‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 135 sur 257 · AMEUBLEMENT. — PIERRES TUMULAIRES · texte numérisé non relu

AMEUBLEMENT. — PIERRES TUMULAIRES

D anno Domini MCCCLXYII, die IIII Mali. Anima ejus )) requiescat in pace. Amen (1). »

L’histoire ne parle point de ce chanoine.

La dalle funéraire du côté de l’évangile est d’un dessin moins beau. Les pilasires t|ui supportent l’arcature trilobée se partagent en (juatre parties : le socle et trois étages garnis de staluelles. Chacun de ces personnages est encadré dans une ogive trilobée supportant un fronton flanqué de clochetons. Le troisième étage est surmonté d’une nètdie moins élancée que sur la [)ierre tumulaire précédente. Au-dessus de l’ogive principale s’élève la base d’une flèche tronquée; au milieu est placée une septième statuette. La flèche centrale se réunit aux pilasires latéraux par un double arc-boutant qui rappelle par sa forme ceux de la partie absidale.

Les statuettes représentent, au premier étage, des religieux couverts du capuchon ; au second, des clercs portant, l’un la croix, l’autre, le bénitier; au-dessus, deux anges encensent , chaînes déployées. Dans le haut du fronton, un ange porte l’âme du défunt dans un linceul. Le chanoine a les mains jointes. Il porte l’ample chasuble des anciens temps, un manipule étroit, l’élole pendante, et l’amict ou collet orné de j iches broderies L’aube a une garniture de dentelle petite, mais très-belle.

Autour de la bordure de la pierre, on lit ces mots :

« Cy gist noble et discret home messire Gile de Pégo- » rare, de Plaisance, jadis chanoine et souh-chantre de » cette église, qui trespassa de ce siècle Van mil trois » ceîîs soixante et dix-sept , le XXIIII^ jour du mois » d'Ottobre. Pour Dieus (2), priés pour lâme de lui. »

(1) « Ci-gît Jean Panthouf, homme de grande discrétion et d’excellent » conseil, docteur en droit, autrefois chanoine de cette église , et sous-

chantre de Bayeux, qui mourut le 4 Mai 1367. Que son âme repose en » paix. Ainsi soit-il. »

,2) On ne conçoit pas comment une faute aussi grossière a pu échapper

Ces deux pierres tombales sembleraient deux architectures, deux époques différentes ; l’une simple comme le ‘ XIII^ siècle, l’autre de ce style déjà maniéré qui amènera la décadence de l’art. Et cependant dix ans seulement sé- ‘ ' parent la mort des deux personnages. La première de ces dalles était placée dans la grande nef, près du chœur ; i

l’autre, dans la chapelle de Saint-Calixle. Moins exposées, ^

aujourd’hui, au frottement des pieds des fidèles, elles |

demeureront intactes et montreront aux générations fu- |

tures ce qu’élaient autrefois les dalles funéraires dont nos J

temples étaient remplis, et que le XYIII® siècle a fait 1

disparaître. |

Derrière l’autel, à l’endroit où s’élevait le tombeau du » cardinal de Lorraine (1), on trouve ces mots dictés par le prélat :

« Ego credidi quia tu es Christus^ filins Dei vivi^ qui in i hune mundum venisti. On. y ajouta ces mots : Expecto )} donec veniat immutatio mea. »

Autour de l’abside et dans les chapelles sont encore • plusieurs tombes.

Du côté du transsept nord, sous les orgues, on voit une pierre en marbre noir, placée au pied du pilier où s’élevait autrefois l’autel de la Transfiguration. En voici l’inscription :

« Cjj gise vénérable personne maistre Hugues Bazil,

B dit Cadfjj natif de Bun-le- Château, jadis chanoine et P pénitencier de Reims ; lequel, après son retour du saint > voyage de Jérusalem, fit faire et construire cet autel avec » Vhistoire de la transfiguration de Nostre-Seigneur, et y

aux chanoines du XIV' siècle , dont nous avons à constater les connaissances littéraires et théologiques.

(I) Tonie 1", page 167.

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