‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 61 sur 257 · TOT RS · texte numérisé non relu

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(les accords, rien n’y inaiKjuc pour faire de celle sonnerie une des plus rcrnanpiables (jui exislenl. Nous ne décrii’ons, loulefois , (pie les deux bourdons; nous in- (liipierons sculemenl le nom des autres cloches , leur poids, la (laie de leur fonle, le nom de leurs parrains ; les dé'lails seront rcnvoy(*s aux pièces .iustificatives (1).

Le Gros Bourdon , donné el baptisé par le grand cardinal Charles de Lorraine, en 1570 , fut conservé à Noire- Darne pendant la Révulution. Il a 2'" 40 de diamètre , sur 0”^ 17 d’épaisseur, el porte, avec les armes du cardinal, rinscri[)lion suivante, .en Iclli'es minuscules:

w Je suis Cbailolle, pesant vingt-trois mille, nommée ’» par Monseigneur^ Illustrissime Gbai’les , cardinal de » Lorraine, archevêque, duc de Reims, pi'emier pair de J) France; et Illustrissime Dame Renée de Lorraine, ab- D besse de Saint-Pierre de Reims, l’an 1570 : Pierre M Desebamps, natif de celle ville, m’a faite.

11 est inutile de faire l’éloge de celle cloche, dont la l’enommée est eui’opéennc ; il faut l’entendre, pour apprécier ce ([u’clle a d’harmonie. L’abbé Pluche, dans le Spectacle de la nature, cite le Bourdon de Reims comme l’un des plus beaux corps sonores qui existent. Nous dirons seulement qu’il est digne de l’illustre cardinal de Lorraine, de ce généreux bienfaiteur de la cathédrale ; digne du temple qui le reçut, digne du Dieu dont il rappelle la puissance.

Sous le rapport du poids, cependant, le Gros Bourdon de •Reims ne vient qu’aprés Sens ( 10,500 kil.) et Paris (13,500); il est presque égalé par les bourdons de Bordeaux (11,250), Lyon (10,500).

L’ancien Petit Bourdon pesait 18,000 livres; il fut brisé en 1792.

Après la Révolution, la sonnerie de Notre-Dame avait été

(1) Pièces justificatives, de la sonnerie de Notre-Dame , depuis 1792, note C.

rétablie par les soins de la fabrique ; la gamme était complète , mais les degrés des fêles n’étaient point assez distinctement marqués ; le Gros Bourdon restait seul pour annoncer les grandes solennités. On désirait vivement rendre ù notre sonnerie son ancienne splendeur; mais la dépense considérable , l’épuisement des ressources de la fabrique ne permirent pas de s’arrêter à la pensée d’un second bourdon. (Quatre cloches venaient d’être fondues ; des lampes, des ornements avaient été achetés; le chœur avait été entouré de bailles grilles, etc.) Enfin arriva le pontificat du cardinal Gousset, qui devait rivaliser avec celui du cardinal de Lorraine; des projets furent de nouveau présentés ; on les adopta : l’exécution suivit bientôt.

Un nouveau bourdon fut donc fondu dans la cour de l’archevêché, le jour de Saint-Thomas 1844, par Cauchois jeune et son fils, fondeurs à Cbâlons (Marne), nés à Cbampigneul (Haute-Marne) ; il fut bénit en 1845, Te 28 Février, au milieu d’un concours immense de peuple.

Eprouvée aux funérailles de Drouet, comte d’Erlon, en Avril 1845, cette cloche fut reconnue défectueuse : les anses étaient ensablées. Refondue en Décembre 1845, elle fut de nouveau cassée le 15 Août 1847, et refondue une troisième fois par M. Bollée, fondeur au Mans. — Pour réussir avec plus de certitude dans cette entreprise, d’autant plus difficile que le Gros Bourdon est toujours là comme point de comparaison, M. Bollée fit analyser le métal de celui-ci, prendre les mêmes proportions, la forme intérieure et extérieure, et, quand il eut terminé son œuvre, il l’envoya à l’exposition à Paris, en 1849, ce qui lui mérita une médaille de bronze.

Le Petit Bourdon pèse 7,500 kilogrammes ; il est orné de haut en bas de lampes suspendues, semblables à celles qui se trouvent sur la cloche de Saint-Pierre, à Rome ; ses anses sont faites en forme de griffons. Il est d’une belle

GRAND l'ORTAlG — TOURS. — SONNKRIE. 179

forme, (l’iino fonlc iiTC*{)rochai)lo cl s’harmonise bien avec le Gros Dourdon : c’cslle plus bel éloge (lu’on en puisse faire.

11 porte pour inscription :

(( Monseigneur Thomas-Marie Gousset, représenté par » M. (le Muizon, fut parrain de celle cloche, et marraine » Madame de Sainl-Marceaux , représenléo par Madame » Dubois, sa lillc, épouse de M. le procureur du roi » à Epernay.

Les deu.\ bourdons sont mis en volée [lar un système simple et ingénieux, établi par M. (ioulel-Gollel, fabricicn de Notre-Dame. Une roue est fixée à l’extrémité gauche du mouton de la cloche, cl communique par une chaîne à une autre roue placée é un étage inférieur, oii se trouvent les sonneurs. Celle-ci est fixée à un essieu de 3 à 4 métrés, auquel sont adaptées quatre à six pédales; les sonneurs, en appuyant sur les pédales, donnent un mouvement de baisse cl de hausse à l’essieu, qui le communique à la roue inférieure, laquelle force celle du haut à accomplir le meme mouvement; par ce moyen, quelques hommes suffisent pour mettre les bourdons en volée d’une manière tout -à-fait régulière.

Les autres cloches sont au nombre de huit ;

Tons.

Poids.

Dates

Fondeurs

Bénites

par

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