‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 144 sur 257 · ORGUES · texte numérisé non relu

ORGUES

placées les armoiries des Ursins, et à droite, celles du Chapitre. Les armes royales, seules, étaient dans le haut.

Jacques Cellier et rannalisle Coc(|uault nous apprennent que l’orgue de l’église métropolitaine de Reims se divisait en deux parties, le grand et le petit orgue. Jac(iues Cellier indi(|ue 2,340 tuyaux, dont le plus grand portait 24 pieds de hauteur et 4 de grosseur. Le grand orgue avait 1772 tuyaux, et le petit 508.

Cocquaull accuse 2100 tuyaux, dont 1832 au grand orgue, et 508 au petit.

La montre du grand orgue était de 47 tuyaux, et celle du petit, de 77. Cetle montre est encore la meme aujourd’hui. 11 y avait 24 jeux ou registres; 0 soufllets pour le grand et 3 pour le petit les mettaient en mouvement (1).

Le buiïel du XVle siècle ne ressemblait point à celui que nous voyons aujourd’hui. Toute ta façade était gothique, ornée de grandes ogives et percée à jour. Trois tourelles supportaient des flèches élancées. Le soubassement était également découpé à jour (2).

Plusieurs grandes réparations furent faites aux orgues de la cathédrale.

En 1570, le Chapitre fait « un marché notarié avec Denys

(1) Claude Perrault, dans sa traduction de Vitruve éd., Paris, 168i), dit que les orgues de Paris et de Reims n’ont qu’un seul jeu de 20 tuyaux sur chaque marche, sans aucun registre.

€ Perrault, dit l’auteur de 17/UrodMcnon de l’art du facteur d’orques ^ dom » Bèdesde Celles, s’est évidemment trompe. Ce que nous venons de rap- » porter en est une preuve incontestable. Les grandes réparations faites »> à cet orgue trente-sept ans avant, qu’il a pu connaître et dont nous » allons parler, auraient dù le préserver d’une telle erreur. »

(2) Dessins tracés en 1580 par Jacques Cellier.

La décoration gothique existe encore derrière les panneaux de bois rapportés dans le XYID siècle. Il serait facile de rendre à l’orgue son aspect primitif.

î Collet, compositeur d’orgues, demeurant à Reims, pour )) refaire et reconstruire les grandes orgues, soufllels, » tuyaux, menuiserie, s’il s’en trouve quelque chose » rompu, fouillé, devant , derrière et de côte, généralc- » ment tout ce qui se trouve à faire au grand jeu ; excepté » les cschaffaulx, peinture et rideaux qui se tirent au défi vaut des orgues, moyennant prix de 1,000 livres tour- » nois (1).

Les archives du Chapitre mentionnent encore « un » marché notarié du 11 Juillet 1571, passe entre Nij) colas Corinzier, charpentier à Reims, et MM. Gilles ô Richier, Presvot, Jehan Cessait, pénitencier, Nicolas » Wyart , scholastique-chanoine, pour l’exécution de l’cs- » chaffaulx, sur un pied de bois d’environ 30 pieds au- » devant des grandes orgues, pour servir au racouslremenl 5 des dites orgues et autres petits eschaffaulx superposés, « pour sept vingt livres (2). »

a En 1019, le 22 Juillet, le Chapitre passait un nou- » veau marché notarié avec Nicolas llocquet , facteur » d’orgues demeurant à Nancy, pour l’exécution de tra- » vaux à faire pour V augmentation et la restauration » d’iceluy, moyennant 750 livres, et la fourniture par le » Chapitre de tous les matériaux nécessaires (3). »

C’est à cette époque, sans doute, que la menuiserie fut changée et que le positif fut ajouté.

M. Lacatte-Joltrois, dans une notice sur les orgues de la cathédrale, parle d’une nouvelle restauration faite en 1647 : c’est la grande réparation à laquelle fait allusion D. Bédes de Celles : nous ignorons en quoi elle consista.

Le XVIlIe siècle voulut aussi travailler à l’augmentation

(1) Fab., liasse 18, n® 16.

(2) Ibid. ^ avec conclusion capitulaire et reçus du 9 Mai 1572 et du 30 Novembre 1673.

(3) Fab, liasse 18, n® 16, avec les conclusions capitulaire.s.

AMEUBLEMENT

OIIGUES.

(le l’orgue (1). Le 20 Juin 1705, « M. l’abhii nanlouiu, » accompagné des sieurs Turpin, organiste la decallié- » drale , et Baronnet, organiste de Saint-Bemi, fait un » rapport sur la visite de l’orgue, de son état et des res- M lauralions qui sont à y faire.

K Un marclic fut conclu entre MM. les sénéchaux et le » sieur Péronard, pour l’exécution des travaux, rnoyenliant 2,400 livres.

» Les travaux furent exécutés, et un certificat fut délivré » le 14 Octobre 1700, par MM. Ilardouin, Turpin et Ba- » ronnet, attestant que tout était bien fait (2). d L’année suivante, le 5 Février (1707), de nouvelles dépenses sont jugées nécessaires. Une somme de 420 livres est donnée au même sieur Péronard, pour le complément d’un jeu de contre- bombarde (3).

La révolution de 1793, (jui renversa tout, respecta l’orgue de la cathédrale , comme l’attestent les archives municipales (4). 11 servit au culte de la déesse Raison.

(I) Nous n’osons pas mentionner la restauration faite en 1737 : nous n’en avons pour preuve que ces mots gravés sur la pierre de l’escalier : « Cette orgie a été rétablie en l’an 1737, par mon ^ieur 'f/érî, facteur » d'orgies, demeurant à Paris.

(i) Havé, dans ses Affiches (année 1790, IG Mai, n" lo, p. 38), fait la biographie de l’organiste Turpin Jacques, né en 1728, à Saint-Maur-des- Fossés, et reçu à la métropole le 19 Octobre 1752. 11 mourut le 3 Mai 1796.

(3) Fab., renseignements, avec la conclusion capitulaire, le mandat de paiement du 20 Octobre, et l’acquit du sieur Péronard.

(4) Lettre des administrateurs de la municipalité de Reims au citoyen Bergeat, pour lui recommander la surveillance de l’orgue de la ci-devant cathédrale.

.... Procès-verbal et description de l’état du grand orgue et de ses diverses parties, dressé par L. Péronard, facteur d’orgues, dont il a fait la soufflerie ; Noël Maireau, son adjoint, et Pierre Lacourt, entrepreneur de charpente, en présence du citoyen Bergeat, conservateur du musée ; ledit orgue trouvé en bon état, avec la reconnaissance, par les fabriciens de Notre-Dame, que cet orgue est propriété nationale et. comme

L’organiste Turpin fils prêta son ininistèrc à ces fêles ignobles. Les prétendus catholiques constitutionnels voulurent conservera Turpin ses fonctions dans l’église rendue au culte ; les insermentés le repoussaient. Le conseil municipal ordonna à Turpin de rendre la clef de l’orgue jusqu’à ce que les deux partis se fussent mis d’accord (1).

De nouveaux changements furent introduits dans l’instrument après la Révolution. Cocliu, facteur d’orgues à Troyes, entreprit, en 1811 , de supprimer les anciens souincts, pour les remplacer par d’autres de son invention. Il fit six soufllets carrés pour le grand orgue et trois pour le petit, appelés soulflets à lanterne; on obtenait ainsi plus d’égalité pour l’harmonie qu’avec les soufllets à levier , ces derniers nécessitant toujours l’emploi de plusieurs hommes (2).

Au commencement du XIX^ siècle, l’orgue de Reims sc composait de 44 jeux ; il passait pour un des plus complets (|Lii existât en France ; mais il était tombé dans une désorganisation telle, (jne plusieurs des jeux ne fonctionnant plus, il fallait aviserai! moyen d’y porter remède,

objet d’art, conlié au citoyen Bergeat, et ({uc, moyennant l’usage qui leur en est permis, ils s’eiig.^gent à rentretenir et à le remettre à la première réquisition. (.\n IV. Archives municipales.)

(I) l’étition des catholiques constitutionnels aux membres de l’administration municipale, tendant à déclarer seul organiste de la cathédrale le sieur Turpin lils, déjà reconnu à ce titre pour les fêtes décadaires, et d’exclure le sieur Bigot, que les dissidents insermentés prétendent employer.

Arrêté du conseil municipal qui, sur le différend soulevé entre les

catholiques des deux partis au sujet de l’organiste, ordonne au sieur Turpin tils, organiste des catholiques sermentés.de remettre à la municipalité la clef de l’orgue, jusqu’à ce que les dissidents soient d’accord,

avec l’avis contraire du sieur Giroust, commissaire du pouvoir exécutif.

(An IV. Archives municipales .)

{i) Sur une des colonnes de l’escalier en pierre qui se trouve dans l’orgue, on voit ces mots gravés : « Réparé en 1811 par René Cochu, de » Troyes ; a fait les soufflets carrés. »

AM EU liL KM EN T.

Ur.GUES.

-iOl

SOUS peine de le voir bieiilôl liors d’élal de servir. L’adminislralion de la fabrique de Noire-Dame le sentit, et, en 18ii, elle décida (ju’une nouvelle et importante restauration seiail faite.

FMusieurs facteurs Iden connus se présentèrent pour renlrej)rendre ; tous oiïraienl à l’adminislralion de sulFisanles garanties. M. John Al)bey, l’un d’eux, obtint la préférence ; un marché fut |)assé cnlie lui et l’administration dans les premiers jours de 1845, pour la refonte des tuyaux, l’augmentation des jeux, en un mot, la restauration com[)lclc de l’orgue.

(le marché fut d’abord conclu pour •14,3'23 fr.

Plus lard, on y ajouta un supplément de 4,175

Ce qui faisait une somme de 48,498 fr.

Sur la fin de Juin 1845, l’orgue cessa de fonctionner, et les réparations commencèrent. Suivant les conventions faites, le travail devait être entièrement terminé au bout de neuf mois, c’est-à-dire j)our les fêles de Pâques 184G. Pour obliger rentreprencur à y mettre la diligence nécessaire, il avait été meme stipulé qu’aprés l’expiration des neuf mois, il lui serait fait, pour chaque mois de retard, une retenue assez importante. Celle retenue n’a pas été exercée, et il s’en fallut de beaucoup que M. John Abbcy tînt sa parole. Non-seulement on vit arriver le terme fixé, Pâques 18F6, mais toute l’année et la suivante, 1847, s’écoulèrent sans qu’on parvînt même à savoir quand l’instrument serait achevé. Au commencement d’Oclobre, il fut possible de faire entendre le grand orgue pour la fêle de la Toussaint, mais il fut fermé aussitôt après. Le facteur promettait que, sous peu de jours, il aurait entièrement fini, et livrerait son travail à l’administration. Dix mois et plus se passèrent encore sans qu’on pût obtenir qu’il y mît la dernière main ; ce ne fut que le

402 DESCUIPTiON DE LA CATlll'lDRALE DE UEIMS.

i4 Septembre 1840, que l’orgue {'ut cnHa reçu par le conseil clô fabrique (l).

Cet orgue est coiniposé de o,5î G tuyaux et de 53 registres. Sa inontre est de 124 tuyaux an grand orgue, et 77 au petit, il est mû par 4 soufflels : 2 grandsei 2 petits, et 2 léservoirs. ï)eux 'hommes, ur^ seul à la rigueur, suOisent pour y iiilToduire le vent îiéeeivsaire pour lui bure pro- U ire son plus priissiini elfet.

Noms (les ]e?!x de c't 'nslraineiil.

1“ Cradd orgiic.

Il Y a 57 loiirhes du la au fa.

Grand cornet mfiol, — 5 tu

aux sur marelic, 1 75

Montre de 10 j)ieds.

Montre de 8 pieds,

Prcslaiil de 4 pieds,

Bourdon de 10 pieds,

Bourdon de 8 pieds,

Flùle on fa, do 8 pieds,

Fiûle boncliée, de 8 pieds,

Boubietle de 2 pieds,

Nasard,

Tierec-

Pieiii jeu sur 4 rangs.

Cymbale sur 3 rangs.

Boni b 'a rdc do îG pieds.

2*^ Bombarde lie îG pieds.

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