FL. VAL. JOVINO. REM. COS. AB. V. C. A. CIO. CXX
(t) Voir, aux pièces jüstificatives, plusieurs inscriptious, etc., recueillies n Rome, par M. Barbier de Moutault.
TomlK'au île .loviii
AMEUBLEMENT. — PIERRES TUMUI.AIRES. ,iS7
Flavio Valoilino Jovûio, Ucmensi , ah vrhc
condila anno ! i 20.
Ce tombeau ii’a pas toujours été à Notre-Dame. Avant la Révolution , il appartenait à l’abbave de Sainl-Nicaise : .loviii y était regardé comme le premier l'ondateur de l’église de Saint-Agricole (f)G5) , sur remplacement de lafjuelle Saint-N'icaise s’éleva par la suite. Ce n’est qu’en 1800, (|u’il fut déposé dans l’église cathédrale, avec la pierre tumiilaire de Hugues Libergicr. D’abord placé entre deux piliers de la nel', il fut relégué «lans l’ancienne porte du sud (1).
Les sculptures qui couvrent le cénotaphe ont été l’objet de bien des assertions erronées. M. Loriquet, conservateur de la bibliotbèciue de la ville de Reims, les a discutées dans un récent mémoire publié aux frais de l’Académie impériale de Reims.
On avait dit et répété (jue le bas-relief a du rapport avec quelques circonstances de la vie de Jovin. Depuis la dissertation de M. Loriquet, il n’est plus possible de soutenir cette opinion. « Le sujet traité dans le monument » est banal ; les figures qu’on y a remarquées , et (|u’on D a affublées de noms historiques, sont banales égaleü ment. L’ensemble s’est perpétué d’age en Age dans le T> monde romain, comme motif d’ornementation des » monuments funèbres, sans autres différences que celles » que le temps et le caprice des artistes ont pu lui im- » primer (2). k
(1) Il serait beaucoup mieux conserve dans un musée que dans une église. Plusieurs fois déjà, Son Eminence Monseigneur le cardinal l’a offert à l’administration municipale, qui n’a i)as cru devoir l’accepter, ne pouvant disposer d’un local convenable.
(2) Reims pendant la domination romaine, d’après les inscriptions , avec une dissertation sur le tombeau de Jovin, par M. Loriquet, membre titulaire de l’Académie de Reims, mémoire couronné au Congrès tenu en cette ville en 1861 .
Le tombeau est un grand coiïre de marbre blanc, d’un seul bloc, portant deux mètres 84 centimètres de longueur sur un mètre 50 centimètres de hauteur.
La face antérieure seule est sculptée en plein relief : les figures des côtés n’ont pas de saillies ; elles font, toutefois, partie du sujet, qui est composé de quatorze personnages.
Le premier que l’on voit, à gauche, a les cheveux courts, et porte la tunique étroite, la cuirasse, le manteau court; de la droite, il devait tenir un épieu. Prés de lui sont deux jeunes hommes ; l’un a la figure imberbe, la chevelure abondante ; il présente un cheval ; l’autre, vêtu d’un manteau et d’une tunique courte, offre à son maître un casque à mentonnière.
Auprès de ce dernier personnage, un enfant, ayant pour tout vêtement le manteau qui lui tombe des épaules, lient également un casque. Derrière ce groupe , paraît encore un homme à cheveux courts.
Vers le milieu, nous trouvons une jeune femme à la démarche ferme et tranquille ; elle est attentive à la scène qui se passe devant elle. Sa tête est couverte d’un casque h cimier; une abondante chevelure s’en échappe. Elle est velue d’une luniijue serrée à la taille. Sa main droite agile un épieu ; la gauche est appuyée sur la garde de son épée; a Tavanl-bras est passé un vaste bouclier ovale.
Aux pieds de ces dilïérents personnages gisent un sanglier et un cerf expirants.
Un peu plus loin, un homme à cheval, vêtu d’une tunique à longues manches, s’apprête à frapper un lion qui s’élance sur lui. L’animal est déjà percé d’un trait; sous ses pieds il foule un animal à cornes, et un homme renversé qui lutte contre lui en lui opposant son bouclier.
Au second plan, un personnage à cheval lance une javeline.
Viennent ensuite deux hommes à pied, l’un en tunique courte et portant des javelines; l’autre, appuyé sur une
AMEUHLEMENT. — GRILLES. 389
pique, Cl couvert d’un simple manteau. Les deux guerriers sont séparés par quelques rameaux de verdure.
La face droile du sarcophage est occupée par deux personnages, dont l’im lient une pique cl la laisse d’un chien.
L’angle gauche de la corniche est soutenu par un pilastre, sur le chapiteau duquel est couchée la statue d’un fleuve couché dans les eaux, entouré de plantes aquatiques, appuyé sur une urne et tenant un roseau de la main droite.
Les sculptures ne sont pas parfaitement intactes : elles curent à souffrir, dans l’église de Sainl-Nicaise, de la chute de la verrière du portail, renversée par le vent en 1540. Le transport de ce monument ne sc fil pas, sans doute, sans quelques accidents, et néanmoins, tel (pi’il est, ce cénotaphe peut passer encore pour un des plus curieux morceaux de l’art romain.