AMEUBLEMENT. — AUTELS DE LA CATHÉDRALE. 3G
» Le tubernacle est fie forme reclangalaire el encadré » d’une moulure sévère. La porte en chêne est recouverte D d’une feuille de cuivre doré, ornée d’une croix latine, au centre de laquelle se trouve un agneau passant, avec » le guidon, dans un nimbe relevé par douze pierreries. D Au-dessus de la porte est un cep de vigne dore. Une » guirlande de roses, de la plus grande fraîcheur, sert J) tout à la fois de couronne au tabernacle et de base à » l’exposition.
» Gel édicule se compose de quaire gerbes de colon- » nettes, (jui soutiennent la voûte destinée à couvrir le
la figure ; mais les slalues oui encore bien des défauts essentiels. Nous regrettons que le sculpteur, au lieu de copier exactement une mauvaise i)roiluclion d’une belle époque, n’ait pas eu plus de confiance en son propre talent. Du reste, M. Pascal aurait pu venir s’inspirer à Reims; il aurait trouvé des types dignes d’être reproduits, dans les portitpies de Notre Dame de Reims. Le portail nord, qui appartient au XIIP siècle, j)Ouvait lui fournir des grouj)CS entiers ([ui sont de véritables chefsd’œuvre.
Ne l’oublions pas, dans les œuvres modernes, il n’est pas permis de copier les défauts de nos pères. C’est la i)ensée que le R. P. Desebamps, rédemptorisle, a très-bien développée, au Congrès d’Anvers 18(D , en examinant le progrès dans l'art chrétien. Il se résume ainsi :
« La restauration des grands édifices du Moyen-Age, ayant un but <à w la fois artistique et historique, exige évidemment que tout, dans ces »« monuments, soit rétabli dans sa forme primitive. Mais tes œuvres nou- » vetles conçues dans le même style doivent-elles, en reproduisant scs » magnificences, imiter aussi ses imperfections trop réelles Doivent-elles » offrir encore à nos regards les défauts du XlIP siècle dans la peinture » et la sculpture des grandes scènes de la foi et de la vie chrétienne ? « Que l’on conserve scrupuleusement tout ce qui constitue le style go- >> thique, et que l’on n’y mêle rien d’incompatible avec lui, <à la bonne » heure ! mais pourquoi, dans des statues ou des tableaux où l’attitude, » et surtout l'expression de ces vieilles images si pleines de vérité se- B raient conservées, pourquoi faudrait il que la vérité naturelle du des- » sin continueât à être méconnue, et que (passez-moi cette indication » prise au hasard) les pieds et les mains de nos pères n’y fussent pas de » vrais pieds et de vraies mains ? C’est là précisément ce que j’ai de- » mandé à Pugin lui -meme, qui me parut, tout à fait à tort, contrarié » de ma question. »
» Saint-SacremeiU aux jours où il sera exposé directe*
» ment à la vénération des fidèles. Quatre anges, adossés » à chacune des colonnettes, ont en main les instruments » de la Passion : la croix, la couronne d’épines, les clous i> et la lance. Les baldaquins qui les abritent se marient » aux clochetons qui terminent les quatre colonnettes, et » du centre s’élance une flèche surmontée d’une croix, à » laquelle est attachée Marie , avec l’Enfant-Jésus dans » ses bras, expression symbolique de la part que prit au » sacrifice du Calvaire la Reine des martyrs.
» Tout ce travail, en bois sculpté et doré, avec des filets » noirs qui en font ressortir les détails, est dû au ciseau 5 de M. Gorbon, ce Cincinnatus des arts, qui, porté en » 1848, par le suffrage populaire, à l’assemblée nationale, J y remplit avec honneur les fonctions de vice-président, » et , à la suite d’un de ces retours de l’opinion qui ne » sont pas rares dans les troubles civils , revint , sans » paraître descendre, du siège de député à son atelier (1).
» Dans l’intérieur de l’exposition, sur le trône destiné »«à recevoir le Saint-Sacrement, on voit un crucifix; sur le D rétable, six chandeliers, et au bas des colonnettes de » l’exposition, deux candélabres à sept branches, en forme » de bougeoir, le tout en bronze doré, et sortant de la I» fabrique de M . Bacbelet (2) . »
7^ Autel de Saint *Remi.
Nous avons vu, dans la partie historique, que, le 8 Avril 1685, soixante ans avant les œuvres de M. Godinot,
(1) M. Ronsiu , de Paris, partage avec M. Gorbon l’honneur d’avoir sculpté ce morceau remarquable.
(2) Rapport de M. Vabhé Jacquenet, au Congrès de Reims 18G1, sur la restauration de la chapelle ahsidale.