‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 58 sur 257 · TOURS · texte numérisé non relu

TOURS

Si nous voulons les considérer depuis leur base jusqu’à leur soiniîiel, elles se divisent en cinq étages bien distincts, formant cependant un tout parlaitement combiné : le rcz-de-cliaussée. le premier et le deuxième étage, la galerie des Uois, la tour proprement dite ou clocher, et le cin(|uièmc étage ou lléclie, resté à l’état de projet.

La partie inférieure des tours est enveloppée et dissimulée, à l’occident, par les voussures. (A Notre-Dame de J‘aris, les contre-forts s'élèvent apparents delà base jusqu’à la hauteur de la galerie ; reffet n’est pas heureux.) Sur les faces latérales, le rez-de-cJiaussèc foi rne le souhassement des deux contre-forts, entre lesquels s’ouvre la première fenêtre de la nef. Le quatiièmc point d’appui se trouve à l’intéricui’, sur le premier jiilier de la nef ; les colonnettes légères qui renvelo|)pent dissimulent sa force matérielle.

Le premier étage comprend la partie unie qui s’élève à la hauteur de la toiture des basses-nefs. Les faces apparentes sont ornées d’areaturcs trilobées et de frontons; deux des angles sont terminés j)ar une volute renversée, du milieu de laquelle sort une pomme de pin. Au bas de ce premier étage, se trouve une plate-lorme qui donne accès tout à la fois dans les galeries intérieures de l’église, dans le chéneau des gargouilles du portail et dans la partie occupée par l’extrados des voussures des portiques.

Le deuxième étage est occupé par deux grandes ouvertures à lancettes géminées. Elles contiennent dans leur arc un quatre-feuilles inscrit, porté par deux autres lancettes trilobées. Chacun de ces deux arcs est surmonté

tours et les flèches de nos cathédrales nous forcent , en quelque sorte , à détacher nos yeux de la terre et à redresser sur elles nos vues sur un monde supérieur. (A. Nicolas, Etudes sur le christianisme, t. III.)

d’un riche fronton simulé ; le tympan est orné d’un trèfle sur un fond plein.

De remarquables statues, abritées dans des niches surmontées elles-mêmes de dais élancés, animent cette partie de l’édifice et cachent le nu des contre-forts.

Dans les angles des frontons s’élèvent, appliqués contre le mur, et supportés par des gargouilles, trois clochetons triangulaires, terminés par des flèches élégantes.

Ce deuxième étage est voûté d’arcs en arêtes.

Dans le bas se trouve ménagé un second chemin qui conduit à la galerie intérieure de la grande rosace, et à celle qui tourne à l’extérieur autour de l’édifice, à la naissance des grandes fenêtres.

Le troisième étage continue sans interruption la galerie des Rois. — A Notre-Dame de Paris, cette galerie, placée au-dessous de la rosace, s’arrête à la partie centrale du portail.

Le quatrième étage, plus léger encore, s’élance, svelte, sans le secours d’aucun contre-fort (1). Il est flanqué, dans les angles, de quatre tourelles octogones à jour, engagées sur trois côtés. Chacune des tourelles occidentales ren-

(l) A Strasbourg, dans celte cathédrale si remarquable par la hardiesse et l’élégance de sa flèche unique, les tours s’unissent et se continuent par une construction centrale, lourde et massive, où sont placées les cloches. Si cette église était privée de sa flèche, les tours présenteraient un aspect des plus disgracieux.

L’architecte de Notre-Dame a mieux compris les règles du beau. Entre ses clochers , il a ménagé un espace vide où s’élèvent de petits clochetons et un fronton qui coupe avantageusement la monotonie des lignes.

Notre-Dame de Paris n’a pas ces flèches élancées, ce fronton triangulaire ; la galerie, formée d’arcatures à jour, se termine par une ligne droite peu harmonieuse.

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