LES VOUSSURES DU PORTAIL NORD
)) le milieu du XIIP siècle^ et richement décorées (1). » — « Les » parties inférieures des pignons du transsept sud, qui ne furent » pas modifiées par V ouverture des portes, affectent une sévérité » de style etc. (2). w
M. 'Viollet-le-Duc croit donc que le portail nord devait primitivement être à mur plein, sans ouvertures, comme le bras droit du transsept, mais que plus tard, trente ans environ après les premières constructions, quand l’édifice était élevé, on songea à ouvrir les deux portes principales de ce portail.
Nous n’entreprendrons pas ici d’établir que la petite porte de droite qui ouvre actuellement dans une sacristie, existait en l’an 1213 : personne ne le conteste, et l’on prétend même, avec quelque fondement, que ce petit portail aurait appartenu à l’ancienne cathédrale d’Hincmar, et serait antérieur à l’an 1212. Nous n’entrerons pas dans cette discussion ; nous nous bornons au point actuellement contesté, et sans prétendre décider une semblable question, nous oserons soumettre quelques observalions, fruit du plus minutieux examen.
Si ces voussures du portail nord ne sont pas primitives .
1° Pourquoi les escaliers au transsept sud, se trouvent dans les contre-forts du milieu , sont-ils ici dans les contre-forts des angles jusqu’à la hauteur des voussures, et reviennent-ils ensuite à ceux du milieu ? A notre avis, l’évasement des voussures ne laissait point une place suffisante dans les contreforts du centre.
Pourquoi les grandes lancettes du milieu n’ont-elles jamais été à jour au portail nord, comme le prouvent Tabsence des feuillures destinées à recevoir les vitraux, et surtout l’assemblage des pierres qui bouchent ces fenêtres ? sinon parce que le tympan des voussures les aurait masquées.
3^ Pourquoi les fenêtres du portail nord diffèrent-elles de celles du sud, au dehors et au dedans? A l’intérieur du portail sud, les meneaux et montants des grandes lancettes sont ornés de trois colonnettes, et au portail nord, les chambranles de ces trois ou-
(I) Dict. arch., p. 3?2,
Ibkl.^ p, 320.
vertures sont creusés en gorges profondes, recouvertes de crochets, comme toutes les grandes ouvertures ogivales qui ne reçoivent pas de verrières,
A l’extérieur du portail nord, les meneaux de ces fenêtres ne sont pas ravalés : ils sont sans ornements, sans moulures ; ils ne commencent à être ornementés de petites rosaces qu’à la partie visible au-dessus de la galerie. C’est donc que, rfês Ton^mc, la partie inférieure a dû être cachée par cette galerie, et conséquemment que, dès lors, il y a eu portes et voussures.
Pourquoi le larmier extérieur^ qui couronne la galerie où sont les trois roses à plein-cintre, est-il surhaussé et ne règne-t-il pas, en cet endroit, avec celui des contre^forts? si ce n’est que, dès Vorigine^ le larmier devait être élevé au-dessus de la voussure du milieu, afin de ne pas diminuer l’harmonie des fenêtres à pleincintre.
5® Pourquoi la galerie intérieure qui règne dans l’église estelle plus haute ? si ce n’est également à cause des voussures du portail. Or, cette galerie surhaussée est évidemment primitive, puisque les pierres qui en forment le sol, au lieu de venir se joindre contre le mur ou les colonnes, sont lancées, ou sous le mur, ou sous les colonnes, à des distances assez grandes et faciles à constater ^ce qui ne serait point, si les pierres avaient été placées après l’élévation des piliei’s.
6® Si les voussures avaient été ajoutées au milieu du XllP siècle, les fenêtres appuyées sur cette galerie intérieure auraient été coupées dans leur hauteur; et, au contraire, elles sont complètes, elles ont leur base posée sur le sol même de la galerie. C’est sur celte galerie que viennent mourir tous les meneaux, les montants, les gorges des trois lancettes. Si donc on l’avait élevée après la construction, elle serait venue buter contre ces montants , et en cacher par là même une partie. De même à Pextérieur, cette galerie, assise sur le sommet des voussures, et qui ne peut ^exister évidemment au portail sud, a été certainement prévue, et par conséquent doit être primitive, puisque, pour y arriver, les quatre contre-forts sont percés de portes dont les contours, les moulures, les gorges sont en parfaite harmonie. Ces passages ménagés dans l’intérieur des quatre contre-forts prouvent la galerie primitive ; il est impossible de supposer que l’on aurait taillé après coup ces