‹ Histoire et description de la Suisse et du TyrolChapitre 29 sur 32 · VOL. 4SI · texte numérisé non relu

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hard , duc de Carinthie , comte 46 ÏJroi , qui bâtit cet asile en 1272.

Le Vorarlberg signiOe pays situé devant TArlberg) cette montagne aH appelée en Tyroï Adlerl)€rg, ou Montagne de l'aigle ; on la franchit aujourd'hui par une assez belle route : au quatorzième siècle, un homme pieux, orphelin trouvé autrefois dans le sert, y fonda un hospice: Je fus, dit-il dans Pacte de fondation, trouvé dans ces lieux par un bon vieillard qui avait neuf en£ints ; je fus le dixième. Il nous ordonna de voyager pour ga* gner notre vie. .rnllai garder aes troupeaux pour deux (lorins par an. Cependant j'étais tous tes jours témoin de maltieura causés par les avalancbas; on trouvait sans casse des cadavres dérliirés par les oiseaux de proie , déligures par la gelée. J'offris quinze florins que j'avais gagnes |>ar plusieurs années de travail , a celui oui voudrail établir un asile au haut de TAdlerberg ; tous s'y refusèrent. J'invoquai donc saint Christophe, et je me dévouai.

Dès la première année je sauvai sept personnes , et Dieu m*a fait la grftoii jusqu'ici d'en conserver cinquante.

Léopold, duc d'Autriche, s'associa à cet mdigent bienfaiteur de l'huma-' ni té, et le secourut. Le livre des sta« tuts de la confrérie est un des monu* ments les plus curieux de cette époque ; il est écrit sur parchemin ; beaucoup de princes y ont accédé en y faisant peindre leurs sceaux. Le fondateur, qui se nommait humblement Venfanê trouvé f parcourut la Croatie, la Bohême, l'Allenia^ne, pour y recueillir des aumônes qu il distribuait ensuite au\malbeureux qu'il retirait des neiges, car il faisait, avec son valet , des ron* des nocturnes pour sauver les imprudents voyageurs. Modeste mais sublime origine d'une fondation pieuse, par un lioroma qui ne possédait pa$ d4 quoi se 'nourrir lui-même.

, Les jeunes gens do rKugadine ont, comme ceux de la Suisse, l'habitude de faire à leurs maîtresses des visites lointaines et nocturnes; mais, ttuand la malice 8*en aperçoit , on ne néglige rien pour surprendre les amants, une

L'UNIVERS

fois qu'onles a découverts, on élève sur une perche des habits do la couleur et de la forme de ceux que porte le galant, et l'on plante cette perche à côté de !a demeure de la jeune fille qui est fort confuse de voir son sebret divulgué.

Quand on étranger vient au village pour y courtiser une paysanne , on le laisse arriver paisiblement; mais on le guette au départ, puis on Taccable de risées, et on entasse sur lui les branches de sapin qui sont devant chaque mnîson, comme provision de bois de chauffage; nprès sa mésaventure», il n'en est ^ue plus aimé de sa maîtresse. Aui environs de Bregenz on est plus rude : l'amant qui n'est pas du village est plongé dans la fontaine la téte la première; puis on k- chasse après lui avoir attaîché au cou une clochette de ▼ache.'

On traverse Bludenz , plusieurs villages et Brcf::pnz , et Pon est au bord du lac de Constance , aux limites de la Suisse et du Vorarlberg. H v a deux ans que la montagne de Samt-Gebhard menaça Bregenz de l'écraser sous ses débris : des bruits souterrains mugissaient pendant les nuits ou retentissaient comme les éclats d'une forte canonnade; et chaque matin, pendant plosleurs semaines , on voyait de nouveaux fragments éboTilés. L'ntttorité a fait faire des investigations sur la cause et les suites probables de ce phénomène , et tout est rentré dans iWdre.

La vue dont on jouit sur le Gebhardberç est magnifique : on distingue les glaciers de l'Arfberg, le Sentis, les montagnes de Saint-Gall et tout le lac 'de Constance. On garde à Bregenz les tableaux faits par AngélicaKaufmànn, lorsque, âgée de quatorze ans seulement , elle essayait son talent dans la maison paternelle.

Avec un peu d'ambition de langage on appelle ce lac la mer de Souabe; puis l'on compare Lindau à Venise, parce que cette ville est bfltie au milieu des eaux , et ne tient à la terre mie par un pont; mais elle n'a ni les façades du FaUadio ni les belles coupoles de

Sansovino, ni cet aspect majestueux d'une vaete cité s'élevaet au milieu des

lagunes. Telle qu'elle est, elle présente encore assez de beautés : tout l'espace qui la sépare de Bregenz est bordé de jardins et de jolies villas. U y a dans ces contrées beaucoup de mouvement, beaucoup d'étrangers.

Nous avons parcouru les nombreuses vallées du Tyrol du nord au sud , du sud à Test, puis nous nous sommes avancés vers l'Rngadine, et nous avons retrouvé la Suisse après avoir touché d*une part l'Italie , de l'autre le Vorarlberg. Il est difficile de se faire de toutes ces contrées si étroites , si variées, nne Idée d'ensennble. Les mon* tagnes ont ce caractère mystérieux qui échappe à la pensée générale ; elles ne comportent que des souvenirs^ aussi vaguesqu'ils sont imposants. Les cartes du Tyrol peuvent seules y suppléer ; il faut incessamment s'^ reporter ; il ftiiit rapprocher ses impressions de l'habile tracé d uu berger, dont les observations et les mesures servent encors de base à toutes les études géoprnpliiques du Tyrol. A Obrrporfés, village voisin d'Inspruck , naquit . en 1723, Pierre Anich, fils d'un Sim|)le paysan ; il passa les vingt-huit premières années de ^ vie a seconder son père dans pestrnvnux rustiques, mnisil avait un goiîl décidé pour la science. Les jésuites d Inspruck lui donnèrent des notions de ma^ématiques et de mécanioue. Ce jeune homme entreprit un globe céleste et un rrlobe terrestre, et fabriqua luimênie plusieurs instruments : recommandé a Marie-Thérèse par ses maîtres , il liit diargé par etie de faire la carte du Tyrol septentrional. Toutefois l'entreprise offrait encore d'autres diflicultes que celles de la science : les moutaj^nards superstitieux y résistaient; la vie de Pierre Anich fut plus d'une fois en danger.

Ce travail ne parut que huit ans après sa mort, arrivée lei'^ septembre 1766:

il n'en fut point récompensé, et l'on n'accorda qu'un tombeau à celui que le génie n'avait pu préserver da —

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