I® PETIT PORTAIL
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IA SAFRISTIF.
En voici la description, que nous empruntons à M. 1‘. Tarbé (ch. I, p. 15^. « Le portail est encadré dans une » arcade ogivale élancée et sans profondeur. La sommité » de l’ogive présente une peinture à fresque : on y voit le » Christ assis; il lient un sceptre. De chaque côté se » trouve un ange à genoux et portant un flambeau. Ce » sujet a pour base une frise sculptée, et parallèle au sol. » Dessous cette frise commence une arcade à plein cintre : » elle a peu de saillie. i>
Complétons : le Christ a le nimbe crucifère ; il lève la main droite et bénit à la façon latine, en étendant les deux premiers doigts et le pouce, en mémoire de la Trinité, et en pliant les deux autres doigts. De la main gauche, il tient un sceptre largement lleuronné. Son siège est un
trône, sur lequel est placé un épais coussin. Sous ses pieds se voit un marcliepied, suivant l’Ecriture : Scabellum pcdum ejus. Il est vêtu d’une robe et d’un manteau. Tous ces signes sont dignes de remarque, parce qu’ils se retrouvent aux sculptures du dehors.
Les deux anges, agenouillés et nimbés, tiennent chacun un tlambeau avec un chandelier, et, de plus, deux chandeliers placés derrière eux supportent aussi deux flambeaux. Dans cette partie, l’ensemble, le style et les caractères du XI1I<^ siècle sont remarquables.
« Dessous celle frise commence une arcade à plein » cintre : elle a peu de saillie. t>
Une large plate-bande dessine l’arcade au-dehors. La ligne extérieure la plus éloignée du centre est peinte cl fleuronnée. Au sommet de l’arcade , deux petits anges emportent au ciel, dans un linge, une petite figure nue et sans sexe figurant une ame. Autour d’eux, en descen dant les contours de l’arcade , huit anges , quatre de chaque côté , paraissent adresser leurs hommages audessous d’eux. Deux de ces anges tiennent un encensoir ; deux autres, des listels, et les deux autres, des cierges.
I.o groupe, (jui remplit pres<|uc tout le tympan de l’arcade, a pour sujet la Sainte-Vierge et l’Enfanl-Jésus. Celle figure, admirablement sculptée, a été peinte, ainsi que tout l’ensemble de ce portail. La Mère de Dieu, couronnée, est velue d’une robe d’or et d’un manteau bleu à fleurs d’or doublé de blanc. Elle porte son Fils sur son bras droit, le gauche est cassé. L’Enfanl-.Iésus est aussi vêtu d’une robe d’or ; son manteau est rouge. La Vierge est assise sur un banc de pierre ; elle a aussi un escabeau sous les pieds. Le groupe entier est abrité sous un riche dais, formé d’une arcade en trilobé portée par deux colonnes. Le dessus de l’arcade est chargé de tours, de galeries et d’autres ornements d’architecture, entièrement analogues aux admirables dais que le Xlllc siècle a sculptés au-dessus des deux
ICOîfOGRAPlIIE INTÉRIEURE. PETIT PORTAIL.
figures centrales du portail nord. Au-dessous de l’arcade, pendent deux lideaux blancs à franges fî’or, relevés et noués autour des colonnes. A l’intérieur, le fond est rouge sous l’arcade; le reste du tympan était bleu, chargé d’étoiles d’or au milieu desquelles apparaissaient (|uatre anges, mais trop effacés aujourd’hui pour (|u’il nous soit possible de les décrire.
A sa retombée, l’arcade est reçue par un pilier carié dont le haut seulement a été sculpté, évidemment pour servir d’encadrement au sujet principal. Sur les deux face.s extérieures qui regardent la sacristie, on admire un délicieux entrelacs de branches et de feuilles de vignes a\ec leurs fruits. Tn chevreau broute la vigne, trois oiseaux becquetent les raisins ; deux enfants, d’un côté, un homme nu, de l’autre, y prennent leurs ébats.
Sur les faces internes (jui se regardent, deux groiqjes, (btrois personnages chacun, sont abrités dans une niche formée d’un arc li cs-surbaissé, porté par deux colonnes prismatiques, les seules peut-être (jui soient dans la cathédrale, et surmontées également de tourelles crénelées dans b- St} le du couronnement du dais principal dont nous parlion-loul-à-riieure.
Ces sujets rappellent, ou la bénédiction de l’eau (qui se faisait autrefois dans la salle où cette porte était ouverte , ou peut-être la dédicace de l’église. D’un côté, un prélat, vêtu d’une cliape et d’une 'aube, lit, crosse en main, des prières dans un missel que lui présente un jeune clerc placé devant lui. De l’autre côté, le même personnage, sans sa crosse, trempe un goupillon dans le vase à eau bénite que le clerc lui présente, et l’on voit clairement, â son mouvement de corps et au soin qu’il prend de relever sa chape, qu’il fait l’aspersion de l’eau nouvellement bénite
L’espace vide compris entre l’extrados de l’arc en pleincintre et l’arc en ogive est rempli par deux anges, dont l’un tient une croix, et l’autre probablement un instru-
ment de la Passion, dont un fragment seul est resté dans ses mains.
Toutes ces sculptures, niches, statuettes et rinceaux sont du fini le plus admirable et de la plus rare délicatesse. Les draperies et le modelé des figures ne laissent vraiment rien à désirer.
On a voulu faire remonter tout cela à Ilincmar. — Nous ne le croyons pas possible. Nous admettrions assez volontiers que, suivant la coutume du Moyen-Age, l’arcbltecte a conservé quelques vestiges de l’ancienne cathédrale; mais ces sculptures et peintures ne sont pas du IX® siècle; elles ne peuvent être antérieures à la fin du Xlb*.
ir PORTAIL PRINCIPAL.
Le portail de Notre-Dame, si admirable à l’extérieur par la richesse de ses lignes harmonieuses et par les nombreuses statues (jui l’animent de la base au somniei, mérite encore, à l’intérieur, l’admiration des visiteurs. Les murs y sont dissimulés par une suite de niches trilobées, dans lesquelles sont placées des statues d’un Iravail du plus grand fini. Ces niches sont reliées entre elles par des panneaux en pierre, uii la flore la plus variée rivalise de grâce et de finesse avec les jdus beaux chapileaiix de l’édifice.
I/archilecte qui a tracé le vaste et magnifKjue lahleau de riconographie cxiérieure, a mis les sujets qui nous reslenl à étudier en harmonie avec ceux du «lehors.
Ainsi, dans la |)orlc du milieu, en regard de la vie privée (le Noire-Seigneur et de la Sainte-Vierge, nous allons voir l’iiisloire du saint Précurseur. Puis, complétant les .'Sujets traités au-dchors, l’arlisle nous montrera (|uelqiK's-uns des ancêtres de Marie, et parmi les mystères de
ICONOGRAPillE INTÉRIEURE. — PORTAIL PRINCIPAL. 3^7
renfance du Sauveur, le massacre des Innocents et la fuite en Egypte.. .
La porte du côté de l’cvangile est consacrée aux figures qui ont précédé Jésus-Clirist, et à (juelques-uns des miracles du Sauveur, dont la vie [)ublique est inscrite dans la voussure extérieure.
Du côté de l’épître, sont rappelées, comme au-deliors, quel(jucs*unes des scènes de l’Apocalypse.