Autre calice de la même époque
Ce calice est aussi en vermeil, mais d’une ciselure moins
riche. Sur le pied, découpé et orné de fleurs, on admire Notre- Seigneur guérissant les dix lépreux et rendant la vue à Vaveugle-né ; sur la coupe, Notre- Seigneur instruisant ses disciples ; sur le nœud sont les Evangélistes .
Haut., 23 c.
\ 9 . Croix byzantine . {Imitation . )
Cette croix fut offerte par le Gouvernement à Notre- Dame, en Avril 1843. Elle est en cuivre estampé et ornée de pierreries. Elle est portée sur une hampe en bois, couverte de dorures :
Celte croix n’a de valeur que comme reproduction d’un objet antique; elle sort des ateliers de M. Durand, orfèvre à Paris. Haut., 48 c.
Nous mentionnerons encore , pour terminer cet inventaire des richesses de notre Trésor :
20. Une Croix en ébène, recouverte d’écaille rouge. Elle est d’une assez belle exécution. (Haut., 75 c.)
21. Un Christ en ' ivoire , d’un beau travail ; il est quelque peu mutilé à la tête, aux doigts et à la ceinture.
(Haut., 33 c.)
22. Un Christ en argent, placé sur une croix d’ébène. Dans le pfed se trouve un médaillon en argent, avec une relique très-considérable de la vraie croix. Il a été offert par Lescailier , de Reims.
23. Une Timbale en or. Cette coupe a été offerte , après la Révolution, par Loupeigne, de Toussicourt. Elle est ornée d’un chiffre surmonté d’une couronne de duc.
VASES ET OBJETS d’ORFÈVRERIE DU SACRE DE CHARLES X.
Ces objets ont été fabriqués dans les ateliers de M. Cahier, orfèvre à Paris,
Le reliquaire actuel a été fait pour recevoir les débris de l’antique et sainte Ampoule, brisée par Rhull en 1793.
En parlant des sacres, tome art. VIR et pièces JUSTIFICATIVES, nous avons fait connaître le respect religieux avec lequel était conservée autrefois, à Saint-Remi, la Sainte-Ampoule, envoyée du ciel , au jour du baptême et du sacre de Clovis; nous avons dit les précautions dont nos pères entouraient la vénérable relique , quand on la transportait du tombeau du bienheureux apôtre à la vieille cathédrale. Le lecteur n’aura pas oublié que Reims ne fut la ville des sacres que parce qu’elle possédait l’huile sainte qui coula sur le front du fondateur de la monarchie (2). Reims était si fière de ce précieux dépôt, que jamais l’Ampoule sacrée ne sortait de nos murs (3), et quand Louis XI , qui se faisait apporter , près de son lit de souffrances , toutes les reliques des saints, quand ce roi si absolu demanda à l’abbé de Saint-Remi l’Ampoule
(î) Nous (lirons aux pièces justificatives : 1° ce qu’était la Sainte- Ampoule ; 2“ sa destruction à l’époque de la Révolution, et la conservation d’une partie du baume; 3“ nous étudierons l’origine de cette sainte relique : a-t-elle été envoyée du ciel à saint Remi, l’apôtre des Francs?
(2) Tome PL p. 552.
(3) On croit généralement que la Sainte:AmpouIe n’est sortie de Reims qu’une seule fois dans le cours de treize siècles. Il est cependant
« dont il avait été oint en son sacre, et qui, par une nou- » velle et sainte onction, pouvait le rendre sain et sauf aux » jouissances de la royauté qui lui écliappaienl, » Louis XI ne put obtenir que la sainte relique prît la roule de Plessisles-Tours (1) qu’après un ordre formel envoyé par le pape à l’abbé de Saint-Remi (2).
La Sainte-Ampoule ne survécut que de quelques mois à la chute de la monarchie française (5) : elle avait été déprobable que, quand Hincmar, fuyant les Normands, se relira au-delà de la Marne, emportant avec lui le corps de saint Remi, il emportait également une autre relique non moins précieuse, l’huile sainte des sacres, conservée dans le tombeau de l’apôtre rémois.
(1) Philippe de Commines s’exprime ainsi :
« La Sainte- Ampoule qui est à Reims, qui n’avoit jamais esté remuée w de son lieu, lui fut apportée jusqu’à sa chambre de Plessis, et estoit » sur son buffet à l’heure de sa mort, et avoit intention d’en prendre » semblable onction qu’il en avoit prise à son sacre. Combien que » beaucoup de gens cuidoient qu’il n’en voulut oindre tout le corps, ce » qui n’est pas vraisemblable, car ladite Ampoule est fort petite, il n’y a
pas grande matière dedans. Je la vis à l’heure que je parle, et aussi » quand nostre roy fut mis en terre à Nostre-Dame-de-Gléry.
(2) Le roi ayant demandé à l’abbé de Saint-Remi une portion de l'huile sainte des sacres, celui-ci répondit à Louis XI qu’il ne le pouvait faire sans l’autorisation du souverain pontife. Le roi envoie aussitôt à Rome pour obtenir cette permission . Sixte IV accède à la supplique du prince, et aussitôt Louis députe un des principaux seigneurs de sa cour et un évêque pour lui apporter la relique tant désirée, promettant « sur » son honneur et sa parole de roy , que dans brief temps il la ren- 1) verra. » Les lettres du roi furent lues dans le conseil de ville et devant les chanoines de la métropole.
Les sénéchaux de l’Eglise de Reims accompagnèrent le sacré dépôt. Quand la Sainte-Ampoule passa à Paris, le parlement l’alla recevoir avec les autres ordres de l’Etat, lui fit cortège jusqu’à la Sainte-Chapelle, où elle fut déposée pendant une nuit. Le lendemain, le parlement en corps accompagna encore la relique vénérée jusqu’à l’église de Notre- Dame-des-Champs.
(3) Nous avons, au tome l'C p. 285, décrit le reliquaire de la Sainte- Ampoule, tel qu’il était autrefois.
noncée comme dangereuse au salut de la République, eÈ le conventionnel Rhull, en mission dans le département de la Marne, immola sur Tautel de la patrie la royale relique. Elle fut brisée sur les marches du piédestal qui avait porté la statue de Louis XV (i).
La Sainte-Ampoule ne fut pas cependant entièrement perdue : des fragments en avaient été détachés précédemment ; quelques morceaux de cristal furent recueillis : des procès-verbaux authentiques constatent l’existence et la conservation de ces parcelles vénérables (2).
En 1819, les fragments furent recueillis et placés dans, un reliquaire provisoire. Monseigneur de Coucy en avait
La fiole était pripiitivement portée par une colombe d’or au bec de corail et aux pieds rouges. Elle fut fixée sur une pièce d’orfèvrerie eu vermeil, plate et ronde , ciselée et ornée de pierreries : le tout recouvert d’une plaque de cristal. A côté, on attachait l’aiguille d’or qui servait à prendre une portion du saint baume.
Le mélange de cette parcelle avec le saint-chrême se faisait sur une patène fixée par des écrous d’argent au dos du précieux reliquaire, et qu’on détachait aux jours du sacre.
A ce reliquaire était fixée une chaîne d’argent qui servait à le suspendre au cou du grand-prieur. La fiole était fermée par un morceau de taffetas cramoisi.
(1) Le procès-verbal de cette destruction fut dressé par Rhull luimême. Le conventionnel reconnaît que l’Ampoule avait autrefois contenu une liqueur rouge qui , depuis, s’était desséchée et restait aux parois du verre. Rhull rpndit compte à la Convention de sa mission à Reims : il annonce aux députés, ses collègues, « qu’il a brisé le monu- » ment honteux créé par la ruse perfide du sacerdoce pour mieux servir » les dessins ambitieux du trône... Repeuple ne verra plus désormais » l’insidieuse farce du sacre d’un brigand heureux... La Sainte-Am- 1) poule n’existe plus; ce hochet sacré des sots, cet instrument, dangereux * dans les mains des satellites du despotisme, a disparu... »
Ces pièces ont été publiées par M. P. Tarbé. dans ses Trésors des églises de Reims. Hélas ! pourquoi faut-il que l’histoire soit contrainte de conserver h la postérité de pareilles ignominies ?
(2) Ces pièces, publiées par M. Tarbé, n’occupent pas moins de douze pages in-4" ; nous ne pouvons les reproduire. Nous les mentionnons aux