‹ Histoire et description de la Suisse et du TyrolChapitre 12 sur 32 · LUCERNE · texte numérisé non relu

LUCERNE

Ce canton entra en communauté avec Schvytz, Un, Unterwalden en

1332, et compléta ainsi le nombre des quatre , que 1 on appelle fraldstctten.

Lucerne appartenait dans Toriginc à l'abbaye de Murbach en Alsace, aui, !a tenant de Pépin, la transmit à rillustre famille de Habsbourg par voie d^échange. L'abbaye y exerçait un ré-

§ime fort doux et très>favorable au éveloppement de la liberté. Tel qu'il oat aujourd'hui compc^, le canton a pour limites , à l'est , l'Argovie , Zug et Schwytz; au sud, Berne et Lnterwalden ; a Touest, encore Berne; au nord , TArgOTie; sa longueur en est de onze a douze -lieues; sa largeur de neuf à dix. T.p pay^ est varié par d'agréables et fertiles coliines entrecoupées de torrtiita et de ruisseaux; sans atteindre la région des neiges , les montagnes dépassent quelquefois sept mille pieds d'élévation :hi -dessus du nivfau de la mer : telles sont le Pilate , le llotlihorn et le Thannenhorn. Les principaux eourants sont la Reuss, la Wigger, TEmme, la Lutbern et la Sûr. Une partie du lac des Waldstelten s'aj peîle lacde Lucerne ; mais le canton en possèdQ.cncore d'autres, parmi lesquels ceux de Sempach , de Bafdesg et le Rothsée sont 1rs plus beaux et les plus poissonneux. Lurerne est l'une des contrées de la Suisse où la culture des céréales téittiit assez pour dépasser la consommation; Tagriculture y fait sans cesse des progrès. L'Kntlibuch, à raison de ses magnifiques pâturages et de ses alpes , ne se livre guère qu'à l'élève du Iwtail. La Lutbern et la rivière appelée IVald-Emme charrient un peu d'or.

■ La population de ce canton est beaucoup [î!ns considérable que celle des trois prectHieiUi» : d'après les dernières données, il n'y aurait pas moins décent deux mille huit cent quarante^huit ha* bitant?! tous eatboliqoes. C'est une race d'hommes forts et sains. Les campagnard$, uniquement voués à la culture, se livrent nea aux travaux de rindostrie. Cependant dansl^Entliboch

et à Willisau il y a beaucoup de tissages, et dans le Surentbal on travaille assea bien le coton. Le principal commerce est celui du transit, à cause de la route du Saint-Gotbard.

Lucerne a Thonneur d'être une des trois capitales ou Vororts de la Suisse* et de réunir à son tour la diète dans son enceinte; et dans l'ordre de préséance, ce canton est le cinquième. Il est divisé en cinq bailliaces, savoir:

Lucerne , l'Eut libuch, Willisau, Sursée et Horhilorf; ils sont subdivisés en dix-huit juridictions réj»arties entre les bailliages selon leur importance. Le gouvernement n'est pas une démocra* tie ou assemblée de la nation comme dnns les petits cantons, c'est une sorte de régime représentatif au moyen de 1 élection ; uncoDseilpcrmancnt , appelé Uteglicher raih (conseil journalier ou de tous les jours) , exerce la souveraine puissanee; il a trente-six membres. Il existe en outre un grand conseil composé de soi.xante-quatre membres u vie. Ils sont tous présidés par le schultheiss ou* avoyer, et on appelle cette réunion de pouvoir schultneiss rath und hundert der stadt iind republik Luceniy avoyer-consul et les cent de la ville et de la république de Lucerne; à peu près comme on aurait dit : consufeSf senatuspopulusque romanus. Ce collège compte cinquante membres de la bourgeoisie de Lucerne et cinquante de la campagne , parmi lesquels il y en a toujours trois de Sempach, trois de Sursee , deux de \V illisau et un du petit bourg de Munster. L'assemblée adopte ou rejette les propositions du conseil permanent , revise les comptes et nomme les avoyers dans le sein de ce conseil , ainsi que les députés qui doivent représenter le canton à la diète; elle vote en outre Timpôt, confirme ou annule les élections des menibres du petit conseil; en elle réside le droit de îzrfice, ainsi que tous les autres droits de souveraineté. Cette assemblée siège régulièrement quatre fois pair an ; mais le conseil permanent la convoqùt

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autant de fois qu*il le jujge à propM^ CluMpie membre a l'initiative des propositions, mais à condition qu'elles aient préalablement subi l'épreuve de l'autre conseil et l'examen de l'avoyer. Quand douze membres l'exigent, il faut que Tavoyer occupe sur-le-champ le conseil

fiermanent des affaires importantes , et es porte aussitôt devant le firand conseil. L'initiative, le pouvoir exécutif, administratif, judiciaire, sont entre les mains du premier. Le conseil permanent choisit dans son sein un tribunal d'appel de douze membres, qui jugent en dernier ressort au civil et au criminel , sauf les cas qui entraînent la peine de mort, lesquels sont nécessairement soumis au conseil entier. Cli:u|!!eavoyer exerce et préside un an et a son tour; il fait la correspondance, il signe les lois, rédige les ordonnanees de police, et rien ne peut être mis en délibération qu'il n'en ait été averti. En leur absence, les avoyers sont remplacés par les deux plus anciens conseillers: en outre, un magistrat est investi d'une sorte de pouvoir analogue à celui du chancelier ; on l'appelle Hathrichter ou juge du conseil-, il garde les sceaux et conserve les documents émanés de

1 'autorité; c*est lui encore qui recueille es suffrages et constate les majorités.

Pour être électeur, il faut être citoyen , âgé de vingt ans , payer un impôt sur environ six cents francs de mnce, n*étre ni failli , ni incapable; pour être éligible, il faut avoir vingt-cinq ans, posséder au moins six mille francs de France, ou avoir rendu de grands services à rÉtat. n faut trente ans d'âge pour faire partie du conseil permanent.

Quoique la religion catholique soit celle oc l'Etat, les emplois sont accessibles à tousjes citoyens indistinctement. Lucerwloumit dix-sept cent trente?

quatre hommes au contingent fédéral.

Le clergé relève aujourd'hui de Févéché de Bâle; autrefois il appartenait à celui de Constance. Il y a dix couvents dans le canton, et Ton s'applique avee /un soin particulier à ramelioration de 'Tinstruction primaire. A la fin de 1826, et après de vives contestations, Ton établit enHn une église réformée,

mil lut aussitôt enrichie par les libéralités du roi de PrusSe.

Lucerne présente au voyageur qui • arrive par le lac une vue délicieuse; à la richesse du pa^^sage, à la beauté des monta|;nes se joint l'aspect gothique et original de ces clochers bizarres ans pointes acérées, puis de ces tourelles et de ces créneaux , enfin de ces ponts couverts qui traversent le lac comme |iour fermer le port et couvrir les basfonds : l'un d'eux a mille pieds de long, Tautre treize cent quatre-vingts. Des tableaux, noirs de vctusté, représentent les principaux traits de l'histoire beivétique, avec des légendes en vîem et naïf langage; ce som aussi des sujets de l'histoire sainte, mais ils rappellent particulièrement lesiiKnirsdu seizième siècle. Les ponts oUVent aux habitants un grand avantage : on peut s'y promener quelque temps qu'il fiisse, e| l'on y jouit toujours d'une vue ravissante. A l'extrémité du lac, on voit se lever les pics neigeux d'Uri; à gauche est la belle et imposante croupo du Rigi; à droite, le sombre Pilate avee ses roches et sa religieuse tradition.

Deux pointes séparées, aux formes brusques et saccadées, se montrent au loin sur cette masse de rochers { leur surface n'a pas moins de di< lieues. Il y a des grottes et des singularités de la nature qui attiraient autrefois beaucoup de curieux. On s'y rendait en foule avant que le Rigi fiit plus connu , plus approprié au désir des voyageurs; mais autrefois il fallait une permission spéciale des ma^ gistrats pour les visiter : on s'eng»* ^eait à ne point profiiner le lac en y jetant des pierres, à ne point provoquer le mauvais génie qui habitait le Pilate; les bergers juraieut de nV jamais oonduire aucun étranger. Tow les ans le serment se renouvelait, il un huissier allait intimer aux montagnards l'ordre de n'indiquer le chemin a personne. La légende portait quQ PoBce*Pilate, poursuivi par ses rei»

mords, était venu se précipiter, la téta la première, dans un petit lac qui sa trouve au sommet de la montagne- Devenu mauvais génie , il décbamait

M le pan AorriMei tempêtai dès

qaê Ton jetait une pierre dans ee lac; il prodiguait la grêle, le vent, les bourrasques contre ceux qui s'en approchaient; il tirait par les pieds oevx qui s'y baignaieiit. Le natiiraHfle Conrad Gesner ronpit le cfaarm M seizième siècle. On rapporte aussi que Jean Muller, curé deLucerne, s'étant concerté avec les magistrats pour avi- •er aux moyens de détruire œtte supopstition, arriTa au Pilate en J584, 8* étant fait accompagner d'un valet de ville. En présence d'une foule innombrable de curieux , il jeta des pierres dans le lac, eriant à Pilate qu'il le défiait; il ordonna de plus à un paysan d'entrer dedans et de le traverser en tous sens. Les bergers demeurèrent .ttepéfaits, quand ils virent que cela ne .causait ni orage ni submersion. La peine de mort a été infllj^ée, dans des temps fort anciens, à plusieurs personnes qui avaient enfreint la défense : sept prêtres firent on jour arrêtés sur le chemin de la montagne, et ce fait remonte à une époque antérieure à l'affranehissement de la Suisse. On voit qqe ce<j superstitions rattachent le nom du Pilate à >*bisto|K du Christ.

Il est cependant une autre ét3rm<klog^ plus vraisemblable : c'est que ce nom vient de mous pileatiis ^ ou mont couvert d un chapeau, parce que telle est la forme d'un nuage qui en ehar^e or- #9airement la cime.

Il y a sur le Brundeinalpe un admirable écho, ou plutôt une série d'échos disposés en amphithéâtre; il est diftidle à rétranger d'en tirer parti ; pour y parvenir, il faut une voix très-forte. Les paysans s'exercent à jeter des sons dans toutes les directions, en pirouettant rapidement sur eux-mêmes : il en résuite une musique bizarre et quelquefois harmonieuse; il semble que les génies de la forêt s'interrogent et se répondent du fond de ces majestueuses anrractuosités; on admire cet effet principalement dans les belles nuits d'été. Sur le sommet du même pic est une statue colossale de saint Domini-

2ue; on la croit de trente pieds de aut, au milieu d'une caverne; elle re-

présente un liâmiiié doit Im jamtiéi

sont croisées et qui est assis à une table. Un habitant de Lucerne voulut examiner cette statut; il gravit le sommet de la montagne, et se iit descendre au bout d'une eorde: maïs une saillie de roc Tempéoha d'arriver à l'entrée de la caverne; il se pourvut donc d'une perche crochue pour manœuvrer de manière à tourner le roe; mais par malheur la corde se rompit, et l'imprudent roula dans un anme sans fond. La masse du Pilate est cx)mpusee de pierres calcaires n)êlées de qjiartz; il v a beaucoup de pétrifications, et Ton trouve des empreintii de poissons dans les ardoises.

Lurerne possède un des chefitd'oeuvre inspirés par ïhorwjklsen : à edté d'une chapelle funéraire, oij sont inserits les nosas des braves morts au 10 août, se trouve un petit étanç au pied d'une roche perpendiculaire, dont l'immense ^iuiroi abrite ce lieu solitaire. L*artnte a représenté, dans le roc même , un lion mourant. La grotte dans laquelle il est couché n'a pas moins de quarante-quatre pieds de long sur vinpt-huit d'élévation. Le lion a vingt-six pieds , depuis l'e.«trémité du museau jusqu'à rorigine de la queue.

L'expression en est sublime : à travers la douleur que lui cause le tronçon de lance demeuré dans sa large blessure, on reoonn^ son lier courage et son attitude mena^nle; il étend sa grififo comme pour se relever contre son adversaire, mais son œil se ferme, et sa face majestueuse semble se contracter pour réterad anéantisse* ment. La grotte porte pour inscrip* tion : J/elveHorum virtuti. L'inscription de la chapelle n'est pas moins noble: Ifwictiêpax. Thorwaldsen n'a fait de ee monumeirt que le modèle , et l'a envoyé, de Rome, au colonel Pfvffer; mais il arriva tellement endommagé, qu'il fallut eu réunir et en recomposer les fragments. Ce fut un Jeune sculpteur de Constance, nommé Ahorn , qui Tiinita sur la roche , et l'on y plaça pour gardien l'un des braves ciu 10 août ; mais tout dégénère en trafic] aujourd'hui sa waiioMMitts til

dflfCDueoàeboiitiqnede vaesttdeoo»- •titmes.

Ce, qu'il y a de plus remarquable à Lucerne, c'est le pian en relief des atpes qui entourent le lac des QuatrefSantons. Le général Pfyffer a consacré sa vie à les inesurQr et à les nicnleler, à parcourir cent quatre-vingts lieues carrées; il n'^ a pas une maison isolée, pas une croix au bord d'un précipice qu'il n'y ait portée. Chaque lieue occupe l'espace de quinze pouces. Ce travail a l'avantage de présenter le-s montagnes comme les aperçoit l'aigle : on conhatt tous leurs détours, toutes leurs «nfractuosités, les sentiers les plus escarpés, les communications les i)liis ignorées; aussi s'en est-on beaucoup servi dans les dernières guerres.

' Munster,bourgquis*estfonnéautour d'uneabbaye, remonte au huitiàne siècle : un comte de Lentzbour?; v ay-mt été éloulie par un ours , son père, pour éterm er sa doukur^ y fonda une chaftelleX'églisederabbayepossèdeeneore quatre tauleaux qui représentent l'événement. Il rèîrnea Munster un singulier usage : tous ies ans , les habitants sortent à cheval , précédés d'un chapelain qui sonue delà trompette; on parcourt la campagne; chaque maison devi r n t s t ntion; le propriétaire offre une tartine de i^eurre à chaque cavaher, qui en fâit don aux pauvres. Le sermon commence

rndantia procession; le prêtre prêche cheval et finit sâ harangue (lans la chaire. Rutishoitz , oii les Anj^iais, cumulandes par le comte d'Armagnac, lùrent défaits près de la colline qui porte encore leur nom, est un grand village on l'on garde encore le souvenir de celte grande action de simples

1)ay sans, qui s'en revinrent couverts de 'armure des gentilshommes.

L'Entlibuch, district le plus méridional du canton de Lucerne, présente un aspect tout à fait original quant aux mœurs et à la physionomie ne ses habitants. Cette belle vallée a huit lieues de long; elle est tnr^rr de deux à quatre. Là sont le Rothhorn , le Tannfiorn, et autres pics qui s'élèvent jusqu'à sept mille cinq œnts pieds auàmoB au niveaa de la mer. On y voit

la race dliommes la plus remarquable

de toute la Suissepar sa force, sa beauté et les (pi \lit{'s dont elle est douée. Ces hommes sont naturellement fiers et indépendants, et s'adonnent aux luttesdu corps, ^e métier de pasteur leur laissant tout le loisir nécessaire pour pratiquer cet exercice. Il existe d'ailleurs chez eux des usages assez bizarres.

Le lundi gras on ireàvoie réciproquement un député à cheval, vétu d'un costume de parade, et portant à son chapeau des rubans et de petits miroirs. L'ambassadeur arrive dans la commune; un drapeau arboré devant une maison indique le lieu sur lequel doit se porter l'attention. L'étranger

Earaît, avale un verre de vin, puis tl déite, en la lisant, une loii^uc liarau^ue en vers burlesques de sa raçon : c'est de l'histoire , c'est de la satire , ce sont des quolibets; il y en a pour les femmes et les filles, et pour toute la population du vidage, mais il est défendu de nommer les personnages; toutefois les allusions sont souvent assez claires et surtout assez grossières pour offenser protondement les intéressés; mais le caractère d'ambassadeur est sacré; il ny a pour lui, dans toute cette journée, aucim dan!:;er à courir; il jpeut même choisir et conduire à la salle de danse la plus jolie paysanne; ceux dont il a singe les tics et les manières n'ont pas le plus petit mot à dire. L'ambassadeur prend encore la place d'honneur à sonppr; etilin il est inviolable tant que durb la lèLe; mais ii doit éviter de s'attarder, car la tombée de la nuit le dépouille des garanties qui protégèaient ses sarcasmes; i! faut qu'il s'enfuie, s'il veut échapper aux injures, aux jets de pierres et aux coups de bâton : rentre dans son vill;i<;e, il y est encore f^té par les magistrats. Au siècle dernier, on mêlait à cette cérémonie la représentation d'une f^erre : les hommes du village divisés en deux troupes, dont Tune figurait les Suisses, lautre l'ennemi, prenaient position; dans les deux camps on to.mbait à genoux pour invoquer Dieu; puis venait un combat gymnastique, genou contre genoo.

SUISSB.

Ira contre bras , poitrine contre poitrine. Dans ces sortes de combats « plus d'une Hersîlie se jetait au milieu des combattants pour protéger un frère OU un mari vaincu; et quand on ne les écoutait pas, les fpmmes combattaient aussi ; puis venaient les magistrats qui réconciliaient tout le monde.

Les accidents fréquents qui résultaient de ces batailles ont lait prononcer Tabolition de Tusage. Des moralistes ont Temarqué que les censures vives et anecdotiqîies du lundi de carnaval avaient un effet salutaire; on évitait les scandales et les mauvaises actions qui auraient pu trouver place dans la harangue équestre de renvoyé.

J.es mnriages se font aussi avec des cérémonies bizarres. Quand ils sont conclus, on met la mariée à Tenchère, en ayant soin que le futur ait la der* nière mise. T.p jour de la noce, une vieille femme habillée de jaune s'emre de la ceinture de la mariée et du let du marié, et jette l'une et re au feu. A la manière dont ils lient, elle tire l'horoscope du coupte. C'est surtout dans le canton de Lucenie que prévaut l'usage du kiltgang, ou visite nocturne que les garçons rendent à leur belle. Après la prière du soir, ils s'échappent de leur demeure ( t vont, souvent à plusieurs lieues, à la fenêtre de la ijien-aimée, gai en reçoit un bouquet de belles fleurs. La conversation ne finit qu'avec le lever du soleil. On vnnte beaucoup la constance de ces iiaisor»s, la fidélité des amants , celle des époux. Malheur à qui la tenterait. Si un étranger es« sayait de se substituer n rrlni qui est attendu, il s'en trouverait fort mal.

On rapporte qu'un jeune voyageur fut plonge dans' une rontaine publique,

puis suspendu dans un filet au haut d*un arbre, où il fut pendant toute

une journée la risée des passants.

Les habitations lucernoises sont fort jolies ; les chalets ont un caractère particulier : de petites fenêtres serrées les unes contre les autres, des rideaux très-b!nncs, des tuiles vertes et luisantes ih' \cv\ns. Les cimetières sont très-soi^nes aussi : chaque tombe a ses inscriptions, ses eX'Voto, ses couronnes. Les souvenirs nationaux sont aussi chers que ceux de la famille; à Sempach, on lit sur la chapelle la date élo(iuentedu 9 juin 1386, et dans l'intérieur les écussons et les noms des oppresseurs : la plupart ont été tracés par les héros de Sempach eux-mêmes; aussi le temps ies efface, sans qu'une main moderne ait eu Taudace de les restaurer. La chanson de Sempach écrite au-dessous d'un tableau fort mauvais, mais très-antique, qui représente raction d'Arnold de Winkelried.

Le canton de Luceme, outre les

guerriers que nous nvons nommés dnns l'histoire, possède l)eaucoup d'hommes célèbres. La prennère imprimerie de toute la Suisse fut établie à Beromtnoli près de Lucerne, en 1470, par le chanoine Ëlie de Laufen. On prétend aussi que les premiers livres imprimés en France sont sortis des presses de Ulrich Hering de Munster. Le lextco* graphe Stalder a obtenu beaucoup de réputation dans le monde savant; il nous a transmis quelques échantillons des harangues du lundi gras; enGn M. Hottinger, le continuateur de Jean de Muller, est de I.urprnr. Il a décrit avec une c^rnnde supériorité les ferres de religion uui ont agité la Suisse depuis le seizième siècle.

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