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POUSSÉE OU PRESSION HORIZONTALE

» Passons maintenant à l’examen des forces qui composent la poussée. Soit AB, une des arêtes, ou la huitième partie du poids de la flèche. Le poids élémentaire ?p, pris sur la ligne qui représente cette fraction du poids total, se décompose tout d’abord en deux forces, dont l’une, normale, PF, agissant dans un sens vertical, et l’autre PC, qui se transporte en C’, agit suivant AC, prolongé en C’D .

» La normale PF se décompose aussi en deux forces, l’une au sommet A de la pyramide et perpendiculaire à l’inclinarson de la face, l’autre en C’, à la base, et agissant normalement C’G.

Examinons quelles sont les composantes des deux forces C’D et G’G.

» L’une des composantes C’D est la verticale C’A, qui presse le pilier de son poids, et l’horizontale C’E, qui figure la poussée ten- ’ clant à imprimer au prisme du point d’appui un mouvement de rotation suivant l’axe C’a, et le centre a.

n La composante C’G a pour composantes : 1® celle verticale, qui presse aussi de son poids le point d’appui, et 2® l’horizontale C’K, opposée à la poussée et qui cherche à lui résister.

» Il faut donc exprimer la valeur de la composante C’E de la force C’D, pour la comparer à l’expression de la valeur composante C’K de la force C’G ; en déduire enfin l’expression réelle de la poussée .

» Nous avons vu que :

Pp = 54,9151^ ^

aC = 54,915^ X cos. a

C’E = 54,915’' X cos. a X cos. a”. •

» (Car, menant AZ, parallèle à C’E, AD forme, avec les lignes 1 AZ et G’E, deux angles égaux.) \

D Mais le cos. a”, c’est le sin. a de son complément; donc : :

CE = 54,915'' X cos. a X cos. «” — 54,915'' X cos. a X mr. a. ,

PF = 54,915'' X cos. a’. ■

» Le cosinus a’ est le sinus de son complément, l'angle pPG, ,

qui lui-même est égal à l’angle dont le sommet est en A, dont ]

les côtés sont l’axe et l’arête de la pyramide.

O Donc :

PF= 54,915" X cos. a’ == 54,915 "X sin. a.

» Puisque C’G est une des deux composantes de PF,

C’G -=H^^î915" X sin. a.)

» On a, par la perpendicularité des côtés des angles,

C’K = l- (54,915" X sin. a) X cos. a.

» La poussée — 54,915" X cos. a X sin. a — | (54,915"

X sin. a X cos. fl).

L’angle a — TO».

Poussée == 54,915" X 4 (0,12 X 0,99).

Expression de la poussée — 3,261",96.

TRÉSORS DE NOTRE-DAME

» Or, l’expression de la force faisant équilibre à cette poussée étant le produit du poids du pilier par l’apothème CK ou le bras du levier,

J) Celte force est égale à 80,51 8‘‘, 96 X 4 — 322,075*^,84

» Si nous comparons celte expression de la résistance à celle de la poussée, nous trouvons qu’elles sont entre elles dans le rapport de 2 à 107,7.

» Ce qui nous démontre que la résistance des piliers du dernier étage de chacune des deux tours de Notre-Dame de Reims, opposée à la poussée de chacune des flèches, est quatre-vingt dix-huit fois huit dixièmes plus forte que ne l’exigent les lois de l’équilibre.

Devis estimatif.

» Nous avons fait le devis estimatif de ces flèches pour mettre fin aux estimations fabuleuses qu’on se plaît à accréditer sur de telles constructions. Le résumé que nous donnons ci-dessous a été extrait de ce devis.

Bécapüulalion des dépenses à effectuer pour les deux grandes flèches et leurs clochetons.

Maçonnerie, 61,113^ 86

2» Equipage, 3,055 69

3° Serrurerie et plomberie, 4,424 75

4° Sculpture, 21 ,5 16 00

Dépenses pour une flèche et ses quatre clochetons, 90,110 30

Pour l’autre, 90,110 30

Honoraires à 5 p. 0/q, 9,011 03

Total général, 189,231 63

» Le problème que nous venons de résoudre, la stabilité et les aplombs que nous avons reconnus à tous les étages des tours occidentales, et la forme conique et pyramidale de leur couronnement, dont nous avons donné la description, ne nous laissent au-

cun doute sur la confiance que Robert de Goucy et ses successeurs avaient dans l’exécution et l’avenir de leur projet.

» Mais que les hommes timides se rassurent ; au XIX« siècle n’appartient pas le bonheur de contempler le noble spectacle des œuvres complètes et médites de ce grand génie de l’architecture catholique.

Note E, page 231 .

Place du maître-autel dans Notre-Dame de Reims.

Nous citons une partie du mémoire si remarquable présenté par M. Tourneur au Congrès de i861. Bien des fois M. l’archiprêtre de Sedan renvoyait à notre premier volume, tout récemment édité ; nous lui témoignons ici de nouveau toute notre reconnaissance, comme au maître qui nous a initiés à la connaissance de l’archéologie, comme au savant modeste qui nous a fourni sur l’histoire, et surtout sur la description de la cathédrale, les renseignements les plus précieux.

[Extrait du mémoire de M. Tourneur.]

Par une disposition particulière, la cathédrale de Reims a son autel principal à Ventrée de V abside, tourné vers la nef. Le carré produit par l’intersection du transsept et de la nef sert de sanctuaire, et le chœur embrasse les trois premières travées de la nef.

1° Cette disposition remonte très-certainement à la fin du XIIP siècle, à l’époque où fut achevée la cathédrale ; elle s’appuie sur plus de cinq siècles d’existence incontestée.

En 1744, l’autel actuel fut refait, aux frais de M. Godinot, avec l’autorisation et l’approbation formelle de Messieurs du Chapitre. L’intention de Messieurs était de changer les dispositions de l’intérieur delà cathédrale ; et, certes, la besogne était déjà bien avancée. Le jubé était démoli 5 le monument de saint Nicaise remplacé par une simple dalle ; des grilles ont été substituées à la clôture de pierre ; les dalles tumulaires des archevêques, que chaque siècle est venu déposer tour-à-tour au pied de l’autel, sont dispersées. On voudrait bien déplacer l’autel, retourner l’autel, faire du nouveau !

PLACE DU MAITRE-AUTEL

On appelle de Paris le célèbre Servandoni (1), que la construction . du portail de Saint-Sulpice venait d’illustrer ; on le met en concours avec deux ou trois autres architectes ; il en résulte une collection de six ou huit plans différents, déposés aux archives de la fabrique métropolitaine. Puis, après avoir beaucoup écrit, beaucoup dessiné, et beaucoup plus parlé, on se borne à reculer l’autel de quelques mètres (du milieu du sanctuaire actuel, on le porte à l’entrée de l’abside), et l’antique disposition est respectée.

Avant l’autel actuel, existait l’autel de 1539 (2), bâti et achevé aux frais du cardinal de Lorraine et du Chapitre, sur les plans et devis de Poncelet-Paroissien, architecte rémois. Ces plans, signés de lui, existent encore à la ville (3). Mais, en le construisant, le cardinal de Lorraine avait scrupuleusement respecté les traditions antiques de son Eglise.

Voici ce qu’écrivait, sous Louis XIV, le chanoine Lacourt, au tome II de son manuscrit sur les églises de Reims, en parlant de l’autel de 1539 : « Le grand-autel de Reims n’est pas dans le mi- » lieu ; on a consulté son ancienne situation plutôt que la justesse )) des proportions. Cela marque son ancienneté. — Il y avait, » continue Lacourt, dans les grandes églises, deux autels : l’autel » principal, où l’on célébrait les messes solennelles, et derrière ce- » lui-ci, un autel qu’on appelait autel des Matines, altare Matutino- ») rum. Ainsi en était-il à Saint-Denys et à Saint-Symphorien. »

En 1417, Collart de Givry bâtissait le jubé précisément à l’endroit où se trouve aujourd’hui la grande grille. Ce jubé marquait, comme la grille, l’entrée du chœur vers la nef. Toutefois, le chœur occupait sa place actuelle longtemps auparavant, car des chartes authentiques, conservées au cartulaire municipal, constatent que l’autel de la Magdeleine (auquel a été substitué l’autel appelé maintenant du Cardinal, ei autrefois Sainte-Croix) rem-

(1) Nous avons, tome p. 108 et 165, rapporté tout au long les motifs qui ont fait reculer l’architecte devant l’exécution de ces projets. f*2) Tome l", page 102.

(3) Ibid., page 459,

plissait l’arrière-chœur dès la fin du XIIP siècle (1). Il résulte évidemment de là que la disposition actuelle remonte à la même époque. Si l’arrière-chœur avait déjà son autel distinct du grandautel, comme de nos jours, il s’ensuit nécessairement quéle grandautel, le sanctuaire et le chœur occupaient alors la place qu’ils occupent aujourd’hui, et que, depuis cinq cent cinquante ans au moins, l’état actuel existe.

Mais ce n’est pas tout.

La bibliothèque archiépiscopale possède le tome d’un manuscrit extrêmement important pour l’histoire de la cathédrale. Ce manuscrit a pour titre : Cérémonial, ou V or dre de tout temps (ah Omni œvo) observé en la célébration du service divin quy se fait par chacun jour de T année en V église métropolitaine de Reims».

A l’article de Primes, on lit :

« Sy c’est un obit d’archevesque, et que son corps soit inhumé i dans l’église, le coustre est tenu d’allumer les deux cierges qui JO sont sur le tombeau dudit archevesque, tant le jour que l’on » chante les Vigiles, que le lendemain, quand on chante les Laudes i et la Messe; et icelles chantées, les aller éteindre. t> Et pour l’observation rigoureuse de cette prescription, un chapitre à part du même cérémonial marque de la manière la plus précise l’emplacement de la tombe de chaque archevêque , la forme de cette tombe et les jours de l’obit. Ces renseignements sont si minutieux, que rien ne serait plus aisé que de marquer sur un plan de la cathédrale l’endroit de chaque sépulture (2).

Or, d’après le manuscrit de 1637, il y a dans la cathédrale les corps de vingt-huit archevêques, depuis Flavius, deuxième successeur de saint Remi, en 535, jusqu’à Monseigneur de Mailly, mort en 1721 (3).

De ces vingt-huit archevêques, trois : Flavius, Mappinus et Vulfaire sont morts pendant que subsistait encore la cathédrale bâtie

(1) Tome pr, p. 117.

(2) Tome P', p. 162, et surtout pièces justificatives, p. 490.

(3) Nous n’en avons mentionné que vingt-quatre, t. l'»’, p. 490; M®’’ de de Mailly, mort en 1721, a été ajouté postérieurement sur le cérémonial de 16 '17.

PLACE DU MAITRE AUTEL. 547

par saint Nicaise en 401 ; sept autres ont été enterrés dans celle d’Hincmar. Mais il est indubitable pour nous qu’ils occupent encore la place où ils ont été primitivement déposés. C’était, au Moyen-Age, une règle inflexible, prescrite, comme Yorientation, par les célèbres canons des apôtres, et toujours fidèlement observée : Quand on reconstruisait une église tombant de vétusté ou détruite par un incendie, on conservait avec le plus grand soin remplacement du maître-aulely et on faisait entrer dans les nouvelles murailles le plus possible des anciens matériaux, afin que les deux églises fussent toujours censées n’en faire qu’une seule, per modum continui. Lacourt nous affiiinait tout-à-l’heure qu’ainsi en a-t-il été à Reims , et je puis attester qu’on ne fait pas un pas dans l’étude du passé de la cathédrale de Reims, sans rencontrer en nombre infini les preuves positives de ce que j’avance : un simple coup d’œil, jeté sur l’intéressante histoire que publiait hier M. Cerf, le démontrera surabondamment. L’autel de 1539 succédait trèscertainement, quant à la place, à celui d’Hincmar, comme celui-ci succédait tout aussi indubitablement à l’autel de saint Nicaise. L’histoire entière de l’architecture et des églises au Moyen-Age ne permet pas le plus léger doute. Les tombes de nos archevêques, placées au pied de Vautel dans les cathédrales antérieures, y sont encore, parce que l’autel n’a pas été déplacé depuis quinze siècles et demi.

[l’auteur du mémoire cite ici les archevêques enterrés près de l’autel, dans le sanctuaire, dans le chœur : nous ne le suivons pas dans cette nomenclature, extraite de notre tome R**, et nous arrivons à sa conclusion : ]

L’autel, le sanctuaire, l’arrière-chœur et le chœur occupaient donc très-évidemment alors la place qu’ils occupent de nos jours. La disposition présetite remonte donc à la fin du XHP siècle et aux origines de la cathédrale, sans aucune interruption.

[L’auteur examine ensuite les raisons qui ont motivé la disposition caractéristique du chœur et du sanctuaire de Notre-Dame.

11 déduit la première de la construction postérieure des trois dernières travées. Le transsept ne lui paraît pas à la place qu’il aurait dans un plan régulier ; il devrait être où commence aujourd’hui le chœur ; il est reculé vers l’abside delà longueur même des trois travées .

Il tire la seconde des sacres si fréquents à Notre-Dame de Reims, et qui demandaient, comme disposition particulière, l’autel placé au transsept, en vue d’un nombre plus considérable de personnes, et des estrades que l’on élevait dans les bras de la croix.

L’auteur montre que cette disposition particulière, convenable, nécessaire dans un sacre d’évêque^ l’est, a fortiori, dans un sacre royal.]

La foule des invités ne perd ni un mot, ni un geste, ni une cérémonie ; un nombreux clergé remplit le chœur, sans gêner l’officiant ; le sanctuaire, dominant l’église de tous les côtés, laisse voir non-seulement le consécrateur et le consacré, mais les évêques assistants, mais le Chapitre de l’insigne métropole, revêtu de ce riche et brillant costume qui ferait presque prendre le Chapitre en corps pour un sénat d’évêques, et chacun des chanoines litulaires pour un pontife!

Non-seulement cette disposition est convenable, mais elle est ' nécessaire. La preuve en est que toutes les fois qu’il a fallu faire à Paris une cérémonie analogue aux sacres (baptêmes, mariages impériaux,... etc , etc...), on a été forcé d’imiter pour un jour les dispositions ordinaires de la cathédrale de Reims. Alors on ferme la grille du chœur; on apporte un autel provisoire sur les premières marches de l’abside ; les premières travées de la nef deviennent un chœur improvisé ; et les grands corps de l’état , sénat, conseil d’état, corps législatif, magistrats, sont placés dans les transsepts.

Et sans avoir besoin de supposer de grandes solennités nationales, beaucoup d'entre nous n’ont-ils pas vu à Chartres un autel de bois peint, monté sur des roulettes, comme un lit, afin de pouvoir être amené plus aisément à l’entrée de l’abside, vers le transsept et la nef, toutes les fois que l’on veut faire jouir le peuple de quelques cérémonies ?

Reims était la cathédrale des sacres ; cinq el six fois dans un siècle (et plus souvent quelquefois), la France entière était ramenée dans cette enceinte. La cathédrale des sacres ne pouvait pas ne pas tenir compte de ce qui faisait sa splendeur, et ne pas s’empresser d’admettre et de garder, ne fût-ce que comme un privilège et une constatation permanente de scs prérogatives, les dispositions intérieures exigées par les sacres.

PLA.CE DU MAITRE-AUTEL

Je me résume en deux mois :

L’intérieur de la cathédrale est distribué comme il l’est aujourd’hui, incontestablement, depuis la fin du Xlll® siècle, sans avoir été changé, ni en 1745, par M. Godinot , ni en 1549, par le cardinal de Lorraine, qui a tenu à respecter l’antiquité.

Le grand-autel a toujours été à la place qu’il occupe (sauf, bien entendu, la légère modification de 1745, qui l’a reculé de quelques mètres). Le témoignage de Lacourt, la sépulture des archevêques nous le démontrent. Et nous trouvons dans les règles ecclésiastiques et dans les canons des conciles la loi formelle, toujours accomplie au Moyen-Age, de laisser l’autel à la même place, quand on réédiliait une église. Il suit de là que nous avons sous les yeux et à la même place, l’autel du cardinal de Lorraine, d’Ebbon, d’IIincmar, et môme certainement de saint Uemi et de saint Nicaise.— Nous remontons à quinze siècles !

Et certainement une étude plus générale nous prouverait, je n’en doute pas le moins du monde, que cette disposition était loin d’être particulière à Reims, mais qu’au contraire, un très-grand nombre de cathédrales l’avaient adoptée dès la plus haute antiquité.

Convient-il de changer celte disposition ?

Ma réponse sera courte, et vous la pressentez d’avance.

Pourquoi changerait-on? Quel inconvénient grave résulte de la disposition actuelle? Qui s’en plaint? Je ne connais d’autres plaintes que celles de MM. Bourassé et Manceaux, chanoines de Tours, au Congrès arcliéologique de 1845.

M. l’abbé Manceaux allégua même, à cette époque, une raison de replacer l’autel au fond de l’abside, « parce que le prêtre, » purifiant la patène, à la fin de la Messe, y verrait la couronne des » vitraux de l’abside s’y reproduire comme dans un miroir par » un rayonnement du plus bel effet. » Cette remarque fut trouvée neuve et répétée, quelques jours plus tard, par un spirituel avocat, M. Paul Huot, qui s’était fait le rapporteur des travaux archéologiques du Congrès. Depuis, à force d’avoir été redite, la réflexion n’est plus neuve, à Reims du moins.

Mais en est-elle plus solide? Ce que voit ou ne voit pas à l’autel le prêtre, en célébrant la Messe, doit-il influer, en quoi que ce soit, sur la distribution intérieure de la cathédrale ? D’ailleurs,.

si Ton y tient, on peut laisser tout à sa place actuelle, et on n’y perdra absolument rien Plus de cent fois, j’ai pu me convaincre trèsAnvolontairement que le même effet de miroitage a lieu tout aussi bien au grand-autel, en inclinant la patène de quelques centimètres en avant.

M. Bourassé est plus sérieux. Il proteste deux ou trois fois, dans son Dictionnaire d'archéologie, contrôle déplacement du maître^ autel (t. pï’, p. 78) et contre l’abandon du chevet de l’église aux laïques .

Avec tout le respect que je dois à la science, au caractère, à l’amabilité du vénérable chanoine de Tours, qui a laissé au milieu de nous de si bons et de si précieux souvenirs, je proteste, à mon tour et de toutes mes forces, contre ses protestations

1® A Ventrée de Vabside, Vautel n'est pas déplacé. 11 est reconnu par l’Archéologie comme par la Liturgie que l’on peut, sans inconvénient aucun, laisser le maître-autel d'umé^\s>e à l’entrée de l’abside. L’autel de Saint-Pierre de Rome , ceux de Saint-Jean-de-Latran, de Sainte-Marie-Majeure , de Saint-Clément et de toutes les basiliques, n’occupent pas une autre place. On peut consulter le Cérémonial de l’abbé Favrel et du P. Levavasseur ; on y verra des planches gravées qui affirment la même chose.

2® Mais le chœur devrait être derrière l'autel et remplir le chevet, dit M. Bourassé.

Oui, je l’avoue, pour une cathédrale ordinaire, peut-être. Et je reconnais que telle a été vraisemblablement la disposition primitive, adoptée au XlIP siècle. La chaire de saint Remi, autrefois placée au fond de l’abside et servant jusqu’en 1749 à l’installation des archevêques , le sol de l’édifice, plus élevé dans l’abside que partout ailleurs, en vertu de la construction originelle, sont des preuves assez fortes (1)

Il serait facile d’établir cependant que, s’il y avait dans l’abside un chœur ou presbyterium pour les offices spéciaux du clergé : Matines, Primes — , etc...., il y avait alors, en avant du sanctuaire et à la place actuelle, un chœur pour les offices publics de la Messe et des Vêpres, auxquels les fidèles étaient convoqués.

(i) C’est aussi ropiuion que nous avons émise, tomel^C p. 121, article Presbyterium.

PLACE DU MAITilE-AUTEL. 551

Durand de Mende , entre autres , nous fournirait les plus fortes preuves.

Mais j’ajoute bien vite que le XIV« siècle, encore si liturgique et si fidèle aux traditions, a cru devoir, tout en laissant l’autel à la place quinze fois séculaire qu’il occupe, abandonner le chœur du chevet, et le placer en avant pour tous les offices. Il y était amené par les deux graves raisons que j’ai tâché d'indiquer : l’allongement de la nef et les sacres. Ce qu’il a fait, a été confirmé par l’érection de l’autel de la Magdeleine^ (dit de Sainte-Croix, puisi^M Cardmal) ; par la fondation de la procession si populaire de la Résurrection au jour de Pâques, enrichie d'une indulgence plénière, dont la bulle de concession se trouve au cartiilaire de la ville (1 j.

(i) Voici la traduction de cette bulle, faite par l’ordre du cardinal de Lorraine :

« Pie Eucsque, Seruiteur des Seruiteurs de Dieu, A tous fideles de lesus-Christ. qui verront ces présentés Lettres, Salut et bénédiction Apostolique. Nous veillans aiiec vn grand soin sur le salut du troupeau du Seigneur, qui par la Prouidence diuine, nonobstaat nostre insufisance. Nous a esté donné en charge, d’vne affection volontaire, inuitons chacun fidele à rexercice des œuures méritoires et appartenants à pieté, par dons spirituels, àsçauoir, par Indulgences et remissions des pechez ; afin que par l’exercice de telles œuures, la tache de leurs pechez estant ostée et abolie, ils puissent panienir à la jouyssance de la l)eatitude eternelle. Et pourtant desirans que l’Eglise de Reims, de laquelle on sçait que nostre bien-aimé fils Charles du tiltre de S. Appollinaire, Prestre, Cardinal de Lorraine, par la dispensation Apostolique, a la superintendance : et à laquelle iceluy Charles Cardinal porte vne singulière affection et deuotion, soit entretenuë en continuelle et duë reuerence et soit fréquentée et visitée des fideles de lesus-Christ, auec honneur et deuotion conuenable ; afin qu’iceux fideles de lesus-Christ viennent en icelle Eglise, par deuotion plus volontiers, d’autant que par cela ils connoistront qu’ils pourront acquérir plus grands dons spirituels pour le salut de leurs âmes. Nousconfians en la miséricorde de Dieu tout puissant, et en l’authorité de ses Bienheureux Apostres saint Pierre et saint Paul, octroyons et élargissons miséricordieusement de l’authorité Apostolique, par la teneur de ces présentés, à tous et chacun fideles, soit hommes ou femmes, estant vrayement repentans et s’estant confessez, qui assisteront à la Procession instituée en ladite Eglise, par le susdit Charles Cardinal, et accoustumée d’estre faite le jour de la Résurrection de N. Seigneur lesus-Christ : deuant les Matines, en laquelle on a decoustume de porter le saint et sacré Corps d’iceluy N.

552 DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE REIMb.

A côté de toutes les règles, il y a les exceptions ; et quand la cathédrale de Reims ne ressemblerait ni à celle de Tours, ni à celle de Rouen, ni à celle de Paris, ni à tant d’autres, il me semble qu’elle est par elle-même bien assez grande, bien assez antique, bien' assez illustre pour justifier une exception, fondée d’ailleurs sur de graves motifs. Que M l’abbé Bourassé, en archéologue fidèle aux règles générales, s’en étonne et proteste, je le conçois ^ il n’aurait pas tenu, je pense, le même langage, si, rémois, il avait pu étudier la tradition rémoise.

Seigneur lesus- Christ : et là seront humbles prières pour Testât salutaire et conscruation deTEglise Romaine, pour Textirpation des Heresies, pour la tranquillité et paix entre les Princes Ch restiens, ou autres selon la deuotion de chacun d’iceux, toutesfois et quantes ils l’auront fait, pleniere remission, indulgence et absolution de tous et chacun leurs pechez et délits, de peine et de coulpe, et mesme plein et entier lubilé. Et afin qu’iceux fideles de lesus-Christ puissent plus facilement estre participans d’icelles Indulgences et Pardons, moyennant la grâce de Dieu, nous leur permettons d’vne grâce spéciale par la mesme authorité et teneur, qu’ils puissent à tousioursmais élire par chacun an librement et licitement pour eux vn Prestre séculier ou régulier de quelque ordre que ce soit qu’il leur semblera bon, pour leur Confesseur, qui ayant diligemment ouy leur confession, les puisse librement et licitement absoudre par la mesme au- Ihorité, de tous et chacuns leurs pechez, crimes, excez et délits, tant graues et énormes qu’ils soient, mesmes reseruez aux Euesques des lieux, et aussi au S. Siégé Apostolique : seulement ceux exceptez qui sont contenus en la Bulle, qui a de coustume estre leuë le jour de la Cene de N. Seigneur : et pour leurs offcnces leur enjoindre penitence salutaire, et aussi changer quelques vœux que ce soient en autres œuures de pieté et deuotion, exceptez seulement les vœux d’outre Mer, de la visitation des Eglises des Apostres saint Pierre et S. Paul de la cité de Rome, et de S. Jacques en Compostelle, et aussi les vœux de Chasteté et Religion. Les présentes ayans à durer à tousioursmais à Taduenir, lesquelles nous ordonnons qu’elles ne puissent en façon du monde estre reuoquées, suspen* duës ou changées pour quelque cause que ce soit, non pas par le mesme Siégé, n’y soubs quelconques reuocations, suspensions, alterations de semblables ou dissemblables Indulgences et grâces, ou autres dispositions faites au préjudice des présentés, mesmes en faneur de la Fabrique de l’Eglise de S. Pierre de Rome, ou de la sainte Croisade, ou entreprise contre les Infidèles, ou pour quelconques autres causes, quelques vrgentes et necessaires qu’elles soient, mesmes à l’instance de l’Empereur, des Roys, Reynes, Ducs, et autres Princes, ou à la contemplation ou regard d’iceux,

PLACE DU MAITRE-AUTEL

Pardon mille fois, Messieurs, de toutes ces longueurs, mais je voudrais épuiser une fois pour toutes celte question capitale.

Si l’on voulait changer, comment ferait-on ?

Je ne vois que deux ou trois hypothèses, aussi pleines de graves inconvénients l’une que l’autre.

Laissera-t-on l’autel à sa place actuelle, pour mettre le chœur au fond de Pabside ? ou bien supprimera-t-on le grand-autel, pour

et niesrae du propre mouueinent et par le dessiisdil Siégé, ou en quel- , qu’autre manière que ce soit, selon ie temps, elles n’y seront en façon du monde comprises, aiiis en seront tousiours exceptées, et toutefois et quantes qu’elles viendront, celles cy seront remises et restituées en leur premier, plus asseuré et plus ferme estât, et de nouveau concédées et octroyées. Donné à S. Pierre, à Rome l’an de ITncarnalion de N. Seigneur, mil cinq cens soixante-trois, le vingtiesme jour de Feurier, l’an cinquiesme de nostre Pontificat.

w Fed. Gard. Cæsivs. Cæ. Glorierivs. Et au repiy, M. Coyrenot.

» Uegistrata apud Cœsarem Secretarmm, » Le jour pour gaigner les Pardons, est ledit jour de Vasques, en la Procession qui se fait deuant les Matines, en ladite Eglise de Reims, »

Nous citons ici la traduction d’une seconde bulle du meme pape, pour les trois derniers jours de la Semai nte-Sainte :

« Pie Euesque, seruiteur des seruiteurs de Dieu, à tous fideles de lesus- Christ, qui verront ces présentes lettres, Salut et Bénédiction Apostolique.

» L’Euesque de Rome, auquel par S. Pierre, Prince des Apostres, le Seigneur Dieu a donné la puissance de lier et deslier en terre, afin d’exciter la deuotion de tous fideles de lesus-Christ, commis en charge, aucune fois il fait ce bien et plaisir à iceux fideles de leur donner le moyen d’auoir remission. Et pource par le don d’indulgence enrichit et orne les Eglises, Chapelles, et autres lieux, ausquels principalement est par grande deuotion et honneur posé et gardé le très-sacré et très-precieux Corps de nostre Seigneur lesus-Ghrist, lequel partant de ce monde pour aller à son Père, a voulu bailler et laisser au peuple Chrestien sa propre chair pour viande, et son propre sang pour breuuage, en mémoire de sa mortel passion ; afin qu’iceux fideles deuëment reuerants ce sacré Corps de nostre Seigneur, et en telles Eglises, Chapelles et lieux semblables adorans de cœur deuot et intérieure affection leceleste Pain des Anges, qui nous repaist et nourrit spirituellement, puissent plus facilement mériter la vie éternelle. Parquoy desirans que la Chapelle fondée en l’Eglise de Reims,

aller faire les offices à Tautel du Cardinal, et renfermer le sanctuaire et le chœur dans l’abside ?

Ce sont les deux seuls partis archéologiques et liturgiques à prendre , d’après M. Bourassé et son école.

Dans le premier cas, il faut, ou exhumer les archevêques dont les corps reposent sous le pavé du sanctuaire (car ils y sont tous, et aucun n’a encore été troublé dans le repos de la tombe qu’il s’est choisie), ou bien il faut les voir foulés aux pieds des fidèles et replacés en pleine nef, comme des laïques ou de simples chanoines.

en laquelle on a de coustume mettre et garder le saint et sacré Corps de nostre Seigneur lesus-Ghrist, et à laquelle nostre bien aymé fils Charles, du tiltre de S. Apollinaire, Prestre Cardinal de Lorraine, porte vne singulière deuotion, soit auec digne et conuenables honneurs celebrée et fréquentée : et afin qu’iceux fideles visitent plus volontiers par deuotion ladite Chapelle, d’autant que delà ils cognoistront qu’ils pourront acquérir plus grands dons spirituels pour le salut de leurs âmes. Nous confians en la miséricorde de Dieu tout-puissant, et en l’authorité de ses bienheureux Apostres Saint Pierre et Saint Paul, octroyons et élargissons miséricordieusement en nostre Seigneur, de l’authorité Apostolique, par la teneur des présentes, à tous fideles de l’vn et l’autre sexe, estant vrayeraent repentans et confessez, ou ayans ferme propos de se confesser pour Pasques lors prochainement venant, qui visiteront deuotement ladite Chapelle depuis l’heure que ledit Corps de nostre Seigneur sera mis et posé en icelle, ès jours de Jeudy, Vendredy, et Samedy de la Semaine Sainte, et ainsi par chacun an à perpétuité, et là feront quelques prières à Dieu pour l’estât salutaire et conseruation de l’Eglise Romaine, pour l’extirpation des heresies, pour la Paix et concorde entre les Princes Chrestiens, ou autres selon la deuotion de chacun d’iceux, toutesfois et quantes qu’ils l’auront fait, Pleniere remission, Indulgence et absolution de tous leurs pechez et délits, de peine et de coulpe, et plein et entier lubilé. Et afin qu’iceux fideles de lesus-Cbrist puissent plus facilement eslre participans d’icelles Indulgences, moyennant la grâce de Dieu, Nous leur permettons d’une grâce spéciale par la mesme aiithorité et teneur, qu’ils puissent à toursioursmais eslire par chacun an librement et licitement par eux vn Prestre séculier ou régulier de quelque ordre que ce soit qu’il leur semblera bon, pour leur Confesseur, qui ayant diligemment ouy leurs confessions, les puisse librement et licitement absoudre par la mesme autlîorité, de tous et chacun leurs pechez, crimes, excez, et débets, tant griefs et énormes qu’ils soient, mesmes reseruez aux Ordinaires des lieux, et aussi au S. Siégé Apostolique : seulement ceux exceptez qui sont con-

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Dans le second cas, il faut démolir l’autel ^ oser ce que le vandalisme du XVIII* siècle a craint de commettre ; changer, sans de graves raisons, la place à jamais vénérable où , depuis quinze siècles , s’offre le saint sacrifice ! où saint Nicaise, saint Remi, saint Rieul, saint Nivard ont prié !— Non, on ne se résout pas aisément à rompre avec de pareils souvenirs, et à donner tort à une telle prescription .

Dans l’un ou l’autre cas, le sanctuaire et le chœur seront trop petits pour les cérémonies si splendides de la métropole : ces cérémonies seront cachées à tous les yeux par les stalles qui environneront forcément l’abside. Vienne un nouveau sacre ou une grande cérémonie analogue, vous serez forcé, dirai-je à l’architecte, de vous donner tort et de vous déjuger vous-même, en remettant, au moins pour ce jour-là, les choses clans l’état où elles sont aujourd’hui.

tenuz en la Bulle, qui a de coustume estre leue le jour de la Gene de nostre Seigneur : et pour leurs offenses leur enjoindre penitence salutaire, et aussi changer quelques vœux que ce soient en œuures de pieté et deuotion, exceptez seulement les vœux d’outre mer, de la visitation des Eglises des Apostres S Pierre et S. Paul de la cité de Rome, et de S. Jacques en Compostelle, et aussi les vœux de Chasteté et Religion. Les présentes ayans à durer toursioursmais àl’aduenir, lesquelles nous Ordonnons quelles ne puissent en façon du monde estre reuoquées, suspendues ou changées pour quelque cause que ce soit, non par nous, ny mesme par l’Euesque de Rome qui sera pour lors, ou par le mesme Siégé, et soubs quelconques reuocations, suspensions, alterations de semblables ou dissemblables Indulgences et grâces, ou autres dispositions faites au préjudice des présentes, mesme en faneur de la Fabrique des Eglises de S. Pierre de Rome, ou de la Ste. Croisade, ou entreprise contre les infidèles, ou pour quelconques autres causes, quelques vrgentes et necessaires qu’elles soient, mesmes à l’instance de l’Empereur, des Rqys, Reynes, Ducs, et autres Princes, ou a la contemplation et regard cl’iceux, et mesmes du propre mou uement et par le susdit Siégé, ou en quelque autre maniéré que ce soit selon le temps, elles n’y seront en façon du monde comprises, ains en seront tousiours exceptées, et toutesfois et quantes qu’elles viendront, celles-cy seront remises et restituées en leur premier, plus asseuré et plus ferme estât, et de nouveau concédées et octroyées. Et pour ce, qu’il ne soit loisible à homme qui soit, de rompre cette carte et Bulle de nostre permissioua concession, et induit, ou d’y contreuenir par vne téméraire et folle hardiesse ; Que s'il y a quelqu’vn qui présumé tant que d’y attenter, qu’il scache et entende qu’il encourra l’indignation de Dieu

556 DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE REijMTb.

Enfin, dans l’un et l’autre cas, si vous prolongez la nef du portail à l’abside, vous aurez , je l’affirme sans hésiter, une église si longue , si étroite , si vide , si affreusement laide, que vous reviendrez forcément, vous ou d’autres, à ce qui existait autrefois.

On peut faire, je le comprends, une troisième supposition : — i Remettre l’autel au fond de l’abside et prolonger le choeur dans le j transsep t jusqu’à l’entrée de la nef. |

Vous avez les mêmes inconvénients, sans les avantages. C’est | sortir résolûmenl des traditions archéologiques et liturgiques | que vous invoquez, et qui vous renferment dans l’abside. Et J

pour déroger aux règles ou à ce que vous regardez comme tel, |

tout-puissant, et de ses bienheureux Apostres S. Pierre et S. Paul. Donné j à Rome à S. Pierre, l’An de l’Incarnation de noslre Seigneur mil cinq ] cens soixante et trois, le vingtiesme jour de Feurier, l’an cînquiesme de ; nostre Pontificat. Fed. Gardinalis Cæsius. Cæ. GlokierivS. I

» Et au reply, M. Goyrenot. Registrata apud Cœsarem Secretarium,

» Les jours pour gaigner lesdits Pardons sont les jours de Jeudy, Vendredy, ; et Samedy de la Semaine Sainte, en la Ghapelle de Sainte Grolx de ladite Eglise de Reims.

» De Mandata Z). Vicarij Generalis. »

Pour compléter la liste des indulgences accordées à l’église métropolitaine de Reims en particulier, nous ajoutons aux deux précédentes bulles celle qui concerne la fête de la Dédicace de la cathédrale : l’indulgence i plénière, primitivement accordée par Nicolas V, fut renouvelée par Jules III et Pie IV, à la prière du cardinal de Lorraine. ^

■fi

« Pie Euesque, Seruiteur des seruiteurs de Dieu, pour perpétuelle me- \

moire : Nous estans, bien qu’indignes. Lieutenant en terre de nostre |

Sauueur et Seigneur lésus-Christ Fils vnique de Dieu, lequel pour recon- -

cilier à son pere eternel le genre humain condamné à la mort perpétuelle, |

à raison de la transgression de nostre premier Pere, a voulu descendre du |

hault Throsne des Gieux au plus bas de ce monde, et prendre nostre chair |

du ventre virginal, et apres auoir paracheué le cours de ceste vie à |

nostre instruction, s’offrir soy-mesme en obediance en sacrifice à son Pere |

à l’Autel de la Groix, pour la purgation de nos pechez, nous nous efforçons tant qu’il nous est possible auec l’ayde de Dieu, conduire au pais celeste, son troupeau racheté d’vn prix si inestimable, la charge duquel nous a esté diuinement commise, et selon le deub de l’office Apostolique,

PLACE DU MAITRE-AUTEL

autant s’en tenir à l’exception présente, puisqu’elle a du moins pour elle la consécration des siècles et l’expérience. Mais de plus :

1® L^autel, cet autel consacré par une antiquité si vénérable , disparaît ;

2® Nos tombes archiépiscopales sont reculées du sanctuaire que nos archevêques ont choisi, pour les reléguer au bas du chœur , sous les pieds de vos chantres ;

3® Les cérémonies sont encore masquées ;

L’allongement de l’église mal dissimulé -,

5® L’heureuse disposilion pour un sacre encore anéantie; les souvenirs immolés;

Enfin, relournant les rôles, veut-on laisser l’autel et le sanctuaire à la place actuelle, et reporter seulement le chœur parderrière , jusqu’au fond de l’abside ?

qui nous a esté baillé ; Nous inuitons voloiiliers les fidels, desquels les mérites sont du tout inégaux aux démérites, à visiter sourient lesEsglises, principalement les remarquables et insignes, et exercer autres œuures de piété, et méritoires, pardons spirituels, c’est à sçauoir indulgences et remissions des pechez, afin que la tache de leurs offenses estant effacée par la sincérité de deuotion, et vray contrition de cœur, et le Sacrement de Confession et Penitence, ils méritent d’obtenir plus facilement le fruict de rédemption, et paruenir heureusement à la béatitude éternelle. Et pourtant désirant que l'Eglise de Reims ( de laquelle on sçait que nostre bienaymé fils Charles, Prestre du tiltre de sainct Apollinaire, dict Cardinal DE Lorraine, a la superintendance par la dispensation Apostolique, et à laquelle, comme nous auons entendu, il a vne singulière affection et deuotion ) soit en telle vénération qu’elle doit, et que la deuotion dudit Charles Cardinal, et d’autres fidels en lesus Christ qui y arriuent, accroisse d’autant plus qu’ils cognoistront qu’ils en pourront acquérir de plus grands dons sjfiritnels pour le salut de leur âmes : Nous confians en la miséricorde de Dieu Tout puissant, et en l’authorité des bien heureux Apostres sainct Pierre et sainct Paul, octroyons et eslargissons miséricordieusement à tousioursmais de l’autorité Apostolique, par la teneur des présentes, à tous et chacun fidels, soient homes ou femmes, estant vrais repentans, et s’estans confessez, ou ayans ferme propos de se confesser au temps ordonné de droict, qui depuis les premières Vespres du jour de la feste sainct Luc Euangeliste, lequel est la Dédicacé de ladite Eglise, jusques au Soleil couchant du mesme jour, par chacune année l’auront visité deuotement, et en icelle prié Dieu lumiblementj^oiir Lesiat

C’est encore se mettre dans les exceptions et violer les règles ; c’est rendre encore les cérémonies invisibles, et l’immensité de la nef toujours aussi monstrueusement laide.

Qu’il me soit donc permis d’exprimer un humble vœu ! Ce qui entretient l’esprit de famille, ce sont les traditions. Rien n’est précieux, rien n’est cher, comme le souvenir trois fois sacré des aïeux. Laissons donc à sa place ce que nos pères ont disposé avec tant de sagesse , il y a plus de 600 ans t Et ce que le XVIIR siècle , siècle de destruction^ a respecté , que le XIX®, siècle de

salutaire de l’Eglise militante, la tranquilité de la Republique Ghrestienne, la conseruation delà Paix entre les Princes et autres fidels, et l’extirpation des Heresies qui se glissent en l’Eglise de Dieu, toutes et quantes fois qu’ils auront fait ce que dessus, pleniere remission de tous et chacun leurs pechez, en forme de lubilé, ainsi qu’il a de coustume estre octroyé en l’An d’iceluy, à ceux qui visiteront les Eglises de la Cité de Rome, et dehors les murs, alors députées. Et afin qu’iceux fidels de lesus Christ, moyennant la grâce de Dieu, soient plus facilement participans de telles Indulgences : Nous de l’authorité Apostolique leur permettons de grâce spéciale par ces présentes, d’eslire par chacun an librement et licitement vn Prestre séculier ou régulier de quelque Ordre qu’ils voudront pour leur Confesseur, lequel ayant diligemment ouy leurs confessions , les puisse librement et licitement absoudre par la mesme authorité, de tous et chacun leurs pechez, quelques griefs et énormes qu’ils soient , mesme reseruez au Siégé Apostolique, seulement ceux exceptez qui sont contenus en la Bulle qui a de coustume estre leûe le jour de la saincte Cene, et leur bailler pleniere remission desdits pechez, tant de coulpe que de peine, et pour iceux leur enjoindre vne penitence salutaire ; et changer toutes sortes de vœux en autres œuures de piété et deuotion, exceptez aussi seulement les vœux d’outre Mer, de la visitation des Eglises des Apostres S. Pierre et S. Paul de la cité de Rome, de S. lacques en Compostelle, et ceux de Chasteté et Religion. Lesquelles présentes Nous ordonnons estre valla* blés pour et à tousiours, sans qu’elles puissent estre en façons quelconques leuoquées, suspendues ou altérées pour quelque cause que ce soit, ne mesme par le S. Siégé, iiy qu'elles puissent estre contenues soubs quelconques reuocations que ce soient, suspensions, ou alterations, de semblables ou dissemblables Indulgences et grâces , ou autres dispositions faites au préjudice d’icelles, encoresque lesdites reuocations, suspensions, ou alterations, fussent en la faueur de la fabrique de l’Eglise dudit S. Pierre de Rome, ou de la saincte Croisade, ou entreprinse contre les Infidèles ou Schismatiques, ou pour quelconque autres causes, quelques

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restauration archéologique et liturgique, ne le détruise pas ! Qu’il reste à sa place, cet autel vénérable placé là par saint Nicaise, il y a 1520 ans ! Qu’elles restent où elles sont, les tombes vénérées de nos anciens archevêques ! qu’ils ne soient pas bannis de ce sanctuaire, où ils reposent en paix depuis si longtemps ! Mais plutôt, qu’au lieu de bouleverser leur œuvre, on fasse revivre les dalles que le XVIII® siècle a dispersées ! Nous reverrons avec bonheur les fils de France Henri et Jean de Courtenay sous leur dalle fleurdelisée, Richard de Besançon sous sa lame de cuivre, près de la chaire du semainier. Et tant d’autres ! — La pierre d’Adalbéron ne servira plus de seuil à la porte du dessous des orgues ; Monseigneur de Mailly reparaîtra dans le sanctuaire, proche des marches du chœur , côte-à-côte avec Juvénal des Ursins ; Monseigneur de Mailly, qui n’est plus le seul, des quinze cardinaux de Reims, orné de la pourpre romaine par le Saint-Père, pour son atlachement aux doctrines du Saint-Siège. — Ce sera là une restauration archéologique, liturgique, artistique dans toute la rigueur du mot. Ce sera un acte de piété filiale envers nos pères dans la foi, et un magnifique exemple de plus donné à ceux qui viennent à Reims pour y admirer le beau, y apprendre à pratiquer le bien !

vrgentes et necessaires qu’elles soient, mesmes à l’instance de l'Empereur, des Roys, des Roynes, des Ducs, et autres Princes, ou à leurs faueur et considération, mesme du propre mouueinent, et par le dessusdit Siégé, ou en quelque maniéré et temps que ce soit , esquelles elles ne seront en façon du monde comprises, ains en seront tousiours exceptées : ordonnans que toutefois et quantes que telles reuocalions, suspensions, et alterations seront émanées du S. Siégé, cesdites présentes soient remises et restituées eu leur pleine force et vigueur, et de nouveau octroyées et concédées pour tousiours et à jamais. Donné à S. Pierre à Rome, l’an de l’Incarnation de Nostre Seigneur, mil cinq cens soixante et trois, le vingtiesme jour deFeurier, l’an ciuquiesme de nostre Pontificat.

«« Monseigneur t Archeoesque Duc de Reims veut et ordonne que lesdits Pardons soient publiez de mot à mot par tout son Diocese. Et prie Messieurs les Reuerends Euesques de sa Province de les faire annoncer en leurs Eglises et Diocèses, pour le jour de saincte [este de la dédicacé de Nostre- Dame »

Note F, page 386.

Inscriptions recueillies à Rome par M. Barbier de MontauU.

M. Barbier de Montault, cet illustre archéologue, que le Souverain Pontife vient de nommer chanoine avec rang de prélat, avait recueilli à Rome plusieurs inscriptions très-précieuses pour notre histoire religieuse locale : deux nous ont été transmises par son obligeance ; nous les donnons ici.

La première est l’épitaphe de ce bienfaiteur insigne de notre cathédrale, dont le nom est revenu si souvent sous notre plume, quand nous redisions l’histoire de la construction et des embellissements de Notre-Dame, et celle des écoles du Cloître.

La seconde est une inscription relative au cardinal Barberin, plus tard devenu archevêque de Reims*, et qui se distingua par son amour pour les ordres religieux de Saint-François (1) et de Saint- Dominique.

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