‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 171 sur 257 · Peigne en ivoire, du XII® siècle , ayant servi · texte numérisé non relu

Peigne en ivoire, du XII® siècle , ayant servi

il SAl^T Bernard.

Ce peigne (i) est formé d’un seul morceau d’ivoire. Le champ qui sépare les grosses dents des fines est orné d’une ^ plate-bande ciselée des deux côtés, et divisée en quatre h compartiments. ¥

(t) Le peigne liturgique était autrefois en usage dans les cérémonies religieuses : « Car, dit dom Claude Le Vert, quoique la tonsure et la » couronne des évêques ne fussent point autrefois différentes de celles )• que portent encore à présent les Cordeliers et les Capucins, toutefois, » le cercle des cheveux qui régnait autour de la tête était toujours assez •* épais pour qu’ils eussent besoin d’un peigne, dont la décence voulait >» qu’ils se servissent pour démêler leurs cheveux et les arranger promp- » tement, surtout avant que d’entrer à l’autel et de commencer leur >• fonction. Il parait même, par le Pontifical romain accommodé aux M usages de l’Eglise de Mende, que l’cvêque avait exprès un peignoir, c’est-à-dire un linge fait en forme de petit manteau, qu’on mettait » sur ses épaules quand on le peignait ; Tobellia ( touaille, toile, toi- » lette) qitando pcctitur , collo circumponenda. C’est qu’on ne se pei- » gnait, en effet, qu’après s'être revêtu des habits sacerdotaux ou pon- ’> tificaux, et sur le point d’entrer en fonction; de sorte qu’on était bien » aise de conserver la chape ou chasuble, et d’empêcher que la crasse » ne tombât dessus. Les prêtres de second ordre, n’étant pas moins gar- » nis de cheveux que les évêques, et portant une couronne et une ton- ’• sure toutes semblables, prenaient aussi la précaution de se peigner i> avant iiue d’aller à l’autel, et accompagnaient cette action de la même

Haut., 17 c. — Larg.y 15 c.

TRÉSOR DE NOTRE-DAME

Sur une des laces, on voit : sainle Barbe tenant un livre et une tour, ou sainte Marie-Magdeleine' avec un vase de parfum dans les mains; en regard se trouve un martyr : ce qu’il tient à la main gauche n’est pas reconnaissable ; — l’Annonciation; — un martyr ou un apôtre, et saint Jac(]ues le Majeur, avec la pannetière et le bourdon; — saint Bardiclerny, avec le couteau instrument de son supplice, et saint Thomas tenant une lance, ou saint Mathieu.

» prière que les évêques; savoir celle-ci, selon le Missel de Luiulen, » de 1514 :

« Corripe me, Domine, in misericordia tua ; oleum aulcm peccatoris » non impinguet caput nieuin; »» ou celle aulre, de l’ancien l’onlitical de ■ Paris; « Intus exleriusque caput nostrum, lolunniue corpus et mentem » meam tuus, Domine, purget et mundet Spirilus alnms. » Ce qui était » commun à l’évèque et au simple prêtre, comme nous avons dit plus » haut, suivant ces paroles du même Ponlilical ; « E|)iscopus vel sacerdos » missarum solemnia celcbraturus. .. dnni se peclinat, dicat : Intus, etc.

» On voit qu’on demande à Dieu, par cette prière, (ju’en même temps » que le peigne décrasse la tête et la nettoie de ce qu’il y a d’impur et » de grossier, le Saint-Esprit , par sa grâce divine , daigne purifier » notre cœur et en ôter tout ce ([u’il peut y avoir de contraire à la » vertu. »

Durand de Mende, dans son Ralionale de dioinis ofjlciis, parle également de l'usage du peigne liturgique : « Le pontife qui doit célébrer une » messe solennelle s’avance vers son siège. . . Un de ses serviteurs, s’ap- » prochant, lui ôte scs chaussures ordinaires, et le sous-diacre lui met » les sandales. Ensuite l’évêque dépose sa chape, et, lorsque de nouveau » il s’est assis, le diacre, après lui avoir entouré le cou d’un peignoir, O le peigne respectueusement et légèrement, ou, en cas de nécessité, le » diacre est remplacé par le chapelain. »

Ces autorités sont confirmées par d’autres renseignements fournis par Ducange : le peigne est mentionné par lui au nombre des objets servant au culte, parce que les prêtres et les clercs se peignaient avant d’entrer dans l’église.

« Testament du comte Evrard (837) : Nous donnons, pour l’ornement » de notre chapelle, un ciboire avec une croix d’or... un peigne orné w d’or.

» Chronique de Galmeliac dans Estiennot, Fragments historiques, t. III ; » Des tables d’ivoire pour l’ornement de l’autel, quatre ou cinq peignes » d’ivoire.

Sur Tautre face, on remarque saint Jean-Baptiste et sainte Catherine ; — saint Paul et saint Pierre; — saint Matthieu, avec un glaive, et un évêque; — saint Fiacre et saint Laurent ; tous deux sont reconnaissables, l’un par la bêche, l’autre par le gril qu’ils tiennent à la main.

Les grosses dents, au nombre de cinquante, ont quarante-deux millimètres de longueur. Les dents plus fines', de la même longueur, sont au nombre de cent neuf.

Ce peigne n’a rien de remarquable ; la sculpture même en est assez grossière. 11 n’est précieux que comme souvenir ; il paraît certain qu’il a servi à saint Bernard. Il a été offert par M. Ilaudos, député de la Marne, si connu par ses libéralités envers les pauvres et les églises, à l’occasion de la consécration de l’église de Loisy-sur-Marne faite par Son Eminence Monseigneur le cardinal Gousset, au mois de Septembre 1801. Haut,, 13 o. — Larg., \5c.

» Tcstaiiieut de Ricuif, évêque d’Eliie (it5) : un peigne d’ivoire.

'* Cliarte de l’année 1231, dans Catel, Mémoires du Languedoc: on y voit huit ceintures de soie et six peignes d’ivoire.

» Charte de Jean, archevêque de Capoue (1301) : item, un peigne • d’ivoire.

» Confraternité entre l’ahhaye de Sainl-Gall et quelques évêques (908), » dans Neugast, Codex diplomdticus : «« L’évêque entra dans le chaulToir » des religieux et fit suspendre à des chaînes des peignes d’ivoire, remar- » quahles par leur grandeur et leur travail. »

L’usage du peigne liturgique parait tombé en désuétude vers le commencement du XVI' siècle. A cette époque, en effet, le Pontifical romain «le Clément Ylll (1592-1605), revu par l’ordre d’Urbain VllI, ne mentionne plus le peigne que pour le sacre des évêques , pecten eburneum. Les onctions faites à l’évêque sont essuyées avec de la mie de pain et avec un linge proj)re ; ensuite ses cheveux sont nettoyés et arrangés avec un peigne : Dcinde cum pectine mundantur et componuntur capilU.

L’Eglise grecque a conservé jusqu’aujourd’hui la coutume de se peigner avant la messe, et le peigne, après cette action, reste sur l’autel.

Parmi les peignes conservés en France, celui de saint Loup, archevêque de Sens (625), est cité comme un des plus curieux. Il est en ivoire, orné de baguettes en or, perlées et enrichies de pierres précieuses.

A Houxières-aux -Dames, on peignait les personnes attaquées de la teigne a\ec un peigne qui avait appartenu à saint Gauzelin.

TUÉSOH DE NOTllE-DAME.

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