VI. CARIATIDES. - GARGOUILLES. - CLOCHETONS
Cariatides et gargouilles. — Avant de nous élever à la hauteur des contre-forts, mentionnons les cariatides et les gargouilles de la partie inférieure du portail occidental.
Les voussures et les tympans sont reliés entre eux par une colonne surmontée d'un riche chapiteau à trois rangs de feuilles. Le fût est semblable à un tronc d’arbre, duquel sortent des branches. Contre ce tronc est placée une magnifique statue , qui tient une urne renversée ; l’eau s’en échappe en abondance. Ces quatre statues personnifient les quatre grands fleuves du paradis terrestre : le Phison, qui tournait dans la terre de Hévilah, où se trouve l’or le plus pur (probablement le Phase, qui sort des montagnes de l’Arménie et arrose la Colchide) ; le Géhon, qui tourne autour du pays de Chus (l’impétueux Araxe) (1); le Tigre et V Euphrate (2). — Ces quatre statues peuvent également nous rappeler les quatre Evangélistes.
Au-dessus apparaissent quatre cariatides sans caractère distinctif; elles sont affaissées sous le poids des gargouilles (3) , qu’elles supportent avec effort. Il ne nous est pas possible de décrire ces énormes bêtes qui
(1) On traduit ordinairement Chus par Ethiopie. Les anciens distinguaient deux Ethiopies, ou pays de Chus : l’une au midi de l’Egypte, l’autre entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne, près du Phase et de l’Araxe. On sent bien qu’il est ici question de la dernière.
(Rohrbacker, t. I*', liv. I.)
(2) Genèse, II, il, 13, U.
(3) M. Jacob-Kolb, parlant du dragon d’osier nommé ie Bailla, prétend qu’il avait une origine commune avec ceux de Metz, de Rouen, -de Poitiers, de Niort, dont il est fait mention dans les Mémoires celtiques (tom. XIII, p. 109). «On nommait, ajoute-t-il, ce dragon le Graouilli, » la Gargouille, la Grand-Gueule, VAllou, qui signifie la béte. «
{Description de la ville de Reims .)