ÉTAT DE ,LA SONNERIE DE NOTRE-DAME
passages, et plus impassible encore de supposer qu’ils auraient été pratiqués avant l’existence de la galerie, puisqu’ils n’auraient eu aucune raison d’être.
7« Pourquoi, enfin, les glacis intérieurs de ces mêmes fenêtres, hauts d’unmèlre, sont ils unis avec le meneau du milieu? ^inon parce que toujours ces fenêtres ont dû être bouchées par le tympan qui s’élève à l’extérieur, tympan que l’on devine, même à l’intérieur, par l’ogive en pierre faisant le plein-cintre de la fenêtre.
Note C, page 177.
Etat de la sonnerie de Notre-Dame depuis 1792.
La cloche de saint Nicaise fut brisée en 1803.
Deux cloches furent fondues pour la remplacer. — La première, qui donnait le son d’^7^, fut refaite par les soins de M. Malherbes, curé de Notre-Dame, et nommée Marie par M. et M'"® Ludinard de Vauxellcs. — La seconde, eut pour parrains Monscigneui* de Barrai, évêque de Meaux, et M. Malherbes, curé de Notre- Dame. Elles avaient été confiées à Carvilliers, fondeur à Carrepuis.
En 1822, le 18 Septembre, Monseigneur de Coucy, archevêque de Pieiins, bénit trois nouvelles cloches. Elles eurent pour parrains et marraines M. et Ruinart de Brimont ; M. etM™*^ la duchesse de Larochefoucaull de Doudeauville ; le baron de Talleyrand de Périgord et la baronne de Talleyrand. Mais, Cauchois n’ayant pas réussi aies faire accorder avec les deux précédentes, l’une fut remise dans le fourneau, les deux autres vendues à la commune de Brimont.
Il ne reste plus aucune de ces cloches à la cathédrale.
Celles que possède Notre-Dame sont au nombre de huit : elles forment la gamme.
La cloche Ut a 55<= de diamètre, et autant de hauteur, pèse 2,058 kilog., et porte l’inscription suivante :
M Je suis Antoinette, bénite et nommée par Excellentissime et » Révérendissime Monseigneur Jean-Baptiste-Marie-Anne-Antoine » de Latil , archevêque de Reims, pair de France, etc., l’an de » grâce 1825, l’année du sacre de Charles X. «
Cette cloche a été fondue en 1825, par M. Cauchois, dans la
cour de l'archevêché, avec le métal de ranéien Ut, cassé au mois de Septembre 1824, et coûta 600 fr. de façon.
La cloche Ré a été faite par le même fondeur, et bénite par Ms*’ de Rouville, grand-vicaire de Reims. Elle al”* 40” de diamètre, pèse j,529 kilog. 5, provient du métal de l’ancienne cloche du même nom, et coûta 800 fr. de façon. Elle porte l’inscription V suivante : .i?
« Je suis Stéphanie, bénite et nommée par Monseigneur Etienne ^ » Rlanquet de Rouville, évêque de Numidie, doyen du Chapitre de \ » l’église métropolitaine de Reims, le 25 Juillet 1831. » |
La cloche Mi a été fondue par Cauchois, en 1823; elle a 1"* ^
19” de diamètre, pèse 1,048 kilog., et a coûté 4,053 fr., à raison | de 3 fr. 50 le kilog. Elle n’a pas de nom et porte cette inscriplion : f
« J’ai été fondue à Châlons, avec mes trois sœurs, en 1823, ?
» par Cauchois le jeune, de Cbampigneulle-par-Rourmont (Haute- , a Marne), pour la cathédrale de Reims. »
La cloche Fa, faite par le même fondeur, pèse 935 kilog., a 1'” 15” de diamètre, et coûta 3,272 fr. 50. On y lit ces quelques mots :
(( L’an 1823, pour la cathédrale de Reims; 1'” 15”. »
La cloche Sol, par le même, pèse 666 kilog., a de diamètre 1'” 04”, coûta 2,331 fr., et porte ces mots :
(( L’an de grâce 1823, pour la cathédrale de Reims, 1“ 04” (1 ). '
(1) Il est à regretter que ces trois cloches, d’abord fondues en 1822, puis refondues en 1823, ne portent pas les noms que leur avaient donné» leurs parrains et marraines ; M. et M™® Ruinait deBrimont; M. le duc et la duchesse de Larochefoucault; M. le baron et M"’* la baronne de Talleyrand. '
C’est à cette occasion que M . et M“e Ruinart de Brimont donnèrent à Notre-Dame le grand ostensoir en vermeil et bronze doré que nou» avons mentionné en décrivant le Trésor.
LES TOURS DE NOTRE-DAME
La cloche La, fondue avec les trois précédentes, eut pour parrain et marraine le baron de Jessain, préfet de la Marne et son épouse, le 7 Décembre 1823. Elle a de diamètre 0'" 94^= , pèse 490 kilog. 50 , et a coûté 1,737 fr. 75. On y lit : a L’an 1823, pour la cathédrale de Reims, ()*“ 94^ »
La cloche Si, nommée Nicaisie , fut fondue par MM. Antoine et Loiseau. Elle a 0"™ 87‘= de diamètre, et porte cette inscription: « Je SUIS Nicaisie, nommée parM. Jean-Nicaise Gros, archiw diacre de Saint-Timothée et de Saint-Nicaise, vicaire général » du diocèse de Reims, fondue en 1831, par MM. Antoine et y> Loiseau , de Rohécourt ; 87 centimètres. »
La petite cloche Ut, nommée Joséphine, fut fondue en 1832 , par M. Antoine. Elle a 0*" 78<= de diamètre, et coûta 557 francs 20. Elle fut bénite par M. Claude-Joseph Maquart, vicaire général de Reims, le 28 Novembre 1832.
Toutes ces cloches se sonnent au pied. Lorsqu’elles sont en volée, elles peuvent rivaliser avec les plus belles sonneries de France.
Note D, page 184.
Les tours de Notre-Dame peuvent-elles, dans leur état actuel , supporter des flèches en pierre f
[extrait du mémoire de m. arveuf.]
« La question importante de la stabilité des flèches est complexe; après l’avoir envisagée d’une manière générale, nous la traiterons d’abord en considérant les flèches comme des solides pyramidaux compactes, pour comparer l’une d’elles au prisme qui aurait même
base et même hauteur ; puis nous considérerons le prisme équivalant à la pyramide.
» Nous examinerons ensuite la flèche dans les éléments de sa composition, pour en faire le sujet d’une nouvelle comparaison avec le prisme dont la section horizontale serait une surface annulaire.
» Nous terminerons par l’examen de la position relative de la flèche sur ses piliers ou points d’appui ^ nous étudierons comment elle devra agir, et quels en seront les résultats ; si, enfin, la construction des flèches peut nuire aux tours qui doivent les porter, ou si elles ajoutent à leur stabilité.
7) La grande flèche devant être portée par huit piliers réunis entre eux par des arcs en ogive, ainsi que par une voûte d’arrêt, formant calotte au centre, faisant équilibre avec les masses verticales à plomb des piles dans la hauteur des arcs, c’est sur ces huit piliers que doit reposer toute la charge ; car lorsque plusieurs voûtes prennent leur naissance sur le même pilier, s’arc-boutent et se soutiennent mutuellement quant à la pression horizontale, la résultante de leurs forces est verticale et dirigée suivant l’axe du pilier. Ces huit piliers étant disposés selon un plan octogonal régulier, la distance de chaque point d’appui au centre du cercle circonscrit à l’octogone est la même ; conséquemment, les obliques partant de chaque point d’appui pour se réunir au point de centre de gravité, sont égales entre elles.
)) Il résulte de ce qui précède que le poids supporté par chaque pilier sera le même; il sera donc le huitième du poids total de la flèche. La résistance de chaque pilier symétrique par sa masse, contribuera pour un huitième, à s’opposer à l’effet total des forces composantes de la poussée. »
Par plusieurs raisonnements techniques , Pauteur établit que la forme à donner à la flèche est la forme pyramidale, comme la plus avantageuse, en raison de son point de traction et de la place inférieure de son centre de gravité.
Il continue :
« La position relative de la pyramide sur les prismes qui doivent lui servir de points d’appui est évidemment le sujet principal de la question qui nous occupe , non-seulement par rap-
LES TOURS DE NOTRE-DAME
port au poids nouveau que ces points d’appui auront à supporter, mais plus particulièrement encore, à cause de la poussée résultant de la contexture même de la flèche.
» Les développements dans lesquels nous devons entrer pour exprimer ce que devra être cette poussée, nous obligent à dire quelques mots de la malière qui serait employée à la construction de ces flèches, ainsi que de son poids.
» La pierre des carrières de Savonnière ou d’Aulnay, près Saint- Dizier (llaute-Marne), est celle qui nous paraît la plus propre à cet ouvrage ; sa nature doit nous faire préférer ce calcaire à ceux des autres localités environnantes. On l’obtient en blocs d’une forme parallélipipède de dimensions très-considérables, et quelquefois extraordinaires, parfaitement propres à composer l’appareil le plus satisfaisant sous le double rapport de la construction et de l’art; il possède une grande force de cohésion que lui donne sa parfaite homogénéité. Sa teinte tire sur le gris. 11 se taille très-facilement et jouit de l’inappréciable avantage de résister à l’aclion de la gelée. L’épaisseur des bancs varie de 40 centimètres à un mètre; cette dernière mesure est même quelquefois dépassée. Les autres dimensions sont telles que toutes les natures d’ouvrages peuvent être de celte pierre, qui pèse 1,854 kilog. le mètre cube, en sorte que chacune des assises, dont l’épaisseur serait au moins de 53 centimètres, pourrait être composée par un petit nombre de morceaux, reliés entre eux tellement qu’on pourrait les considérer comme possédant tous les mêmes avantages qu’olfrirait une seule pierre, sans en avoir les inconvénients, comme, par exemple, sa rupture dans un sens vertical.
» De plus, les surfaces des joints étant horizontales, le faible effort occasionné par la poussée (calculée ci-après) n’agira nullement sur les piliers, dont le poids et le bras de levier présentent cependant une résistance de beaucoup supérieure à cette puissance, mais qu’ils n’auront pas à dépenser. »
Ici, M. Arveuf donne une série de calculs géométriques et trigonométriques, pour établir que les tours actuelles sont capables de supporter des flèches d’une hauteur de 38 mètres. Nous citons les chiffres de l’illustre architecte, en lui en laissant toute la responsabilité.
Opérations préliminaires.
CÜBATÜRE d’une FLÈCHE.
Pyramide supposée pleine (1).
SuiTace de base = 8 triangles, ch. 3‘«,47 X — ^ — =7“, 26 X 8 = 58™, 08.
Hauteur totale de Taxe = 38“.
Volume de la pyramide = 58™, 08 X •
Cône vide.
Cercle de la base, d’un diamètre de 7™, 70.
Circonférence, 24™, 20.
Surface dudit 24™,20 X — 7 — == 46™, 59.
Hauteur de l’axe, 32™.
Volume du cône = 46™, 59 X .
Saillie des 8 boudins aux arêtes, 320™ linéaires sur 0™,1B et
Saillie de 600 feuilles, chaque 0™,0l cube.
Vide pour les parties découpées à jour sur les 4 faces, 20™, réduit sur 0™,60 et 0“,35 X 4.
Volume de la flèche =
Cube de la flèche, 236™, 96
(1) Une flèche est une pyramide vide à l’intérieur : M* Arveuf calcule d’abord le poids d’une pyramide pleine; il déduit du total le poids du cône intérieur que l’on est censé en détachej'. — Les parties accessoires, boudins et feuilles qui doivent orner la pyramide, sont ajoutées, déduction faite des vides produits par les parties à jour.
LES TOURS DE NOTRE-DAME
CUBATURE ET POIDS d’üN PILIER.
La cubature d’un pilier égale :
Poids d’un mètre cube de pierre de Marsilly : 2, 118^92. Poids du pilier — 38x 2^118^^,92 = 80,51 8'^, 96. Longueur de Papothème, 4™.
Action de la Flèche sur les Piîieri.