvrent au fond îles précipices , les retirent du niil'eii des avakineiies > les rniuènent et les guident ; el si ces infortunés sont Dorsd*étatde les suivre, leschîens courent au couvent , avertissent les .

rel!î!«'ix, et le secours ne se fait pas Leii lip. C'est, de toutes les pieuses fondations, la p lis salutaire; car il annuellement de sept à huit miWe voyageurs au mont Saint-Bernard. Il V a souvent plusieurs centaines de pers nues notirries et abritées dans t e retujje ; et malgré toutes ces pré- Cautions, il périt beauiviupde nialheu- Teux, dont on range les corps à côté n»)s des atitres dans tine rhi elle située au-dessous du jnonastere. La rigueur du climat les préserve de la putréfiietion, et ils se dessèf*hent après avoir été reronnaissables pendant plusieurs années. I>;fn<; le cours de ct^tte histoire, noijs rapp.'.ierons quelles armées ont passé le Saint-Bernard :

sofx y repose, et sur le sommet des Alpes il garde pour la postérité le grand souvenir de iMarengo; il atteste le passade iieroïaue et presaue miraculeux de Tarn^ée française , dont il commandait une division. Bonaparte s'iest arrêté dat.s ces lieux : qu'impôt ff^fju'f m leur conteste la |)rcsence d'Anuibal !

La maison prevdtale du couvent est à Martiîi^ny, rOdodtinis des Romains, $ur le lieu m^nie où les Vera^res , les Kantuates et les Seduni assieiïèrent autref(us Sergitis (lalini. Cv bourg, snue a i entrée de la vallée d'Kntnv

) ir les eaux £urw]}e lut

mont, aéte,«ouventravag<' i |« la Dranse* £n 1818, V

ef'rnvée d*nnp Inmentable catastrophe, l/écroulementdes glaciers avait arrêté la rivière dans la vallée de Bagnes ; nn lac s*était formé : tout h coup cette barrière se rompit, plus de 500 bâti* nient^ furent renversés, Mnrtignv fut inondé : In \ ifilencr des eau\ détruisit tout un faubourg; l'on se souviendra toujours de ces terres émonoelées , dè ces rocherséboulés; les débris d<^s mai:» sons, îc" nrhrrs flérnrinés gisent encore sur le sol , et l'on voit, de nos jours, la trace du limon sur les murailles de quelques toibitations. Des trt'ivaux ont été entrepris pour préve^ nir le retour de ces ina'neurs, guî, déjà dans les siècles précédents, avai 'nt porté la désolation sur ces belles contrées.

Le Saint'Bernprd et Martigny nous ont, un instant, éloignés de Conrad et ries dernières années du royaume de Bourgogne. Le règne de ce |.' iqce n'of» ■ frit rien de remarquable. Quand il mourut, après unrèane de 57 ans, let Bourguignon;: se réunirent à Lausanne, et nommèrent pour roi son ûJs Rodolphe III.

Conrad laissait de plus trots filles :

les alliances qu'elles contraflèrent , ayant e i beaucoup d'influence sur les destinées du pays, l'histoire ne peut les nénViier. Gisèle, c'était l'aînée, épousa Henri, duc de Bavière, et lui donna pour (ils remp'TPur Henri ÏI; lierlhe fut mariée a Odon de Hlois et de Chartres, comte de Champagne, et attrès sa mort elle s^iinit au roi de France Robert ; enfin Hermann II, dtio de Souabe, fut l'éfjoux de Gerbprp:e, tr. isieme lille de Conrad. T e notiveau roi était d'un caractère timide et efféminé ; à ce défaut II joignait Tlnjus* tice. il entreprit de dé)>ouiller un de ses seigneurs. Les grands crniîinrrrnt que cet exemple ne leur devînt tunrste : ils avai nt élu Rodoli»he, ils s'armèrent pour le déçosér : déjà fl avait éfl vaincu , c'en étiilTfaitdesa puissance»!

Il ne dut lu conservation de sa cou»

ronu'^ (pTau resjject inspiré partes ver'tus d'une fennne. AdelaTde, fi le de la reine Berlhe , était veuve de Pemp»

reur OtlKHi-le-Grand : ta parole fui

toute-puissante , et la paix fut donnée à Rodolplie. Il continua donc son règne triste et languissant: alors un roi

n*avaît de puissance que (pile qu'il savait ncq* éri r ; mais quand li re^ni.t i l ci vec supérioriiu, sa uuissance n'avait plus de bornes que (a confiance de la nation. La couronne d& Bourgoiîne n'était pas rlHie;(le pl'is, on administrait mal; en send;iil même les l)iens iiéréditaires du roi: il ne vivait uncre ([ue des ri^rves avait établies sur ses donations atix monnstères. Ce lut hi qui donna nti clinjiitrc de Lausanne ïvonant, a ce ui de Bàle Moutier- Grnnval, Argue! et Saint- Ursanne. Il restitua aussi dans leurs droits et possessions les al»bavesde Romain-Moutieret deSaint-Maurice; mais il n'y avait dans tout cela rien de magnanime: la Iiaine et la crainte étaient les seuls mobiles de la conduite de Rodolphe. Toujours fa-hlo, toujonrs déliant, il cherchait ses apinns au dehors; il imagina dcnc d'instituer pour héritier l'empereur Henri II, le fils de sa sœur Gisèle.

Cet acte alarnna le comte de Champagne, autre npvpîi dp Rodolphe, qui avait des prétentions ivi tvùnv, et peutêtre des droits sur les uîens de sasuccesMon. D'autres grands s'opposèrent à rarcomplissement de cette volonté,* <jui blessait nianifestcmj^nt le pi iucipe elecîif : vu se préparai là la guerre; mais Rodolphe s'enfuit à Strasbourg, oti était Henri II , et là il lui fit soten* Dellement la remise de sa ( omonne, comnics'i! en eût ( té le maître aUsolu , connue s'il ue WnU pas obtenue du choix libre de la natiou! Les Bourguignons refusèrent donc de reconnaître Vempereur qu'itsn'avaîent (loînt élu roi» rrlîH-ri rnvoya une armée coimnnndee p ar\N erner, évcqiie de Strasbourg. Ce prélat était accompagné de ses frères Radbod de Habsbourg et du chevalier X«ancelin : on marcha jusqu'au lac de Genève ; là il y eut une bataille où le comte de Poitiers, général de Tarn^ée bour;iuignone,futcomphtemeiit battu.

H fallut donc subir le joug et se soumettre à l'empereur.

Pour la première fois nous avons pronoucé le grand iioui de Habsbourg ;

nous devons un souvenir à Focigine de cette maison; les destiiiées de la Suisse ont été long-temps balancées

par son înnuence , et cependant elle doit sa naissance à nn proscrit. Contran, issu de la /aniille des ducs d'Alsace, et Tun des descendants d*Éttchon, avait encouru la disgrâce de l'empereur Othon. Landgrave d'Alsace et du lirisgau , ce Contran avait pris part à la révolte de lienri-le-Querelleur, d'Eberbard, duc de Franconie, et de Giselbert, duc de Ix)rrnîne: ils étaient soutenus par Loin's d'Outremer, roi de France. El)erhard et Giselbert périrent au combat d Aiidernach : Gontran , dépouillé de seâ dignités, se retira dans les terres qu'il possédait en Argovie, et s'appela comte d'Altenbourg et de Vindisch. Alors régnait sur la Borrgogne Rodolphe II, qui lui avait fait don de Moutîer- Granval et de presque tout l'Ar^uel; mais Conrad II, d'accord nveeOlhon, lit déx;ider, par une assemblée de seigneurs et de prélats , ^ue ces domaines ne |)0uvaient apprtenir Àun laïque : ils lui furent retires. L'auteur de l'illustre lignée dont la puissance s'étendit jusqu'à rindus et aux Cordillères, s'occupait humblement à se faire des vassaux de tous les campagnards voisins des seuls domaines qui lui fussent restés. Il se permit!mainte ns'jrpatîon, et, plusd'uue fois, ii convertit en prestations, des usages , des services dus a In seule bienveillance. Son fils Lancelin se conduisait de même envers les habitants de Min-i, qui l'avaient choisi pour protecteur. Ratbod , petitfils de Gontran, celui-là même qui prit part à rcxpediiion de U'erner, pour Henri II , s'uni à Ida , fdle de Ferrî, fîTic de Lorraine, qui était par sa more la nièce de Hugues Capel. Mûri fut son dOunire et devint une al baye fondée pour expier les exactions de Lancelin et de Ratho<I. Rat!;od bâtit le château do Habsbourg, di iit le nom a beancorip exen é lesetymologistes : on donne la nréférenre à'ropinion que Tidée deijien héréditaire {ferra aviaiîcà) y est exprimée au moyen du chanL;.emfint du p en 6 y Murg^ comme on sait, signiiie

SUISSE

Si

château. nnhshoijr£» est nu-dessus de l'Aar, sur une colline boisée ; ia tour, d'environ 73 pieds d'élévation, do- «Une lés bains su fareax de S !hiniznnrh , mnq;nifiqup ('tatjlissrinpnt où les iwjgjicnrs se rrrulent en foule. Au sud iescolliiies.se divisent, la vue s'étend au foin stir les plaines de. l*Argovie ; un mamelon is.ile en occupe le centre, et sur son sommet l'nnîique rési.lenre des comtes de LenzU)urji, prévôts des monastères de Zurich et descendants des Wc tes de llavensbourjs; dans le fond (kl tiib!e;ui. l'immense et blanche i (arrière que les glaciers donnent pour limite au monde germanique; IWar, qui 'en est descendue, occuj>e à elle seule le fond du vallon ; et lorsqu'on s'nj)j)ro"he de ces bords, lorsfjîi'o!!

pénètre dans la foret de Vv ulpelsbers, on se croirait dans le lieu le plus retiré, et ce-pays, que ta Limmath, la Reiiss sillonnent, a peu de distanecde l'Aar pour s'écouler avec le Kbin vrrs rOcéan septentrional, n'offre plus qu'un piivsiiQC ai^resle, ttranger aux gnmdes scènes de ta nature conune aux souve^ nirs*majestuen\ do l'histoire (*).

L'empereur Ifenri mounit avant ftodolphe; Conrad ïï , diu de Frnneonie etiils d'Adélaïde d'Kuisheim, lui snecéd?». L^inipératrice Gisèle sa femme éta:t nière de ftodolphe. Odon, comte de Champagne, renouvela ses prétentions : il était plus proche pareiit; mai< Conrad prétendit qu'en d nnant à Henri II la Bourgo^^n*^, c'était à Tetiipire et non au lits de sa sœur ahîée que Rodolphe avait fait cette libéralité. Il avançait encore d'autres raisons qui n'étaient guère plus solides. Jm meilleure de toutt-s fut la prépondérance que lui donnait la couronne impériale. Il vint à Taie, où Rodolphe se rendit aussi: là, sur les supplications de sa nièce (jfsèle , le roi (le Bourgogne institua pour hé* ritiers l'empereur Conrad, et Henri, le liis qu'elle» lui avait douîié.

Cependant Ernest de Souabe était

(•) Notre ptaitche 7 reprw nie un «nlre diÀlfaii de la f.iinille de llatisbourg, sltué m bord du iac de Luceroe.

aussi liis d'une sœur de Rodolphe, il entra dans l'Argovie, mais il lutbatlu; une s^>conde tentative eut une issue plus délavorahle enct)re; Ernest et Werner

y périrent. Rfvlolpbe, qui n'avoit plus de la royaut* (j ie ie titre, mourut en 1032 : .ivec lui Unit le royaume de Bourgogne.

Ûd.m de Champagne sVmpara tout auss:t< it de ia Suisse française* , et monta sur le trône d'Arles. Des que Conrad l'apprit, il accourut; mais, faute de machines de guerre, il ne put assiéger ni jMorat, ni Neufchùtel. Le froid était d'ailleurs excessif.* I /empereur se rendit a Payerne, où il se fit élire roi par ses adhérents. Ladiscorde et la guerre exerçaient partout leurs ravages. Le ( 1 r^^'e interposa sa bienfaisante iniluf^îiee. Hui^Ties, évètpie de Lausanne, réunit à Komont les arciievèques d'Arles, devienne et de Besanc et tous les évéques de ces contrées : il fut décillé que nul cliré ien ne prendriit ies armes contre un ebrefien, à uai Lir du niereredi, au coucher du soleil , jusqu'au lundi matin ; la même défense tut faite iiouri Avent jusqu'au jourqin' suit l'Rpip aiiie ; enlin on exempta aussi ie temps qn» s\ coule depius la Septuagésime jusqu au 8 jour après Pâques. On déclarait exclu de la conununaijtfi chrétienne qtn'conque, après trois sommations de révàjue, j)ersisterait a enfreindre ce re^ienient. La paix est un don de Dieu ; l'Église se montrait digne de sa sainte mission .

Ce[>ei»dant Odon lit de nouvelles ten* tatives, et l'enii errur revint avec une armée sur les bords du Léman ; il y fut rejoint par Héribert, archevé(|ué de Milan, et ie margrave Boniface, qui passèrent le Saint- Hernard. L'empereur s'empara de Geîîève et soumit Odon ; mais cet infatigable adversaire reprit encore les armes et périt enfin dans une bataille que lui livra le dued ' l.crri'in'' .'nqirès de Har-Ir-Duc. Com-ad \ intensuite a Soleure, ville(p:r, depuis Pepiii, le mv-nastère de Sidni- Ours rendait llorissnnte; il fit élire son fils. Henri, roi de Rou rgogne et 1 11 i don na la couronne; c'était If troî-iènje du nom. Uenri IV porta à sou tourtoutef

L'UNIVERS

les ronrniim»S de son père. Quand il fut excommunié; quand les évàjues, rliapitres^ les grands, les villes $e partagèrent en fiirtions: quand les uns se déclarèrent les défenseurs du ^nt-siége, Ips mitres ses implacables ennemis, Rodolpl e, fils de (!iinon de Bheinfe!den, gouvernai la Sodube et In Bourgogne csjurane. Rcrclitold de Zâhrmf^t Tun des plus iniissants seifïneurs de la foret Noire, s'ét;jlt d'abord montré son ennemi aciiarné ; mais tous deuj( se réunirent contre Te r|mur, li*év^iue de i^ulanne» ceiix de Bille, Sion et Con- SttiRce, Mitvtrenf le pmtî contrjire. La RliétfC était iniiit-riiile , Coire |);i|)iste. Berelïtold et Bodoijilie oeciipèreul les cols des Alpes; nmis à Vevav, Henri qëgoeîa aveê Adélaïde, veuve d*0<lon ; jimédéêt eomte et nbhé de Saint- Maurice, l'escorta jusqii en Italie, où il alla faire pénitence à Canossa. Ces divisions sp prolonfsèrent quand Tanti-César Rodolphe fut élevé au trdne par la diète (le For/.heii)). Le comte de Lenzbour^, seigneur de Rnden et de Zug, ildèteoHenri, prit les lé^^ats du pape qui revenaient de Télection. C'étaient un al)I)é de Ma'"seille, un snvnnt itîilt n, nommé depnis evêqiieir V versie, et environ six cents moines, qui leur servaient d*esfOrte. En récompense de sa fidélité, révéque de Lausanne eut les ferres impériales et les dom iincs de Rodolphe dans la Suisse roiu.uide et devint diancelier du royaume d'Italie. Ce fut alors que Tancienné Aventinnii fut ' relevée et entour^ de murailles.

Berchtold de Zahrinjzen ravagea les terres de l évéché de hù\e . qui avait été considérablement enrichi par les donationii de Henri TII; mais il mourut de dépit en apprenant l< s victoires de rempfretir. Son fis , aussi appelé Berchtold, était gendre dp l'nnti- Cé^ar Rodolphe, et continua ia ;4;uerre. Cétait nn giierrier intrépide ; il dé- . truisit de son glaive les donations f.iites h son préjiuîir" h Vèvèchô de Bàle. L'adversaire le plus (uiiss.int de ce seigneur était LIrit h d'Lj)|jenstei:t, abbé (ieSaînt-Gal(^, ffui fit preuve d*une ISeniMtéet d'un courage iitoute épreuve.

Après s'être bi'^n défendu, îî ?e retira à Af^en, et ions les reii^Meux sVnfuirentdans lesAlpes. Rodolphe avant nommé pour al be un moine appelé Lirtto d , on brisa les insignes ie sa di,^^! itp , f liiti't que de I s lui n'iiipttre. Des que Rcdoljilie fui tombe, i lrich d'Kp|)en.stein reparut, batiit le comte de TcM^kenlioiiri; et se remît en possession de ses terres.

Le chAtenu deTockenl ourc sVIevaît sur un rodier entre Lutrsbourç et AV vl : on le crovait imprenable; l îrit h d^^ppenstein s^en empara : alors les seijînenrs résolurent de nn^'ir Tabbé de son audace. Herchtold de Z3!irin*]îen vint des bords du lac de ( orist.m c; les troupes de Diethelm de lockenbourg suivirent le cours du fthin.

IMnis Ulrich sut se débarrasser de ses redoutables ennemis, et ce fut lui qui leur donna la paix. Saint-Gall grandit sous sa tonique administration ; jamais cet honnne extraordinaire n'était abattu par l'iiifortime, jamais le sureès ne régarait à des entreprises au-dessus, de .^es forces. •

At)rès la fin malheureuse de Rodolpne, son fils Rerclitold d^ Rheinfelden eut a disputer le duché de S(Hialje à Frédéric de Hohcnst uifen , gendre dePeuipereur Hrnri; il mourut, ei ses biens passèrent à BerclHold- de Zâhriugen, son beau-frère... ^laîs le succès de ses nrin^s était (iouteux , la lutte avait ('te bien longue, les peuplrs étaient fatigué^s I!ercht:.td de ZaJinn^en se comlùisit en luimme »t^e et juste; il se rendit à Mayence , où était rempereur, et Ht voîontaîremoiit la remise du duché de Souabe ii Frédéric de Hol.eust u'én. L'emperem-, en récompense, l'investit de ses droits sur la ville et Je monastère de Zurich.

Tel fut le conmiencement de la ()uî.ssance bienfaisante des ZaUrin|j;en sur la Suisse.

Avant de continuer te récit des événementktjetons les a eux sur quelques éta» blisseiMcnts où l'esprit n ligîeux ouvrait una^ile^i la prière. Nous avcnsdit commciit Meinradautiefoiss'étôblitau milieu des solitudes et de.s bois. Kon I6îtk do lac dont les nombreuses sinuosi»

SUISSR.

tés séparent Scbwytz d Untcrwald 'n, au pied du M>th<'ii, qu: élève dans Us airs sa pyramide de r'HS, M du Hackeo, dt nt la cime se recourbe comme une corui' efliliv, saint Grégoire, /ils d un roi d'An;;! terre, l)eaumrt de reiïipereur Othon, vint terminer sa vie; il avait t'ui le tumulte de la cour , et s't tait prosterné près de la tombe des n|)ôtr^s, puis il j-nrtit de Koroe, pour t at lier sa viedans ie désert et le recueillement; oe fut vers la lin du X' siècle. I /empereur fit bdtir un couvent a In plai e de sn cel uie. Dès lors ce couvent rcriit beaucoup de nobles dépouti es par le droit d'aînesse, beaucoup d*hoinmes rei)entants des erreurs de leurs jeunes années. L'imaj'e de Jlar e attirait lespèlerin^ p:ir milliers; ni la barbarie, ni les borreurs de la guerre ne |)urenl les arrêter, «t No- Cre-0()me-ues>Erinitcs, dont le nom (F.m \ede\n^ rappelle In soîitude, de- Oiejra l'un des plus célèbres (lèlerinnges du monde, ei fut pour la S lisse ce que Delpbrs était | ourla Grèce; inais la foi remporte sur l'erreur et le culte du vrai Dieu perpétué d';rj:e en â::e, se propage de niitioii en nation. On voit dans la cour circulaire du mo* nastère les costumes les plus variéâ ; on y entend s'y mêler et se confondre les langues les plusdi verses. Les croyances pjoi.tent aux vérités de la rrl L'ion quelques fabiCS tbrttiennes; ainsi Jésus imprini» .<;^ Hnq doigts sur Ufie pLiqae d*ârj;ent le jour même de la ded/»"ac<^ , et les pèlerins ne tnnnqtient

f)as dé faire entrer leurs doigts tians es (inq trous. Ils boivent aux quatorze tuvaux de la font tue, parce que Jésus s^est, d't-on, désaltéré à l'un de ces ittvaux La eoiir e^t entourée de boutiques ou les chape. eîs abondent, OÙ les petites lii^ures de la V ierge se tendent à la livré. Quand te saînt«siége et Tempire se conibat aient , Kinsiédeln reçut de nombreuses donations, Ét il n'y avait guère d'iulortmie qcu B*yeberc..àl un asi e. Le seigneur de ^VuiLauseu aymt vil périr 8e« (ils dans une inciiil::lii!n , se coasaera à la vif rt'li>;îeuse, de iii abbé de ^()tre- D4juc>ue:i-Eiiuite:> i et mvurut après

avoir élevé le monastère à un baut degré de prospérité.

Nous avons parlé de !*iiMMve d«

ÎVîuri fondée par Ida de Lorraine, qui voulut expier les usurp t'ons et les cruautés de son époux BatlK)d. Suivaut les conseils de Warner, évéuue deStra^ bourg , frère ae Ratfiod^ elle consacra toutes ses possessions à saint !*ierrc»

L'advocatie devint un lief fenniiin de là famille de Habsbourg. I^s comtes y rendaient lajusiice; inais, en cas d*ap* pression . vahiié pouvait choisir pour nrotpcîeiir d i couvent im atitrenie?nbre (ie leur famille. Les premiers religieux de iSluri furent envoyés «fLiusiedeln et le premier prévdt (it venir des cloches de Strasbotnrg.- On enriclut la maison de manuscrits des snintesftcritures. Le livre de la ^Sagesse y arriva de Saint-Gall, Reicbenau fournit le l:vre des Martyrs. Dans la suite, la bib.iotaèqiie devint fort riche, et l'abbé fut, au sièr e dernier, élevé au rang des princes de Tempire. A une lieue de Mûri « l'un d*eux acquit une maison denampa^né remarquable par la beauté du site; l.< vue s'v promène au loin sur les cantons de Ziig et de Srliwvlz, au sud, jusque sur la lijjne des glaciers; au nord , justpie sur les montagnes de la forêt Noire.

En Pan 108^, pendant que Henri IV assiéL'ea't (îrégoire VH d . ns Rome, - Conrad de .Seldenbùren bât l le couvent d*iCnjSelberg an canton dl^nterwald, dans une sauvage vallée des alpes Surènes. I,a sf lit le AN -ilenstoek, l'Arnî, le Geinspiel , ie.Sjutzstock et tant d'antres pie.s à la cime glacée. Il est des jours OÙ le soleil ne se montre point aux habitants de ce gouflre profond; mais quand les autres contrées sont déia plongées dans l'obscurité, leTitlis tait encore briller .sa couronne ro.sée pardessus les ji^laciers d*alen,our. i>es sen* tiers esca.'pés conduisent au canton d'IIri et d ins l'OberbasIi. Dieu seul apercevait les fdeux bénédictins qui, dans cettesolitude, venaient prier {K)ur la terre. Oinrad de Seldenbfiren leur donna des l iens en Thurgovip, et îe^^ illustres noîjle--; fîc Honslt-nen c(uni»fef!t aussi puma les^ircmierdbieutîitteui'btle

L*UN1VëB.S.

l*alibaye. Calixte n les soumit îmniédia-

tenient à l'autorité du saiiit-sicjrp , rt en reçut rhomniagesur i'auteltle Saint- Pierre. Jj3 fondateur Conrad périt ussassînéun jour qu*il aocoiitplissait une mission de Tabbe.

Les fondations de Saint- \Hi;in, près de Bâie,de Hellflay, d'Inteilackrn, et de beaucoup il ju très couvents , datent de cette époque. Alors les diics de Zâhringen, outre leur qualité de protecteurs de Zurich, étaient landgraves de Bourgogne, et y exerçaient lesdroits impériaux. Ce pays s'étendait sur la rive orientale dfe l'Aer, depuis Aarwangen jusqu*à Thun. Rcn litold de Zaliringen avait héritf' cp landgravîat dfe son beiiu-père Rodolphe, car c'était un bien allodial ; en conséquence, il présidait aux assemblées , rendait la justice en plrîn nir , faisait la rcvur des armes, es ortait les voyageurs, percevait les {>éa|;es , conférait les fie£s et battait monnaie, etc., etc. Une suite d*évé* nements favorables vint développer cette puissance naissante. Ce fut d'abord la révolte de Renaud de Champagne, ^ui refusa de reconnaître aucune autorité sur la Bourgogne a'Lothaîre, empereur récemment éln. La race masculine de Conrad, qui avait con!iiî*? ce royaume à ses armes, était désormais éteinte. La mort de Henri V avait été suivie du meurtredeGuillauniellI, comte de la Haute- Bourgogne ou Franche-Comté. De Râîe aux rives de risère , Renaud était suzerain de beaucoup de seigneurs. Il ne vint point à Spire faire son hommage à Tempereur. Celui-ci le mit au tinti , pt , voulant élever la maison de Zahringen, pour abaisser les ducs de Souabe, il chargea de sa vengeance le duc Conrad, et rinvestit de t»ut ce qu'il aurait à conquérir : ^en:^nf^ f ut vaincu" et conduit captif ;i 1 1 uipereur, qui ne lui laissa que la ranclie-Comté.

. Le reste fut ^inis au duc de Zâhringen ; mais rette grandeur fut un instant compromise, lorsque, à l'avénementde Conrad de Holienstaufen au trône impérial , le duc se déclara du parti de son compétiteur.DéJa Frédéric, le neveu de Tempereur, avait pris Zu-

rich, lavagé le territoire et détruit bon nombre de châteaux. Le duc de Zahnn^en se soumit, et, grâce à la média ion de sa nt Bernard , il reçut r nve.stiture, non seulement de ses anciermes possessions, mais encore d'une partie de celles (!e Renaud. lîerchtold IV^ succéda à rnnrnd dp Zahiingen. Bientôt moururent el i empereur et Renaud j alors Frédéric de Hohenstaufen éiwusa Béatrix de Bourgogne , et posséoa tous les états de Renaud :

les Zàhringen eurent le gouvernement des pays au-delà du Jura; ils administrèrent pour Tempcreur le royaume d'Arles, les chapitres de Sion , Genève et Lausanne, l e Valais obéissait à révéque de Sion. Othon , tils de Tempereur, gouvernait une partie de l*Argovie; ('rédéric était le plus puissant seignp'ir du pays fie ('oire, qu'il tenait du comte de Pfùllentiorr, oncle de l'empereur son père, et beau-père d*AlDért de Habsbourg, suroommé le Riche.

Berchtold IV fit entourer de murailles beaucoup de bourgades, et il b^tit des villes Ubres. Maître des fleuves et des cliemins , il était intéressé à élever lé produit des péaj^es, en assurant, en multipliant les relations couimercialcs.

D'ailleurs la puissance des seigneurs, qui se montraient trop souvent rebelles, ne pouvait que dnninuer en présence de bourg oisies indépendantes".

L'amour de la lilK-rté, l'apj al du îzn'n, le besoin du repos, réunirent bit^niùt de nombreuses populations. Le duc de Zàhringen leur donna des institutions semblables à celles de Cologne, et ce fut pour ce motif qu'on y portait les appels des causes difliciiës et douteuses. Du reste , il y avait beaucoup de simplicité dans le droit : la justice était rendue, sous la j)résidence d'un prévôt, par douze ou vin^t-qMntrc conseillers. Kul ne pouvait appeler sua concitoyen devant un juge étranger, et nul étranger n*était admis a déposer contre un bourgeois. La libt i té individuelle était garantie, excepte dans les accusations de vol et de fausse monnaie. La cité pourvoyait à la gestion des biens des mineurs; le tuteur

SUISSE

infidèle était déchu de sa propre fortune. Le conseil établissait des taxes Dour les comestibles , et il était biterdlt aux bouchers d'acheter du bétail âans les 1.5 jours qui précèdent la Safnf- -Martin , et dans les 15 jours qui ia suivent, atleuciu qu'à cette époque les particuliers faisaient leurs provisions. On démolissait la n(^aison du meurtrier, et le sol restait vacant une année. Jaina;s le prince n^iniposait à la ville Tadmission d'un bourgeois; jamais non plus il n*empécliait personne de \ii (juitter. Si un serf Thabitait un an s;ins que son maître l'edt réclamé , il était libre. On ne devait le lerTÎce militaire au duc nue dans les enviTOfis, et il fallait auediaque soir le guerrier pdt courlifT nnrfssa drmetirr.

Tels furent les |)riiui[!es gêner. uix qui présidèrent a la lormaiiondes bournoisies. Fribourg en jouit en 1178.

Le duc voulait que, située au milieu des possessions des comtes de Nenfchâtel et de Gruyère, non loin des ferres de /'évéque de Liiusanne, tuitte Wffe servft de citadelle à la noblesse inférieure, ll.composa son ^territoire en î^rande partie des possessions de Payerne. Cet établissenient naissant avait beaucoup d'ennemis; on tutobii- ' d^tmposer, pour payer des soldats, maisons et les couvents. Les missives de Berchtold sont elles- «némes une preuve de cet état de guerre : salut et victoire sur Cennemi , dit-il dans une lettre de 117!».

Quelques annf'es plu? fard (1(91), Berchtold V suivit les exemples de son père : il battit les seigneurs ^ui se croyaient blessés dans leurs privilèges, et commença par fonder Berthoud et 'Motidofi; mais voulant ausM prrnrîre une position redoutable n sesennenus, il jeta les yeux sur Berne, jusque-là mpie hameau situé sur une colline que les eaux de TAar entourent. Dans !p lorntntîi, !ps Alpes présentent leurs cimes neigeuses au-dessns des inonta-

Snes boisées, sur desquelles on voit, ans les forêts, de nombreux châteaux forts. Berchtold chargea Cunon de Rubenberî^ de ceindre Berne de murailles, Placée sous iu protection immédiate de

Tcmpire, libre do joue^ des i^rnnds, la cite, prospéra; un grand nombre de nobles y briguèrent le droit de bourgeoisie.' Avec les Bubenberg, on y vit les Erlachqui, deux 'bis , sauvèrent la patrie, et qui dount rcnf à la ville sept bourgmestres, il aruva des bourgeois de Zurich et de Fribourjç en Bris^au ; les ouvriers, les commerçants y aluuèrent. I.es premières constructions furent en bois. Avant que Jemartvr saint Vincent fdt patron de Berne, révéque de Lausanne y bâtît une église en rhonneur de la Vièrî^e.

G "nève, quoique agitée de querelles entre se^ evéques et ses comtes, rivalisait, ainsi que Lausanne, avec Fribourg et Berne. La Suisse alieniande voyait s'élever de pins en plus Ràle et Zurich. Quatre chevaliers et un certain iiombre de bourgeois et d'artisans adunnistraient Bâle sous Tautonté de i^évéque, qui chaque atmée désignait les électeurs pnnni les chanoinf^s , les clievaliers el les hoiirgeois, et qui nommait le bourgmestre Bàle était alors la ville la plus considérable de toute PHelvétie et de toute la Rhétie. La grandeur de Ziiricli se manifestait do plus en plus : entrepôt de tout le cointnerce entre TAllemagne et Tlta !ie, elle erhangeaft les fers, les vins, les harengs, po :r les produits méridionaux : en même temps ei!p prenait dans ses relations avec la Loudwrdie, des idées libérales, qui de là se répandirent dans toutes tes villes |^nia niques des bf rds du Rhin. Les prédications du' célèbre Arnold de Brescia, disciple d'Abaiiard, y enseignèrent la liberté d*exnnien.

Lâ maison de Savoie était devenue, bien pM!s<nntp et s'était emparée d'une jinuide p;irlie (h/s hinis deSamt-Mauriie; il y avait eu plusieurs collisions déjà entre ses comtes et le duc de Zàïh ringen, qui uMiésila point à les attaquer de vive force , lorsque l'einpereur Philippe, soit par erreur, soit qu'il voulût abaisser Berchtold, conféra Moudon àTliomas de Savoie. Les Valaisans avaient pris parti pour le comte de Savoie; Berchtold alla les attaquer jusque sur Je Grimsel : mais les sei'»

L'UNITERS.

l^url, àei alliés, éombattfrftnt comme s'ils crai|:naieiit d'aciTOÎtre sa niiissnnce par une victoire; il fut obligé de î-e retirer, et le pays dt^n.eura lil)re sous l'autorité du vainqueur AVarin, évéque de Sion.

La Suisse germanique s'enorgueillissait de rillustralioii toujours croissante des Habsl)ourii et des Kybours, ^ il était évident qu'ils disnuteraient à la Savoie i'héritn<;e des Zâ irin*;en. Outre radvocatie (I<^ la rit iie .ibb iye de Secl<in«;en, et parcousé luent liu pa\s de Glarus, les comtes de Habsljouri^ gfKivernatent tout ce qui avait oliei aux Lenzboiirgdons TArgovie, tandis qne les pos5;essions que ces m^'mes rouîtes avaient dans ies iirintaiînes , étaient éclm^s aux Kybourj^, «ui b itirent Diessenhofen , ' en lui aonnnnt les droits dont iouîssaient les villes des con>tes de 7ri irinixen. Uni tmann, qui en était le toiul.iteur, créa aussi Winterthiir. Les empereurs recher diaient Tamitié de ces sei.^neurs , qui brillaient dans les jeux dievaleresques, et qui sou \ eut, le fauex)!i sur le poinp;, se reud.nent à r))eval à leur é^^iise, OÙ l'on donnait au cavalier un repas, au eluival de Tavoine, au faucon un

CBUf.

Il nous reste à parle^ des illustres maisons de R ippersclnvyl et de Tockenbourg. J.es comtes de Rapperschwv , dont ia prospérité se fondait sur 1 ai^riculture et sur 1rs penses des extrémités dt^ la Rhelie, habitaient les déserts des Alpes; leur unique plaisir était la chasse, leur bonl;eur

était concentré dans TintéHeur de leur Quant à leur origine, riiistnirè ne l&

château. Rodolphe un jour revenait conn. ît pas, la tradition l'entoure (le d'uiiC expédition lointaiiie; soji inleti- mervcilKMix. <]*est In Suéde, c'o^t la dant a "courut au devant de lui; a sou Frise, en prc ie à la tauïine, qui exair triste, le comte s'a|)er<^'ut qu il al< puisent le dixième de leur po|>ul.-ilait apprendre quelque funeste événe-. tion. Le sort en décidait, et quiconque ment. «Diseeqtietu voudras, s'écria- en (*t ait frappé, part lit. Six nulleiioni-

les deux rives du tac deZiirirh se rappr(>(!heni : ce fut Torigine de Happer-

schwyl.

Henri de Tockenbourg, non moins illustre par sa noblesse et non moins puissant , ne tint pas une condint^ aussi sni^e. l'iie fen(^:re du château était restée ouverte , un corbeau enleva l'anneau nuptial de la comtesse Ida; un de ses serviteurs le ramassa. Le comte l'ayant reeoniui, courut chCE Ida, la pr.*ci|)ita du h,uit de la tour, et fit attacher le serviteui- à la queue d'un elle va , qui le traîna de rocher en rocher. I^ïpendant la comtesse s^étalt suspend le a un buisson : la nuit ve* nue, elle se débarrassa des ronces , se cacha dans la (orét, y vécut de racines, et lut enlin découverte par un cliasseur. Son Innocence était déjà reconnue. Les prières du comte lie purent la décider à revenir au elultenu; elle s'enferma dans le couvent de Fischini^e;), où elle mena une vie exemplaire par S I pieté et sa résignation.

C'est sous la domiuatioii des ducs de zrdiriufïen que, pour la première fois, on prononce le nom do Sclnvvt?;.

Jusque-ià ce liom, (j|ui dc\iiit' celui de toute la nation , était tellement ignoré,, que les religieux d^ nr^iedeln pui-ent le d.Toher .i la connaissance» de Pem-

fjereur. Cette petite peuj)l;ide h;ihîte es prairies qui s'ctendent au pied du Hacken; de noires for^s couronnent les niout imies, et , dans les ré;^ ions

Elus élevées, des rocs dêchirncs scmlent ceindre d'une muraille insurmontable la demeure de ces paires.

t-il , pourvu qu'ii ne t'échappe ^as un nioi contre la com'es^te ma bien- aimée, la joie de ma vie.» Le serviteur était prêt à l'accuser d'infidélité; il

frémit deterreur, et cli* fîîn'l cîMiunait ujiê irruption de IV-iuietni , et que pour

mes marchèrent en troib di usions. n\ ec fenunes, enfants, fortune.. Ils jurèrent de ne se qudter jamais. iJi victoire les enrichit : au bord du Rhin ils battirent Pif'rre de Franconie, qui vculait s'opposer b \ ur i'asN'i.;;e,'i uis ils

la pievenir, il convenait de U'itir une suj>pliireut le c iel de leur accorder vilie et un château furt à i*endrolt où une ttfre où Us pussent

tû paix garder

sdissE.

leiiTS troop<>aux, ft It de! les dirii^pa vers le puvs de Hronhenboiiri;, où ils

y tirent Scli\%ytz. \,pt population s'ao mil; iJ fa. lut extiij)er les forêts, il ùhut pmij,ïer vers le Bruiinig et re- OKinler jusqu'à rOberbni»lî.

Telle est la narration locale : la çertitude histor', tie manque à spî5 détails, Ciir la niPdioire des peuples ne rettent p^is les (iutes. Ainsi rien de précis sur Tépoque de cette érnigra* tion, ni sur cette fainiue du Nord :

h lan;;ue pr initive des habitants de Scliwytz s'cst'eteinte peu à peu, et il est UwM des ii ij»sf, l>ien des cirionsiaiices qui se sont e^acés avei^ elle. Cette peuplade il long-tenips joui d'une ent'ère lii)Prtê : une charte de Fredérie II, datée de 1240, atteste qu'elle s'est librement soiuuise a Tenipire. Le duc de Souabe y rendait la justice au nom i\u souverain ; du reste on se confiait en i\ proteelion des eomtes de Juen/.boufii. L(S affaires majeures ne se dé&éoient qu'en assemblée générale et d*un commun consentement.

La nature même enseignait l'éifalifé.

On élisait un landamann, qui nevait être de condition libre et de bonnes tie Pt mœurs; ta pauvreté n'était pas un motif dVxclusion; tandis qu*on re* rhen h iît ;)our juges ceux qui posséd.iieut quelques biens. Les querelles de peu d'importance eiaieat jugées par sept ou neuf hommes ; on en appelait le double quand Phouneur. était atta* Ofi^: n fin, (|uarul il s'agis«ait de causer plus graves, le juj^e se faisait assister de beaucoup plus d'assesseurs, ou on les lui adjoij^naU. It existait encore naguère un usaj^e bizarre, celui de preiidri-, pour dérider les |)etites af'ai es, les sept premiers passants.

Qauut aux jugements criminels ^ t:s Ment rendus par les gouverneurs au nom de l'einijefeur.

Les premières liabitations furent Schwj-tz, Altdorf et Statiz; peu a peu tes bouigades et les églises se luu tiplièrent; indé])endantes les unes des a'j'rcs, elles demeurèrent unies contre féiranger , et l'on < ousidéra touiotirs Lri, Schwytz, IJuterwa den , CQaune formant une même population.

l^urs vanées s^onmient toufeii rem

le iair; mais l'OberliasIi se séfiura peu

à peu de cette petite fédération, et u eut ni les mêmes amis ni les uiémes ennemis.

Hmirraxetinronnus, Icsfutui^ libé^ rateurs de THelvétie furent dénoncés à l'empereur Henri V, par Oernrd, al)bé dTJusiedeIn : au sommet des plus bauies montagnes, leurs troupeaux rencontraieot cein du monastère ou de ses vassaux; mais quançt Henri II imagina de donner au couvent les solitudes voisines , les habitants de ScliW}tz les tenaient déia de leurs pères , et Ton avait caché leur existence, afin de pouvoir d'autant plus étendre la d<>!i,'iti(ni. Ils refusèrent d'abandonner h iii htntiij^e, 1 abbe les cita au tribunal des grands de Souabe. Schwy t/, n'y voulut point comparaître i alléguant que le pays ne relevait que de l'empereur.

L'affaire fut portée devant ce prince (11 14) à Bàle; le comte Hodoipbe de Lenzbourg défendait Sdiwitz, le comte Ulrich de Rappersdiwvl, prévdt d'Einsiedein, parlait pour t'abhaye. Vainement le monarque cornlainna les p.'itres; forts de leurs droits, ceux-ci demeurèrent en possession , sans que, sous Henri V,.ni sous les deux règnes suivants, on essayât de les inquiéter; et lorsque, trente ans après, Conrad voulut faire exécuter la sentence, les linbitants répondirent que si la protection de l*empereur n'était bonne qu*à leur enlever les droits do aïeux, ils sauraient bien se f)rotei:t i- f tix mêmes. En vain on les mit au ban de IVmpire; en vain Té^'éque de Gon* stmce les excommunia, cela ne les em|iécha point de faire lenr commerce babturlavfc Lucerne et Ziiiiih. Ils çonLitiuèrent à joiiir de leurs pâturages , et contraignirent leurs prêtres a célébrer le service divia.

Frédéric Hnrherousse îenr fit dire de ne se point in(|uieler des moines, et de lui fournir leur contingent ; aussitôt six cents jeunes gens de Scliwytx passèrent en Italie pour combattre, sons les ordres du comte de Lenzbourg. Quand l'empereur fut excommunié , quand les foudres du ooncile

de Lyon frappèrent Frédéric ÏI , il se vit trahi pnr ses princes, par son chancelier et nu'nie par ses fils. Mats

loute.s cp.^ punitions, tous resdnniîers ne purent (''hnmier l'att;u;hpnieut des fisses pour les Iloheusttufen.

Loi)g-tenips aprèb la inort du dernier comte de Lenzbourg, linterwalden rhoisit pour protecteur luxl 1ii!h' de HabsbourîT, aïeul de Tillustre empereur lie ce nom. L^advocatie de i'abbaye de Murhacli , en Alsace, Tavait rendu puisi^atit à Lueerne et dans ces contrées. Ollion IV l'avait fait j^ouverneiir ties trois eantons Ibrestfers. ('e !\odulpheeut principalement à rélabiiria banne liarmonie entre Tiibbaye d*£insiedelu et les habitants; il opéra une trtinsaction. Les Suisses nénnmoins .sou fraient imnatieninient la suprématie de su maison , (}ui , à tort peutêtre, avait réclamé ce droit du ciief des comtes de Lentzbourg. Les choses étaient en cet état, lorsque Hercht. Id de Zaiuingea mourut. 11 y avait 90 ans (|ue durait la puissance de sa maison sur la Bourijçogne; il y en avait 57 (ie !n r.)i;(l.'ti n de nf^rnè, et cette luèine année vit nailre Rodolphe de Habsliourg , qui fut empereur.

A la mort du dtie de Zâhringen, ce l'ut son beau-frère, leoomte Ulrich de Kyhourc;, qtii hji succéda pom- ses possessions et ses droits sur la lioin gosnc. Alors les douiaines de Souabe échurent aux ducs de Teck et aux comtes de FUrsteniberg , ceux du Itrisj^au aux margraves de Haden , dont i'aïeal était liîs du premier Rerch^oîd. Hartmauudo Kvbourg, (ils du comte Liricl), alunit à la' fille de Thomas de Savoie ; ^ Berne et Zurich forent entièrement affranchies, parce que leur sol était impérial. Fribourg , bîitie sur des terres héréditaires, eut pour la protéger une brandie de la inai^n deKybourg.

Quant au gouvernement de la Bourgogne, Henri, le (ils aîné de ren>j)ereur, en fut investi, et, après lut, plusieurs illustres seigneurs.

Vingt années s'écoulèrent au milieu de querelles particulières sans importance. Les habitants des campagnes se Uvrfiient avec sécurité à leurs travaux;

les villes fondaient de plus en plusieurs institutions. Râle devança toutes les autres par la bonne organisation de

ses tribus et par les alh'ances qu'elle conclut avec les cités rhénanes, pour atïran(tbir le pavs des brigand(iges,doâ exactions et d^ ravages 'de la guerre.

Soleure s'était formée, peu a peu, autour do l'église vénérée de Saint- Ours. C'est là q:ie se réunissait la bourgeoisie : il^ avait un conseil pour les petites affaires ; celles d*unepl us grande Importance étaient dé( idées par les plu*; Tinliles et les plus honorés. De- |)iiis deux cents ans, Schatfhoustii était un liauie^u de hatelît»rs, ainsi que l'indimiéson nom, (jMiestréquîvaleiitde Scnifliausen. L'àhbé du couvent de tous les Saints l'entoura cle murs et l'unit à la Thurgovie, eu jetant un poiU sur le Rhin. L'empereur v mit ' un gouvernenr. L'ahbé nomma chaque année un prévôt et des conseillers nobles; les autres étaifnî élus. Dans rorigine, la noblesse était fort puissante; mais les richesses passèrent peu à peu à la bourgeoisie.

Merne, pendant ions-temps, ne posséda qu'un pàturaize et desdroi's d'usage dans le^ forêts; mais elle sut résister à toutes les attaquas , et s'é* ' leva bientôt au même degré de puissance qu'antrefoislesZiiln''niien.letons un regard sur sa constitution, elle nous expliquera sa prospérité. Pour f?age de sa 'fidélité, il fallait que chaqqc bourgeois possédât une maison : tous s'enga«eaient à se défendre 1rs uns les autres et à eonibatlre pour la vil/e.

Ciiacuii pouvait poursuivre, coinuie reât fait un parent, ia mort d*uii citoyen, soit quMI en rendit plainte, soit qu'il ,etU recours au comoat singulier : il y eut m 'me, en 128.5, un duel entre un honjine et une feu me, et In femme remporta dans ce comliat judiciaire. Les Bernoîsétaîent majeurs a 1-1 ans; dans leur lo** année Jls priltaient serojcut à l'empire , à ja cité , aux magistrats. Il y avait deux c^js ou ils pouvaient se faire justice à eaxmêmes : le premier, quand on les atiaq;iaiidansle»jrd<»meure; îesecond, quand l'étranger dont ils avaient à se

PUISSE. , n

peindre venait dans leor tflle, Droits tés è Fribourg, à Laupen, à TCHisrds* bourgm^sie et lionneur étaient sy- hasli , à Biennt; et aux villes rhénanes, nonymes pour eux; chez eux la jus- A la mort d'IIIric de Kybourg, son • tice consistait à faire prévaloir I hon- second (ilseut le gouvernement des pays oeur de la ville. A utant ils étaient fiers qui obéissaient aux Zâhringen. Bientôt envers les ennemis, autant ils étaient fe landj^raviat de la rive orientale de soumis à leurs parents : une loi vou- TAar Rit conféré en fief aux comtes lait que le (ils qui habitait avec sa de Burherk ; le landf^raviat ôo la rive femme la m.aison maternelle, laissant occidentale advint aux comtes de Neufà sa mère la meilleure placeau foyer, chdtel. A Lausimne, on avait accueilli Tous les ans on élissit le prévôt et avec joie la nouvelle de la mort du duc les conseillers; mais pour décider de Zâhringen. Rerchtold de Neufcbâtel, des affaires militaires, de finance, évéque, convoqua le chapitre, les chede tutelle, de succession, on établit valiers et la bourgeoisie, et, maudisun iKinneret (venher), et dans la sant sa mémoire, remit révéché au suite, il y en eut quatre. Les juge- gouvernement de la Vierge. Cette céments rendus à Berne ne pouvaient rémonie s'accomplissait sjir les ruines être îniiruiés que par la cour de i'em- de la ville réduilp en cendres trois ans pereur. auparavant. L'évêque avait voué une L'Obertand* bernois était alocs' la croisade, mais il ne voulait partir que

i»ropriétéd une nmhitudede seigneurs: quand la ville aurait été rebâtie. Pour

es comtes de Gruyères possédaient la reconstruire l'église, il fît faire des

vallée delà Sarine; le Frutigen passa quêtes dnns toute la chréiienté. C'est .

des seij^neurs de ce nom aux sires de aujourd hui Tun des plus beaux mo- IVadichwyi , puis à* ceux de la Tour de - numénts du style gothique. L'évéque

Oiatillon; Brienz et le Grindi-iv^ald mourut le jour même qu'il avait fixé^

appartenaient aux nobles de Stratlin- pour son départ. Cependant les comtes*

gen, de Grandis , d'IJmspunnen , de de Kybourg ne renonçaient pas à Tad-

ninkenberg. Les montagnards d'Ober- vocatie , dont il avait disposé en faveur

hasli avaient, comme ceux de Schwytz, de hi Vierge; Aimon de Faucigny

un iandâmann.Toutes ces vallées étaient acheta leurs droits. Les élections a

fortiîiées. Lors(|ue le duc de Zalirin- l'évà hé causaient des troubles graves;

gen eut créé Berne , il accourut de le trône impérial ébranlé permettait

FOberland beaucoup d'hommes libres; aux grands de se disputer les dignités

ilenvintderArj;ovieetdei*Uechtland. avec plus d*ardeur. En 1239, un |)arti

Cependant plusieurs seigneurs , en hri- choisit pour évéque Philippe de Savoie,

guant le droit de bourgeoisie , voulii- un antre, Jean de Cossonay. Le baron

rent conserver leurs demeures forti- de Faucigny soutenait la prétention

fii^s. Il en résulta une ligue, une delà maison de Savoie; en vain la

association et des intérêts communs paix fiit négociée. Lorsque Jean de

depuis Soleure jusqu'au sommet des Cosso .ay eut pris possession de son

Alpes. Ce fut le connnencement de la évéelié, Faucigny fit une nouvelle

erandeur de Berne , dont le terri- irruption dans Lausanne, l^s citoyens

wire s'étend encore jusqu'au sommet de la ville haute se battirent contre

da Grimsel. Elle ne tarda point à se ceux de la ville basse; qui devint encore

montrer dî;:ne de cette origine et de la proie des flammes. Mille hommes

l alliance mi.itaire que signala sa nais- de Berne et de iMorat vinrent, au nom

sance; et tandis que d'autres villes s'é- de l'empereur, prendre fait et cause IssiTciit parles lois, les professions, le «pour Jean de Cossonny; ils occupèrent

I commerce, Berne essaya ses armes coh- la porte de Saint-Marrus. Pierre de

tre les comtes de KyboMrg, porta la Savoie, de son côté, se précipita dans

guerre dans la Suisse romande, devint la ville à la lôie de six mille l;o;nmes :

âfbitre de grands dilTerends, exerça le le pillage, le sang, la dévastation

' Moir impérial et s*unit^ des irai- étaient partout. L'autorité impériale

remporta ; mais les comtes dç Savoie devèiiaieirt de ^ 'lus pUM rfdmittMes.

Déjà ils possÀlalent dans le pays de Vaud pltisfenrs dotnaines; d<j:*i \n\r cbâtPau de Chillon les rendait maîtres des abords du lac vers la Valais. Pierre de Savoie était le septième fltsdu eointe Thomas; il profita des (rouilles de l'empire pour accomplir de grandes entreprises ; il avait toutes les qualités d'un chevalier , toute la sagesse qu'il fout à un prince , et ses contemporains admiraient en lui un ^rand homme.

Ce fnt un de ceux dont le n( m devint populaire > dont le souvenir se mêla à toutes les traditions. Voici ce que dit a son égard celle de Berne : « Notre « cité ne posséilait pas au-df'îî ()e « l'Anr un pouce de terre pour y apte puyer un p(}nt. On acheta un uré', « et'I'on commençait à travailler; « dé a le pont s^avaiiçait au milieu de « hi i n iî^rc,quaod tout à cnuji survint, m de ia part du comte de Kybcurg, « une interdiction de continuer les « travaux. 1^ bourgeois poursuî- « virent leur entreprise les armes à ta « main; w.'.ù^. conmient résister au « comte de Kybourii? On était dans « la plus grande anxiété. Alors quel- « qu'un' vanta Thérotsme de Pierre « de Savoie, jeune f)rinoe sans états, « quoique frère (Je puissants pcteutnfs. « Deux citoyens , def^uises en mouies, « al.èrent le trouver a Chilion. 11 ao- « courut et négocia avec le comte de « Kybourg, dont le frère avait épousé « sa sœur; puin il vînt lui-même tra- <> vaiiler au pont, pour encourager le « peuple par son exemple. Dans la « suite, cinquante Jeunes Bernois le « rejoiirnant au moment où il alinit «« livrer une bataille, Pierre jura que, « s'il remportait la uctoire, il ne re- « fuserait rien de ce que les Bernois « lui demandenu'ent. Dieu et nous « rnvoTis tnt! vainqueur. Alors le ban- <i riei ct (U' lierne : I/or ni l'argent ne

• pourraient nous séduire, dit-il ; mais

« rendez * nous le titre ûù'autrétbfs* «. villes, et etiolstrent un chef qui les « voiisdonna. n. tre ville. Swycz notre « conduisitcontreCh'llon; mais Pierre

« ami , ne soyez pins notre maitre. « eut re4 0urs à la ruse, les surprit €♦ « Pierre lui conslern * de ctV.r (je- « les soim it. l ('(0 i tede Savoie par*

• manda inattendue ^ niaia» il avait « courut ensuite toute la contrée,

« promis : il remit (inx Berpois le « titre qtrilÉ réc:amafèlit, À M, •I iii|tqu*a sa mort 9 leur plus fidèle

• allie. »

Quoiqu'il en soit de cette tradition, Pierre de Savoie affermit sa puissance à la faveur des désordresquianligeaient le règne de Guillaume de Hollattde* Rlœrell , dans le Valais, et, dans le pays de Vaud, Payerue, Vevay, Morat, recberi lièrent sa protection* Il marcha contre révéque de S on. s^empara de celte ville, en denu lit les murs, détruisit les clKiteaux de RIandra , de Man^enan, et vint Jnsqu u brig» et k Gombs. A son retour, il trouva les prélats as.semblés à Saint^Maurice avec l'évéqiie de Sion et Jean de (lossonav, évécpie de Lausanne , et reçut de leurs mains l'anneau du chet (ie la légion ttiéimine. te comte ordonna que ôet anneau resterait toujours en la possetsi{în de l'aîné de ses desceudauts. Dans ce temps, il reçut foi et hommage du con>te de Gruyères. Llric d'Aarberg, de la maison dr Neufch^fel , reconnut tenir de lui Arconcielet Illens, et le Valais conclut avec Berne une alliance de deux ans. Pierre imposa une amende d^* vingt mille marcs d*a^ grntà Rodolphe, comte de Genève, qui avait reti.sé sôn hommage, eà, pour sihTte de fa sonifue, il s^mpafa

de ses cliateaux.

Il avait passe sa jeunesse à la cour d* Angleterre, il était comte de Rtclimond, seiuneurd'Esspx etde Douvres.

Lorsque î empire se divisa entre Alphonse de Castille et Kichard d * Cornouailles, celui-ci comptait pri m i{)a lement sur Pierre de Savoie . qui n'imt point de peine n se faire investir des droits des Kybouri: a la u\i rt du dernier de ces comtes. Les chroniques de la Suisse romande rappijrtent la tradition suivai te : « Sous ie rè{:ne de Ri- « chard , les hauts barons, qui souf- « fraient imjiatidnmeiit la puissance " de Pierre, se liguèrent avec les

SUISSE

it

t sVmpara de Moudon . prît Romont

« (!p vive force et y hdtit lu tour qui « porte encoi e son' nom. .11 éleva de < ceii tours à Murât, u Iverdun et en c beaiieoup d*autre$ endroîts. Puis il « eomparut devant lechef deTempire; <•■ .vr n animre étnit moitié de fer, mo tié " (i'or, parce qu il devait ses et.its en « par>>e a sa valeur, eu partie a sa « rfï'hesse. Pendant son absence, les' « roji>:e,s de Gruyère, de Genève et de « Monifaucon , se révoltèrent. Mais « il nccoiirut a in tête d;* fr(.u|)es an- « glaises , et leur lit voir cuuibieu leur « résistance serait inutile. Enfin il « fonda la puissance des comtes de Sa- « voie sur le pays de Vaud el jusque « sur les p 'vs allemands. OMte puis-

* sance néanmoins ne s'exerça qu'avec ' « leeoncours des états. Le gouverneur

« siégeait a Moudon. Dès que l'ussein- « blee é-ait de nandée par rintermé- « diaire des synd es de irltf ville , elle « devait être convoquée dans .es trois « seinoin^s.On nomme, comme yayant « eu séance, le comniandeurde Chaux, " ie prév ît dt' Roniai.i-Moutier, l'abbé « de Hantecrest, le prévôide Payerne, « celui du S ut.t-Hernard et de Saint-

* Claude, etc. A la téte de la noblesse « étaient les comtes de Koniont de

Gruyères et de ^eiitVIiàlel ; enfin

* ven.iient les représentants des (|uae tre bonnes villes ; Moudon, Iver-

« dun n Moines et Nion, et ceux des

< dix villes inférieures. »

"La partieallenîande n'était pas moins au;\lëe des querel.es de remj)ire avec le saints éf^e; Tabbé de Saint-Oall se faisait reniarouer p9r sa fidélité; il ne crai.:;nit pas n'attaquer Louis, duc de Biiviére, et devint ensuite médiateur entre ce primée et l'empereur. A Zii-' rii'h , le pape interdit le service divin; mais li) bourgeoi ie ordoiina au cler^^e de quitter la ville, s'il ne voulait s'acrjuittiM" de ses de oirs. De S<Mwvtz on envoya six cents |ioinni^s ronire Diet.ielmde To4'ke:ibourg, au secours de Tabbé de Saint-Gad .

Conrad de Busnam:, et l'on cofiib ittit les GiPîlfes en Italie. Stni'liin de ^Vin(•Uelric^l lut armé tbevdier par r«iiij^ieji' eu lécuiiipeusc de «es ex-

ploits. Cest la première fois que isb

grand nom paraît dans l'histoire.

Au xieiix llodolplie avait succédé dans l'advocatie de Schwytz, Albert de Habsbourg, qui, de* son union avec HelwijL-e de Kybour^, eut pour fils Rodolp e, l'idustre f^uerrierdel'interrèi,'ae, le grand empereur, qui rendit au trône tout son eciat. D'abord il nVut que le landgravîat d* Alsace et le comté de sa fennne dans PAr^ovie.

Rodolphe se sentait dominé par une ambition invincible; il avait le caractère bouidant, impatient, et son ardeur pensa le perdre. U n*avait pas quarante ans, que déjà il était odieux à sa famille, desliérité par le frère de sa mère, et excomimmié par l't^glise pour la secjnde Ibis, car il venait de brdler le couveot de Saiiite-\larie-:%laKdeleiaé dans un faubourg; de llùle. C'est sans doute pour se raclicter de cet anatl.ème qu'il marcha contre Ottoraire, roi de Bohême, et et». .tre les incrédules de Prusse, qui, pour garder leur IIb'rte et leurs dieux, soutinrent cotttre les clievaliers de Tordre Teutonique une i;iierre de .50 ans^ Il vint ensuite se mettre au service de l'évêque de Strasbourg, qui était en guerre avec cette ville ; le but de Rodolpite était d'obtenir qu'il lui t it rétrocession des biens que Hartmann de Kybotjriz son onde avait conférée à ce siège d'une manière irrévocable, pour le punir d'un outrage qu'il en avait reçu. Mais comnie l'évêque ne faisait rien pour Rodolphe, il lui signilia de ciiercher ailleurs ses défenseurs et prit parti pour la ville rontrë lui. Colniar et Mtdhausen tombèrent en son pouvoir, et (îauthier de Geroldseck n'eut plus de repos jusqu'à sa mort : Henri , son successeur, rampHt le danger qui i^ menaçait, et rendit la donation^ L^ vieux Harimann vivait encore ; il supplia lU)dolj)he de venger soti honneur contre les ha itanls de Winterthur,, qm' avaient abattu son vieux châteao pr squè sous ses yeux : Rodolphe ne se lit pas attendre: mais tjuulis qu'il manhaif, ce dernier des K\bourg, landgrave de Ihurgovie, fermait lef yeux; aior« vinreflit de Badeq, d« ]|

Tbaraovîe, de ta Rhétie une multitude

de nobles, des prélats, des abbés, des magistrats, l/héritierde Rvbourg rendit les derniers devoirs à son oncle, reçut riioinmage de ses vassaux et pardonn la réMlIton tie Winterthur.

C'est ainsi qu*en nn jour i! ncquit plus' de domaines que ne lui avaient v:i!n de conquêtes tous ses exploits prisses.

Kod'ilphe de Habsbourg était de taille élancée t ses membres étaient assez maigres, son front dégarni de cheveux, son nez très-aqurlin; il avait le visage pâle, l'expression de la physionomie sérieuse; cependant ses ma* iiières élaient si prévenantes, que dès l'abord i! inspirait în rotitiance. Dans ses prenueres exnedilions, rouimed ifis la suite, lorsc|u il supportait tout le poids des affaires publiques, il aimait la plaisanterie. Du reste, la plus grande simplicité dans ses morurs; ianiais il ne manjîeait de mets recherchés, et il se montrait encore plus sobre de boisson; dans les champs, il se nourrit

S lus d'une fois de carottes qu'il venait 'arracher. Il portait habituellement un vêtement bleu , et ses guerriers le virent souvent le raccommoder de cette même main qui avait ^agné tant de liatailles. Rodolphe eut des enfants de Gertrude, de la maison de Huhenbourg; on ne dit pas uu'ii lui ait toujours été fidèle ; mais il apportait de la modération iusque dans ces écarts, et le temps ne lui manqua jamais ni pour le travail, ni pour les grandes actions.

Quand lui udvmt la riche succession de Kybourg, l'empire était dans r^t le puis déplorable. Ricliahi de Cornouailles, qu'il ne reconnaissait pas pour empereur, était le prisonnier de Simon de Montfort. Nul prince n*ûm\t dssez dè puissance, de sagesse ou de crédit pour occuper le trnne des souverains (font le second Frédéi*ic avait terminé la série. Le lien social aemblait rompu; il n'y avait ^lus d'unité, p us de surveillance nrd'autorilé. La force du corps ou le nombre des soldats remportaient toujours. Les excès et les désordres de ces soldats étaient tels , qif il ne restait plus aux pillaids de ^quoi piller, aux guerriers

de quoi se nourrir. Rodolphe avait

passé sa jeunesse dans les combats'; son caractère, ni les circonstances ne comportaient un retour à des idées pacifiques; d'ailleurs ses ressources ne suffisaient pas à ses dépenses, car H* ne possédait, dans la pli nart de ses d UKiines , (|ue le droit d'advocatie. Ce droit il l'exerçait à Aarau, à Baden, à Bubîoon, à Mellingen, à AVindisch, à Sursée, etc., etc. Telle était la libeiîé de ces tem|)s In , que peu de princes se soucieraient aujourd hui de la puissance de leurs ancêtres, si elle était restreinte dans les limites où ils en jouissaient. Il eût -été facile à Rodolphe d'opprimer les villes, (le leur prendre leur lerrito re, de seconder la noblesse: il lit tout le contraire; il se déclara le protecteur des bourgeois et des campagnards contre les grands'.

Parmi eux il edt trouvé des rivaux de naissance et de richesse : non moins guerriers, les citoyens des villes obéissaient plus volontiers à son commandement; ils subissaient la discipline, condition essentielle de la victoire, et leurs lois elles-mêmes les avaient accoutumés à l'ordre, tandis que dans leurs relations sociales, ils avaient pris plus de finesse, plus d'aptitude aux stratafîèmes, aux fausses attaques et aux ruses de tout genre qui souvent prévalaiént dans ces guerres ancienn es.

Le comte Henri de Rappersdnwl , après ivdir finreouru la terre sainte et rit^ypîe avtc Anna de Hoinberg sa femme*, fonda, sur les |>ords de la Limmath, le monastère deWétttnîren, et lui donna plusieurs possessions dans lepaysd'l ri. I.';if)!)é s*étant refusé à payer les charj^e:» puh!if|ues, il avait fait appuyer ses prétentions par l'empereur. Les habitants ne voulurent pas se soumettre à ces prétentions dti clergé; ils se liguèrent avec Zurich, qui s'engagea a protéger leurs vallées contre toute incursion, à faire méineT des expéditions communes contre léK cliàteniix. C'était le temps où Cccelfno di Uoinano, célèbre Gibelin, ébran-* lait de ses exploits l'existence de toutes les villes guelfes. Ces divisions s*agîtèreDt Jusque dans Uri; il ii*étaït

plus possible d'arrêter reffiision de san^. Bodolphe de Habsbourg fut appelé; il se fit assister de quatre seigneurs, et l'on jura la paix. Chaque parti doapa vingt otages ; ceux qui osaient renfirdnd rc , enoourraieiit de

Slos^ 006 amende de cent vingt marcs 'argent, la perte l'honneur, celle . des privilèges de noblesse. Zurich avait l^it de RoduipUe son capitaiue; ce fut ' pour lui fooeasion de guerres conti- I if'Uf s avec les comtes de Rapper* schwvi, de Tbckenbourg , de Rplvmisherg, avec l'abbé de Saint -Gaii, et Henri de ISeui'chàtei , évè(]ue de Bâle, qui tous étaient unis de fiefs ou de pa* rente. Quelques-uns enviaient à Rodolphe ta succession de K vbourg, à laquelle ils étaient aussi appelés par le sang.

Les comtes de Regensberg avaient

de vastes possessions le long du Rhin dans le Ktégau , sur les bords de la Limmath, autour du lac de Zurich ^ et jusque sur le Bninnig. Une députatiçn de ia bourgeoisie de Ziirich fut mal accueillie: «Votre ville, dit le seigneur, est entourée de mes possessions, comme le poisson jest enveloppé dans le filet : soumettez-vous , je vous gouvernerai avec douceur.* Aussitôt on ettt recours à Rodolphe; il ne se fit pas attendre : son arrivée remplit de terreur Lutold de Regensberg et ses alliés. Bientôt on lui dit que Rodolphe allait faire le siège de son château; pour se défendre, il lit des efforts tres-dispendieux , réunit des troupes, fit des provisions, le tout en pore perte: Rodolphe n'avait voulu qiie détourner son attention. Il le trompa souvent par de faux rapports sur ses projets; puis tout a coup il .^^e jeta sur son cliâteau de Wul|) , qu'il

été facile de garder , le prit et le • î"asa. Lutold enîT^iea pUisjetrrs de ses domaines, et tortilla ses cliàteaux de .la Lhnniath et des en\ irons de Ziiricib , au point qu'ils paraissaient imprenables. Alots Rooolphe fit diversion : il jugea que le temps apporterait quelque peu de relâche i\ cette vigilance c^ordEioaire ; en attendant il alla Mra le siège devant Uezenberg,

S* IdûraUon. (.Suisse.)

SSE. sa.

pour affranchir le commerce d'Italie des eiactions des comtes de Tocken-

bourg, maîtres de ce fort. Ce siège se prolongeait; Rodolphe allait le lever, en rendant hommage à la (jrevoyance ' de Tennemi , qui avait s! tnen a|)pro- •visîonné la place. Les bravades trahissent quelquefois l'impuissance de leurs auteurs: du haut des tours on jeta aux assiei;e<iuts des poissons vivants. Le comte de Habsbourg vit par là qu*un sentier devait conduire du rocher à la rivière; il le découvrit et prit Uezenberg. Il s'empara ensuite de lîaldern sur l'Albis : ses cavaliers eurent ordre de prendre des fantassins en croupe; ceux-ci se cachèrent dans les broussailles, et quand la garnison de Lutold se mit à la poursuite des cavaliers, qui étaient peu nombreux, ces hommes placés en embuscade entrèrent dans le rhilteau. Ce fut aussi par ruse que Rodolphe prit b» rbàteau de Glanzenberg, qui domiiie la Liinmath.^ Il cacha dans des bateaux qui passèrent rapidement à la vue de ce fort, des guerriers qui en sortirent inaperçus :

Tout aussitôt, les bateliers Jetèrent des vêtements à Teau , et crièrent i omuie s*îls eussent souffert un naufrage; les soldats .du château accoururent, croyant faire un riclie butin; mais Tembuscade saisit le moment favorab!e et le château passa au pouvoir de l'adroit vainqueur. Il ne fut pas moins habile pour se rendre maître d'Letlibonr;:, vieux cbateau (jui s'élève audessus de Zurich : tous les jours il en sortait douze cavaliers montés sur des chevaux blanc.s, et ilsdévastaienttoute la contrée. Rodolphe acheta secrète- Uîcnt douze chevaux pareils, se tînt informé de l'instant où l exot^dition était sortie, puis, à ta chute du jour,feignant d'être poursuivi par les habitants de Ziirich, il arrivji rapidement aux portes du chûteau , et la garnison li unipce se hâta de lui en ouvrir les portes.

Voici un trait d'un genre différent; i! proTîve (yiuibien Rodolphe était plein d UDe no! le confiance en hn-rinêine. Il ' était eii guerre avec Tabbé de Saint- , Gall, qui était venu au cbâteau de

Wyl ♦ pour faire de là une înrursion

sur les U^rres de Kyljouri^, Kodolphc ayant iréjrligë de rendre foi el ho nnia^je a raison «le celles (jui recevaient de I ftbbave. Plus de neuf cents chevaliers célébraient la féte de révéque, quand tout a coup on annonça le comte de Habsbourg: l'abbé ne lit qu'en rire, cro}.tni ijue c'était quelque ptaisanterie; lUiits sa surprise tut i^rande quand il vit» en effet, entrer Rodolphe, qui était pnrîî de BiUe., suivi seulement de deux ciieviiliers. "Seigneur abbé, dit-il, j'ai Ut 8 liel's qui relèvent de votre saint. Vous savez pourquoi j'ai négli|;é de les recevoir, c'est assez de discorde; je m'en rapi>orfp ;iux arbitres, et je ne suis venu que pour vous dire

?u il il y aura jamais de guerre entre abbe (le Saînt«dall et le comte de Habsbourg.» Cordialement aiMnjeilH,il se mit à table, et raconta une aventure qui venait d'eiisan^lnnter le carnaval de liàle. A la suite de quelques excès de la part de la jeune noblesse, le^ bourj;eois avaient massacré plusieurs e!iev;ilîers ; d'autres avnient été obligés de luir. Uodolpbe ajouta que,

Îluelque ditTieile (|ue filt sa position , I négl'.^erait toutes ses'autres querelles, plutôt que (.1? sou (Tri r cet excès d"ins<»!Pri( e , et (ju il saurait cbàtier C'C peuple et son évéuue. Les assistants jurorttnt que c*étnit l<i querelle de la noblesse entière, et Pon marcha contre Unie, (\\u fut obligée, .'i[>res des fwrtes -'oiisidcrables , d'iJi:lieler la oaix. Toulelois cette nalx ne lui pas )e longi.e dur^e- L*évA|ue détrorsit le chAtrau d'()ttmarsheim , ravagea une petite ville dWtsace et reins,-, d'en donner satisf iclion. Rodolphe revint mettre ie siège devant B^le; il occupait la bauteurde Sainte -Marguerite, au village de Hinningen, que Ton croit être l'ancien Arialbniuni de^ F.ornains. Un jour qu'il t lis iit !e tour de la place avec une suite peu nond>reuse, les assiégés exéctitèrent une brusque sortie, ét n ne dut son salut qu'à la rapidité de son cheval. Peu de Icnips ?[tvh, }]fun de PappenheiuK Miart rli;!!, et I redri ic de lloluîuzollern , biir^rave de JNurember^Y vinrent annoncer qu'au Dom

de l'assemblée des éleeteim , Lou^, palatin du Iliiiri et duc de Bavière, avait proclamé Kodolplie roi des Ro* enains , et l'avait nus a la téte de l'empire germanique, en considération 4ê.

sa vertu et de sa sagesse. Rodolphe m fut plus étotmé que eeriv ç^ui le rannaissaient. I.es Ralois ie prièrent d'entrer dans leur ville; il oublia le passé, leur pardonna, et se rendit à Bnsach, où l'attendaient sa femme et toute la / noblessed'A rgovic, ai nsi que les d pputés de Ziirirh et dès villes; puis il courut à Aix-la-Ciiapelle, pour y recevoir des mains de Tarchevéque de Cologne la couronne de Charlemagne. Son r^^e fut bienfaisant pour h Suisse; il accrut la prospérité des villes et leur conféra de nouvelles libertés. Zurich surtout demeura Tobjet de sa prédlleo^ tion; cent hommes de cette ville le suivirent contre Ottocnire. 11 pardonna à Berne de s être emparée des revenus de Tenipire; il conféra à Lucerne, jusque - fà propriété de Tabbavs de Murbach , les droits de Berne ; il en ilt jonîr aussi Laupen , et obtint pour J^ierme les libertés de la ville de Bâie. Ce fut lui qui rendit à l'empire Muîhouseo, que quelques années tea* parnvnnt il avait atfr;mcliie du joug de l'evèque de Strnshoiirg. Il ne se montra pas moins libérai envers la noblesse et le clergé. H éleva au rang des princes de l'empire, l'abbé d^iasi'ilpîn et révé(|ue de Lausanne.

Rodolphe était venu dans cette ville pour assister à lu dédicace de ia cathédrale. Grégoire X aoeompHt oett« auguste cérémonie en présence cfun grand nombre de princes et de prélats. Le lu\edéplo>é dans cette ovcasion fut pousse a l'extrême ; les vêtements de Rodolphe eoâtèrait iieut cents marcs d'argent, plus qiiè n'«ii avait en reveirus le plus riche seigneur. On cite encore Ulrich de Ouiin^en, abbe de Saint-Gall, qui, pour payer son hdte , Ait obligé de vendre à la mat» ^nde Habsbourg sa seigneu rie (k» Ontiiïn^en ! 'empereur conçut la p;rnnde peit.see de reconstituer le rovaiAiue de Rourgogne en laveur de H-irtmann

ion fils» et confiera im dcoRs mkÈé

rttpm d'Aftes, à Charles d'Anjou

Cf{î«udant la puissanoè &ê la Savoie irandis&iit toujours. Pierre , en mouraot avait loî^sé le srouvernement du p8|s à son Irere Fliilippe, et les Bernois, fatigués de Paiiarchie et de Tinterrèi!i)e, s'étaient rao^ sous sa proteiv tion, jusqu'à ce. ipi'en deçà du I\l)in, onroiou un empereur devînt assez puis- 8ant|)our q^u'ou lui piU obéir avec sécurflé, en lui pavant droits de mon- Doyage et d'appel.^'irchev^que dé Btrsanconlui concéda, comme biens inaliénables, I,'» ville et le château de Nion. LauDen, iSiorat et le château impérial de Carnniinen reconnurent son coiniir;ndetnent; en un mot, la maison '^eSavoie devennît nussi puissante dans jaSuissf iVcinçaise que celle de Habswurg l'était (levenue dans la Suisse alieniaode. Une collision semblait iné* Vthbtç. U pape et Édouard é'Angle^ terre parvinrent h TfMnpécher, quand fcs iJmiois se raiiiierent sous l'atito- Wéde Kodolplie; mais la guerre n'en ^idta pas moins quelques années plus ^rd , et voici à quelle occasion :

Philippe avait épousé Alix, de la iiwisonde Frant iie-Comté: or, l'advottflî de Poreatrui, à laquelle prétendit: nt les comtes de Ferrette et de M6j;tl)énard, relevait de Cette maison.

De î>(iri coté, l'évrqnp de R;ile, qui avait acheté cette contrée pour le chapitrejeurdisputalt cette cfiarRe. On se mit en campagne, et Pévéque fut battu parOffon, rointe de la Haute f^ourpçne, Ilenatid UeMontbélfnrd et I biébaud de Ferrette. Us se tiiireni en pos- Mission de PoreMtrui, sansse souCiei*des ordres de Tenopereor. Rodolphe les en épuisa î't les poursuivit jusque sofis tes murs de Besant^on, ou il battit de ^OTcau les comtes. place était im- PMïle, Rodolphe fut donc fort oon»de roncasioii que Fribourg lui offrit, d' ffnrHier contre Philippe de Savoie , bea» -père du cornte Otton.

Le comte Eberhard de Haksbour^- UQflenbourg avait vendiu i rempirs ^droits Qu'avait sur cette ville 9l femme, Glîe du comte Hartmann; ^ Marguerite de Savoie, veuve ite

premier Hartmann , se crut lésée : les revenus de Fribourg lui avaient été destinés en mariage il y avait 6S ans.

Pliilippe de Savoie son frère, qui espérnit se prévaloir un jour d'un droit de succession, imposa, sous prétéxte d'indemnité, de nouveaux droits à la ville. L'empereur alors Uii envoya Tévéqiie de Lausanne, pour lui fa re des représentations, au\({uelles -il réj>ondit en vieux guerrier qui r'a rien po^u de son ardeur. Une expédition des troupes im^^^ériales dans la Suisse romande en f;it la ( onsé«îuence imdiate; on mit le siège devant Pnyerne; on «'avança jusqu'à Lausanne, celui qui lit |iarattre le plus de valeur. Celui uoiit ies exploits obligèrent Philippe à la paix, ro tut !e jen.is Hartmann, le (ils de l enii f renr. Qi^oiqu'il ne tut pas l'alué, Rodolphe e^pcroit le l^ire monter sur le trdne înipeHul; Alouard d'Angleterre voulait lui donner sa fille; niais le prince, à pejne âgé de IS ans, périt avec toute fié suite. 11 naviguait sur le Rhin, pv-i rejoindre son père; le fleuve, auprès de Brisaeli , est entrecoupé d'îles iionibreirses. La nacciîe s'enuajiea dans un tourbillon, elle tieurta couîre un arbre et chavira vis-à-vis de Rhtnau.

Hartmann était parvenu à se rendre maître du courant; inais il voulut sauver un de ses cornpaiiiions, et partagea le sort de tous , ainsi Rodoiuhe se vit frappé dans ce q:ril avait ne plut dier^et, huit jours itérés, il mvestit s PS deux antres fils de aca fie& triche.

Bientôt une seconde guerre éclata:

Philippe de Savoie avait chassé de Lausanne et l'évéaue et la noblesse, dont i! fît drmoîir les ninisons. Sourc aux ordres de 1 empereur, il ne céda oue quaqd celui-ci , après des acUona d'une audace extraonlinairt , eut pm Morat et réduit Payerne. Les inedii^ teurs de ce nouveau traité furent le pape i>t:irtin , la reine Marguerite, vMivede saint Louis, et le roi Bduuard. lA comte de Savoie abandonna Payema el Morat^et désonnais il so vit uHft»

traini de renoncer à ses vup^s sifr Fribourg et Lausanne > mai» li lut ttf(jà

sous la protection de l'empire , avee le titre de Gdèle prévdt impérial.

Après la mort de Pliiiippe, son successeur Amédée affermit la puissance dti la Savoie narson intervention dans les affaires de Genève » où le comte Ajmon s*était permis contre la bour* geoisieetl'Kglise, des usurpations que son frère Robert, Tevéque, ne savait pas arrêter. Le clergé et le peuple invoquèrent Tautorité do comte de Savoie; Aiiiédée répondit à ce qu'on attendait de lui; niais après la mort d'Aymon et de Robert, Guillaume de Condans étant évéque, il ne voulut point quitter le château fort situé dans l*tie du Rh<^ne, et prétendit conserver les droits qu'AMiion exei\^iit en qualité de vicedome, jusqu'à ce qu on lui edt payé les frais de la guerre, (iu'iln*é- . valuait pas à moins de 40 mille marcs d'arfj;ent. F.n vain l'évéque rexccmnmnia : Ami dee en appela au sainl-siége. Aidé des intrigues de^ son parti , il paryintà conclure unetivnsaction fort avantageuse, en vertu de biquelle il acquit le titre de vicedome, ce (|ui lui donnait a Gnipve presque toute l'autorité juridique et cojiunerciale ; or Genève était a cette époque le centre du commerce entre 1 Aileniaç^ne , la France et I Itnlir. Opendant le comte de Genève, aide du dauphin, fit une irruption dans la ville. l/e\éaue, de peur qu'on ne le crdt d'intelligence avec lui , se hâta de rexcommunier.

Expulsés de Genève, les soldats du comte prirent dans le Faucignv beaucoup de châteaux; ISion se i<>ignit à eux. On soupçonnait les intentions de l'évéque; on pénétra dans sa maison, on massacra sous ses yeux plusieurs des siens. Il s'enfuit dans uoe é/§iise, et de là dans te |ardtn des domini* cains. Ces troubles firent émi^rer beauconp de Genevois, qui n'étaient ni pour le comte de Savoie, ni pour son adversaire; ils s'établirent à Vailen- ,gin. Ver^ le même temps, Rodolphe ayant reçu à foi et hommage le çomtéde Neufchntel, en conféra la suzerair](*l^ à son lieau-fière, Jean de Chdluns, l'un des plus riches seigneurs de Ja Maute-Bourgogoe. Les princes d'O-

range desoendeiit 4e eetle flMrefi^'

gnée. L'empereur fit aussi une expédition contre Otton, palatin deHnute- Bourgocjne, qui voulait roni| re ses liens avec Tempire, pour s uttadieru PMIippe-le-Bel.Ij*année du comte éâût prot^ée par le Doubs, Rodolphe lé francîiit ; et comme le roi de France n'envoyait pas de secours, il y eut un traité conclu par l'intervention de Robert, ducde Bourgogne, fîrère de Timpératrice, et par l^^oins de Guillaume de Cliampvent, Hque de Lausanne, et toutes choses demeurèrent en leur état. On était alors oi cupé à combattre Berne; voici à quelle occasion : ua enfant vivait été tué; la superstition en accusa les juifs : quelques-uns furent mis à Ip question et roués, iouf bannis, ils iQVoqùèrent rautorité de ■ l'empereur, qui ordonna leur réiotégratioti. On n'y déféra point, et vers la (in de mai 1288, Rodolphe, qui avait aussi à soumettre Otton , patut devant Berne à la .tête de quinze miite hommes, et campa surTîsthme delà presqu'île; nn-'is les; murailles d'une part, TAar de l'autre, enlin Tescar-

J>enient, paralysèrent U>us les efforts le Tarmée impi^riale. En vain des ma^ ses de l ois entlammé et de soufre brâr lant furent diri;:ees vers le pont, ces brdlots échouèrent contre des palissades. On ne put pas davantage illettré le feu à la ville v qiioiqu^lle eAt é;é récenunent reconstruite en bois à In suite d'un incendie. On n'avait point u argent pour subvenir aux frais tJ'une armée permanente ^ la ruse et la force avaient échoué, il fallut done se retirer. Les Bernois passèrent le reste de l'année en expéditions contre les sijigneurs de roberland*, ceuxci se retrandièren't vainement derrière des ouvrages qui fermaleat la vallée, du pied du Stockhorn à celui du .\iesen; cette porte du pays, romme on l'appelait, fut enfoncée. /et U s c listeaux de Wîmmis et de .laRberi^ lurent pris. Frappé de si beaux exploits, Antoine de niankrnhoure; , qui gardait Jn.uher;:, se fit ijinriieois de Berne, et s y iuana. 11 ne doutait pns que les plus hautes destinées ne la^ut ré-

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Benées à une ville dont tes citoyens étaicDl snssi libres, dont les guerrien étaient aussi valeureux. Ici la

Tflîtirepst faraude, et s;i inrijeslé devait communiquer aux actions des holnmes wofwctere d'élévation et de dignité, les Ms riants du lac de Thoun contrasient avec les immenses montagnes quiledominent; c'est entre le Stokiiorn et le Niesen que ia Kauder lui ainénc rapidement les eaux des vaiiécs voisines.

IrStockItom , à la cime acër^, à la crcupe large et massive, est romme la limite des Alpes ; tl s'élève de 6707 pipfîs a!i-dpssus du niveau de la mer et de 4'.m7 au-dessus du lac. A coté de hii le'Kiesim s*babille d'une noire forétet relève sa crête eiTcore plus haut. î.n Sibnp, la Kauder mugissent à leur pied. Plus loin l'Alwndher^ continue cette cliaiiie vers l'Oberiand ; plus gra- €ici»,ïïioii»'élevé, il offre sa rase aux buttpiuentsdesvâf^jesdu lac,tandisque ôts troupeaux se reposent sur son |)lateau. ISon loin de la, on admire, on aime la vallée à travers laquelle l'Aar Toukm onde du lac de Drienz à celui de Thoun. Mais notre récit nous ra* mène aRernp, nous arrache à ces beaux IfVfK, dans lesquels notre imagination ajournerait a jamais, lors même que nous ne les aurions aperçus que quelfMsiastants.

Aq printemj>s de Tannée suivante, fin avril, Bru^jrer, banneret de iieriie, ctait assis sur le pont; tout a coup il nmârque une troupe étrangère : cet homme intréf^idesaisitsa I);innière, appHelps houriceois de sa rue et attend i ennemi àr. pied tenue. C'était Rodolphe, le Qls de l'empereur, qui ame- Dajtd*Argovie des troupes nombreuses.

^nj*ï£:rr vendit chèrement sa vie, les Bernois eurent le temps de s'avancer!

Quand ils accoururent, Walode (1 ruyèjp apercevant la bannière aux mains Qtt ennemis, se Jeta au milieu d*eux en désespéré, la leur arracha et la rapporta toutp snrifilante et tonte déchiré; depuis lors , l'ours qui y était l*wt fut représenté dans un champ rouge en soie blanche; ceta signifiait l^e la bannière avait été reconcpuse ^ pcix du sang des citoyens. Les Im*-

périaux regardèrent leur expédition comme avortée, et la guerre fut abandonnée. Les juifs ne furent reçus quV

près la mort de Rodolphe, et après avo r paye 1500 marcs d'argent pour indemniié du n)al que la ville avait souffert par leur faute.

Saint-Oall avait été agitée par la discorde. 1 ,'ai)bé Berthold de Falkenstein, que Rodolphe avait îuitrefois abordé si franchement, n'existait plus : un nartf avait choisi HenH de Warteiioerg, un autre Ulrich de Guttingen:

leurs disputes, les dila|ii(latious des biens les plus |»re( ieu\ , ia vente des vases fiacres, importent moins à Thistoire que la perudie de Reinbold de Ramstein, leur successeur, envers les habitants d'Appenzell. Ce canton s'était formé de l'etaMissenienf d'une chapelle au nulieu des pâturages alpestres, et «on nom même révèle cette origine. La population s'était accrue considérablement; suivant l'exemi^e des autres vallées, ( le s'était cré^ un landamann : c'était iiermann de SchœrienbuhK de noble maison. L*abbé avait donné sou assentiment à Télec* tiou. Tî invita le landamann à le venfr trouver à son château de Clanx , qui domine Appenzeli; niais une fois qu'il y fut entré , il le retint captif Jusqu'à sa mort; puis il préleva soixante-dix marcs d'argent sur ses biens,' comme si son ame elle-mèuu' eût été sa prisonnière, comme s'il etU prétendu 8*en faire payer la ran^n!

Le successeur de Reinbold était de l'illustre maison de Montfor^, i< !!e de Fortifels, près de "Werdenberu.

L'évéjjue de Coire, son frère, avait contribué beaucoup à son élection.

La puissance de Rodolphe était alofs fîcrissaiite : il aimait à s'entourer desgrai.ds de l'empire ; mais les revenus de Saint-Gall et la fortune de Montfort ne comportaient pas de grandes dépenses, et l'abbé se hdta de regagner sn solitude. Malheureusement il n'en donna pas de motifs stillisants, et l'empereur crut voir dans cette retraite un acte d'hostilité à sa personne. L'abbé vivait fort simplement, vovac;>ait souvent en France, enita-

LMifîiyiùas.

Hm f$ Hf fe ftlsait suivre que d*une ou

o«ux personnes. Crttp éconoiiiie sévère indisposa les religion \ , fiui y viirent la critique de leur luxe. iU Tac- ^8«rent , et Rodolphe n'était qaé trop disposé à écouter leurs plainte^.: un légat fut chargé de les exnmînef ; et quoiqu'au fond il n'y eilt rien à lui rt'procher, Guillaume de ftlonfort fut mm au ban et excommunié. L'aBbé, doué de beaucoup de fermeté , ne s'en ëmut point : alors des expéditions fure< t dirigées coiitrt lui; ou envahit bv-^ lerrei. Schwarzenbach avait été érigé en ville par Tem^reur, on lui permit d'attaquer Tabbc; maiscplui-oi s'en cmparn. Toutefois, se voyant abandonne de ses anus, qui cédaient

soin. Àn moment où il craignait le phia

pour sa liberté, arrive de Saint-GalJ une deputation de la bourgeoisie , qui réclamait sa présence avec ardeur; l'empereur son persécuteur venait d*ex^

f tirer. L'abbé convoqua le chapitre et es nn!)Ics, et devant toute rassemblée conlirnia les droits que In \ille avait ac(|uis çour ses possession:» et pour la liberté individuelle.

Il y avait dix-huit ans que, selOn l'expression de Rt iloli lie, la divine Providence l'avait eleve de la cabane de ses pères au palais impérial ; il était âgé de .74 aus, lorsquM fut atteint dune noatadie. 11 voulait reposer à Spire, où dormaient déjà tant d'empereurs et de princes; mais il mourut

r^n aprcâ l'autre a la puissance de en route à Gerincrsheim , petite ville Eodolphe , il prit le parti de se sou* qull avait fondée. C'était un homme mettre. Quand il arriva, l'empereur jouait aux échecs et le reçut^fort dureujcnt. Les néj;ociations Vurent rompues, parce qu'il exigea qii'on lui livrât le château d'Iherg : t*abbé préféra subir la colère de Tenipereur, qui vint lui-même à Sainl-Gall j^our y établir un nouvel abbé, et ^our lui enlever le peu d*nmis qui lui restaient.

Cependant Frédéric de Montfort, évéquc lie Coire, et Henri f!(' Busnang, lm i Ire du comte de Jîregenz , qui étaK irere et de l'ahbé et de l'évé-

'un grand sens, et par là même un homme de bien, ^'euf ans auparavant il avait investi ses. fils Albert et Rodolphe du duché d'Autriche, de^Ia Styrie, de la C^irinthie, etc., etc. C© duché d'Autriche avait été nniiurres l'objet d'une prédilection particulière delà part des deux Frédérics: ils avaient décidé que le prince d'Autriche serait désormais archiduc de l'empiré d*Al^ leninf;ne ; qu'il aurait la prééminence sur tous les princes non électeurs; qu'il recevrait .ses |iels à cheval, et pour-

que , essayèrent de faire diversion en rait les faire passer h ses Itlles à, déretenant Htigues de AVerdenberg leur faut de fils, ou même en dispose'r licousin, (pti voulait combattre contre brement par testament, s'il n'avait l'aiibé. .Jean de Werdenberg, les bat- point d'enfants. Convoque de droit à tit; révêque fut pris, et, après toutes les diètes; il ne devait pa.s être une longue captivité, il essaya de des» ténu d*y assister. Ses. tribunaux jugecendre de son donjon; mais les draps iraient sans appel. Il ne contribuerait qu'il avait attachés les uns :m\ autres aux charizes de l'empire que selon sa se rompirent, et l'infortune prélat se volonté. I/empirc ne pourrait rienacbi'isa sur Je roc. L'abbé tint quelque quérir cliez lui; quant à im, il s'atemps dans le château de Tockenltour^ ; grandirait et prendrait pied partout oô informé qu*on allait le livrer, ils"^ u le jugerait a propos, etc. fuit et se cacha; im bntelier le reçut D un autre mtc, In inni<;on de Habsd;uis sa har(]ue et le mit, la nuit, de bour<; étendait ses possessions dans l'autre ccté du lac, où il sejouriia l'Helvélic : les lils de l'emuereur ver d*abord à Sigmarini^en , puis a Tet- naientd'accpiénr Lucerné aeBerthoId naiig, enfin eh Rhétie, dans le < b<ltrau de FalkensLein , abbé de ftlurbaoh. I| d'Apremont, qu'il fut enc(»r» rî li ré y avait cinq cents nns que cette cité de quitter (H)ur Bregenz, car lloilol- prospérait sous le re^niie paternel de ohe était venu à Constance, et le cette abbaye; tous les bourgeois dépisaît checcber avec le plus ^rand «iraient le maintien de leurs institi^-

SUISSE

tf

tf6t)i, qiii îfnr <^ssuraîent une entière indépendance. Tout était à leur disposition , les lois , les impôts , les traités, b paix et ta guerre; Ht éti* aaleitt Jenrs magistrats, à IVxceptloD d'un amiiian , ou maire, désigné par Vabbé, de ragrément dti [)eupie. Pour n'être point soumis à un autre pou< Voir, la bourgeoisie a?ait payé à Tabbé de Miirbach une somme oe 960 marcs Il'argent : la condition de ce sacrilice était rinaliénnbtiité de la ville; mais six ans n'étaiefit pas écoulés, que déjà la vente était accomplie. Le monastère de Saint -Li^er, la ville de Lucerrip, cinq villages d'Aisncp furent confrres aux princes, ainsi que Kusnaclit , Staaz , Alpenacli, Sarnen , etc. , le tout puur deux mille marcs d'ar^

Sent de Bâle. Lucerjie ne tarda pas en ressentir les funestes effets; on exigea des impots et des prestations, les aumônes des couvents s'arrêtèrent; mais il fallut se soumettre, et parmi cette population consternée , il ne se trouva que deux moines dont la voix courageuse osât critiquer la validité de J'acqtiisiJon; ils allërint mourir dans une prison lointaine. Zurich, plus heureuse dans la conservation dé ses privilégies , jouissait de toute la faveur Que lai donnait, aux yeux de l'empereur, la vaillante troupe qu'elle lui ^vait envoyée pour comtoittre Ottocaîre. Le cloîire des Frères Mineurs offrait aux regards des cito\f'ns les écussons de ceux qui étaient tornixs dans cette guerre. Us les voyaient avec orgueil, cou)me autrefois les Athéniens contemplaient dans le Pœcile In bataille de Marathon. Zurich setaitdeja unie avec Schwytz, pour le maintien ée ses droits , pour la. protection de son commerce. Une atmosphère dMndépendance a toujours couvert rette SiiissH , qu'on nous re[)résente comme alïrâiicliie au XIV' siècle. Le serment du Gruttli , Guillaunie Tell -et Mot* fiarten n*oiit fiiit gue constater sa li<-

w.Tte.

A !)tTt, ret-té seul des quatre fils; de iiudoiplve, a été jugé diversement par la postérité; pour les uns il a été un * aijet de baîue > les' autres lui ont voué

toute leur ndmiration, et il mérita Tune et l'autre. li était doué d'une constance inébranlable; ambitieux et avide d'argent îi était vaillant guerrier et fut souvent secondé par ia fortune; maist! ne pouvait supporter que Ton mît des borner à sa volonté, et pos* sédait au -plus haut de^ré cette intolé* ranoe contre la liberté , que les ilafteurs qualifient de haute sagesse et de fermeté. Du reste, il a^ti'' le sentiment de l't)rdre, et rien m; lui plaisait tant» que le courage dans un guerrier , réruoittoo dans un prêtre , ou la modestie dans une femme. Quant à lui, la tempérance fut la règle de sa vie; il ne s' ihaiitlonna point à la voltiplé, et quoiaut'. ion pa.SMunae, ne se laissa jeminsentratner par la colère à aucune parole indiscrète. Ce fut le premior ui s'entotna de cavalerie I m mîl^ roi ••.!!, e cuiiMssicrs , de chevaliers tu unifonue. il (.uiitiujsait a sa suite de nombreuses machines de siège. O prince , ne fut aimé de personne. Il avait commencé son oppression par le duché d'Autriche : les magistrats de •Vienne se virent obiifrés de lui apporter les clefs de la ville nu-pieds sur le (lalemberg, oi'i il déchira devant eux les titrf's sur lesquels ils fondaient leurs libériens. Albert aspirait a ta couronne de Hongrie, de iBoh^me, au hmdgraviat de Tliuringc, et celte ambîti("n lut decue : selon la réflexion de Jean de Muller, il est impossible que celui-ià règne sur tous, que tous baissent. Albert avait oti extérieur |ieu gra* cieux ; affligé d'une maladie d'yeux, il était naturellenie.it sérieux et ne firenait jamais part à ia gaieté. lirtait âgé de 43 ans, lorsque la mort de son père Te fit unique administrateur de lég états héréditaires, car son frèro Rodolfihe n'existait plus.

Alors se réunissaient déjà les habitants d'U ri , de Sclixvytz et d" V iiterwal- ^en; ils renouvelèrent ranriemie al* liance. «Que chacun sache, y es? -il dit» que U's liorntnes de l.i vallée d'I ri , la v< iTi oufîi' Siiiuyix, ainsi rpae 1rs huiruui s lit s iiiontai;ne.s d l nlcrwalden ise sont juré de prendre fait et cause les uns pour le» autres, et,de M

I* L»UNIVERS

préserver mutuellement de toute bU teinte à leur fortune ou à leur personne, titnt chez eux qu'au dehors.

Que quiconque a un seigneur, lui obéisse, connue c'est son devoir. II ne sera pins ndniis désormais de juj^e qui ne Soit du pays; on n'en recevra point qui ait acheté sa charge. Les plus sa- ^es décideront les dittércnds qui 8*éleveront entre les membres de la ligue; celui (j'ii ne s'y sounnettrait pas, y sera contr iint. « Cette convention était suivie dt quelques dispositions pénales contre difn^ents crimes capables de troubler la paix publique.

Dans le tfiêtm ten>ps se formait une autre alliance non moins dangereuse pour Albert. L'évéque de Constance, tuteur de son neveu Hartmann de Kybourg , api)renant que Tindépendance de cette I rinrhe de la maison de Habî>bourii: était menacée, se liLMia avec Ainedée de Savoie. On convujt de reprendre Laupen , Gominnen , et (o it ce que Rodolphe avait enlevé à cette maison, et Ton se chanjreo aussi de protéger les habitants de Berne, •droit qu'Aniédée. avait re^u tout récemment à prix d'argent. Bientôt l'abbé de Saint-Gall et la vilTe de Zfirich entrèrent dans cette ligue : le caractère d'Albert inspirait un éloignement gé- :néral. Son beau- frère, Wenceslas, roi de Jtoheme, fut . lui-même Fun des plus puissants promoteurs de !'é!ecti^n d'Adolphe de Nassau. Albert, déciui de ses espérances, aila.se faire investir de ses llefs.

Les bourgeois de Zurich, sous le commandement de Frédéric, comte de Tt)ckenbourg , battirent les habi- .ta«ls de Wintertbiir , qui man baient "poiir Albert. Son gouverneur, le comte Hugues de ^Verdeiiberg, vint à leur secours. Les Ziirichois espéraient opérer leur jonction avec les troupes de .révoque de Constance, dont ils étaient séparés par les débordements de la Tiiur. Par malheur, un do leurs ineAj»«igers tomba -u pouvoir de l'ennemi.

Le comte Hui^ues, averU de leur -projet, chargea un homme sûr de ■porter, comme si elle venait de l'évéque, la ietH» suîvaote : «iNous^avaps

appris votre victoire avec plaisir; demain à midi nous vous rejoindrons.

Celui qui vous porte cette lettre coq* naît mieux les chemins que votre messager, faites-nous savoir par lui de quel côté il fautopérer notre jonrtion.» Hugues eut soin d'adapter à sa lettre le cachet d'une missive qu'il avait autrefois reçue de l*évéque, puis il fit fabriquer une bannière épiscopale, et en prévint le magistrat de Wintertliiir, qui avait aussi re<^u des renforts de Schaffliousen. Lçs Zurichois comp-.

tant d'autant plus sur Tarrivée de rêve» que,qu*ils voyaient sa bannière , furent bnisquement'attaqués , battus et mis en déroute ; ce qui les obligea à faire leur pai,\ en particulier. Dans ce tempslà marine, Albert -assiégeait et prenait le château de Nellenbourg, puis îlrenfenna l'abbé de Saint-Gall dans Wyl, jusqu'à ce que celui-ci se vit obligé de • s'enfuir dans son couvent. Bientôt après la ville fut brillée et ses habitants passèrent à Schwarzenbac.h.

T e ^gouvernement d'Adolphe de ISassau fut favorable aux libertés des villes; elles obtinrent des droits donveaux, et notamment Zurich, Berne, Muthousen. L^évéque de Sion soutint dans le Val ais la cause de Berne , et contraignit au repos les seigneurs de Baron, d*Esdienbach et de Weissembourg. L'Helvétie resta fidèle à Tempereur Adolphe, que menac.tif nt les intrigues d'Albert. L'évêque de S:iint- Gall vivait à la cour d'Adolphe, duiit il avait toute la faveur. Dans la Intaille qui décida du sort de Tempire, il se montra digne du grand nom des Montfort, et combattit avec sa troupe justju'a ce que le souverain lui-même périt, soit de la 'main de soA rîval, soit à côté de lui. Ce prélat guerrier s'enfuit à Snint-Ga'i, où Pinterventioii de son bdeie ami Henri de Kiiu^enberg lui obtint quc^kjue repos. Mais telle n*était pas sa destinée : îl mourut qnand son ame ardente n'avait plus* à subir de malheurs, comme s'il n'eût paru sur cette terre que pour y donner le spectacle imposant de ce que peut la constance pour vaincre Tiniairtune. Après la bataille^ lHeM*

SUISS£.

tie M tWDfaît en wésmot d'un vainqueur irrité de raffection qu'elle por-

tait à son rival. Les Waldstetten surtout s'alarmèrent des déSpositions d'Alkrt. Le nouvel empereur était à Strasbourg, où il eonfirmaft les pririléfies deLeaucoup de villes. L'ainhassâde des cantons l'v trouva. / aviserai^ leur répondu -il, a vous proposer bientôt me autre organitation. Le bruit se répandit que le parti d'Albé"rt Fnvijit emporté dans Fribourg, que les comtes de Savoie et leurs grands vassaux préparaient la gnerre contre Berne. Louis , comte de Vaud, Pierre de Gruyères et Rodolphe de Neufchntel t'tnient de cette expédition. Les Bernois et leurs alliés dî' Soleure étaient, pour le nombre, bien in* fiirieurs à leurs ennemis : néanmoins ib ne demandèrent. point la paix; un peuple libre s'exppse toujours à périr, quand il cède nu plus fort dnns une cause juste. Lorsqu'on, annonça aux BctiMùs que rennémî .avait n'andii leurs limites, ils marchèrent sous la conduite d'Ulrich , châtelain d'Erlach , homme de cœur et d'expérience. L>noemi etaii en bonne position sur Ja hsotiiur appelée Dolmerbulil et ' il couvrait toute l'étendue dii Jammerthat (vgllée des larmes). Les Bernois s'avancèrent (ièrement jusqu'auprès de ses rangs : Erlach donna le signal , et leicitoyens coururent au comlKit pour s^iuver leur liberté. I/aile gauche de l'ennemi en fut ér)ouvant(k^ ; d'un autre côté, Erlach avait fait passer l'Aar à une partie des siens , et cette attaque inopinée jeta la confusion parmi les ciïevaliers ; Tenthousiasme des Ber-.

nois leur inspira une terreur pnni- Que, et presque tous périrent Uaus la niite. Ce fut près d^Oberwangen* que -se décida le comî)at. Les vaincjueurs rapportèrent au dôme de Saint-X incent dix-huit bannières, et n n liient

2 aces au Dieu des batailles du succès I leur juste cause.

' Cette victoire ébranla la puissance des comtes de Savoie dans le pays de Vaud, ceux de Neufchàtel recliercbèreot l'alliance de Berne. Cepen- JlliQ]t..l*empereur, irrité contre Zâ-

rieh, 8*éCait eampé «ir li roontaflie

qui domine la ville; il pillait les

campagnes, îl enlevait les troupenux.

Ziirich déclara aii monarque qu'elle ne refusait pas de lui olmr , pourvu que la liberté lui fût assurée oomme autrefois ; qu'au surplus elle accepterait des arbitres pour connaître des plaintes des vassaux de Kybourg et de celles qu'elle y opposait à son tour. Les bourgeois n en continuaient pas moins à s'occuper de leurs affaires; du haut de la montagne, rnrmée voyait sur les places publiques des marchés populeux , des murs bien gardés , une Jeunesse bellicfueuse parcourant les rues en bon ordre Albert manquait (hî niacliines; il a\ait peu de troupes. Il accéda donc à ces propositions , confirma les libertés de Zurich et fat reçu dans la ville. Burkard de Schwanden, prévôt impérial de Glarus, avait été du parti d'Aldolphe de Nassau : Albert détruisit les châteaux de Schwanden,de SooleHde Schwendi , qui lui appartenaient ainsi qu'à son leudataire Bcrthold de Schwendi; alors Burkhard de Schwariden s'enfuit, devint coniniandeurde Saint-Jean , prit part à la glorieuse conquête de Rhodes, et fat enfin grand-maître de l'ordre en Allemagne.

Albert cependant s'empara de la prévôté de Glarus au profit de sa maison : les Tschudi , les Freuler , les ' Stuk i , etc. , îe retirèrent lés uns à Uri ou à Schwytz , les autres à Ztirich. Albert cont^àiJ^nlt aussi Jean de Schwanden f frère de Burkhard, abbé d'Einsiedein, à lui livrer la prévôté héréditaire des domaines pour lesquels l'abbaye avait* été en contestntion avec Schwytz, et il prit aux lockenb airg la belle seigneurie d'Euibrach. L'impératrice aflranchit le couvent des reK-

Î'ieuses de Steinen de tout tribut. Enni , les hommes libres de |L.aax vers la BiH'tie, derrière Uri et Glarus, les habitants du cold'Lrsern, et les péages ^hbs' à l'empire par l'extinction des Rap|)erschwyl, passèrent bientôt en la propriété de là maison de Hnbshnurg, qui adu.inistrait encore, au nom de l'empire, l'OberhasIi, Unterséen, le couvent d^luterlacked jus^'aux

ciers , et tout le cours ée l'Aar jusque dans TArgovie; Albert étendit à tel point sa puissance par des usurpatlORS et des acnats, que { Autriche elle-même vît avec déplaisir cette importance extraorUinaire qu'il donnait à ses posiics^iions occidentales, et qu'il eneourut ÙDiverselleinent le reproclie d*anibition.

Il supportait impatiemment \es libertés qui mettaient des bornes à son pouvoir; il les attaquait e*n Allemagne, en Autriche, en Styrie. Ce fut en conséfiueiice de ces principes

au'il dépêcna aux Snis'^rs les couUes 'Oclisenstein et de Lii:i»tcnberg, pour leur exposer que , dans leur intérêt , comme dans celui de leur postérité, ils feraient bien de se placer sous l'éler* nelle protection de la iir'i'^oii impériale; que déjà le mimarque possédait les villes et les contrées voisines , et Tadvocatie de tous les couvents dont les biens étaient situés chez eux , enfin tous lès domaines des Lefîzbour;^ et des Kybourg. Il ajoutait que des paysans résisteraient oiflicilement mX armes de reinpereur; mais que celui-ci

Ï 'référait ouvrir ses bras à ses rbei s enants. Il rapj/eluit ses aïetiN, tons j)rev<)ts de Leui^oourg, et sou peie Rudoljthe toujours victorieux. Ce D*étatt point, disait- il, ranibitiou qui le déterminait à offrir sa protection aux Suisses; il n'avyit nulle pretenli- n sur leurs troupeaux ; mais Rodolphe son pere lui avait dît, et Phistoire lui avait appris combien ce peuple était vaillant. Albert, qm" aini'iit les braxes, était jaloux de les condiure à la victoire; il espérait les etiHchir par le butin, créer parmi eux des cheN'aliers et leur conférer des liefs. — Les nobles, les hommes libres et le peuple eut er répondirent : Qu'ils se souvenaient encore de Rodolphe, et qu'ils n*OQbiieraient jaiiiais combien ils avaient eu à se !(Mier de s n adniiiiistratijii ; mais que i îndt-pcfidance de leurs aieux leur plaisait, qu'ils voulaient la conserver: et ils prièrent le prince d'imiter son père, en confirmant leurs droits comme il l'avait lait. Ajirès c tîc réponse, ils eiuoyèreiil Wcruer d'At-

tinghausen à la cour de l'empcrwir, pour réclamer la sanction authentique de leurs libertés , et pour demander un prévôt impérial, ayant ridiction de vie et de mort; mais Albert faisait la guerre aux électeurs, et il etaitd'un aborddiftlcite.n se contenta de déléguer la juridiction à ses baillis de Rotenbourg et de Lucerne, et défendit n II ri de frapper d'aucun tribut les biens du couvent deWettingen. Schwytz, se voyant sans protecteur, conclut une ligue dedix ans avec Werner, comte de Ht nbergjOUsri disgracié, et lui fournit un conti)i?ent contre Gastern, qui appartenait au prince. Cependant* îls continuèrent à réclamer un prévôt qiît administrât au nom de rcinpire , afin qu'il ne parût pas que leur obéissance à la maisou d'Autriche fiU une oblig;ition héréditaire: Albert désigna Be^ mann Gessier de Eiruneck, et Bérengfj" de La ud eriberg , ton« deux d'un caractère allier, oppresseur, et tous deux capables de servir sa mauvaise humeur contrejces montagnards, afin de faire nattre un prétexte à leur ravir leurs anciennes fraiicbises. Landcnherg s'établit dans un château de l'empereur, au p;iys d'Uuterwalden.

' De mémoire d'IioÉnme, il n'y.avBtteD de château tort dans te pays de&hwytz:

Gessier fit bâtir, au-dessus dorf, Twing-l ri, dont le nom seul fut un sujet d indi^naLion, parce qu'il impliquait la domination la plus absolue.

'Werner d'Attinghaiisen surpassait tous les autres Suisses par sa no- ■ blesse, par son âge, par son expérience des aO'aires. Il possédait dimmenscs ricli; sses héréditaires, et se distinguait par im ardent amour de la patrie. Chez un peuple comme celui-lu, beaucoup de familles se (>erpet;;ent dans la gestion des affaires pnbli jues, en conservant les anciennes nidurs; tels furent les descen<lants R. doiphc de Hibereçk, qui vivait dans ce temps ; tt Is encore les Iléraldingen , dont le nianoir était près dki Ruftii.

ménic rs|:i i( rt unn t(ui ;ni;rs uaijs la maison iitiW iiikelried, dout ieglorieu.\ aïeul

«vait tué le kndwurm (*)• A Sehwytz^ an révérait Wemar Staufbehetr ? so)i jfkxt, avait bien ddmimstré, et luîmême f'tait un bon landamnnn. Le

riiple se confiait en de tels hommes, Jek connaissait et se souvenait de leurs pères. Tei v conime chez les anciens Germains, les maisons étaient éparses à la lisière dc>s forets , dans ïes prairies, sur le pefu liant des montagnes, au bord des sources. Cette saiioii n*afmiiit pas lâ Innovations:

dbuiaue jour ressemblait à pareil jour de riinnée préréLlrnto, rt sr rcprésenîiiit^ encore le même, l*;iiiiie<' .suivante. Les omipations étaient uniformus, le temps ne mafiquait pas à la fnéditation : nux jours de féte, quand la population descendait montagnes vers réjilise , les Suisses se comnîuniauaient leurs pensées. On peut se convatncre, en étudiant ceà campagnards, que le peuple de Seinvyf/. est toujours fier de sa liberté, (pje les anciennes mœurs régnent encore à LnterwaMen, ^ue la prohitéet le patriotisme ne se sont point éteints dans Uri.

f es gouverneurs exerenient te pouvoir ivfc f'f plus griinde tyrannie: la niuuidre iaute donnait lieu à de lon-

giej détentions ; souvent même il fal« it les subir loin du pavs. On éleva les droits de do'innes a la sortie, on défendit [jurfois l e^iportatioti. Toutes les représentations turent vaines. \jQ dergé était dévouéà Tempereur, luirce fuMi ne voulait pas contribuer aux âinrses pi!b!u;nps. l/anii)itîon donnait ausbi à la maison d'Autriebe quelques jeunes gens comme Wollepschiess , qui obtint du souverain le commandement du cb.-^teau deRozberg. Les irens de bien étalent plnuîrés dans une profondedouteur : ce qui les blessait le plus, c'est ce dédain orgueilleux a ueles gouverneurs affectaient envers le peuple; ils appelaient noblesse des paysans, toutes les antiques familles du pays. Un Jour, dans le v i liage de Steinenj Gessler passait à cheval devant la maison de Stauf-

(*) Crétait un monstre q«iî &e rpnni! dans un niitif \otstri du rnnveut d'Eogdberg et ^ dévurail ïva luiMaiiU.

fôcher, à l'endroH OÙ depuis on révère la chapelle de la Croix : cette maison , eomme celles des riches du pays , était remorquaMe [!:ir I:i lieaoté de la rlinrpente et \K\r ia multitude de ses netites fenêtres ; elle etaitde plus ornée de figures et chargéede sentences. Gessler dit en présence de Stauffacher : /usqu*à quand sùnfjrira-t on que ce<f paysans possèdent (tav s si belUsdennures? l\ y avaitdans 1 île de Schwanau, qui s'élève si riante au milieu du lac Lowertz , im baiili, qui fit violence à la lille d'un bnbitant d'Art. Un matin, Wolfencbiess vit une belle feu une assise sur un pré; avant su par ses réponses que son mari était absent, il lui ordonna de préparer un bain ; déjà il -e disposait à enabuser, mais, snus prétexte des'aller déshabiller, elle sortit pour appeler son m;;ri , qui tua "Wolfenchiess. On cherchait partout Baumgarten (c'était le nom de cet époux outrnizé^ ; on voulait aussi venger la mort du bailli de Srbwanau ; mais Gessler en fut emp(H!bé par la révolte des habitants d'Art. Cependant In femme de Stauf* fnrlier ne pouvait oublier le propos outraiieantque s'était permis (iessler,au sUjCt desa maison; les anciennes nKCurs donnaient aux femmes un earactèr^ plus hardi : elle excita Stauffacher a pré* venir les w'nw doi^t on était menacé.

Cehii-ci fvissa le t.ic et se rendit à l'ri, chez son ami Walther Furst d'Attingbans^n. Un jeune homme d*' cœur et d'intelligence* se tenait caché chez, lui : il était de Melebthal , nu canton d l 'uterwald,ets'appelaitÉrni Anderllalde.

Pour une frtute légère , Landenberg lui avait enlevé ses bœuls; son v ieux père se plaignant beaucoup, un insolent valet lui "avait répondu que les paysans, s'ils voulaient manger du pain', eussent 5 traîner eux-mêmes la charrue.

Ces paroles allumèrent le courroux du jeune Erni, et d'un coup de bâton il cassa le doigt du valet. Le gouverneur eut la barbarie de faire crever tés yeux du vieillard père d'Emi.

Quoitpiè la vengeance des tyrans pût deveuT trrrîble , on convîrt qu'iî valait mieux s'exposer à la mort que de porter plus lon^j-temps ce joug. 11 lut

44 XUNÏVERS.

résolu que chacun de son coté sonde- fait les empereurs et les paysans,

rait les dispositions de ses amis et de et duquel ùous tiennent égakmeni les

ses parents, et pour se revoir, on in-! dnMs inaUénables de tkumtmitiy

digua le Ruftli : c*est une prairie au de défemkre valeureusement^ et par

milieu des forï'ts, sur une hauteur de cnmmvwt efforts ^ leur liberté, meentourée des ondes du lac el flnriquée ?iacée. Les trente Tayant entendu, de rochers; lieu reniaruuabie par la chacun leva la niain à son tour, et majesté cju site, solituae^solennelje 'Té|)éta ce mdme serment au nom de interposée entre les frontières d'Un- Dieu et de tous les saints ; puis chaterwalflen et d'Un. Le navij;ateur cim retourna dans sa cabane et prit est saisi de respect à la vue de ses soin d'hiverner ses troupeaux, iiords escarpés, de ses roches bat- Sur ces entrefaites, il arriva que le tues par \e» ondes : les nacelles qui gouverneur Hernianh Gessier fut tué sillonnent le lac lui semblent enctiffe par fiuillauine Tel!, habitant d'TIri, chargées de libérateurs. Leurs con- du villaf;e de Rnrglen. C'était- le genférences se répétèrent souvent dans dredeWaltherFurst, et l'un des trente le silence des nuits Ftirst et Mejch- conjurés. Le gouverneur, soit par un thaï y arrivaient par des sentiers dé- soupçon tvrannique, soit qu*on l'eAt tournés, et Stauffacher dans sa barque; averti qu'il sê préparift d-es monreon y voyait aussi Rudenz , le fils (le sa ments, votihit savoir quels étaient sœur. Les réunions grossissaient cha- ceux qui supporUtient le plus inipa- (pic jour , la confiance était entière.; tiemment son pouvoir. Les môyeoB on n'avait qu'une pensée ; plus i^rnnd sy'mboliques- étaient assez ordùiâîres était le danger, plus étrc'it i'n\ ait être dfans ces temps et chez ces peuples : ce le lien r}ui unissait les opprimes. Knfin, .fut donc un ehapeau qui représenta la d?ns la nuit du mercredi qui jjrécéda dignité dueaie, Gessier voulait coaia Saint -Martin, Furst, Melchthal traîAdre les amis de la liberté à rendre et Stauffn( her amenèrent chiicun dix hommage aux insignes d'un prince hommes, dont les dispositions leur qn'iK ne reronnn?'^«;Mpt)t pas. Un jeune fctaieotconnues. Cesttente-troisj)a1rio- homme, Guillaume iell, refusa de tes ne redoutaient ni l'empereur A liiert, s'incliner detant le chapeau ; il avait ni la puissance.de rAutriche : animés mis quelque véhémenee dans l'expresd'un saint enthousiasme , saisis d!unc sion de sa pensée. Le gouverneur se religieuse én^^tion , ils se donnèrent saisit de sa personne; il ordonna que tous iamaln et jurèrent que, dans ces Tell, dont on vantait l'adresse, abatgraves circonstances , nul d'entre eux titd un coup de flèche une pomme plan'agiraitselon sespropresLinspiration.s; cée sur la téte de son fîls. Tell réussit^ que nul, jamais, n'ahandnniierail les au- puis , dans une entière confiance eu très. Ils se promirent de maintenir le l'assistanee de Dieu, il osa dire que peuple dans ia possession de ses anti^ s'il eût été mpins heureux , il eUt ques libertés; afin que cette alliance vertgé son flft. Craignant ses parents profitât à jamais à tous les Suisses , il. et ses nombreux iimis , le gouverneur nesefait point portéatteinleauxdroits, ne voulut pas que 'Jell fut enferme' aux propriétés des comtes de Hahs- dans Uri; mais au mépris des stnbourg; leurs prévois , leurs vas.saux, tuts,. qui s'opposaient à ce qu an leurs soldats ne perdraient pas une Suisse subtt une captivité lointaine» couttfî de sang ; mats cette liberté que . Il Temmena au-delà du lac. A peine le ïés Suisses avaient renie de leurs aïeux, nnvirf oirt-il approeîié dn Ruttli , que, ils la voulaient transmettre pure à des pirolondes vnlIéesduSaint-Gothard, îeurh descendants. G^j.s points une fois L'ouragan que i.un appelle le Fœbus'.^^ arrêtés, Waltlier Furst, Werner, Stauf* lança sur le tac avec sa violence acoOQfacher et Arnold Ander Halden de tumée; les vagues s'élevaient sur les Melchthal • levèrent les mains au ciel vagues, les ondes muîrissaient contre ie et jufèrent, ftu nom du Dieu qui q, roc et menaçaient (|^ ])riscr. ce fcél6Q$r>

SUISSE

3uif. Saisi de frayeur , Gessier ordonna ^eoleierles fersdesroainsdeTell, qu'il

connaissait pour un habile nautonnier, . et dont la vigueur paraissait le seul moyen dèsalut. La barque avait déjà refris sa course, elle glissait rapideuient Je lofiEdes écueils ; on était parvenu au pied (Te l'Axenberg. Là, Tell s'élanra sur une saillie de rocher, gravit la niootagae, et s'enfuit tandis que les secousses de la nacelle et la fureur du lac présageaient àGes^lerune mort prochaine. 11 éclinppn néanmoins h ce oaiiger, et se rendit à Kusn;ir!it ; niais Teii, traversant le pays de JSciiwytz , M posta sûr son passage au-dessus «l*ttn cbemiii creux, et, d*une main assurée, le perça d'une flèche. Ainsi mourut Gessier avant Theure indiquée pour la délivrance, sans que le peuple oijpriinë f aiteootribué ^ et par le seul enetde la juste colère d'un nonune libre! Qui pourrait blâmer l'action de Guillaume ïtiy? Ce seyait ne [Kis comprendre comsien le dédain, l'oppression, Tanéantis- Ment delà liberté sont intolérables pour un jeune homme ardent, valeureux, indépend'ant. Il f int juger ce héros comme on juge les libérateurs d'Athènes et de Rome. Le ciel réserve de pareils hommes pour sauver les peuples et pour punir lés tyrans. L'action de Tell inspira pins de courage à ces Qioutagnards ; mais en iiuiine temps la nirvdluiace de Lahdenberg et de tous tes ootnmandants redoubla ; les conjur<^s [:;tr(îèrent !e silence, et la 1307'anuee s'acconiplit. '

On a contesté la vérité de l'histojre de Guillaume Tell; on » voulu j voir le reflet, la copie d*une tradition danoise. Alais il est bien établi que le Tocco des Danois était entièrement ioconnu aux Suisses. 11 aurait vécu ayant la seconde moitié du* douzième siècle , et la migration des Suisses , si on la veut toutefois admettre, est de beaucoup antérieure. Gette nation n'a pu emporter le souvenir d'un fait ^ui n'était pas encore arrivé. La {première édition du livre de Saxo, oij il en est parié, a paru à Paris en i486. D'un autre côté , il est constaté mi* en 1M8, il y avait à l'assemblée d'Uri

114 personnes oui se souvenaient d'avoir connu Guillaume Tell, dont Pexisteiice est d^ailjeurs. attestée par les

chroniques, qui sont d'at^cord avec la tradiUon et les chants populaires. La consécration reiit^ieuse donnée à cette tradition par rétablissement de dU" pelles dans tous les lieux illustrés par ses actions, en est une autre preuve.

A la [première heure de Tannée treize cent buit, un jeune homme d'iintervalden, du nombre de ceux qui avaient juré, sur le Riittli, d'atïranchir les AValdstetten , fut hissé au n)o^ (mi d'une corde ; dans la chambre d une servante , au château "iJe Rozberg. Vingt patriotes attendaient dans le^ fossés ; il les fit monter comme l'a \ ait lait monter sa maîtresse. Les jeunes frens prirent le conimandaat et sa j^urnison. — A Sarnen , le gouverneur Lan* denbere ilescendait du château pour se rendre à la messe : il rencontra . vin^t habitants d'Unterwalden , qui , selon l'usage du pays, venaient lui ofrrir pour étremics' des veaux, des chèvres, des agneaux, des poules et des lièvres. Satisfait de leur générosité, le gouverneur leur ordoima de déposer leurs offrandes dans le château; dès iqu'ils y furent entrés, l'un d'eux sonna du cor : aussitôt chacun lira de ses vètcmeuls un fer qu'il attacJaa à son bâton , et de la wùTét voisine i^ururent trenlè de leurs Gompaf^ons: la garnison se rendit à eux. Alors fut donné le sîfinal, et toute !n ( outrée .ou-dessus et en dessous du kernwald se mit eu mouvement; de sommet en sommet, les signauxse répétaient. Les hommes d'Urî s'empalèrent (Ju rhntf nu. Stauffacher, h la tête de ses ji,uei'i'iei s de Schwytz , vint au lac Lowertz, où ils prirent le château deScKwanau. filais les Suisses se contentèrent de reconquérir leur liberté, Landenberg jura de ne plus reparaître dans leur pays , eî. rejoignit l'empereur : le dimanche sui /ant, l'éternelle alliance fut de nouveau et solennellement jurée. Dans Melclitlial, le vieux père aveugle recevait quelque consolalion à sa triste existence } répoux revenait à Aizell , près 4e

4$ : L'UNIVERS

i'^ttse fidèle; Waiier Tutti hano- im^^lnéé par sofi neveu, pèbroUèiiK,

mit publiquement sou gendre; àStèî- au moyen d'une fausse terreur, la ré-

nen, la fnnme de Stauffacher accorda mise de ses biens. Il écouta froulemeût

riiosnitalilé a tous les libérateurs du cetavis, et n'en tint pas compte. Enfin,

KuttLi, a tous les combattants de Lo- le jour même où le crime lut aaom*

werti. pli, Jean avait supplié Télecteur de

Cepeudant Albert Tint , au oommen- Mayence et rév êque de Constaiioe de

«ement du printemps, dans ses pos- faire à Albert de nouvelles représen-

sessions béreditaires de i'Autriobe an- talions. Celui-ci ne donna que de

pire à Othon de Granson, évéquede prince se tut, et se retira le cœur'

Bâie ; car il était mécontent de ce que plein d'amertume. Albert alors le

ie prédécesseur de ce prélat edt acquis rappela, et chercbant à Tapaiser,

le Sisgau, qu'il voulait pour luinuéine. lui offrit cent chevaux, à son chois.

Il s*en fallut de peu que l*évéque ne A table on apporta des ciniroiUMMi;

se saisît de sa personne, pendant un Albert les distr ibun aux convives, et

séjour qu'il fit a jiàle. Le camp impé- donna les plus belles à son neveu.

Strasbourg et de Spire, le monarque croyait avoir adouci les dispositions d«

j)arooujrut i'Argovie et la Thurgovie; Jean par ses prévenances-, mais c'en

enfin de Winterlhûr il vint à Baden. était fait , ce princ« lui avait juré une

Jean, runique iils de son frère, le haine éteroelie, et quand' on ae &m

suivait: ce prince était mécontent; il de table, il dit aux conjurés : //•«'

avait atteint sa majorité, niais il ne monter à cheval a4)ec pèv de suite. pouvait obtenir qu'on lui délivrât la Avec Albert étaient Landenberg, le

portion son pere dana. tes biens de gouverneur expulsp» d'Unterwaldeu, et

Habsbourg. Albert voulait, dit-on; con- Ëberhard de WaMaée , qui avaient tait

quérir pour lui quelques terres en Saxe, hair son autorité par leurs excès, puis

Ce qui augmentait encore l'indigna- le coitite Burghard de Ilôhenberg,

tion du duc Jean, o^t que Léopold, Hugues de Werdenber«, le vainqueur

son cousin; jouissait diimmenses do- de winterthur et beaucoup d autres

mai nés : excite par la noblesse, qui seigneurs. L'on descendit gûenilHt

était fatiguée de l'ambition d'Albert , du château de Baden îLsqij*au passage

il insista pour que ses droits fussent de la Reuss, près de Vantique Vindo-

enOn respectés, ulus toujours en vain, nissa. 1^, sous prétexte de ne pas trop

Ces refus constants lui' arrachaient tes cbarecr la nacelle , les conjures isolè-

plaintes les plus auières. Les jeunes rentrempereurdesa suiteitpaiffikent

seigneurs pensèrent qu'il ne devait y seuls avec lui. Il était à la vue de Habs-

avoir aucune garantie pour le suze- bourg, au nnlieu des ruines de la ville

rain, quand il brisait lui-même le lien romaine, et chevauchait entre Esrhen-

f6odal. Ce jeune prince seconcertadonc bachetWart. Ba!m les suivait : leduc

avec Wnither d'Kschenbach, Rodolphe Jean retardait le départ dti bateau pour

de Balm Rodolphe de AVart et Conrad écarter les amis de son oncle. Quand

de Tegerfeid : ils résolurent de tuer il le rejoignit, on l'avertit quê \e mo-

Albert; fiiais au jour fixé pour l exe- ment était propice. ^ C'en est assez,

cution^ ils hésitèrent et laissènent arécri-M-il , en se jetant au-d^vaut

écliapper Toiîcasion. L'un des conju- d'Albtrt;» tout auseitôt Esclienbach

rés s étant ronfessé, reçut pour pé- saisit la hriri<^; l'empereur étonne crut

nitcnce :\>l)iigation d avertir l'empe- d'abord que l'on pLiisantait J oid,

reur : v-f^iat-cicrut que c'était une ruse lui dit Jean, voici le prUc de t'injus-

su

Hcê^ et de s,t Innce il ïui traversa la

Sorge, Balm lui t'emïX la tète, Kschenacb ie frapita au visa.^^e. \v»rt étiiit muet de stupeur; après avoir jeté 00 cW, Albert tomba baignç dans son S3ng. Une pauvre femme avait toi^t vu; fllf L'fcoiirnt, le releva, et ce irwnarque ijiuurut dans ses bras. Dans Cft moment, son vieux chancelier, l'é- Té^ue de Strasbourg, arrivait ; Jl baisa ses joues ensanglaiîtëes et le fit charm sur un ehnriot: toute la ville de Brougk sorUt pour voir ce triste spectacle. Castelen poursuivit les meurtriers, et ne |Hit ramener que trois de leurs gens, auxijuets les touriuents' 'ie la question n'arrachèrent aucun aveu. iSnl emfjereur li'Allemnirne Fie mourut u une mort si cruelle, m avaut Alkert, ni après lut

Le duc Jean s'était élaneé suc le dieva! d'Albert, et les; ronjnrés se di8|»ersf t f lit , comme s'ils n'eussent a\y&0\uiaeat rien prévu, rieii médité:

depuis lois ils ne se revirent jajnais. ie due s'enfuit d'abord à Kiitsiedeln Byf*r un jeune bonitne de son tls^e, pu/s li erra dans le.s {urèts. On ne sait

Îuaod, m en quel lieu le remords mit n à la vie du sire de fialm. On ii*a plus entendu parler ^e Tef^rfeld.

Ksdienbach et Wart se renfermèrent dans le diateau de Fnlkenstein.

Comme Von crovuit a une conspiistion générale eontre toute la maison d'Albert , le comte de Hobeiiberg conduisit son lîls Léopold ni ciirUf iii de Baden : î'i?iipératrice Khsabcili confia $ur-le-ciiaiup le gouvernement de ces pays au comte de Strasberg et à Henri de Griesseuberg , tous deux «rime firif^lité é()rouvée. TomIps les villes, tous les cbiUeaux se meUaieiit en défense; on rendit la paix a i'évéquede Bâle; on implora le secours des Waldstetten, que peu de jours auparavant Albert inenaraît encore de sa veii :p:>!jrp. Ce f it «lorsque s eleva , sur ie rivuiiedu lac, la tour de Sliiiizâtadt. Les iSuîsses fortifièrent les pashfjes de leurs vallées , et ils répondty<*iît à la demande qui leur fut adressée : !\'o>is lie coulons poinf vf/n/fr tflui qui ne nous a jamaia JaU de

SSE. ' . 4i

hien^ sur ceux qui ne notu ontjm'

via i s- fait (te mal ; el sans prendre aucune part a leur action, nous laisserons en paix cein qui respecteront notre repas, Soieure, qui envoya àm troupes aux h'is d'Aibert, Berne , qui se contentait de vivre en paix avec eux, renouvelèrent leur ancienne alliance.

La famille d Aliierl fit de vains elïorts ^ur assurer le trdne à Frédéric; ce fut Henri de Luxembourg oui s'en rendit maître, grâces a Tappui de I^ierre Aiciispnlter ^ év(^que de .Mayenne , (}ui entraîna ie sulïraj^e des autres eiec- • teurs.

Le duc Léopold * vint mettre le sié^e devant le château de "\Vait, le prit, et le démolit après avoir massacre tous les serviteurs de iVodolphe : bien que Jacques de Wart fdt innch cent (lu crime de son frère, le duc le retluisit en un tel état de misère, q!i'il linit ses jours dans tine. misérable cabane du village de iNci lenbadt. iialm

avait le oliâteaii de Farwangen, Léo* pold se ié lit ouvrir par une cjipitula-

tion qui accordait la vie sauve à ses défenseurs : mais lui-même et sa sceut A^ncs, veuve du roi de Hongrie Aa- <}ré, firent décapiter sous leurs yeux, dans la forêt, soixante-trois noblee et (î'antres honmies de Jîuerre, qui ne ' cessèrent de protester de leur inno- Cencji^ Les vassaux du seigneur d'E« schenliach eurent le même sort à lyiaseJiwanden. La reine Agnès allait étouîTer au berceau un enfant dont les cris axaient attiré son attention, mais les soldats le lui arrachèrent. Cette princesse, âgée de vingt- Imit ans, était d*une férocité atroce; sa vengeance «ié\it avenpiément contre des nniliers (rinnoeeiits, Je me haitjne dans la rosée de mai^ disait-elle, qmind le sang coulait â grands llota.

Frétleric et Léopold allèrent ensuite nu ttre le siège devant le château de S* huabelburi; sur l'Alhis, près <le Zurich; ce ciiàteau apjjartenait a Lschenbach; ime partie de ses pnssesstuDil sur la Sil fut donnée â la ville de Zurich. V'ers le m^me temps, l'empereur mît tons les rn' j'iro^ au ban de l'empuc; lis iuiciii déclarés dignes de

te '^oialdage 4b àiiteaa de Wart

Après toutes ces cruautés , In reîûe A^nès bâtit sur le lieu même où Albert avait été tue, ie R)$mâstère des Prères^Mmeuci et un oMnriititoftiii-

mes de l*ordre de Sniote-Claire. Ite

s'élevèrent sur les débris d*un paî^îs dp rnntiijue Vindonissn. Agnès sesen-

nprt; l'arrêt ]M>rtatt que leon firnima

seraient considérées comme Teuves; qu'ils seraient uiterdiL^ a leurs amis, permis à leurs ennemis ^ et que tous «aux qui leur donnerafeot mit se« nieot traités en complices.

"Le duc Tenn parvint à gapner l'Italie, déguisé ^^n moine : dans la suite,

il fut vu- à PisQ par l'empereur Henri j tait de réioignenient pour la vie mondepuis Vm on ne sait ce qu*il est ét^ daine; elle se fixa Ans le voisina^ vemi^ on Ignore s'il mourut jeune ou du monastère , où elle suivît toutes Vieux, si ce fut chez les Augusttns de les pratiques de la plus austère dévo- Pise ou dans sa terre de TKigen. Ou tion et de la plus entière humilité. Cène sait pas même si i'aveugle, qui de- pendant ce lut en vain qu'elle essaya '.mandait Faumône sur Je BlardièoKf uf d*attirer dans ré<; li se de son couvait èVIenne, était en effet le fils de Jean» Beitltold Strobel d'Ofltringen , vîeitt comme i! le prétendait. Walther dX- tïnerrier de Rodolphe de Habsbourg, schenbacli , après avoir rendu à sa ermite qui vivatt (kius un creux de femme les biens qu'il tendit d'elle, rocher au-dessous de Brougk avec Nitécot trenf^cinq ans dans le pays de ' colas de BisdtofiûaeeH.».. 11 fAx>nditi Wurteuberg en pauvre- berger, et ne ses instances : '« Feamie, '«esi nul se fit connaître qu'à sa mort. Il fut servir Dieu qîre de verser le sang inhumé s* Ion son rang, deniier rejcr iiuioeent, €t ^e fonder des c^uveuls ton d'une rdce illustre, dont ii ne du produit de la rapine. Dieu n'auae reste rien que les échos de la jioésie* que la iHMité «t la miséricorde. » * Bopuiaire. Le baron delVartétaiCaMé . lies ^aldstetten avaient été menaa Avignen demander au pnpeTahso- rés par Albert des pins sé\ères châ-

'bition de son crime; il tut livré ai« eitfants d Albert par son pareut TlUébaiit de BlAinont, e^ condamné au

isupplieerceiieiidant ii n'avait été que simple témofn de ce forfait.... Attaché sur la roue, il is'écrin : nJe meurs innOGent, mais les coupables eux-mêmes n'ont pas tué un roi; ils ont tué celui qui , contre les lois de l'honneur et du serment , avait trenipé sa main dans le sfinir de son seigneur et maître le roi Adolphe ; celui (j^ui , en dépit des lois divines et. humâmes, détenait faijustemeot les domaines de son neveu Jean; celui qni eOt été plus di^ne que moi de souffrir ce qne je f onlIVe. Dieu me pardonne mes péchés! «Sa malheureuse épouse,' après avoir, an nom de Dieu et par le dernier jugement , supplié la reine Agnès de lui accorder la vie, demeura sous la roue trois jours et trois nuits, et quand ii eut rendu le dernier soupir, elle vint à pied à Bâie, où elle mourut de douleur.

Cette crueHe exécution eut lieu, selon les uns, à Brouuk, îlirâtre du crime, aeloû les autres, à ^\ mterlhur, dans

tinie»»ts : sa mort oliani^ea la face des choses. I/empcreiir llenri conlirma leurs privilèges, reconnut leurfamni^ didteté, et approur^ œ qu'ils avaient fait contre les gouverneurs de la maison d' A utriclie. Troifs cents ronfédéréf le suivirent dans son expédition au delà des Alpes. De nouveA^ dii^ussions éclatèrent entris le monastore d'KinsiedeIn et les campagnards voisins. Ziirich intervint ;. il lui importait que le repos fdt établi dans un pays que traversait le côinmerce pour se rendre au 'Saint-ûothard. La paix fut bientôt rompue , car deux famiUes deSchwytz étant allées en |)èlerinaffeà j\otre-Dame-des-Eri«ites, furent lx>b-

}'et des reprodies, puis des voies de 'ait des religieux. Le lawMmman as- ' setnbla le canton et la guerre fut résolue. H y eut encore une autre guerre de peu d'importance, quoique d'assez longue durée, entre Jean de Sé^dorf, du paysd'Uri, et Rodolphe Tsdmdi, de Glarus: on se bnttait daris le Linthaï, dans le Schachentlial jusqu^au .

pied des glaciers, à des endroits où le

foifageur ie plus audacietra trouve à

S M m seiitfer. Sennûe S^lorf \i S'irnriinmR |p Diable parmi ie<; berirm. Vnjonrqitt* Rodolphe Tschudi lui .iv.iiî brise toutes ses nrmesjl arndm irn pin et tua neuf de ses enue*

Liiceme, qui obéissait aux durs, envoya un grand nnvire ripi»elê l'Oie (difC ins), (KHii faire une ijicursion dans le pays d'lTnterw:i!deiK Ses içuerriers allaiént débarquer à Staiizstadt, quandie trirdien de !a tour les sîpiala ; en nif^ine tein|»s , il lit roider une inetile sur le biUimeut. D'un autre côte , le hasard amena un bâtiment d'L'ri, et

10 Liioeriiois périrent de plus d'un fienreile mort. A Schwytz, on investit subitement pj'iisiedeln , et Ton pîhmena les religieux captifs, l/ahbé LutoU de Hegensberg était au dit^teau 4} PlefTu on, le comte de Rapperswy! et relui de Tok''iihoiirg intervinrent et obtinrent la liberté des prisonniers. c'ét.»it dans le temr^s où FréMric d'Autriche et l^iîs ae Ra* Wère brisnaieut la couronne impéri.ilf Les W;ii(lstetten n'avaient point oublié les danuers dont les nienaeait la puissance d'Albert; on se dèi*lara dom*pour Louis de Bavière ; ce (pti exaspéra [>eniieo{ip le dur LéoliohI , qui était d'un paraetère dur, emporté, et (|iii jamais n'éeotit.'iit que II» violence de ion caraelére. l/ablié de Saïut-fjall et fév^ue de fTonsftnce ext^oinniutuèrpnt iesWal'IsfHlen. On l»*s avait mis ati l),in de Tempire , mai.s Louis les en releva. I>up<>ld cependant reiiolut de f^i^trer dans ce j^ays à la tete d'mie innée; il pensait que ce ne seniit p<)iir lui qu'un jeu. Il avait menacé dw'nis'pr ce's pavsans sous son pied, et

11 lit i)onne provision de CAirdes , Umi JNMir les eiiMiiener que |>our les |ien* dre. Il est |>pu de princes qui se dou* teiit de ce que peut un peuple o{)primé. l*«'f>old déd:uguait riuex]>éripfire et l'inhabiieté de oc:< cauipa}înard.s. Qud- 9ues voisins puissants, craignant la ^pondéraiioe qui résulterait de cette pierre en faveur :1n l' Aotrii he, ess«iyèiHii de se faire médiateurs; niais les voml.tioiis imposées au.v \Valdi>tetleu

4' UoraUotL (SmjssK.)

n'étaient pas acceptables. «Que 'educ essaie i*e nous envahir, réfîbntfif-im , nO'is rattendrtuis avet* l'aide de Dieu. •

lis Hri'ftt h]fu de ;>rtférer le d.miiiT h une paix d n.m autaiieuse : rexf)eri«'(ice ne nous apprend que trop coiubiVji le déeoura^etnent est funeste aux peuples. On venait de célébrer a l'union de Frédéric ;ivec Isid'elied' A ra- ^(on , e.L de L»»o[)old avei^ (ialb^riiie de Savoie. Léopo!<l se mit en marche, passa près de Soletire, qui n^usait de recoimaître son frère |K)nr eiii|iermr, et vint au cbdteau de l?;id''n, où Ton tint conseil. L'on v résolut d'opérer contre les Waldstetten ime triple attaque; il fallait en (inir, d'un seul 4*onp, avec ces Suisses rebelles : dès qu'ils eu seraient informés, Wur liijue ne nianijuerait jKisde se d ssoudre. Leur résistance serait faible |>artout. [.es postes furent :issii!nés à tous tes cbefs. On pensait qu il serait afsé à Otiio.l de .Strasherg, L.uidvoirt d'Oberlinsli, de |)énétrer dans I Lnterwalden à la téte de (iiiatre in:lle lioimnes de rober < land. iMus de mille hommes devaient attatpier c^ pays du coté du lac, souS les ordres des baillis de ^V()llhausea| de K(»tenber;5 et de Liicertie.

l>f»|MMd était tcrand de taille et d'un extérieur chevaleresque. Il c<md'tisit dtM(\ coloti'tcs sur '/jiîî. A lî tcîe tie sou ordre île b.itaiiie , étiiit la i:^ivalerie, qui faisait Tor^zueil et la font* de so*i année. Des rives ilf la Tbur et de l'-ar était aminnie toute In noblesse df ll:d)s!Minrt' , de Leir/.bonrjS et de K ybourj:. Kirim les plus vaiilauCs e: les phis lidête« , se distiii* ^uair k* uuiréi'hal île llaileuyK triste encore du coup fatal (pif dans un t<»nrti(>i il :jv:i,l porte à sou noble adversaire, le <'omte «le Kat/enelipubo^eii; après lui, iiianiiait Lnndetiberji , «îév«kré de la soif «le se venjier; pu. s les rie.sslei", n«ui uio'ns animés; les Houstrilen, qu'une loui^ue doinination avait instruits des moindres détours de ces sauvages «nmtrées. On nonmie aussi Henri .>li)ntfort deTettnang, que l'uriruril uolti i;itre, ou le zè!e {K)ur les dui s d'Auh iche, faisait l'euueiui de» U uidsU.-lteu j les couitet

rUïïIVEKS.

deThouB et de T^nufTenbourg, rivalisant à lerait srs premières armes ave*»

le plus d'éclat ; lockenlMur^^ qui tnaidiait i regret, mais qui OMiiBiait à la recoininissanee , parce lei durs lui avaient donné le gouver- Renient de Glarus et de Castj rn. On conintait encore dans cette année, Wer* net de Honberg i qui teiiait en Màm terrée ^Xinsieaeln. Lorsqu'on fut arrivé à Zuç , on vit se joindre à iVxpédition quiconque, par une haine invétérée contre les citovens, s'était fait Tennemi de la liberté , quiconque, cédant à la crainte, obéissait aux ducf d 'Aiitriclie. Il vint, d*» plus, cinquante Zùricnois uniforméir.ent vêtus, car ils étaient liés par un traité envers Kin* siedelii « et leur ville de Pfeftikon était fious rauto'-ité de Vohiié. Eutin, le comte d Urikon Lonîin.mdnit , sous la bannière du diapitre, ieâ soldats de Tabbaje.

En '^présence du danger, les eam»

pagnards de Scliwytz conservèrent toute leur ffTinpt> : Ip p;iys était g.irdé par un retnnclieineiit qui s'étendait depuis la tour qu'on \o*t sur le elie* mm d'Eiusiedéin, jiisqn'à celle appelée Scliorrn- Aussitôt qu'on fut nverti de l'approj I *Mle l'ennemi, on pnt les armes. A la nnit tombante, deLarquètcnt à Brumijn , au pays deSebwytz, ciiatre cents hommes d'Uri, et, peu rj'lîctires après, il en vînt trois cents d'Unterw'ih). !ps nu» re« jjuerriers étant restés pour dcieuiire leur patrie vers le Brunniis. du cdté de rOberiand.

Tous m a relièrent au bourg deSHiwytz à trrivpr^ îr-> prriiries. A Schwvtz ét*ïit Rodolphe HeJing de niî)ere{;k, vieillard trop faible pour que &es Jambeft le pussent piirter, meis qui avait une grande expérirnce de la puerre. l>e peuple IVfdut.ti» toujours avec avidité, et totij(Hjrs suivait ses avis. « A vaut «tout, dil-il, il faut chercher à vous «rendre maîtres de vos afiératisns, «afin qu*il dépende de vous ^ non de «rennejiu', de ii)mmencer l'attaque, «de choisir le lieu, le nmment, le « genre du combat. Vous acquerrez « cet avantage en prenant une bonne « pMÏtiuA. Pour l« nombre, vous etee

« de beaucoup inférieurs à Tennemi ;

• liitïiei que le duc ne puisse faire « usage de sa force, et que votre pe-

• tîte troupe ne s*expose que dans le « moment décisif* Sans doute , ajou* *ta-t-il, le di.c ne viendra point de « Zug à Art, le défilé est beaucoup « trop long entre la monti^e et le « lac; au contraire, k chemin qui em^ « duit à travers la forêt vers le Sae

• d'Kgeri , est beaucoup moins dange* «reiîx, parce que le delUf est plus « court, ii faudra donc bien saisir i$ « moment La beuteur de Morgartsi»

■ vous offre un retrnncliement natu- « rel, la prairie va rejoiudr*' le Sattel; « du haut decette montagne vous pour- « rez a^ir avec beaucoup d'avantage, « vous jf tterei reffroi dana les rangs « ennemis, vous les prendrez en flâne « eu en queue , vous couperez leur « ligne. Le succès vous sera d'antaot « plus facile , qu'ils vous n.éprîsenti «d*a:lleurs, la guerre défensive eii| c toujours favorable à ceux qui COO* « naissent le mieux la montrée. »

Quand le vieux Rediug eut ainsi payé sa dette à la patrie, quand i| eut reçu les remercîments de la troupe^ ces fnontngnards, obéissant à l'antiaue usage de leurs (>ère8, se jetèrent à ge^ noux, pour implorer le secours de Dieu, leur unique maître; puis ils partirent au nombre de treize centa, et se |K)stérent sur le mont Snttel. Il y avait alors, conur.e il arrive toujours dan» des temps de discorde, des exilés du pays de Sèhwytx; dès qu ils avaient appris le péril dont était menacée la liberté de leur pays, ils vinrent au nombre de cinq iante sur les frontières, pour solliciter la pennifsion de se montrer dignes de leur qH« gine en combAttaMt vaillamment pour la cause commune. Ltt confédéré ne crurent pas qu'i! fdt bienséant de changer une loi dans la crainte d un danger : ils refusèrent donc de fms^ voir les exilés; les cinquante ae poe^ tèn'ut en dehors des Iiuittes sur le M'Tgarten, et résolurent de SêHi'iQil leui vie pour la patrie.

Cepndant apparaissait rautort ijO W jour de novemhrt dê k tlliyî

^inziépe >nné^, et Inentôt le dats Miif let pieds des chefam ; beMh

sOM) |ka ses premiers rayons sur les coup plus encore foreat Utài per Igp

casaoes et les cuirasses des chevaliers Suisses. Tous les Zurichois tonibérenl

et des guerriers. On voyait au loin sur la place où ils étaieiit postés; Jiéo»

bhllj^ les glaives et les lances : l'ar- pold s'échappa par des sentiers àir

nétmfmi toute la contrée. Cétaît tMimés, à trawi iMpiile Vmmmà

li première qui pénétrât dans ces lieux, un guide sâr. Il anrhra pflle et désea»

rtustoire n*a retenu le souvenir d'au- pére à Winterlhur; quaiiid il fut parti,

Cune autre. Montfort de Tettnan^ ni- toute Farmée s'abandonna à lu dé^

^oduisi^ la cavalerie dans le deûlé s route la plus désastreuse. La hataii&t

ta0t les dievaux oeeupèrent tout n'avait duré qu'une feewe «t ~ ' -

ftim qui est entre la montagne et Les Suisses , dont la perte était pas

ktte; I9 rangs étaient fort serrés, considérable, n'eurent plus qu'à tuer

En ce moment même, les cinquante leurs ennemis, dont ils firent un grand

exilés passèrent de grands cns , et carnage. La victoire fut complète,

frmt rouler do haut du Morgarten ^race an eoura^e et à llialdlaté de

des roff amoncelés pour en écraser cette poignée de braves, nraee à It

Pennemi ; d'autres pierres étaient lan- prrïïnmptinn et à rimprritîr dint oftnnt

céesaver vjaneur et portaient la con« seurs.

fijsion et reifroi ^rmi les cavaliers. Kn ce même jour, le comte de Strai^

treiie . cents hommes Diaoés sur le èerg frandnt inapinément le Rru^

Sattel, voyant le désordre des che- nig, tandis 4|ue daiM fllnterw«ÛI 4n

vaux, descendirent en bon ordre et ne 3ava:t encore rien de précis sur set

4c toute rinjpétuosité de leur course, mouvements, ni sur la forçai de son

ISt tombèrent sur les llaiics de Tar- ex|)édition. A la téte de quatre miHe

JBée; ib brisaient les armures à coupe hommes , il envahit , cens «prouver dp

de masse et dirigeaient avec habileté grandes diflicuUés, Luni^ern, Saxeln

le fer de leurs lan'îes et de leurs pi- et Sarnen ; enmi , il parvint a l'extré-

ques, ponant toujours de nouveaux mitedugolfe d'Alpenach, precis^^meiit

ooupset frappant (Tune main assurée- dans le temps où les troupes de Lu-

Ms cette mêlée périrent Rodolphe , eeme essayaient d*opérer im d^èaff>>

comte de Lauffenlx)urg , de la maison quement à'Burgistadt. L'Obervrald et

de Habsbourg , trois Boii.sl>ctten , <!eux llJnterwald s envoyèrent mutuelle-

JHailwyl, trojs Urikon, quatre Tockeo- ment demander du secou.'S. I<esdeux

boujrgi On assomma deux Gessier, et messagers se renoontierent. Des deux

iindenbejrg ne fut plus épargné. De cdté^ on fit des efforts inouïs pour

leur côté, les guerriers d'Un perd:- arrêter l'ennemi jusqu'au retour d^

rent le (ils et le neveu de Walther trois renls t;uerncis qui étaient aN

F(ir$t,Iesire die Beroldingen, et lios- lés à Schwytz. Celui qui les venait

pital, qui, contre la vclonté de son rédamer, apprit, en débarm.ant à

propre uls , eombattait pour la liberté Brunnen, quel avait él6 le iiriMant

ou pays. La cavalerie autrichienne se succès de Iô niatinée, car on lamenail

trouvait gênée, non-seulement parce ses com[)atrlotes en triomphe, et déjà

^ue J'espace lui manauait, mais en- ils regagnaient leurs bateaux. Mais

core parce que les dievaux ne pou- quandlesguernersd*Drief deSohv\ti

raient tenir awr le sol à demi gelé : voulurent les suivre à lintervald ,

quelques-uns sautaieiit dans le lac, pour en chasser l'enneriu' , cette f)eirte

«frayés qu'ils étaient de cette confu- troupe, jalouse de combattre seule,

sion : d'autres, voyant la fleur de la no- s'excusa sur ce que les magistrats

blesse moissonnée , se refoulèrent sur du pays n'avaient point fait d*appel

1 infanterie , au! ne se doutait pas en- aux confédérés. Néanmoins il fitt im-

core de t événement, et qui ne put possible de retenir cei;t homfnes de

ouvrir ses rangs aux fuyards faute Schwytz ; on parti! doue au r.unibre

^*^îjiî^ U)i/s^)\U\tX ii^UÇQiip (le ^pl- Çic ^uuuc ceiits. Le veut etaut tavora-

Mf, le trujH fut mpiflf : on (lanii su- sonnais essentielle à toute oonTention

.bétHiieiil a HiiocIri, oii Iiw Ijiixniois av<<c re^tëHeiir. Oii exi|{fa aiu»i le'

épn*ii\erf.iit tiue iléfafte niJe, que eoiitfiitfiiient çénérol piuir rfiiité^rer

é'MK !t iir fiiiif» ^iliisiri.rs tomlièrei.t dnns l#*ur jintrip reiiv fjiiî en avaient d-ins î'eaii. Aiis.sllni cette tronp" se pré- été b.iniiis [wiiir «'aijsp de meurtre ciu«ta vm IH)l>erwa<d fu {HHis&a tiies eiiiin, les hatiitauts^ d s trois r;iiit(ms, «m «te victoire. StnwlierKélaità Alfie- eux et leur |ioetfrité, s'etiKnit^èrent à na<'(i, quand il vit aux mains d4>s cop- comlKittre les uns pour les autres, ffderpç (ifti dm^tenUiX qu*il rrovij^t être t;int à rin'rrtptir qu'à IV^tprieiir , et dans Ir (m'sdf* Sx'hwylz ; il ('oi)iuit par s^ins iiidpiiiiiité , contre Unis ceux qui là ir sort de l.et>{h<ld, ft,Siiisi de ter- leur reraieut viuience^ ou tenteraieut mir, ortioniia la retraite. Vaiimiient il de la leur fa're; ooffis et liiens, confit dea elforts iwur Couvrir sa inar€lie« seil et artion , on se promit en tout il lut blessé à la niain ^auctie, et dans une mutuelle assistance, le moment mthne tous le» siens primit A la suite de cHie guerre « Glarus U fuite vers Winckel. victoire était recherclia randtîe des cantons; le pays MNiiplete, quand arrivèn^nt trois cents de Gastem, au contraire, iienHiâît iHMiunes de St ltwytz et quatre cents pour la cause des ducs, et gardait d'Uri. Lescitiqtiarite cvilés de.S< hwviz queUpie rancune d'incursions que les furent retdili> dan.s leur {liilrte. Les suisses avaient faites dans TOIktI nd. SiiissKfi nttoiMmit «It fi^tei eliai^e an- Othon de Strasliernr , autrefois enrichi née raniiiv(frs.i'>v de la Uitaille de des dépouilles d'Rscheiibach et de Murf'^irten, a l'éîral d'une l'été (î apô- Balin , se vit réduit à un tel état tre, cîir le Seî-jneur avait visite sou de ctetresse , qu'il hii fnlltit vendre p4'upie et t'avait délivré de ses enne- non- seulement Uirsiuinnen, et tes mis. Tous les ans des^ messes sont oé- doiiiaîiws quMt tenait ue reminre , tels lébnws pour ceux qui ont péri en af- que robettiaslî et Laupen^, mais enfnitn'hissaiit In p:itrie, et leurs noms c< re son rh:'ttprîn liprcL'itnire. Aîars sont lus à haute voi\ au fieiiple assein- vint, uu nom de l^tmis de Rrivière, blé. l.eslialiitauts de Waidsletteu cou- Jean de WeisseudKJiir^, et la iiourtimièrent h se réunir au Huttli , fiour geoisie deTlioun put conclure avec Un* déliliêrer de let«rs affaires c!omninnes : terwakl un traité. Le - commerce Ait lJiilrrr\ nîil f!\:i pour lieu de SCS déîi- ouvert aux uns et aux autres, sans que béralions i'einpiiiceinei.t du chîUcau tes l)aillis de LéopoM à iMteraciien de l^iHtenlHTj^. Quelquetoîs la jeu- pussent t>u)^èclier. Lui-iuéiue enfin • iwsse se rendait sur le tliédtre'de ces condut la |uiix nour une année^ tanbriilanls exploits; on rappelait les ver- dis (]ue Louis de Bavière confirma et tus des ancêtres, on lisait le ré<"il de affeirinil la lil>erté des Suisses, leurs c^mtKtts à Tendroit mène où ils La trêve s'était renouvelée et dumît les avaient livrés. depui<:six ans, lorsque après la bataille liOuisde Havière accueillit ces nou* de Mulildorf, Léopoid, dominé par la velles avec beaucoup de joie, et les soit' de venger son frère captif, estrois cantons reiiouve èrent à lirun- saya de gagner Charles IV, roi de neti l'ancien pacte de leur fédération; France, en lui ofirunt la couronne pacte qui de tous les confédérés faisait îtti|)éria>. llniis ces négociations , il mie seule nation , maliçré les monta- fut expressément stipulequ*on lui snu« cnes, inalfirp le Uw (|tii les séparait, mettrait les cantons : ceux-ci cepen- On stipula de nouveau que le pnvs tout dunt av^iient jure (idélité àTempire; entier ne serait qu'un camp pour la et tandis que Louis de Bavière confisdéfense mnuHine:on diiseéta que qui- aiiait , pour *a sceohde fois, au profit CiMiqii^ était vassal «lU à otiéir i son de cet empire, les dontaines que les sei^ih ur. Il l'ut établi que nul canton durs ;i\:.,eiit dnns ces contrées, Glan'a lffu ttrait de prole( teur sans le » on- rus rdns.nt de oKiri her cofitre \ea senlciuenl des» autres; condition dé- Wu.dâlcUen et :s ai liai tau a confédérés.

spiil <*omtft Jean de T^npperschwyl obéit h l'injonction de î.eo;old; ninis, faible et sans aucun zèle [K)ur cette caafe, il ne fit aucun exploit digne d^élre retenu.

I.ors<|ue îe prtpe excommunia T.miis de Bavière . les Siiissfôi n e» tinrent compte, lis interrogèrent leurs ^)rétivs, leur demandant 81U voulaient chanter et prier cxî'nme par le passé , ou bien s'ils préféraient être tons chassés du pays. Le clergé demeura et continua ses fanefions. f^es Waldstelten suivirent Louis de Riivière, quand il marcha contre Rome. Le traité qui termina les différends de l'einpereitr avec les princes d\\iitricj)e, par la médiation de Jean , roi de Bohême* ne fut pas favorable à (pieiffues villes libres qui font aujourd'hui partie de ia Stri.>se. \je souverain céda aux ducs Aii)ert et Othon {\jieinfeliien , Sdiafniousen, Zurich et 'Samt-Ctall.

Les habitants de Zurich prièrent les cantons de se joindre h eux |Miur envoyer une depiitation à i emi^ereiiri et ràîlamer leur liberté qu'ils avaient défendue autrefois et contre Regenaberi; et contre la Souabe. La bourîîeoîsic se préparait à la résistance, les églises étaient peuplées de religieuses, qui jour et nuit invoquaient le ciel |iour la cause comnuine. l4es Waidstetten , qui n'avaient pour leur roi^nnerce aucun débouché, quand les ducs leur fermaient Lucenie, n'hésitèrent point ; leurs envoyés parurent à Ratisbotme avec ceux dêZurich. deux de Saint-Gall y étaient déjà. L'empereur prit en considération la valeur et la bdelité des cantons; il affranciut ZfiHch , et respecta dans Salnt-Oall la considération religieuse; mais Rheinfekien, Schaffliotisen , etc. , furent aliénées avec M risarh etiNe|lenbtujr;;.Uheinfflden éUut entourée des domaines des ducs* elle ne pouvait jKuère écha|i|)er i leur puissance. Schanhousen , quotguVIle ei)t un iirand amour |M)ur son liidéjH'nd a nce , devait srMToml>er. .lean de Habsbourg, comte de Uuiffeubourg et Ra|«penMiiwyl , était land«{nive du KkKau. t.e ct^mle de Nellenbour^, fii «diiiiniflraii pour ks ducs, eteti-

SSK. Al

dait ainsi son atitorîté Jusqu'à ses portes. D'ailleurs elle était airîtée de dissensions intérieures entre l'albé, les cftuvents et les bourgeois. I«a pré* tiire de la ville, qt.'i relevait du cou* vent, avait été lonir-tetnps eonfiée à la ma son de RandenlK)urji; les conseillers et les bourgeois prenaient |)art à Tadministration. M justice était indé> pendante, grâce à f^odolphede Habs* boMr^. I/éjîalité des droits . la rfsponsabiiite de tous, taisaient les bases de ce rtetit goi*vemeiiient; et quoique humble encore, quoique construite en bois , Schatï'iMrisen était libre et heureuse , rpiaiid î.ouis la \endil pour une modique somme d'argent. Des carrières voisines permettaient de rem* placer ses frêles étli lices |Kir des édi* lices plus solides ; (Irja Ifs maisons garnissaient les fertiles coteaux que bai;;ne le lUun; les vignobles, les prairies, les jardins descendaient jusqu'à sa rive. Rien n'était é|)argiie pour la proSj)érité ri^rîi'tilttire et du commerce, mais sous la 'lependaucc des ducs. Il fallut subir leur destinée i prospérer, quand ils pros|iér:iient ; soulirir, quand ils souffraient; et bien souvent Timpôt ne sutlisaul pas à leurs besoins, il lûliait sacrîlier et son sans: et su fortune.

Vers ce tem fis, IcsSuisites passèrent leSaint-Oolhard , et , ffOur la première fois, altèrent (xirter la guerre dans le Val levantine contre daléiis Visiumli. Dans les querelles des Guell^ el des Gilielins, entre VM\e et Milan, on avait exercé sur les voyai^eurs 'juel-

aues actes de vitdence : /lirich joignit eux cents hommes à l'expédition, qui fnini4iit le pont du Diolile,la riante vallée d*UrHem, descendit à Airolo, et, sans être arrêtée par le vieux c4iàteau lombard (jui garde ce défilé, s'avança jusqu'à hi'Hlo el a Giornico. oii Franrhino Kusr» accourut de Côme, pour se coiist'luer médiateur He ce (lifférenti et ;j[ trantir la sécurité du pa>s.i^e. Le tratie fut coim^Iu à ( L'une

Iiar Jean d'Attin^baiisen, i bevalier et a*itlajninaii dl*ri. i* fut afirês! ces événements que Oaléas ^ tsconti lit construins la chapelle du Saïui-Go*

Il L'UNIVERS.

ihÊtâ. fi» «M mnraitle de rodm robe de nei^e; de vertes prairies oê-

se présente perfjrndiculnire , cominè ciipcnt le fond de la vallée, et par

pour fermer la valiée ; ellfM|uittp brus- delà les ondes, des arbres fruitier*

aueinent la chaîne orientale de cet d'une belle végétation et des cliantfS

Itroit défllé et va rejoindre les mont»* fertiles s'étendent jusqu^à ïnterlachen,

gnes à Topposite. LeTessina, ilitK>n« où cette belle nature se reflète dans

pratiqué roiiverture qu'on y remar- un autre lac plus riant, et cependant

que; autrefois elle retenait ses eaux plus majestueux que le premier. Les

et dans les hauts lieux formait un lac; Kvbourg régnaient sur ces belles CiOB»

trëes, ei sur le landgraviat de ilouK-

aujiHird*liui,on admire cette étroite ou*

vertu re, à travers laquelle bouillonne gogne, dans TAr^ovie supérieure, que

Tonde impétueuse qui bat les flancs du leur av.iit conférée Léopold ; mais dans

roc. cesméleses sus|)endus, renversés, le sein de la maison de Kybourç s'é-

dont les ijicines sont à découvert , leva une dissension funeste. Le jeune

ces rimes inclinées qui retombent vers Hartmann profita de Tabsence de soi

k rivière, parce que la terre végétale frère Eberhard, qui faisait à Bologne

mnnmiepouren supporterletroncTout ses études ecclésiastiques, po!ir le

cela (orme un tableau grandiose et bi- frustrer de sa part des revenus pa-

terre } c*jest comme te portail que la ternels. Eberhard étant auxium pour

sature élève au-devant d*un monde in- revendiquer ses droits, devint la risée

connu. La cha|M"lle line le voynueur voit dotons, parce qu'il était d'une taille

â droite* de ce (Jelilé, l'avertit d'implorer chélive. 11 était au ch<Ueau de Lands-

la Divinité avant de hasarder son exis- but, chez son frère : tout à coup ce>

fenoe au milieu des frimas; plus loin^ lut-cî le fit saisir au milieu de la nuit,

tout sera danger pour lui. Les rayons et Tenferma dans Rochefort , chtteMi

d*uu beau soleil, les eaux du ciel du comté de Neufchâtel. Hartmann

peuvent faire éeinter sur lui le ton- était gendre du cointe Rodolphe de

Berre des avalanches et ie jeter dans I^îeufchiîtel. Il fallut bien alors qu'E-

des précipices liicoMim«n9Urables. Le lierbard acceptât pour àrUÎre le dut

ion de b voix, le bruit des pas, Léopold, dont la sentence fut très*

rébrai:lement du sol , tout ^nlin, de- partiale. Quoi qu'il en soit, on réiébra

j guis Pexplosion d'i;ne amie à feu jus- Ta réconciliation des deux frères dans

' ^'au souille il un être vivant, tout un festin où furent invités beaucoup

peut détadier la masse prête à 8*é- de seigneurs des environs. Hartmann

crouler dans Tabîme. La chapelle ado»* n'aimait point son frère ; il ne put

■.^ sée à O'tte f>nroi de roc est dune s'abstenir de quelfiue.s traits j^iquants.

structure SMnple et élc^ganle. De l'au- Eberhard avait aussi ses partisans; on

l tre côie du fesiu, aprà* avoir fran- en vint aux armes , il y eut une mêlée,

<hi ce passade, qui a près de doux et, sur un sombre escalier , Hartmann

'* cents pas de longueur, on voit au fut tué, soit par lesei^eurdelVorbf

sommet la vieille tour lombarde , dans soit par son propre frère. Cette scène

jacpielle jadis Cbarlema^ne lit euleraier d horreur, qui se passait au ch5teau de

le roi liidier. Thoun, Ut accourir le.s bourgeois. Ils

Les Suisses portèrent aussi leurs arrivèrent précisément dans le moment

!ias vers robcrhasM : toute cette con- où l'on précipitait le cadavre du haut

rée était en proie à la plus grande délateur; plusieurs s'enfuirent, d'au-

crmentntion; les partis étaient plus très furent retenus Eberhard offrit

que jamais divisés. 1^ famille de Ky- à la ville de Rerne d'y prendre droit

bourg possédait Icchflteau de Thoun, à de bourgeoisie et de la recon aattre

l'endroit où PAar reprend son cours, pour suzeraine de son château. A 089

à l'issue du beau lac que donunent cx)ndltions, les Bernois soumirent les

au loin le Stockhorn à la pointe acé- habitants de Thoun. Eberhard paya

fée et le majestueux Niesen* La Idan- chaque année un «narc d'ar/^ent, et

m Jiiii|;frau âève derrière eux sa Berne bt fabriquer ua oeau ^aat

suisse

en commènoration de ^événement.

I^ous passerons râpidemetit sut ûeA

laits de peu d^importaiice, tels que Iss diflerenas des comtes de ^idau , de la maisou de Neufcliâtel avec Gcnrd de tVippingen, évêque de Bâie; la londbtioo de la Neuve-ville par celui-ci; M fuite de Landeron , et la vengeance infructueuse que les Bernois voulureut en tirer. Après la mort du duc Léopold , Ëberliard , qui précédemflient avait refusé de marcher avec lesWaldstetten , se ligua avec ces cantons, leur assura ie passage libre du Brunnig et prit chez eux beaucoup d'influence. Les Bernois cependant se déclarèrent pour le saint-sié^e : l^uis de Bavière, atteint par les foudres de Rome, leur avait autrefois conféré ia préfecture de Laupen. JN'importe , la politique de ces bourgeois exigeait ^*il9 en agissent ainsi, pour s*agrnndir aux dépens de Pempire : ils n'hésitèrent pas , et chassèrent Jean de Weissembourg , gouverneur de TOberfaasii , qui était resté fidèle à l'empeitur , pins ils s'emparèrent du château de Grasbourg, dans le Siebenthal, et d'autres châteaux qui étaient occupés par ie sire de la Tour et qui relevaient de NeafdiAtel. Ils attaquèrent sans ménagement les comtes de Gruyères; enfin, ils allèrent depager Othôn Lombard, leur citoven , que tenaient bloq[ué ie comte' Pierre de Gruyères et les sires de la Tour de Chfttillon. En un mot, on voyait d'un côté tous CCS seigneurs , de l'autre , un sénat magnanime mettant au-dessus de tout les droits des citoyens qu'il représentait, et Pun et l'autre part! s inquiétaient moins de Tenipereur et du pa|>e que de la domination et de la lil)t rté. Ce fut dans ces circonstances que rUnterwaid prit fait et c^iuse pour POberhasIif auquel Jean de M'eislembourg venait d'imposer des diarges plus lourdes qu'il ne pouvcit ie« supporter. On résolut d'attaquer le château d'Uinspu mien; mais il y eut dans Teitoition indiscrétion et précipitation. Dix -huit hommes de TOberfcasli périn-nt, et cinfjuante furent entndnes dans le diÂteau; ils y demeu-

rèrent captifs denx ans enti«;rs, jusq*ri te au*eiinn |k iaiidamman àtt leur {tays s'aaressât m% Bernois « en leur pro»

mettant de reconnaître leursofverame»

té sur rOl)erhjsli. Les Bernois avaient encore d'autres griefs contre Jean de 'Weissembourg. Pmir en finir, il ouvrit ses portes et vendit sa préfecture au prix qu'il l'avait aihetée; il devint Dourgeois de Derne et prit part au poi» vernement de la cité , qu'il reutor^ de tous «es cMteaux.

Cependant les Waldste tten aHaient^ de leur côté, se lortifier d'une accession plus importante enrore. f.ucerne a^'ait beaucoup à se plaindre des duc^; les guerres ravhit entraînée son obéissance avaient eu pour (die le funeste résultat d'interrompre ses relations avec les cantons voisins, et de lui fermer le passage du Samt-Gothard. La ville avait été oldiç^ dl^ tendre ses fortifications : d'ailleuri, elle était administrée par les gens du duc, les nobles et des conseillers , qui, désignant eux-mêmes Urnn successeurs, se souciaient peu de la faveur du peuple. Il s'était élevé une contestation avec les ducs ; les Lucernois a}ant refusé de recevoir la mormaie de Zoph*r)gen , y furent contraints ; en même temps on aggrava l'impôt. De toutes parts on s'ass''ml)l.»it sur les places publiques; il y fut décide qu'on demanderait aux AV aldstetten une trevedo 90 ans. Les nobles , tres-méconteiits de cette résolution, voulurent, sous différent^ piéiextes, faire venir des troupes de l'Argovio; le sire de Kanischwag, commandant du château de Botenbour^, amena trois cents cavib- Uers. la nuit, aux portes de Lucerne; mais des avis sa!uta»res étaient paitis du sein de la noolesse même ; les bourgeois, prévenus di; danger , ne laissèrent entrer avec lui que (juelques hommes. Ramschu ag , réduit aux voies de persuasion , ne put rien sur les esprits. A son déparc, il fut suivi des prii^^ipaux dn (uirti du duc; alors tut résolue , d'une manière solm* nelle, l'accessioti à la lii,ue suisse.

Scliwytz act'tH'ilî.t Lurcrncs.uis crauite des conscuucncts* ÇeUe fuM encore

L*UNIVK1IS»

on rf^[M»'i.'» dmits drs flpbsl)0!irff.

Ce trailé ti^l un modèle de Justice et de inrdfnitiiNi. Ope rnlnnt li*s tfrrf$

de la nlle furent r:iva.:;éps : ses citoyens, pvasf'éros » orïfre leurs enne- Biîs, vr»ul:irpiit iiiijn h 'r sur l' Arijovie, et fiirenf surpris ri delarts iKir KainscJiwaff; u»ais le ediitin^eiit de Sirliwytz, qui .irrivjiit eu sniviuil les lx)r<ts du I;h* lie Yji'rL , les ve;iL:en dans l'instant ni^iue eî les r.dlia. Otle j^uerre n'eut p;is d*iin|Kirtaiice; vn1f>tn«*nt elle donna aira l^irernois To* :i i(vn de faire prf»iive d'une prarale fermeté. I.es nobles n':iv;iient pfîîiit renoncé à leurs projets ils eurent rei'o trs à la cun> spirntion. Ils se doimèrent rendez* vous sous une annule, à l'endroit où \p Inr h ri^'iie l»*ur rité , et déjà ils se preparnienl <ui massacre drs citoyens, quand un jecnie garçon, cnrils n'avaient point n|>en;u , sViifiijt errrnyë du (rmf^ sèment des annes : ils le' saisirent, mrns u'fMiren! p(»int la cruauté de le tuer. C U^t le c niiniseration sauva Lucerne; le jeinie prcon, qui n'avait ob'ettn 8.1 lilierté qn en pretint sernient (le ne ra<H)nter à aucun être %*iv.uit ,f(i';| avait vu, courut à la ^nlle OÙ Uuvaiciit les boucliers; l«î« s'.uires- 8»nt au pn^le , il lui fit le récit de tout ce qu'il savait. Aussitôt les bourgeois s' i itiîTpnt , pî conjurés cluîrchèrenl à re;:a^ri!'r fm îivt'iupnt l;*ur. demeure; nuiis on ie.s recoiinaiss;iitàIeurs nianehes roimes. Danit la nuit ni#me, on dé|)Aclia vers les cantoius, qui envoyèrent frois cents Iioinniç^; h Lucerne. l.'ari.sUxTat c f>f niif des lors le co'ivernenieut d'^s aîlauTs : troi> cents iNMinsfois eoiniiosèrent fassenUdée cléliliprante , el la république ainsi constituée deciiln f^p rini[)ôt, ;lp l'niiplni des revenus, de la guerre et de la paix.

Parmi les alliés des cantons se troa-

Tait un bomme beureux à la gneri*e , vainqueur de tous ses ennenus, le baron Dunat de Vat/ ; mais il souillait ses aérions valeureuses |>ar une odieuse cruauté. A Texeinple des tyrans de l'antiquilé, il se complaisait aux (lîainte» rie ses victimes: i! reiîfcnnaiî ses

priiOiiAiejrs doaâ des ^^urs ^ruiouUes,

et quind la faim Ifur arrachait dei tri.s de dése.s|ioir, il en jouissait , disant quff c\4ait te «liant de ses oi* seaux. Douât de Vat/. était riin des plus puissîtits seijînfurs de la Bbétie ; Il n'v a\alt iiuere de doniainequ'il ne |>osNed«U ou qu'il n'aduûu'strâl. \\ mourut en impie, en blaspliémant Dieu et les sacrements. Alors la noblesse, co'iiuie aftVîifM'Iiie de son joiip, se jeta sur les \N aldstetten. On vit s*anner tes Belmont, les Montatta, les F:ums, les Itans,* ci jusqu'aux Malïei de Palan/.;t : chariin voulait à l'envi mériipr la faveur de fAiitricbe. I abbé de Dissentis se montra le plus ardent : tl ordonna aux liaN* tants d*Urscrn de fermer aux nintons le passage du Saint-GoihanI ; mais ce pays se prévalut de son droit de ueulriditi'; l'ablié inan ba contre lir* sorn. Il V trouva les guerriers d*Uri, qui battffpnt ses troupes. Francjii* no lluscn et le |)od estât Hwvarîa, qui gouvernaient Coine, alTraiicliirent les iiabitants des VV aldsletten el dXrsem de tout droit de péage, tant à Cdmeqn'à BeUinzona. Bientôt TaWvéde Dissentis mourut ; il eut pour siirmseur un Attinuhausen , dont le prent Jean d'Attingnausen était l.indamirwa dHJri : leur considération a|iaisa tous ces d fférends , et la paix fut avanlapeusp aux cantons. I.fs tJfirs étaient épuisés par la guerre de JîohfMiie; ils ne vinrent donc dans leurs passessions antérieures que pour établir une paix ou fr/^re ae Dieu , qui comprenait r Alsace, la 5>oiial)e, !;i Rhétie, les Alpes. Les plaintes contre Lucerne furent soumises à remnereur:

celui-ci nomma neuf arbitres ae Mie, Zfiîi h pt Berne , et ils r^nlîrmèrent, en connaissance fie <-nyse, l'éternelle alliance conclue par L.ucerive avec les Waldstetten.

Genève , à cette époque , ne présea»

tilt pas l'aspprt de nini;;iîricem« que donnent auiourd'biii à cette Mie cité les be.'jux é<lilices de ses qu.ns, et ies belles pronienailes qui entourent soa enceinte ; mais à rextrémité du lac, le Rbdne renaissiiit avtt* la même impétuosité | le Salève s'élevait ausô^cw

SUISSE. or

m4mai dts rahiei romaiiMs que

.MUS npvo\ons plus, rt des tours du moyen qui ont disparu après e.les.

D^iine lurt, les A\\y*'s du tnablais et la» almiptes nionta*;nes de la 5Siivoie, eonmi»im |»ar la ciine neigeuse du Bl"Ht-Bfanr; dt* l'autre, les riantes n'amps qui bordeot le Jura , puis cette liriipide surface du Utc, spectacle i ih mcraie et majestueux, t( ujuurs renourelédans tmis les temps pour tous les peuples, pour les Rotnaitis, pour les Hcurjîuignons, pour les Suisses, et pour toutes les générations que Dieu

fnte encore à ^ terre. Aujourdimi prospérité, le connnerre, 1rs It'ttres rendent cette cité l'une des plus fîorissaiiles du monde; uïnîs à l'é|)oque dent nous rappelons les événements, vnporfEatii&ition conipliquéeoiivrattun vaste champ aux prétentions des comtes do Genève, des comtes de Savoie, des évéqucs, des daupliîns. Le sang coulait a cliaque instant dans les rues, .lurVis placfô publiques. Le comte de Génère et celui de Savoie y avaient cbnm un château fort. I/évp({ue Aymofl du Quart et Guillaume de .î<u- Itny, seifîneur de Gex, favorisaient le ronite de Genève. Ainédée de Génère etrîta le comte d*Ktitreiiiont, son bmme lijîe, à se déclarer |>onr le dniipliin, qui succétlait à tons les droits de Pierre de Savoie, comte de Fauei^nv. Tandis «|ue le comte de Saroie assiégeait Rntretiiont, Amédée |»nit devant Genève On l'introdiiitit. ainsi que le d.iupliin , dans la Tille U'isse, ils montet ent au bourg du Fenr; mais des haute lieux et de l'iî' du Rhône se préci|)lièreiit sur eux les lioiir^eois du p;!rti savoyard, et ils furent ohligrs de tu r en luiss:int beaucoup des leurs sur la p!ace.

comte Amédée étant mort, son fib Ciuiilaunie soutint mal ses ciartisans; mais ré\ (îque, secondé par l'archevêque de Vienne , excommunia les bourgeois qui l'avaiejit expulsé. Oes foudres Be furent pas sans elTet, les grands du parti de la Savoie furent ol)!i^és de ^wWpt la ville. Aymon du Quart fut i^rwlanié prince dé Genève; mais la Ptévôté tut formeUemeat assurée au

comte de Savoie. Tdt étalent h Genèf»

les événements peu avant Tarrivée de

Henri «le f .iixeiiiliour;^ , empereur, qui favorisait beaucoup le comte Auiedée de Savoie.

Plus tard, sous Tépiscopatde Pierre de Kauci^ny, des Genevois ayant tue un sujet du rotnre de Genève, les primes de Savoie, l*.douard et Aynon, vinrent occuper la ville avec des troupes, montèrent le bourg du Four et s'enip.irerent du cliiite.iu du comte, qui avait voulu tirer satisfaction de cet attentat, et qui avait refusé d'acquitter ses obli;:ations de vassal dans une guerre contre le dauphin. Les prières et les menaces de l'évètpie ne purent rien sur la nuiltitiide; plus turbulents que sages, tous se jetaient dans les lira« de la Savoie; tous les lieux fortiOés lui étaient livrés. Os différends eurent pour résnltMt ff'ftendre Sil suzeraineté. 1^ roi de Km née, Philippe de V<ilois , intervint comme niédiateur, et, bt«*ntdt après, un violent incendie consuma le p<ilais épis<'opal et les plus beaux éili fiées dr In ville haute. A cette époque, In Suisse romande avait pour princijuiux selj;neurs Jes Ontnson, qui s*enriclureut d*Au* - bonne, les M utfaucon. qui étaient cointf's (le Monlbéliard , les Neufchâtel , les Griiyt^res. Moudnn était la résidence de la puissante maison de Savoie, dont le pouvoir se fonîfiait de plus en plus dans ces l>elles contrées, et s'affermissait aussi dans la région (|ue Charlemagne avait donnée au chapitre de Sion, êt qui du lac Léman s*étf>u(l au Saint- Bernard.

Au nn'Iifu d'une époque de barbarie, il itnporte de signaler un trait qui honore les habitants de Soleure.

Ils s'étaient déclarés pour Louis de Bavière ; eu conséquence, le duc Léopold ét.iit venu mettre le siégr devant leur ville. Des pluies battantes avaient teliement ;^rossi IWar, que les eaux emportèrent lefiont, dans un moment où il était cbarué de soldats du duc d'Autriche. Au lieu de se réjouir de la perte de leurs ennemis, le^ assiéjies vinrent à leur secx)urs avec de> bateaux, les recueiHirent, puis les aj'aut reciuiuf-

têt Hnomrlê tfAtisfa vill«même, ffê lei

renvôyèfent au camp. Touché de tant

dê p^^nrrnsîté, Lf'opold 'îp présenta aux fiortes avec trente cavaiirrs ci ût 4oQ aux habitants d'une bannière en afgiN} âê ia reeotinafsastice.

À Ziirich cependant ie préparaient des événements qtii drvnicnt à jamais influer sur le destin de la Sutsse. Jetons un regard sur cette cité, qui élèvt ses édifices au bord d*mi des pfiis iMiaux \ncj% de la terre, dont les eaui, semblables h cp!!p<; d'un înrge fleuve, partagent de fertiles coteaux, qui sont chargés de prairies , de vergers et de vifîiiobles. L*oril reconnatt sur les côV* Unes, au milieu du vignoble et des forêts, tes blanches habitations du rivage; dans le lointain, Kichterschwyl et Rapperschwyl. bourgades entre lesquelles les deux rives se rapprodientos- Sez pour qu'un immense pont les puisse réunir. A Thori/on, pnr drln ce, riche tableau, une loimue et noire jnuraille de roches , et les glaces éternelles de Glarus et d'Appenzeii. Qtte le soleil vienne faire briller leurs cimes rosées^

3u'i! communiqiie son éclat aux ondes u lac, auMl anime ces coteaux, qu'il dore ces innombrables villages, et V\* Itiagiïiatlofl la plus brillante ne pourra ' rrppr aucun tableau qui surpasse la réalité. Dès les temps les plus anciens, ce pays fut riche de tout ce que rindustrie et le commerce peuvent accumuler de bienfaits : c'était le centre de toutes les affaires inmortontes pour l'Italie, rAlIeniaiine, les Pays- Bas et une partie de la France. La constitution de Zurich ajoutait encore à tant de prospérité le bienlatt de la liberté. La rommunniité nommnit un Conseil , (|ui administrait avec ics Juges éoclésiastiaues ; tous s'engagea'ent à défendre cnacun , et chacun se vouait à la même obligation envers tous. On De recevait de bourgeois que ceux qui par serment promettaient de se mettre pour dix ans. au moins, à la dispCNition de U republique, et de fassister de leurs conseils, de leurs brns , de deniers : charîin (lonnait caution d'acheter ou de Ii.ltir une maison. Avant de recevoir ua citoyen, la

ville s^assorait ans iM admisiiw étni les premïeis m nois n^entratnenit

l;i rité à nitciine c^uerre. î-e son de la cloche rassemblait l.i commune au lieu le plus élevé de la ville, sur 1 einptacement d« randen psiais t là, on votait et Ton délibérait en plein air. On rirl'iit quel spr.n't . en cns d'élertion douteuse, l'en ipereur reconnu par Zurich ; si Ton tcrait la guerre, si l'oa prendfilt iHi proleelBiir : on y déterminait le prix des denréss; on y

fixiiit les poids et mesuras, ttc. , etc. Kniln , tous les quatre mois on élisait le conseil, et tout citoyen était obligé de prendre partà l'éioctloni iOMS peins de perdro ses droits.

Le conseil se composait de donze chevaliers et de vingt -(quatre bourgeois imrtagés en trois sections : c'était le gouvernement, le pouvoir emevtîf, la cour de justice. On n^admettaU aucune intervention étrani;ère, niieurff démarche : les protecteurs d'un crnninel étaient punis comme lui. L'amende ne pouvait étro infligée, ^ue du can* sentement des trois sections et daas certains cas détprjîn'nés : autrement, îl fallait l'assentiment de tous , ou de cent bourgeois au moins. La considé' ration de certaines famill«» maintint long-temps les dignités muniapalcs df!ns leur sein , et cet ofdre de choses marchant d'amélioration en amélioration , se perpétua pendant des siècles, et se consolida avee les mœurs simples du puys.Enricliis par le commerce, des bourgeois dcveriaiciit chevaliers, mais ils ne changeaient point de nom, et ne rougissaient pas de leur boutique. La confiance 8*accrut au point que fort souvent les étrangers portaient leurs différends devant les nia-

Sistrats de Zurich, sûrs à l'avaûce *un6 décision éclairée. Le prévôt de la ville et celui de Talitiiiye ne pouvaient rxéruter les sentences qirils rendaient en matière de dettes que lorsqu'elles avaient reçu ia ratificaiion du conseil. Il y avait trois chanoines élus par la ville et les deux chapitres pour juga les différends entre prêtres et mfgeois.

Far une diapoaitioQ saige, oa 44

; Mâ I jMMii» féipât éé ttiiéfk^

fUtkunt d'une amende de d'ii marrsft de démolition de sa maison , quicooque fonderait une association I OH inemaltrise autres que celles créées I Mur les métiers i la patrie 8*ouMle ! vopsouTPn^ dans ces reunions. Oiiand I (feux citoyens se mettaient en hostilité, on lès banoissait Fun et l'autre.

UfiOeaTaitde bonnes murailles, de hiks tours, des fossés profonds; on , ne permit l'établissemeni d'auoun faubourg, d'aucune maison fortifiée dans le voisinage. Le code pénal était sini- I ple.'léilléurtrier était puni de bannisse- \ m^nt et de déchéance des droits de cité; rétiang^r subissait la peine ca- , pîtale. Si ic meurtre était involon- > taire, il I avait amende de 20 marcs, I ddenNHfié seulement, si l'homicidé I ifêbH pas bourgeois ; car te bourgeois j titnon seulement pour lui, mais pour le salut de tous. Si le criminel se réfu- I giâiWdans la demeure d'un nrêtre, 09 rjËD smcliait ; s'il fuvait chez un df^jren, oo n*employait fa force qu'après que celui-ci avait refusé de le livrer. L'injure pouvant allumer la colère, 00 punissait son auteur, saus soeune plainte de la part de finsulté, « peur quMI ne se nt justice à luimimé. & la partie qui perdait son prooM se répandait en invectives contre les juges , ceux-ci (juittaieut le si^^e, et ne consentaient a reprendre Ifurs fonctions gu'après que satisl'acf"^n f^ur était Jonnrp. Ce sentiment •i'- difiuiié personnelle faisait de cha-

Îue bourgeois un ami sur , un ennemi iQiereiix, un homme libre, un guerrier eoarageux , et tel était le ci^yen, |ef fe peuple entier. Dans les mœurs , f V avilit cordinlité, simplicité : il était deifendu d'inviter à la noce la plus ^ndide au delà de vingt mères de >9aiiUe, et d'y ;ippeler plus de quatre musiciens (deux hautbois, deux violons) et ie deux chanteurs. La police oes cabarets était sévère, l'heure de la i|dnite invariable : on o*y buvait que vu vin du pays. KoOn, les femmes pu* yiques, assujetties jusqu'alors à porter ««a bonnets roug"-s , furent entière- M supprimées. Les Juifs, comme

Partout éli tentpA-là « éçraovaf eni

mainte avanie : il leur était défendu de se mettre à la fenêtre, ou de se montrer en aucune fa<^on du jeudi saint au samedi saint, ni de faire aucun biliit dans leurs maisons. Le gouverneur impérial n'intervenait (^ue rarement dans les affaires de Zurich ; Il ne paraissait au conseil (]ue quand il y était appelé. Les affaires capitales étaient de sa oompétenct, mais m I* douceur des mœurs , il y en avait pou , ' et la jalousie des bourgeois contre tout

Souvoir étranger fut pour beaucoup ans la modération des lois, et danS rekngnement que les Zurichois montrèrent pour la peine de mort. Cette belle constitution , au surplus , s'était formée à b longue; elle n'était pas, Comme celles de rantiquité, laconoe|^ tion d'im homme de génie, foeuvfa et l.i gloire d'un seul ; le temps et l'ex-

{)énenre l'avaient élaborée, et la voonte libre des citoyens v ajoutait toujours quelque nouvellé dlspositkm.

L*atsance amène le loisir, les relations sociales se multiplient avec les jouissances. Zurich ne demeura point étrangère au mouvement intellectuel :

les inventions nouvelles « les exerdoetf de Tesprit, ki poésie même iKcupaienC im p^rand nomnre de ses notables habitants. Le nom de Roger Manesse est encore célèbre : les troubadou'S ou Mintutsinger de TAIIemagne aocourarent en foule à son château de Uanegk et à Zurich. Il nous a laissé un recueil de vers de plus de cent quarante auteurs. Leurs chants retentissaient dans fous les châteans de la Thurgovié»

conmie dans l'Oberland bernois : tlad* loubles répétait sur sa Ivre. Conrad de ISIuri fit revivre la mythologie; à Zurich Boner fit son recueil de fables ingénieuses. Dans les nuits solitaires de son château , Lutold de Reçensberg apprenait de son esjirit familier les secrets de la philosophie; Wolfram d'Eschenbach y chanta les aventures merveilleuses de Guillaume d*Orange et peutêtre aussi les Niehelun^en, cette Iliade germanique. Eschenbach traduisait, avec un rare bonheur, les cliauté provençaux. Jean de Wart , les eooiltl éè

Tcx'kenbourg, Werner de Hoiibffrjr, Jean de Halisboiiri et de Rnpperschwyl , et une inultitiidp de seît^neuni et dé bouiTçeois s'abandonnaient au culte des Muses : les unsch int.u'ent l'anioiiP et les pinisirs, et les aulres, sur un ton dIus grave, se plaignaient de la décaaenre des imrars. T^îurs créations ont aut;int de <:;rnce que de force; souvent il y a de Pélévation, plus souvent du sentiment, toujours du naturel et de la siinpiicité. Telle était rheureuse Zurîrli « libre, rinhe, tran*

Suille; depuis le sommet du Saint-Golard jtisqu'nttx rivs du Rhin , elle ne voyait que des allies, et l'emportait sur tous en prospérité, en intelligence, en institutions civiles et iiiîli* taires.

Mais une révolution se préparait ; des partis se forirnient dans le auiseil : on accusa les donu'nateurs de partialité. A entendre les fa'lieux, il n'y nvait plus de sériirîté [)our 1rs t'itoyens, plus de lidélité d.ms I ;idrnir)istrâtion des revenus publics : i'aibitraîre et Torgueil étaient partout. Ro« dolphe Broun, ineiitbre du conseil, était le prinripn! auteur de ces pl.iintes; il aniput.iit les bourgeois, leur représentait la tyrannie c^mune insupporta'! ble, prom'ettait de braver tous les dangers, pourvu qu'on le secon* d.it. bon droit, |f nninbrp n'étaient-îfs pas du noté du pauvre? Pour lui, il risquerait ses biens , sa lil>erté, sa vie pour sauver le peuple de Poppression. Alors on vit s'attacher à sa suite quiconque avait un srijpî de mécontentement . quieon(jue, ( onitne lui, avait été trappé d'une autende, ou murmurait de l'impôt : il eut pour partisans ceux qui se plaifcnaietit d*avoir perdu des procès, ceux qui attendaient tout d'un changement, et cette ardcfite jeunesse, toujours prête à se jeter dans toutes les entreprises hasardeuses. Il y avait (railleurs un charme secret dans le renverseinent d'un pouvoir, et dans la création d'uo autre ordre de choses.

Au mois de mai 133$, la commune étant réunie pour les élections, un bomme du peuple s'avança, et de-

manda qu'il filt rendu compte des reveims pub!ics : cette réclamation fut appuvée |>ar les chevaliers Manesse et Clans, et par deux autres amis de Rroiiii, memhres d(i conseil, l/.isseinl)iee était eu pnuc n l;i |>lus ÇipnAt a.ui'ation. Hrouii savmi que dans tout obminenoement la modération est le plus sdr moyen de succès. Chacun put donc s'en re*rourner librement : on regarda rettp scène comme une tempête qiii naur.ut point d'etïet, et l'on crut apaiser le fieupleen temporisant, au lieu de recourir à des mesures de vigueur pour s'assurer le rejK)^, Sîi semaines apre^, il y eut ime violente émeute ; le peuple se précipita vers le lieu des séances du conseil : les ma-

{(Lstrats, saisis de terreur, s'enfuirent a plifpart de In ville. Cet événement fut suivi «l'une rcurnou dans un couvent, ou la souveraine puissance fut déoernee à Riidolphe Rmun. 1^ pouvernemeut devait changer d" forme.

Provisoirement Rroun s'adjoi^n if langer Manesse, Henri Hiber, Jean de Hoctinï;en et Jacques Brojm le chevalier. Les anciens magistrats fiirmt bïiuiis; leurs enfants inémes furent privés de toute participation au pouvoir. A la lin de cette m^me année 1335, Rodolphe assembla les bout ucois, et l'on convint d*une constitution qui le nt lK)urgmestre à vie, et lui donna un conseil de chevaliers, de honr«!fois et d'artisans. Tous les chevaliers et tous les bourgeois qui ne vivaient pas d*iine |)rofession . composèrent une association îinerrière, appelre co/î^/rtb/e; la bannière de Zurich lui étnit œntiée. Le bourgmestre désignait deux chevaliers, deux écuyers et quatre autres personnes à son* choix, pour élire trei/e membres du conseil dans 'e ro?^sîal)ie , dont six chevaliers et sept bonrf^eois. Tous les métiers furent répartis en treisce tribuis composées de maîtres et de oompairnons. Toute eontestntion sur une élection devait élre décidée par ic bour^n^estre, qu» leccvaii les serments de tous Je~s i hels de trib«is. I^selief^, treize ciHiseillers du coustaMef^f lui coin|iosaleut le conseil. A la nurt de fimuit o&

étirait poor boiirgmeiifre» toH Ilniri

Bil)er, soit Roger Manps,<;p, sort Jean deilottiiii^en.soiteniiii (ncq^irs Kruun.

pouvoirs des conseils tturaieiit de laSaHit-Jeaii-lla|itistejiiS(|u*à laSalnl- Jaui réran^élisie. Oiiiiize jours auparavant on rfnoiivpi.iii les rlerteurs.

On ne fioria point atteinte aux droits de l'empereur Louis de Bavière , qui sanrtîoidit fes statuts : ils reçurent aussi ràpprobiiticin d'fUisatieth de Mazingen , ?h!K>sse par In trrnre de Dieu, et du uiiute de 'lockeubourg» abbé du irraiid chapitre.

LVsprit de ce ^couvemement fut h- Torable nu couiiuerce , mais préjudiciable .iragricuiture , dont les produits se veiidaieiitn vil prix : on défendit l'exportation des matières premières et l împortatinn des matières ouvréès. Quel- Qiies citoyens ayant demandé la faculté Q.tchpteflion mpnt ait flrlior?^ ohjpts dft première néot^ssité, il tutdecreléfjiie Qiiiconaueà l'avenir reproduirait cette oeinande, serait banni pour ciiM| ans, ou puni rorpore lement. Cependant Jfaiî de Ra|)|)ersrfnv\ I nv: 1 recupilli les ftjftitifs, qui se vengeaient de la confiscation de leurs biens, en saisis- Mot les revenus des propriétés rurales de leurs ennnnis ; ils avaient d'ailleurs des intcllirrences dansZiirirÎK Rodoliihe Broun, jirrtrxtant une conspfratiun,

périr ceux qui lui |K)rtaient omhnge ; i|uifDm|ue quittait la ville Sans ^3 permission , était banni à |)erpéliiitp. I! fnt interdit aux nniis, aux parents, de se réunir à plus de cinq et nfaieà plus de trois; quiconque, le ioîr, sortait sans lumière, ou quioon*

?|'ie ouvrait sa maison aprrs le couvrepu, était sévèreineiil iiuni. l e honraniestre avait le droit ae sVmparer de toi» 1rs chevaux. Il ae fit accorder une garde et soixante marcs d^argeot

pour h pnver.

HiMlolpiie Broun fit quelques e\|)éditioiis ifuerrières ; Tune d'elles contre de Rnp|ierst*liw%'l , de ooneert avec Dietlieltn de Toclienlîouriî, neveu de Talilié. (>n nttriqtta (!e tc-utes f>arts leclu^te.iu de (Irunan, que se dispu- Jient ees seigneurs; mais Jeun de ^Wrsebvyl, babilô d courageux,

ue^tinf pas compte du Mnlire, el,

du haut (lu Kuciiber^, se précipita sur l'ennemi. 1^ Zurichois s'enfuirent en désordre dans leurs bateaux , et DIetliehn l'm fuit prisonnier. On ne lait si ce fut dans celte occasion que llronn tilt bîes>e.Onoi qu'il rn soit, il voulut relev*'r sa réputation, et Ht une nouvelle expédition. Cette fois le nombre remporta ; Jean fiérit en combattant, et près de lui le jeune chevalier minier, dont la valeur venait de ven»

ger sa mort. Les hahitntits de Rapperscîiwyl , exaspérés par cette double perte, coupèrent leur pnsonnîer Dietnelm par morceaux : I intervention de Louis de Bavière et des dues d'Autriche ritabiit la p iis. l ne autre fois, Broun , du consetitemeut des ducs détr*iisit le ehdteau de Sehaiienliourg.

dans lequel ses ennemis tenaient conseil, et seconda les habitants des bords du lac de (ionstanre dans leurs campagnes contre le château d'Alstetten; il fut rallié fidèle de S$&int-GaH, de Sehal'fhousen et de Râle. Pendant quatorze ans cet ordre de choses fut florissant; tnais Broun avait trop d'ennemis, stui pouvoir sV.iait établi sur trop d'infortunes |iarttcuiière& : les exilés, les familles déchues du pouvoir, les parents des eoMdafîuiés le haïssaient. Ils voulaient rétablir Tancienne constitution : à leurs veux c'était un devoir; et quel que fut Tévénement, une seule nuit devait mettre fin à leurs lon^^s n^alheiirs. On s'assura des dispositions <lu comte de llapperschwyl , qui avait à venger son t>ère tué à (iriinau. On avertit Béren^^er de Hohenlandenberj; et Ulrich de Bonstetten :

parmi sept cents conjurés, chose siirpreuanlc, il ne .se trouva ni un traître , ni m^ne un indiscret. Au moment fixé pohr l'extotion , Ulrich de Bonstetten vint Sdtis prétexte de visiter .sa parente, religieuse du monastère; le comte de Rapper.sc"hwyl prétexti des affaires; il entra dans'Ia ville à minuit , et Béren;{er de l<andenberg fut hissé par-des.siis les murs. ITrt portier avait été ga<:né; il laissa entrer ies soldats de Rapperscimyl. Ou vuulait décapiter, à la uuiiaott de viUe, It

ktarpn&ftft «t «m prinetpaoi cm-

pHets. Malheureusement un fdfçon boulanger sommeillait {ïamère Ifi fourneau de l'auberge où Vo9 s'étÀ réwH ; jiiBteallli0Hl,et ne Mie ^prévenir son maître, qui ge rendit chez ILp- 4olphe Broun. Celui-ci revêtit promp- ÎÊmeot la eairasse , le boulanger ^nna i'alamit» Rodolphe eounit mm bM, MM MnKflM à It iMîioii commiiMf non sans s'exposer à de grands dangers, car les conjurée tuèrent son valet , QUI marcliait devant lui \ heureusen^ent MM lui aii*tlflay«i( l« mot 4*«iiiM. âplAwékVhSà d» vUte ilM ftMM hp^rte, appelle au secours et pousse de p-ands cris. Les artisans act^ôiirurent les premiers : les femmes mêmes se mêlèrent tu eombat, jetifli par les kafibtm te MMNiotes, des péU et des piams.

Cependant les conjurés s'étaient emparés de la place du marché : Rodolphe les attaqua ; là périt Béreo^r de flaot-Laiidamierg , avee Ulr jjoh de Mazin^en et cinq anciens conseillers; enfin, il fallut céder et s'enfuir. Les bateaux étuient submergés sous le poids des fuyards ; d'autres se précipitaient des muraUles ; d'witres encore étaient écrasés; iean de fiLapferschwyJ et Ulrich de Bonstetten furent pris dans les 168sés.Ils furent enfermes dans la tuurde W^kaberg , sur un rœber que les (lots du laelNiHent de toutes farts, Trenie* sept citoyéns furent, les uns décapités, les autres roués, et chacun fut mis à mort devant sa maison. On prolongea leurs tourments, afin dWrayer à jameif quieenoue voMdrait conspirer Mntre Broun. Sept jours après, il alla mettre le siège devant Rapperschwyl, où Sohaffîiousen lui envoya des se* cours : la ville se reudit Je MiMèmt leur, après avtflr atipvAi le «aaistien de ses libertés.

Cependant les comtes de Rapperscbwyi et de fionstetteo ne réclamaient «oint la- délivraiioe de leur ér«âre.

Bnoua menaça de ravager le (ni^'s.

Pour prévenir œs désastres , la l eme Agnès, qui vivait encore a Konigsfelden, s'interposa en tavexir des babiiaiit8« saus Aue iamais il filt iiarlé de

bles df Walner , dopl i# chAteae Mi

à Freiidensteijia , près de Soulz eii ilsace , tenant ûe» terres des HM9U^ de ^apperscliwyJ , enlevèrent à vlMp einii marnhands de Inrk^ fpor sSB ducats de marchandises: par larme de représailles, Rodolphe Broun Gt saisir cent pèlerins de Bàle et soixante 4e Strasbourg, qui sa rendaîetità Nod»* Dame-des- Ermites. Les évlqiues et les villes impériales du Brisgau intervinrent. Inllexible tant qu'il ne craipait rien , le l>ourgmestre ^da , quant} il vit Cjue le commerce de Zi^ridi aveç Fraap* tort était cemiyarois^ il ««dut traiter de la paix avec les jeunes ceintes de Rapperscliwyl, qui lui repondirent oue leurs Ikfs appartenaient à rAutriclie, et ^'ita ne nraienl rka saps Jflsduc<; Us souffrirent mâm» patiepwpept qu'il leur vînt enlever comme otages soixante des principaux habitants de Rapperschwyl. Lechûteau fut renversé, les mvfs de ie viUe déinolistiQ^ hsMtao^ se flattaient que, désormais sans défense, ils n'auraient plus rien à redouter de la guerre ; mais tou^ à coup au mois de décembre, par m ùm rÂ^ureux « R<fyfaî|ybe Broun leur »

joij^it de ouiÙer leurs demeures , et y mit le feu, acte d'une froide et unbéoile barbarie Rodolphe »e savait m conserver une coi^piétSi ^i ^ MDdM iMytUe è rennemi.

Ce fin fia la&i , cinq mois après s'être rendu coupable de cette horrible destruction, qu'il envoya demander le ^fi«eours des 'VVaidstetten, en leur proposait iwealliaMe étfinîeile. Las cantoDS avaient toujours mnpHs l'importance dont serait pour em l'indépendance de Zurich, envoyés de Schwytz, liri, Unt^v^^edden et Lu

Vinrent done n M apjfieK et le l'*^ n»ai ou signa Taote rx>nfédération, qui devait être renouvelé tous les dix ans, mais qui portait m ^uiméaie la clause de perpétuités

«Cependant ia cantiviié de JfMi ^ Habsbourg et d'Ulrioli de JQbvMtatiai se proloiif^eait , et , dans les oremierî jours du mois d'am'H, Albert, dui d*Autriclie , (ils de reinper^ur 4»i c<

facRiKk, où M «éniitraiit 1m députés

éM viUit4'AlMM <i éÊ Brii{aHi.

eette réunion , il se plaignit amèrement des Zuritihois et des cruautés qiriis avaient exercées sur la ville de Rappersciiwyl. Il exposa co mime temps ses griefis contre les Suisses.

Les députés de Rapperf»chwyl excitèrent une commisération universelle.

Les magistrats des villes promirent iê fiogsr kar inallieiir. Le duc fit comparaître les envoyés de Zurich , et leur ordonna de reconstruire le Vieux et Je ^euf- Rappersciiwyl, et de répaler pécuoiairetnent le dommage. Ils lépoodirent quMls n*en feraient rien ; que Fauteur de tout le mal était le eo.nte Jean; que lui seul avait commencé les hostilités. Albert se prépara donc à la guerre , et les Zurichois implorèrent le secours des cantons , et dépêchèrent des députés à l'empereur Charles IV, qui promit d'iuter\eiiir pour le maintien ae la paix. Le 13 octobre, tes Suisses entrèrenl dans la ville, Jbannières dépiojFées; Albert Tint samper prés de ses remparts. Cependant les B^ilois n'eurent pas de peine à le deteriiiiner u choisir des arbitres ; Ziiliflli m nomma ds son nftté ; l'un asm était le seigneur de Balm , prévôt de Berne. Ils soumirent leur décision à la reine Agnès, à Rœnigsfelden ; mais elle mit be^Miooup de partialité dans son jugemnot. Les Waldstetten visent me doplaisir les Ziirirhois donner des ota-

§es. L'arrêt blàniait toute leur conuite; il ordonnait la reconstruction des deui Rapperschwyl ; eniin il embrouillait teilement les elausss relatives à la délivram'c de Habsbourg st de Bonstetten , qu'il y avait dans cette pièce ^<erine à de nouvelles discordes.

Malgré ce que ce traité avait de desavan&|gs«s, les parants des. otages déterminèrent la cité à le jurer 3 mais bientôt les contestations recommencèrent , car les conseillers du duc ne voulaient que ffagiter du temps. On tata les otages aans les fsis, sous prétexte que les «aptifs , dont cependant il n^était pas fait mention expresse, n'étaient pas encore libres. Les Suisses inriigfiéii vuururciit aux airmes. JDaus

ces draonstaiMSSf Albatt dsriHdida tto

contingent à GIsrus. Ce mvr, adml*

nistré sous la protection de rempirs« appartenait à Tabliesse de Sekingen, et ne devait de contingent que pour la défense. De^is ^ les liabs|MNii| avaient acquis Tadvocatie du couves»

et le fief de la prévôté de G larus, beaucoup de griefs avaient éloigné d'eux les habitants. Us leur reprochaient leur réunion à Gastern, la pr<ssu<e d'un gouverneur dans le château fort de Naefels, la suppression du landam* man, leur magistrat populaire, ete*, etc. Le gouverneur était alors un chevalier de fiunills rhétiennSi Waràîir de Stadion; on lui répondit que le psys n'était pas tenu de prendre part aux guerres des ducs d'Autriche. Albert voulut employer la force, mais 1^ Suisses le devsncèrent ; ii firent occuper les vallées de G larus au milieu de l'hiver. L'alliance s'établit entre les cantons et ce petit pays« Qui sur-iechamp fournit deux omts nommes à la garnison de Zurich» Stadion, q^n avait pris la fuite, essaya d'une surprise. Il vint de Ra^iperschwyl avec beaucoup de soldats; a son approche, les Glamais s'asMmlèrsBt sur le Autlfold , non loin de Naefels. Le gouverneur n'avait a soutenir que l'honneur * de son nom; ses adversaires combattaient pour tout ce (^ui est cher à l'homme. Stadion péni el beaucm»

de nobles avec lui. Les vainqueurs tili^ rent vinct-deux bourgeois de Wessn et ra^rent le cluUtuin de Naefels.

Pendant que le duc rassemblait sou armés, il y avait près de Saden une troupe de soldats de Bâle, de Strasbourg et de Fribourgen Brisgau.IIs ne cessaient de ravager les terres de Zurich. Le bourgmestre résolut de les battre avant l'arrivée des renforts

3u*iis attendaient. Ils étaient instruits e ses projets, et tandis qu'il s'avançait le long de la Reuss, versTatwyL ils 'ui dressèrent un pie^, dans lequd il donna. Le pays est composé de jolies vadées domincès par des collines boisées et sillonnées par la Liinniuth, la Reuss, l'Aar et uneumlUtude de ruis> seaux. U eût été iacils k u» guSMiir

L*UKIVERS.

hlibite <f y prenéte une bonne position,

mais Broun n'était intbnnéde rien; il ne sut pas inèine que des suitn^es de TAdij^e éUiit arrive Hurghard d*Kller« bach, l'un des chefs les |ilu8 ex|iérimentes ^e Tiinnée du duc, et que la prtîte trou|)e qn*il espérait conihuttrr avec avantage s'élevait niaiiileiiant à quatre niillenonunes, tandis qu'il n>n avait que quinze cents. Quand il l*ap-> prit, il n'était plus tein))s d\v reiiië> oler , car il était cerné. Ptilc di* terreur, il s'enfuit secrètement n <;a inaisun de campnpne, croyant abandonner les siens a une moVt certaine. Manesse, après Tavuir vainement cherclié, se précipita n h iéif tics '/iirichois, puis, affectant une lOirlianre (jii'il traviiit pas , <' Le Sidut de ta patrie est eittre nos mains, dit-il; combattez vatllain* ment; nous ne sonnnes point abnndonîv's : nos concitoyens accourent, et le conseil de guerre a décidé que Rodolphe irait au-devant d'eux, pour les mieux guider. En son absence, c'està m^îque le commandement cstconlié. » Aussitôt ildonna lemot d*()rdre et attendit l'ennemi. On dit qu'il eut soin de placer beaucoup de juments à l*endroit où chargea la cavalerie, ce qui nn|)échn les cnvnîters de ^ruverner leurs chevaux. Pendant plus de trois heures, et jusqu'à la nuit, il soutint un combat inégal. Déjà les forces des soldats s'épuisaient, quand tout à coup, sur une hauteur, reteniit le cri : .7 nous, saint Félix', irétait le mot d'ordre.

Cent cinquante campagnard:» de Kichferschwyl, Wadischwyl et PfnDtlIkon Tavaient appris en chemin et ils venaient se joindre r'i l'année, sans savoir que déjà elle et;iit eii^nm-r. |,cijraj)[)arition décida la vn iuirtt. l/ciin loi iul repoussé jusque sous les murs de Ha* den. En recoimaissance dnce suc*cès, les Zurichois vouèrent noe procession à Kinsiedlen Klle se renoiivrla tous les ans avec une gratide soient. île |)endant cent soixante et dix ans, et il fallait qu'il y assistât un honune |>ar foyer domestique. Après cet .icte de lAcliPté, il sernhierait que le lM)uri;n»estre ddt être perdu dans l'esprit de la boui^eoisie : il eu fut tout uutreiueut.

Le peuplé Talla èhêrdwr , bann^èredé*

ployée, jK)ur le ramener d ns /.tirich* Cîir il avait fait répandre le brinl que la noblesse conspirait contre les arti-

Au printemiM , les préparatit^ du Am

n'étatit pas enrore teri)iiiirs , mille soldais vinrent à K.usnacht par l'isthme

Îui séiKire le lac de Zug de celui de .uoenie: ils brdlèreiit les bàbitaUoni, et déjà s>n retournaient chargé d0 bmin, quand, par une audace extraordinaire, quarante-dettx Suisses jetèrent sur eux pour le leur enlever. Ces braves iierdirent dîx*ir|it hommes, et les vingt- cino autres continuèrent à conihattre avecacl.arnement autour des cadavres. Les Autrichiens, ne pouvant comprendre cette témérité, iTurent que ce n*était qu'une fausse attaque pour cacher une embitscadr' , et s'etilnirenl. Mais les Suisses ne taisaient, en agissant ainsi, que suivre la loi de leur pays, ^uicau-

aue fuyait devant renneniî était puBi e mort, et sa descendanre était déshonorée just|u'â la troisième générati n. On se venj^ea du désastre de KusnachI par la destruction du cliili* teau de llabstiourg, qui, du haut du Rotenflue, dotnin*; le li»c de lAicerne.

Les Suisses comprirent rini|H»rtance dont serait |H)ur eux la |iossessioti de Zug, ville londée niitrefois sous le< conites del^nzbourç , H domttiaiit un pays o-ivert, entoure «le collines; et de clïiileHiux , dont l*»s iiîaitres avaient pris chez elle droit de bourgeoisie. IaîiIuc n*y avait qu*une fuible i^arnison d'archers straslKiurgeois. A r«ipproche des Siu'sses, les c^unpa^nards se déchirèrent potir eux. Zmi;, mul préparée à ia défense, obtint une courte ireve, pendant laquelle on déuét^ha vers le due Albert à Kanij^sfeldeu'iin députéap^lé llennann. I.e duc Pétrouta ne^lij^einninil, eonliniiant à sVntretenir avec son lauconnier; et rxmuue llernianneu témoigna sa douleur, -lUez , ré|H>jiilil le prince, on reprendra ce qui awa éU pris. A cette nouvelle, Zu^ ouvrit se j»ort»^s aux Suisses, et jur.» de s'tmir î leur ligue pour ie auiiatieii de ses diuù et de sa buerté*

SUISSE

Albeit avait de plus vastes pfant :

il mlaît soumettre les cantons euxm^nm. L'électeur de BrandelH)urg, Qls de Louis de Bavière , le coinledelNeufchâtel,ceuxde Moufort,de\Vijrtenberg, d'OEttingen, de Fursteuberg,deNeUeobour^, de K.ybourg , de Hochberg, lui amenèrent ou lui envoyèrrnt dps secours. Il avait, |>our lui, les ducs d Urs- Uneeu et de Teck, cinq évéques, Liudau, Fnoourg, Bâle, Strasbourg et Schaflioulen. En vertu de traités exécutés à regret , le conlî ngent de Berne arriva aussi avec les alliés de Laupen , de Mornt , de Payeme, de Soleure. Les Suisses déjà avaient secouru les Bernois à la glorieasebataillede Laupen O ; ils m devaient pns les revoir parmi leurs ennrmis. A vec les Hemois étaient Erlach , Hubetibcrg et Weissembourg il^y avait, en tout, trente mille honuDM et quatre mille eavaiiers. Le commandemeut supérieur était ronflé au comte £berhard de>Vurtenberg : les Zurichois se défeudaieiit eux-inênies , et leurs aliiescaui- IMÙdit sur le Ziirichberg. La première opérafieii des Autrichiens fut de jeter un pont sur la Linimalh ; les assièges le brisèrent. L'ennemi , ayant trouvé ou gué , ravagea tout le pays entre cette rivière et la SB. line jonie des Luoeraois faillit devenir ftjneste aux fôiirrageurs , mais ils furent sauvés pnr h cavalerie qu*on envoya à leur secours. Ce lut le seul exploit de Tcx* pédition. L'éleetear de Brandebourg oftrit sa ntédiation , qui fut acceptée par Albert pt pnr les Suisses; renx-ci se souvenaient de Tamitie de Louis de Bavière, son père. Au point du jour, il n'y avait plus devant ziiricb que les Bernois, qui partirent aussi, n^ajant pas ju|^ oonvenaMe de faire retraite la nuit.

Les plénipotentiaires se réunirent a Ineeme cliez Loois de Brandeboutg

au commencement d'octobre. Des conditions équitables furent proposées et acceptées : les otai^es furent rendus à Zurich, qui, a son tour, remit en

(*) Nous en parlerons plm tard, quoi- 'JttVl^ ait lieu dès ràiinéc r 337 ■ '1 f'*'' ^dbcUe d'interroiupre l'histoire Ue Ziirich.

liberté Jean de Habsbourg- Uapper* sdiwil; Ulrich de Bonstettm avÂ

été accoidé, un an plutôt, aux larmes d'une mère âgén de SU ans , et aut prières de l'abbé de Saint-Gall, son parent. Bonstetteii épousa la (llle de Roger Manesse, vainqueur de Tâtwyl.

Tsoiis dirons cniniiieiit, à la fln de cette même aiiiiée^ Btime eotri.dans la confédération.

Le duc Albert , après avoir rendu les . derniers devoirs à salénime, Jeanne de Feretîe dont il conserva les immenses (lomaities, exigea, conune si ç'eOt été une condition de la paii, une eutiere renonciation de Zug et de Glarus à la oonfédéraHon. Ces cantons résistèrent.

Albert alla trouver l'emperetir, et se plaignit n la diète de Worins ; puis il arma de nouveau. Cbailes IV avait fait à Ziirieh un premier voyage, et s'était montré favorable aux rantons; mais (|nand il y revint \\o\\t se constituer juge, les Suisses réservèrent leurs droits et leur ligue. L'empereur irrité dit qne ces alliances étaient nulles; que les membres de Tempire ne poa* vaient en conclure aucune sans rapprobntîon du souverain, et il leur donna deux jours pour réfléchir. Les députés, après s*étre consultés, déclarèrent qu'ils resteraient fermes dans l'observation de leurs serments. Tout aussitôt fies 01 (lies turent don nés dans tout Tenipire, et i on se dis])osa à réduire à robéissance ces montaniards qtji méconnaissaient l'autorise impériale. En jtiin 1354, un messag»

parti de Katisbomie déclara stilennellenient la guerre aux confédérés. Sur ces- entrefaites . Jean de Rappencbw^ vendit cette ville au duc Albert. Le t août, des troupes autrichiennes passèrent sous les murs de Zurich pour aller prendre possession du comté. On rebâtit le fort, la ville et les murailles. Cette cession mettait à la disposition d'Albert les pèlerinaires d'Kinsideîn , le commerce et les relations de Zurich avec Glurus et Schwytz. Il s'empara bientét aussi d*Un rebandiement voisin d'01)ermella« et fK un i^rand car»

nage de In petite î;:irnîson Trois semaines n'étaient pas révolues çpM

i'wpereur viot camper devant Zurich à U této de plus lie quarante mille ■oMnei. Ln halritattli ■aiititiit beuik .•Oup de sorties , non-seulement pour se tenir en lialeine , mais encore pour 9voir occasion de parler aux soldats fiiutiiiif , et de les tnstraiie te Yérl- ^lei causes de la {guerre. Le but n'était J^, disaient-ils , de rérluire à l'obéissance une seule ville, mais de ^ire décider par la violence que les £tats de Tempire n^anieat pM n lifoH de se liguer entre eux, ce qui* oepeii* dant , était le seul moyen de se garantir de l'oppression des prands. Sous divers prétextes, des bourgeois de jlipricli wnaleiit dqni le earop, où Ui .nm^îwl ^ f^its , où ils discataîent aes questions, où ils accusaieut Taudace et l'anibition des Habsbourg. En mém^ tei.nps , un drai)eau a l'aigle impériale flotlalt m la tour en swne do •fidélité. Les députés des confédérés , ceux de beaucoup d'autres villes, et même des seigneurs, vinrent à la tente de ^empereur, en demandant la paix

S Dur la Suisse. Malgré las efforts du uc d'Autriche , Charles reconnut qu'il n'était pas juste d'attaquer les peuples de Tempire contre le vœu des États; .et le lendemain de cette sentence, on partil dans )e plus grand désordre, chacun sedisnutant la prérogative d'ouvrir la marciie. L'Autriche continua ses incursions, et couvrit ce pays de eavaliers bonsrois , qui Ifariot eoooie .plus mal ji ses aiuéa qu'à ses ea- .nemis.

Charles IV envoya aux confédérés des traités à signer; ncun en lissemblôe générale, mais chaque État devait y aocéder séiKirément. C'était un essai pour diviser les Suisses. Rodolphe Broun y fut pris, ou feignit de s'y laisser prendre : il signa au nom de Zurich, ainsi que quelques eoQsetUeàrs qii*il avait ^convoqués. A Zug, OU J ipit pkis de précaution , et , croyant remarquer que ccrtiiine clause compromettait la confédération, on en référa au landaminAO 'de Scbwytz. Lueerne, Uri, Unteii- .wald furent prévenus de refuser leur adhésion, et de toutes parts des depu-

semblée , ceux de Sohwyls deiaadèrent ouHI fttt donné lecture à haalè

voix de la pièce signée par Brouu.

£lle indignâtes assistants , surtout en ce qu'Albert appelait les cantons ses

cUdsleiien^ en œ que les dift'éreuds dmient, détonnais, étare jugés |i Di»

nach par ssi arbitres et par ceui de Ziirich , en ce qu'il y était stipulé que les Zurichois, tout en gardant les anciens traité, n'en exécuteraient aucun ^le prtWreuee à eehii-ei RoMfdM firoon s*exeusa par les plus frivoles prétextes : les envoyés du duc étaient pressés, il n'avait pas eu le temps de lire; il avait, selon ses lovales iiabitiides, signé de eoniaooe. Daotoai eiramstances, ajoutait-il, le parti la plus sage était de faire à rempereurde simples remontrances. On convint de demander des explications à ce prince:

41 les promit II était alors en Mo* ravie. On attendait encore, lorsque, l'année suivante, Zurich conclut un traité avec Albert de Bucheim; c'é« tait une promesse de secours ma* tuels entre les villes et les dues ponr tout le pays du Rhtlne au Jura , pour la Frandie-Comté, les Vosges, la vallée de la Kinzig , l'Arlenberg, et jusqu'aa Septipuer; par conséquent ce ra^on était bMOcoup plus étendu que le 1er»

ritoire pour lequel la ville était engagée avec les Waldstetten. Le gouverneur autrichien devait seul dédaer quand tl y aurait lieu à demander le secours, il est vrai qu*on assura Texécution des autres traités; mais l'année précédente, Broun en avait conclu un qui meitait l'alliance autrichienne au-dessus de eelle des cantons.

L'empereur ppononça enfin sa aenr tence sur le sens de ce traité : sous peine d'encourir sa disgrâce, il fut interdit aux Suisses de compter Zug et (ylarus parmi les confédérés. On e|i délibéra à Lucerue ; mais Zurich reata ' neutre. Les Suisses dirent qu'ils repoussaient cet arrêt , et qu'ils s'en reposaient de Tavepir sur i)ieu et sur leurs bra^. Les autres cantons , evec plus de douceur, jugèrentqu'ilpeliulait accepter le traité que quand on en aurait rayé

les mots m iVtii^kik»* «»t tout

SUISSË.

eoiidrtion eJcpressc que l'inrorporntîon de'Zuget de GInrus serait recoiuiue; etcoaune Alb€rt de Bucheiui voulait Ijî cpdblilidre au serment, Schiyytz enyAit a territoire, se fit jurer et jura fidélité. Bucheim ne put IVmpéclier ; ûMim bien aise d acceuter la nié- Mn de Pierre de Thoruerg , et de ôodneiuiamiistice. Quand Bucheim il les envoyés de Ziiricli vinrent à ^nne, Aloert était fort souffrant, et m (ils aioé Rodolplie ne permit font qu'on rentrettnt ocui iflhires de« cantons.

Ces différents traités avec l'Autridie (eriiireiit la réputation de Rodolphe Broun j d'ailleurs, il s'était secrè- I Mtdérôué'liaGiiiisèdnducf :«l il en avaH raçu des sommes coi^sidérables. Il naourut en 13G0 , le 18 dé- «nibre. C'était une âme à basses inclinations; il se montra fort habile dans n grandes aflaires. criKl dans la pro^té , et lâche dans les danfHsrs.

Autant ses contemporains s'étaient oomys de lui par la contrainte ^u'il wr imposait, autant la postérité s»

■OoÉri oublieuse à son égard. On ue ^ soutenait pas bien de la date de sa fflort, et on la reportait même à une ^ue postérieure de quinze ans. S'il dtraot cette époque, il aurait tu encore ses fils et ses parents bannis de: 2arich et de toute la confédération pour des forfaits atroces.

Kotts alloQs remonter le cours des Jféts pour ajouter à rhistoiré de Zurich celle de Berne. Unie à Solcure , ^ détruisit le château de Lundshut, fiappartenait au comte de Kybouig.

^ cette ^eifre , la défense fut acharm. Les f aasauz de Kyboorg oonibal* talent du haut d'un cimetière, et tout qu'ils avaient de plus cher, ils Ta- *3icat réuni sur la tombe de leurs fias : ils se battaient et mouraient J[[ViVui deniier homiiie. liais Berne ■at animée de Tesprit le plus belli- 9*Mx: la cloche se faisait- elle enj*jdw:Où faut-il courir? s'écriaient atkoBrgeois; et la jeunesse se précis If^'t au dehors. Du haut des murs «Jschi,de Halten, de Straettlinuen ou

^Mwwilyrg» iai ia<irc«(Mùi;^

seigneurs imploraient la pitié de ces guerriers , en paraissant devant eux la corde au cuu. Vainement le comte de K vbourg essayait de dresser des embijches a ces braves , leur contenauce les faisait échouer. Beaucoup de seigneurs périrent. La reine Agnès envoya de TArgovie soixante clievaliers, et |)arvint à peine à obtenir hi paix.

Berne n'était pas alors ce qu'on la voit aujourd'hui : cité populeuse, opulente, régulièrement bâtie, ses rues, prolongées en arcades, diSKSOt lé sommet d'une montagne de plus de cent pie<ls d'élévation : une magnifiqiin cathédrale s'élève sur une esplanade; ce chef-d'œuvre de l'art gothimie est enlouid d'une belle promenade. X^Aar fait delà montagne une presqu'île, etlés faubourgs de la ville bordent ses quais. On dirait que ce fleuve s'arrête avec complaisance sous les murs d'une cité qui soumet à ses lois son conrs tool entier, depuis les glaciers du Grimsel, depuis la chute niusçissante qui , dans une prison de rocher , l'unit a la chute non moins écumeuse, non moins bruyante de Ha Handek , jusqu'au riant vallon de Meyringen , jusqu au lac délicieux de Brientz. Devenue moins tumultueuse, elle s'écoule calukeet limpide, traverse Interlaken. Meuhaus, et leurs riches prairies, à la vue de In neigeuse Junçfrau. Puis, auand elle a porté au bassin de Thoun les eaux du Reicheubacb,du Staubach, et les deut lioschine, ellearrose Pheursase cl feî^ tile vallée qui s'étend au pied dttNiesen et du Sto(*.khorn , s'avance vers Berne, et court parmi des vallons spacieux et gazunoes ^ue sillouneut de helies «venues de cerisiers. Enfin elle tourne et enlace cette capitale, baigne les murs de Soleure, et se hâte de précipiter vers le Rhin toutes les ondes que le versant septt utriuual dei» Alpes et la pente occidentale dn Jvni en-, voient en tribut à l'immense mer du Nord. Plusieurs sites dès environs de Berne offrent le magniUque aspect des glaciers, barrière éternelle entre les peuples germaniques et les cfaale^iieif?

ses contrées du midi.

Ai^ X^Y* tiède t i'enceiute ^1 tfiBI

tê vvîa:

renfermait beaucoup de jardins; les maisons étaient en bois, et il n'y avait puère (ie remnrquabîe nue l'immense muraille qui soutenait resplanade de relise. On la doit, diton, àMatthim de Steitibacb, qui, d'après une tradition, serait fils d'Envein de Slpinbnnh, ai|q|uel on attribue une si grande j)art ù rerection des ciithédrales de Fribourg et de Strasbourg. Une noblesse nombreuse et des familles patricienues se partageaient le pouvoir. Les empereurs aimaient la cité; heureux quand ils en étaient reconnus , les campagnards y trottvaieAt protection. Pour la oon* lianoe dans les dangers , pour la vertu , pniir In vnleur et la fortune militaires, Deriic ne le cédait en rien à Rome printitive. Ces qualités eurent une grande influence sur Tavenir de la ooniedérathm; Berne y accéda bientôt, et nous allons raconter 1rs événements ^ui amenèrent ce grand résultat.

A Tépoque où commencèrent les guerres de rAngleterre contre la maison de Valois, en Pnnnée mém^ où Louis do ièrr nssrmbînit les électeurs |)oiir délibérer sur »on excommunication, enfm, en la iàl'^ de Texistence de Berne, la 13SS* de J. C. « les comtes et les seigneurs de lUecbtland, de TArgovie et de la Bourgogne, conspirèrent sa perte, et elle se vit abandonnée de tous ses alliés, sans pouvoir ihfoquer l'appui d'aucun protecteur. Il était arrivé que des vassaux du comte de IVidnn , de In ttini^nn de Neufcbâtel, avnient enlevé des chariots de grains à des gens que protégeait iieriie. iiodolphe de Nidau était un seigneur fort distingué, habile h la guerre; il s'éfalt battu longtemps contre les infidèles; il faisait de sa puissance un bon muiiG. Les petites villes dXrlach et de iStclau lui devaient leurs franchises ^ leurs murailles. Les comtes de Neufcbâtel et Gérard de Valengin lui étaient fort dévoués, et il ivait, pour hu, Tintérét delà haute Bourgogne, de la Savoie et des ducs d'Autridie, enfin la protection spéciale de Louis de Baviière.

Dans le m<*me temps, Fberhard de Kybourg, rirréronnliable ennemi des BemoISt se plaignit du refus qu ils lai-

salent de recevoir sa monnaie. Louis

récouta aver faveur, rnrles Bernois lie voulaient point ie reconnaître, soit que, Guelfes, ils obéissent aux ordres du pape, soit quMIs fussent impatients de toute espèce de joug. Les seigneurs , et n^éme les députés dé Soleure, se réunirent au château de ^'idarI , où Von convint, d'un commun accord, de renverser defoind encomblecette orgueilleuse cité, qui ruinait sans cesse le pouvoir de la noblesse, et le voulait transporter au peuple.

Le peuple de Berne ne s*en émut pas beaucoup; le vénénèle Jean de Bubenberg assembla le conseil , où , dans une défibération pleine de calme et de dignité, il fut dcrulé (fi^on ferait droit à de justes récianiattom, mais <^ne la victencê serali repoutsée par la vtotenee* On proposa donc une conférence aux nohies; elle eut lieu à Burgdorf. Là, Gérard de Valengin e\f^:ca d'aijord qu'on se soumît à Tcm^jereur Louis de Bavière, et qu^on lui payât, à lui, 300 marcs o'arçent pour indeuh nité de 5;es sommations précédentes.

Eberhard de Kybourg prélendit se fairt; rendre la seigneurie de Thoun , aunon-

Ssnt qu*il ne permettrait plus è aucun e ses vassaux de se faire recevoir çi« toyen de Berne. Rodolphe de Nidau se' plai^it de l'insubordination que répandait parmi ses gens cette faculté de devenir Iwurgeois. Le comte de Gruyère reprocha à la république d'avoir admis fes deux frères deWerssem' bourg, qui relevaient de sa suzeraineté, et demanda le paiement de leurs dettes. En appuyant cette prétention, les FrI»

bourgeois ajoutèrent que renipereur les cTiar^enit de reprendre Lnnpen, fief de rem])ire. T.es Bernois répondirent qu ils recoanai traient Louis de Bavière dès qu'il serait réoondlié avee le sain^siége, qu'ils rendraient Thouo dès que le comte nurnit prjyé f^es dettes, et que de celte somme ils libéreraient envers le comte de Gruyère les seigneurs doWeissemboorg, leurs boui^ geois. Quant à la réclamation de Lanpen , elle leur parut nulle commf part;intd un eiiipereiir snns qualité. Enfin. Tadmission des bourgeois, dirent^ilsy

SUIS6E

«ontinoéra sur le même pied , car jamais elle n*a servi de pret&xte à soustraire des serfs à l'autorité de leur mettre. Apres cette explication , on se sépara. Les Bernois essayèrent, dans une nouvelle conférence, de rappeler yribonrg à des sentiments d'amitié et d*alliance; mais les députés qui s'étaient aboudiés à Blammat avec ceux de Fribourg, revinrent annoncer qu*il ne fidlait rien espérer de ce côté.

Les hostilités commencèrent |)ar des rapines , en attendant que l'armée fiit réunie. Des troupes arrivèrent de l'Argovie, de fa Souabe, de TAIsaoe.

Sept cents seigneurs, douze cents chevaliers, trois mille cavaliers et plus de quinze mille fantassins s'avancèrent :

les rapi)orts les plus effrayants indiquaient leur maraM. Berne le fiait en elle-même, en sa réputation , en la justice de sa cause. Les seigneurs faisaient entendre les menaces les plus folles, et lui prodiguèrent leurs ironiques dédains.

Les principaux efforts de Tennemi se portèrent sur Laupen ; Antoine de Blanckenbourg, qui y commandait, demandait vivement à être secouru.

Le sénat comprit combien il importait dedîssimuler tout sentiment de ( rainte. Le vieux schultheiss, Jean de Rubenberg, se leva et jura de sacrifier sa fortune et sa vie plutôt que d'abaudontier Laupen. Ce serment fut répété

far les sénateurs et par les bourgeois. I fut décrété que tout père de deux fils en enverrait un à Laupen. Six cents hommes tout armés partirent : Rodol-

Êt de Mulileren portait la bannière, upen une fois investi, les alliés ne doutaient pas de leur succès, et se livraient à des jeux chevaleresques.

Lorsqu'ils furent tous rassemblés, Jean de Savoie allait se rendre à Berne pour ie &ire médiateur : c*était Tordre de son [»ère ; mais les seigneurs saisirent Ja bride de son cheval et le retinrent , en le suppliant de combattre pour les andi avec la même valeur uu*il Tavait fidt en Flandre pour le roi de Tnitce,

Berne ce[)endant hésitait sur le choix d*an chef militaire : il y avait parmi ses

. guerriers beaucoup de braves, malt

pas un qui eût en lui-même assez de

confiance pour prendre le commandement d'une armée régulière. Pendant ce combat d'une sage modestie, Rodolphe d'Erlach entrait à cheval dans la ville ; il était de la maison des nobles d'Erlacli, que Berne comptait parmi ses fondateurs. Ulrich d'Erlach , père de cejui-ci , était le vainqueur illustré par la célèbre journée du Donnerbûbl.

Quoique dans la force de l'âge, il s'occupait presque uniouement d'agriculture et avait acheté beaucoup de terres au schultlieiss Bubeuberg et au comte d'Aarberi;. Il était en même ism^ homme liue du comte de Nidau ; mais . celui-ci lui avait permis d'embrasser la cause de Berne Jont il était citoyen. Peu m'importe, lui disait-il, j'ai deux cents casques et cent quarante chevalliers , je ne tiens pas à un seiil homme. Fort bien, lui repondit Erlach, j'accepte ce titre d'homme, et c'est en liomme aussi que je saurai combattre.

L'apparition d Erlach à Berne réveilla les glorieux souvenirs de la bataille du Donnerbiihl ; il fut nommé générai par acclamation, et le schultheiss Buoenbers lui remit la bannière. Aussitôt Erlach liarangua la bourgeoisie : « J'ai assisté, dit-il, à six batailles, et toujours le petit nombre l'a emporté sur la multitude. La discipline est le seul moyen de succès : sans elte aussi , la valeur est bnpuissante. Vous êtes des hommes libres, vous resterez libres, mais seulement à la condition d'obéir sous les armes. Je ne crains point l'ennemi : Dieu et vous m*en mat raiaoïi.

Je soutiendrai avec vous le combat, et nous le terminerons comme l'a terminé mon père.v Alors chacun éleva la main et jura de lui obéir à la vie et à la mortt sans eoniradMioneitnUm' tes choses.

Cependant Laupen était dans le plus

§rand danger, malgré la valeureuse éfense de Bubeubeng; les vivres s'épuisaient, les maenines de guerre entamaient les murailles. On implora le secours des cantons. Jean d'Attinghansen réunit les guerriers d'Uri , et WeydinaDn ceux de Schwytz. GuiUau-

fi

me Tell et Staulïaciier prirent part à celte expédition ; neuf cents guerriers passèrent le Brunnig et descendirent dans les délicietises vallées que baignent les lacs de Hricntz et de Thoun. Comme Erlach délibérait sur la manière de comtmttre : Sur-le-champ^ 8*écrièrent-ils , et Jusqiià la dernière goutte (le sang. Soieure se montra fidèle à Berne , quoique menacée ellemême par les Autriciiiens. Le 20 juin, à minuit, le signal de la marché fut donné. Jean Bàseiwind , prêtre, avait harangué les cuerriors : L'ennemi^ dit-il , est fier au nombre^ mais Dieu humilie Vorgueil et hénit la valeur; ' quiconque meurt pour la patrie gagne le ciel; quiconque survit au comhat est réservé par Dieu même à la gloire , à la liberté. Saint f incent et saint Ours ont conquis le royaume des ciettx en sacnjiant leur vie pour une juste cause.

Outre les neuf cents auxiliaires des cantons , l'armée se composait de trois cents hommes du Hassli , de trois cents du Siebenthal, de quatre mille Bernois, de quatre-vingts casques de Soieure.

Le prêtre Hasclwind ouvrait la marche et portait le saint - sacrement. Il était minuit; mais la lune éclairait la marche. Du ha4it des murs, les femmes, les enfants jetèrent un dernier regard sur leurs époux, sur leurs pères; et bientôt la forêt déroba ces braves à leur vue. Alors le schultheiss Bubenberg et les anciens du sénat restèrent en

f)ermanence pour attendre des nouveles, pour veiller à la sOrelé de la ville. . Les églises étaient remplies d'une mui- , titude de femmes, d'enfants, de vieil-

• lards; tous étaient prosternés devant

• les saints autels, tous désiraient et i craignaient à la fois le résultat de la

• journée.

Erlach arriva en bon ordre : vers f midi , il se posta sur le Bramberg , { auprès de Laupen ; une forêt couvrait

• ses derrières. Les cavaliers coururent de côté et d'autre, provoquant

I l'ennemi nar leurs sarcasmes. I^s

• cantons, Onerhasii , Siebenthal et Sop leure demandèrent à soutenir le choc

• de la cavalerie. Erlach marcha en per^

sonne contre rinfantérit; il s'était «n*' touré de jeunes gens des tribus des tanneurs et des bouchers. Où santMs^ s'écria-t-il , mi sont-ils ces joyeux compagrums^ toujours parés de fieursy tou ■ jours prêts à la danse. A eux aujota^ d'htd l'honneur^ le salut de Berne. M In bannière y c^est ici qu^est Erlach.

Aussitôt ils accounirent, criant: Nou»

voici; c'est prés de vous que nous comr battrons.

D'abord les frondeurs coururent à l'ennemi , lancèrent chacun trois pierres, rompirent leurs rangs et se retirèrent; ensuite on précipita des chars de fer dans ces hgnes ébranlées. Les guerriers qui les montaient ne pouvaient rétrograder : il y eut un instant d'hésitation : le retour des frondeurs trompa ceux qui n'avaient point d'expérience, et ils s'enfuirent dans le bois; ce que voyant , Erlach s'écria avec l'aocent de là joie : n Amis, la victoire est à nous, les lilches nous abandonnent. » Puis, saisissant la bannière, il exécuta une charge impétueuse sur l'infanterie; le terrain ne permettait pas à l'ennemi de se déployer. Là périt Fulistorff en laissant éclîapper la bannière de Fribourg; là tombèrent beaucoup de braves. Rien ne déconcertait la jeunesse bernoise; elle mit en fuite ces bandes nombreuses; la déroute fut complète.

D'abord les Suisses étaient accables par la cavalerie ; mais eux-mêmes parvinrent à la vaincre : selon leur usage, ils avaient serré leurs rangs et fait un si bon usage de la fronde que beaucoup de chevaux en furent blessés; alors la confusion se mit dans ces escadrons. Rodolphe deNidau et le comte Gérard j)érirent non loin l'un de l'autre. Tel rut aussi le sort de Jean de Savoie, que son père avait envoyé pour médiateur, et dont il espéra vainement le retour.

Il resta sur le champ de bataille trois comtes de Gruyère et onze autres conites ; il mourut une innombrable quantité de fuyards. Quand le baron de BIumenberg l'apprit : Dieu préserve Bhh menbergs secria-t-il, de survivre à de pareils hommes] et il se précipita au milieu des Suisses, qui le tuèrent.

iQute la contrée était couverte d*ar«

* . " , SUISSE. n

|i|lHéé(»dairres;<Myi«iliaiqiiaviiigi- fuyards se précipita dans la f^ane. Ën iept bannières. ceUe circonstance, Krlach rétablit lâ

pillage

béni là valeur des troupes et le corn- nuscade pour prendre des cherauXk

mandement d'Erlach. Le ^^éiiéral re- quand ils lurent cernés, i! ne permil

fdercia les alliés, « Quand nos des- pas qu'on les secourUt. Qu'Us aemeê'

oendants apprendront cette victoire , renfla prcte de tenmm. lH^!l, psffe^

dit-il, ils en estimeront davantage le m*a nt^ nM tft Cm prif/tré II

prix de Talliance; ils n'oublieront ^as hutih.

quels furent leurs aïeux. » On passa Peu de jours après, les Bernois re-

M nuit sur le champ de bataille. Le parurent encore devant Friboure; ils

lendemain , ce fut encore le prêtre mirent le feu au [wni , et 11 s*en rellnt

Baselw'nd qui ouvrit la marche; après de peu que toute la ville, qui était bâtie

lui venaient les bannières conquises, en bois, ne pértt dans cet incendie,

les armes et les cuirasses. De retour à Leur vengeance atteignit les ennemis

i^ne, Eriacb déposa le commande-' de la répiiblimie dans les lieut les plus

Diènt,. satisfait d avoir, comme son retirés , les plus formidables. Il s'eta-

père, sauvé la république. Berne et les blit un adage portant : Dieu fliH

cantons se jurèrent une éternelle ami- bourgeois de Berne. Pendant nue la

tié; les guerriers reçurent une indem- jeunesse entreprenait le siège deTikoun,

■lté MMtr les éonmnages qu*ils aTafent EUerbadi jianil iubIteflMnt Mut Ks

soufferts. On voua une procession an- ihurs de Berne. Les vieillards firent

nuelle et des distributions aux pauvres alors comme les anciens de I^icédé-

en corn ittémoration de ce grand évé- n»one après le désastre de Leuctrcs,

oement. . ils armèrent leurs membres affaiblis ^

dépendant la guerre continuait. Le et, quand la jeitnessé adeonHli, hstt»

seieneur de Bur^istein, qui avait reçu Demi était déjà vaincu. Enfin MB ilf-

la fausse nouvelle de la défaite des gneurs, Fribourg, et la reine AgHèt

Bernois, en avait témoigné sa joie. Ils elle-même, désirèrent \\ paix. Elle fut

prirent son diùteau et le tuèrent. Les conclue en 1341 , à Uberstorf. Un bel

amis do seigneur Yonlurent al&mer hommage Ait ïendu à la verCa tTI^

Berne ; ils se livraient à des pillages, lach : la maison de Neufchâtel nVtalt

contre lesquels il fallait toujours se pas assez puissante pour se charger de

tenir en garde. La jeunesse s'accoutu- la tutelle des fils de Rodolphe de Nidau^

niait ainsi aux expéditions militaires, élle fîit confiée au vainaueurdeLaupen,

On cite, comme preuve de son ardeur, cette confiance ne rat pas trompée.'

la prise de Hutwyl, qui api>artenait au Berne, elle-même, s'engagea, comme

Kyboiirg, et que les cavaliers empor- elle l'avait promis avant fa guerre, à

tèrent sans même attendre l'arrivée de ne recevoir au droit de bourgeoisie

rinfanterie. Laupen , ayant fait une aucun des vassaux de Nidau. La paix

exp^ition contre Frjbourg , perdit ne fut interrompue qu^envers les mn^

vingt'-deux hommes. Erlach sortit de tes de Gruyère, qui, de concert avei

Berne à la téte de trois bannières, sans les sires de Raron et de la Tour de

dire quel était sou projet. Arrivé près Chatillon, attaquèrent Jean de Weis»

4e Fribourg, il cama une embuscade sembourg. À cette occasion, Piarri

sur le Scnœnenberg, ordonnant de Wendschatz portait dans un ôotnlMt II

ne bouger que quana il brandirait son bannière de Berne : s'étant engagé d<ntt

épée. Aussitôt, il s'avanra vers la ville, un défilé, il fut battu ; mais il n'aban^

se lit attaquer et poursuivre, et donna donna point sa bannière; quoique

ensuite le signal. L^nemi fbtlrompé ; litessé à moi^, f1 rémifl ses forées , el

pris en quelle, il perdit plus de quatre la lança par-dessus les ennemis ; cette

cmtsbommes^etnngMndiieauDiede action tut lieu tes te jMelilM.I«k

LUNIVERS.

Bernois attaquèrent et démolirent le château de Gruaingen; et comme Pierrè de Gruyère le voulait secourir,

ils le mirent en grand danger. Alon Clarembold et Ulrich nu bras dfi fer, dont la mémoire s'est conservée a Viliurs-sous-MoDt , le couvrirent de leur cor)>s, et lui dounèrent te temps d*attaquer l'ennemi en flanc. Les BÔr* nois furent forcés à la retraite.

Malgré la peste noire qui enlevait plus du tiers de ia population , les iBeriioîs résolurent de vengerla mortdeleor banneret Wendschatz, qui avait péri au défilé de Laubeck. Cétait iiti temps de deuil et d iiorreur : la seule ville de Bâle vit mourir douze mide de ses habitants. Les cimetières ne suffisaient plus, les fossoyeurs manquaient aux morts. Dans un esprit de pénitence, il se formait des troupes de nagellants ; les juifs étaient impitoyablement uns à mort; et pendant que la terreur dictait aux uns des actes d'expiation , la superstition des actes de barbarie, d'autres, par un système contraire, se livraient à toutes les débauches, pour jouir prompteinent d*une vie qui leur échappait. Les guerriers bernois se moquèrent des pénitents; ils dansèrent avec les ûiies du Siebenthal , donnèrent Fassaut, et détruisirent le château de Lnibeck. Pierre de Gruyère obtint la paix par la destrnclion du château fort de Vanel, dcU^s le pays de la Saiie. Ses hautes et robustes murailles, chargées d'antiques sapins, font encore aujourd'hui 1 admiration du voyageur.

Charles IV conlirnia les privilèges de Berne; et en moins de onze ans depuis la bataille de Laupen, Fribourg, Soleure, Bienne, Aveiidies, Payerne, aoilicitèrent le droit de bourgeoisie :

elle se fit arbitre entre Avenches et la maîsfm de Neufchâtel, entre Payerne et Fribourg; mais elle n^accrut ses do- MBines que du seul village de Thorber^

au^elle acheta. U est triste d'être obligé e lut reprocher de l'ingratitude. Jean de Bubenberi; eut le soit de tant de ^nds hommes des républiques andennes. Son cai*actere était élevé; il ne savait pas s'abaisser à d'humbles habitudes de popularité; on l'accusa

d'affecter les airs hautains d^ princes, de s'enrichir de présents , de vendre la justice, et Bubenberg , après avoir gou* verné l'État dans les temps les plus difficiles, fut condamné, ainsi que plusieurs de ses amis, à un exil perpétuel. Quatorze ans après, lorsqu'on proposa dé le rappeler, le greffier prétendit ne pouvoir trouver certain passage d« statuts qne l'on invoquait en sa faveur: alors un Louriieois Jui jeta a la ^ë^fû uutà poignée de cerises. Le gruBcT ayant laissé tomber le livre, le bourgeois fit lui-même la lecture du passage qu'il invoquait; le rappel fut prononcé, et l'on alla chercher Bubenberg et ses fils, qui rentrèrent eu ville bannière déployée, aii milieu des acclama' tiens du peuple. Jean de Ilubeubergi le fils, fut proclamé schnltheiss.

Erlach eut une lin bien traL'i(|ue;ce héros périt victime d'un parricwe.

Depuis longtemps il liabitait Richenbacli , sur les bords de l'Aar, non loin de Berne. Il se livrait iiniqiieiiient aux soins (ie l'agriculture; connaissant la versatilité populaire ^ il avait -i^ecu loin des emplois, au milieu de sa famille, composée de deux fils et d'une fille.

Celle-ci était mariée à Jobst Rudenz d'Unterwalden, qui vint un jour dans la solitude de son beau-père, pour l'entretenir d'une contestation d'intérêt.

Sa mauvaise condin'te lui attira de sévères repn cbes de la part d' Erlach.

L'épée de Laupen était suspendue à la muraille : enflammé décolère, Rudeni s'en empara et tua le vieux héros. Les chiens alors le poursuivirent jusque dans la forêt voisme. Tous les Bernois, nobles et bourgeois, se mirent à Ja recherche du meurtrier; mais on ne put le découvrir, et l'on ignore oom* ment il finit ses jours.

Nous avons vu les Bernois devant Zurich, où ils marchaient contre leur gré, mais pour obéir h une faible obligation résultant d'anciens traités avee l'Autriche. Les députés de Schwytz, d'Uri, d'Unterwalden , se réunirent dans Lucerne, où vinrent aussi les Bernois. Là fut Jurée l'alliance , et Berne prit rang après Zurich. Peu de .temps aprè8,Gmta,qui s'était formée

SUISSE

TI

d'ime réunion de pâtres du Eigi, fîit adnte dans la ligue. Briente tidnait le seigoear de Ris^enberg, son maître.

Ses vassaux envoyèrent demander du secours à Unterwalden. Les anciens déclarèrent ^u*U ne /allait sous fra ire atieun serf a sm nuMre: que lU/iyenberg étant bourgeois de Berne, ils eussent à P accuser devant celte cité.

Mais la jeunesse l'emporta : on admit Brieutz a la coinbourgeoisie, et cette împnideflte décision faillit allumer la guerre. Ce différend dura quinze ans, pendant lesquels les Bernois firent plus d'une expédition contre Prientz.

Jean de Vienne, evèque de Bâle, ordonna à ses sujets de Éienne de renoncer à leur alliance avec Berne. Les bourgeois résistèrent, et l'évéqne fit jeter les principaux citoyens dans [es fers. Bienue implora le secours de Berne, qui, avec son contingent, envoya nBuf cents hommes des waldstetten. Quand ils arrivère?jt, Bienne était déjà en cendres; ses iiabitants étaient exposéà a touteii les rigueurs de l'hiver. Jj» conférés rasèrent le château épiscopal; mais ils ne purent rien contre la TSTiive- Ville ou s'était retiré l'évé-

3ue, et, après un sietie du dix jours, s furent obligés de renoncer à leur entreprise, faute de machines de guerre.

Dès que Thiver s'adoucit, ils reparurent dansrArgueî, au val Saint-lmier. L*évêque avait un poste sur le roclier de Pierre-Pertuis et ses t roupes éta ient coneeaMes à Moutier. LesBemois forcerent le passage, et les troupes de Soleure arrivèrent sur Moutier par un sentier escarpé. D*abord le comoat ne leur fut point favorable; mais, à l'arrivée des Bernois, Jean de Vienne fut obligé de prendre la fuite. Néanmoins, il nourrissait des idées de vengeance, et il annonça qu'il abattrait la forêt de Bremgarten, voisine de Berne. Pour effectuer cette menace, il s'avança jusqu'à OIten, où il fut arrêté par un débordement de l'Aar; d'ailleurs, le comte Rodolphe de iSidau, son vassal, * Fonpécha d*aller plus loin, prévoyant les ninestes suites que pourrait avoir pour î>es terres une aussi fo\h entre-

KÎM* • I>e8 médiateurs intervinreot»

Berne fat condamnée, par des arbitroSi à one restitution de tranle niifle florins, elle qui n'avait alors que, tout

au plus, deux mille livres pesant de revenu; mais on soupçonna l'aristocratie d avoir elle-même inspiré cet arrangement pour humilier ui btne classe. L'ancienne constitution était ébranlée : elle vcTilnit que tous les ans, à Pâques , on adjoignît au schultbeiss et au sénat deux cents bourgeois, et nue Ifs affaires d*un intérêt générai niSBent oortées devant toute la commune. Il s'étnit établi des divisions dans la noblesse , et cbez les bourgeois des associatiuiii» particulières. Quanl Buhenbeig fut exilé, le gouvernement oti^nisa un véritable ostracisme. L*exil pour cinq ans était prononcé sur de simples soupeous; les membres du gouvernement juraient de révéler au scbultheiss et aux oons^llers tout ce qui viendrait à leur connaissance. La terreur inspirée pnr ces associations était si grande, qifoii cloiîmait pour un mois quicuiK^ue était boï ù , après le couvre-feu, sans lumière. Il fut défendu de paraître cuirassé dans la ville. . En cas de sédition, le seluiltheiss était, par le fait, investi du poinoir dirtnto- ' rial. Les choses étaient en cet état quand Bubenberg fut rappelé.

La décision des arnitres ne fit qu'exaspérer le peuple. Les réunions se multiplièrent. Le conseil s'assembla avec ce qu'il avait de partisans dans les deux cents, et fit occuper rhôpital voisin par des hommes en armes. U fallait effrayer : on imagina une cons-

f)i ration , et l'on fît saisir le garde de a tour de Saint-Vincent, qui', disaiton, devait sonner le tocsin a un signal convenu. On le mit à la question, et il avoua; puis, conduit nu s^ippliee, il jura, parce Dieu devant lequel il allait paraître, que les tourments avaient seuls pu lui arracher cet aveu mensonger. Il y eut à ce sujet beaucoup d'arrestations , et beaucoup de citoyens quittèrent volontairement leur patrie.

Si la constitution de Berne ne tomba point aux mains des tribus, comme à Zurich y ce fut grâce à l'cxistenep cîu

grand conseil i qui protégeait ies bour- .

uriiVEàs.

Mit Mtrt l'oligarchie 4o léotL d

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