PIÈCES JUSTIFICATIVES
TRÉSOR DE NOTRE-DAME
commandé un autre au premier orfèvre de Paris ; ce riche joyau ne fut terminé qu’à l’époque du sacre de Charles X.
« La partie supérieure de ce précieux meuble (1) consiste en un coffret qui s’ouvre et se ferme à l’aide de trois serrures placées au-dessous ; sa forme est celle d’un carré long ; la partie supérieure se compose d’une lame de cristal qui permet à l’œil de plonger dans l’intérieur du coffre, et d’y voir l’Ampoule et les compartiments qui contiennent les reliques de la royale fiole.
» Ce coffret est placé sur un socle, auquel il s’adapte en entrant dans des rainures qui le maintiennent solidement. Ce socle a aussi quatre faces concaves dans la partie supérieure, et presque planes dans leur partie inférieure. Sa base est carrée, et ses angles, qui sont doubles, sortent en saillie des bandes métalliques qui l’encadrent.
)) L’ensemble de ce reliquaire , qui , d’ailleurs , est enrichi de pierres précieuses , est un chef-d’œuvre de ciselure. Le dessin est de L. Laffitte, premier dessinateur du roi.
)) Sur les faces concaves et légèrement planes , sont des sujets historiques ciselés avec soin.
» Un de ces bas-reliefs représente le baptême de Clovis; au-dessus, on lit cette inscription :
Gloria in altissimis Deo ! (Luc, 2.)
Adora quod incendisti,
Incende quod adorasti,
(S. Remigius Clodoveo Francorum régi in ejus baptismale et consecratione : anno CCCC.XCVL)
Post ipsum regem Francorum Qiiando coronantur
(1) Nous empruntons cette description à l’ouvrage si intéressant de M. r. Tarbé, Trésors de Bcims.
Oleo comecrantur eodem. (Gui'l. Britl. Philip., lib. 1.)
Regem honorificate ,
Quia sic est voluntas Dei, (I Pet., 2.)
» Sur la partie horizontale du socle qui se trouve au-dessous de ce bas-relief, on lit :
Ex epistola gratulatoria S. Âviti, Viennensis epücopi, ad regem C'iodoveum nuper conversum.
Quid jam de ipsa gloriosissima regenerationis vesirœ so- Umnüate die atur ? quale illud esse t ? Cum adunatorum numerus ponlificum manu sancti amhitione sermtii , membra regia undis vitalibus confoveret; cum se Dei servis inflecleret timendum gentibus caput; cum sub casside crines nutrilos, salulari galea sacrœ unclionis indueret,. . qua propler radiale perpeluum, prœsenlibus diademate^ absentibus majestate
» Plus bas sont ces mots :
Vivat Rex !
» A chaque extrémité de cette inscription, et sur le même plan, est un médaillon vide , destiné à recevoir TefTigie des rois qui se feront sacrer.
D Un autre bas-relief représente les armes de la ville et celles du Chapitre de Reims ; au centre, sont les armoiries du pape : une tiare entre deux clefs en sautoir et une tête d’ange brochant sur le tout.
» Au-dessus est cette inscription :
Anno XTL - M.DCCC.XX.
Rege Ludovico XVIII.
Metropolilana. Remensi. $ede.
a Pio VII ; ut par erat restituta sacri ad regiam^ unctionem chrismatis perantiqua traditione coîendi impiis ante contritam pedibus thecam religiose collecti
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TRÉSOR DE NOTRE-DAME
Aller am fidelium donis locupîetem S. Remigio. Galliaru, Remoruq. patrono Largientes regni principes Promoventes urbis moderatores (1).
» Sur le plan horizontal qui se trouve au-dessous de ce bas-relief sont trois médaillons renfermant des effigies royales ; au centre est celle de Clovis avec cette inscription au-dessus : /. Rex christianissmus. Sur la bordure: Clodov. R. F. 496.
» A gauche, est le médaillon de saint Louis, avec la date de son sacre : 4226. Au-dessus est cette inscription : Super caput Ludovid IX fusum est unctionis
Oleum. IL Kal M.CC.XXVI. (Lev., 21.) Domui et throno illius. Sit pax in œternum. (III Reg., 2.)
S. Ludovice , or a pro nobis.
» Dans le médaillon de droite se trouve Louis XVI (2) ; au-dessus se voient les lignes suivantes :
Caducam. coronam regiam ac brevi emnescentia lilia cum perenni alia corona ex immortalibus angelorufn liliis contexta féliciter iîlam commutasse confidimus.
(Alloc. Pii VI, 1793,)
i> Au-dessous du médaillon du centre est gravée l’acclamation : Vivat Rex !
)) Sur une autre face sont les armes de France, soutenues
(1) Cette inscription prouve que le reliquaire de la Sainte-Ampoule ne fut point commandé pour le sacre , et n’est point un don personnel du monarque. Il avait été commandé en 1820 ; il est dû en partie à la générosité des fidèles et des seigneurs du royaume.
(2) Il est inutile de faire remarquer l’heureux choix des personnages placés dans les médaillons. Le souvenir du roi martyr était encore tout vivant ; une place lui appartenait de droit dans ce reliquaire destiné au sacre des rois ses frères.
par un chevalier armé et une figure de femme représentant la Pucelle d’Orléans.
» Au-dessous est l’inscription qui suit :
Invocavit Altissimum et audivit ilium
Magnus et sanctus Deus. (Eccles . , 46 . ) Dixit. Dehbora mrge,
Dnus en ipse duclor est tuus. (Judic., 4.)
Induit se loricam sicut gigas.
Succinxit se arma hellica.
Protegebat castra gladio suo.
Repulsi sunt inimici, . . .
Et direcla est salus in manu ej us. (Mach.,III.)
Consecratio Dei sui super caput. (Num., 6.)
Karoli VIL
XVII Jul. M.CCCC.XXIX.
» Sur le plan horizontal, au-dessous de ce bas-relief, est un médaillon contenant l’effigie de Charles VII, entre deux médaillons vides.
» Au-dessus on lit ces mots :
Gentil roy ! Ores est exécuté le plaisir de Dieu qui vouloit que levasse le siège d’ Orléans ^ et que vous amenasse en ceste cité de Reims recepvoir voslre saint sacre, en monstrant que vous estes vray roy, et celluy auquel le royaulme de France doit appartenir (1). (Hist. au vray chron.)
» Au-dessous, on lit encore le vieux cri de : Vive le Roy !
)) Sur la quatrième face est un bas-relief représentant le sacre de Louis XVI ; il est accompagné de cette inscription :
Oleum. sanctœ. unctionis. Dei. sui. super Ludovicum XVI. XI Jun. M.DCC.LXXV. (Lev., 21.)
Quanta in ipsius testamento virtutis species !
(1) Reims a toujours été fidèle à la mémoire glorieuse de la Pucelle d’Orléans.
TRÉSOR DE NOTRE-DAME
Quantus in relligionem ardor animil Oh! Dies Ludovico triumplialis !
Cui Deus dédit Et in persecutione toleranliam Et in passione victoriam.
(Pius YI, in allocut. mens. Jan. 1793.)
Memenio, Domine, David et omnis mansueludinis ejus.
(Ps. 131.)
» Au-dessous, sur le plan horizontal, sont deux médaillons ; l’un contient l’effigie de Louis XVIII, l’autre est vide ; entre eux deux, on lit ce qui suit (1) :
Desiderium si compleatur. (Prov. , 13.)
Veniat / (Esther, v. 8.)
Et. throniis, erit. stahilis. coram. Domino, usquein. sempiternum. (III Reg.^ 2.)
Salve Rex ! Salve Rex ! (Ibid.)
» Nous avons déjà parlé de quelques médaillons, placés sur les plans horizontaux du socle ; d’autres ornent les angles et les faces de la base : sur les angles saillants, au nombre de huit, sont les rois sacrés dans d’autres villes que Reims ; sur les bandes, les monarques qui sont venus dans nos murs chercher la bénédiction du Seigneur.
» Sur les angles, on voit les effigies et les dates dont la désignation suit :
Pépin. 751. Aug. Suess.jprov. Rem.
Charlemagne. 768. Noviod., prov. Rem.
Charles IL 869. Métis.
Louis IL 877 . Compend., prov. Rem.
(1) On espérait encore, en 1820, que Louis XVIII, fidèle aux traditions de l’ancienne monarchie, viendrait recevoir, sous les voûtes de Notre- Dame, l’onction qui affermit les trônes.
Âd’i DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE REIMS.
Louis IV. 9S6. Laudun., prov. Rem.
Louis VI. a 08. Aurelian.
Ileîiri IV. 1594. Carnut.
Louis XVII. 1793 (i).
» Sur les bandes des socles sont :
Louis I. 816. — Charles III. 898. — Lothaire. 954.
— Louis V. 986. — - Hugues Capel. 987. — Robert. 991.
— Henri I. 1027. — Philippe I. 1059. — Louis VIL 1139. — Philippe IL 1179. — Louis VIII. 1223.-^ Philippe III. 1271. — Philippe IV. 1286. — Louis X. 1315. — Philippe V. 1316. — Charles IV. 1321. — Philippe VI. 1328. — Jean I 1350. — Charles V. iS64. — Charles VI. 1380. — Louis XL 1461. — Charles VIII. 1484. --Louis XII. 1498. — François F^. 1515. — Henri IL 1547. — François IL 1559. — Charles IX. 1561. - Henri III. 1575. — Louis XIII. 1610. Louis XIV. 1654. Louis XV. 1722. — Charles X. 1825.
» Les médaillons sont séparés par deux palmes entrelacées, ornées d’un rubis et de deux émeraudes.
» Aux quatre coins du socle sont des figurines fort gracieuses.
» Sur le couvercle qui domine la lame de cristal dont nous avons parlé, est la colombe traditionnelle, inséparable de la Sainte-Ampoule. »
Le petit coffret carré qui contient la fiole s’ouvre pardessous.
Les deux boîtes qui se trouvent dans l’angle du coffret carré , revêtues de couvercles en cristal de roche, et
(i) On aime à voir, sur le reliquaire des sacres , ce souvenir du roienfent, immolé parla Révolution.
TRÉSOR DE NOTRE-DAME. 493
4eslinées à recevoir les esquilles de l’ancienne Sainte- Ampoule, s’ouvrenl de même.
Le petit coffre carré pèse 2 kil. 000 gr.
Le socle, 10 300
Le reliquaire entier (matière , dorure, façon) a coûté 25,000 fr., sans compter les pierreries (rubis, émeraudes), en grand nombre, qui furent données par les dames de la cour du roi.