‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 60 sur 257 · SONNERIE ACTUELLE DE NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

SONNERIE ACTUELLE DE NOTRE-DAME

üeslinées, clans l’origine, à ne lenferrner (ju’unc partie delà sonnerie, les tours du grand portail ne contenaient, en 1481, (jne deux grosses cloches (1). Plus éloignées du théâtre de l’incendie, elles furent épargnées. Mais une cathédrale doit avoir une sonnerie (jui réponde à la beauté (lu monument, à la s[)lendeur des oilices qu’elle annonce. La cloche, dans la pensées! chrétienne du Moyen-Age, c’est la voix de Dieu Ini-méme, voix puissante et magnifique : Yox Del in virlutc; vox Del in marfnificentia. Les générations (jui prodiguaient leurs sueurs et leur or pour élever au Très-Haut un leni[)le digne de lui, ne pouvaient se contenter des deux cloches restantes, et les premières ressources furent consacrées à la fonte de onze cloches, destinées à remplacer celles du transsept (1492).

Les nouvelles cloches furent très-belles, somptueuses, eu esgard à la magnificence iricelle église (2). Elles étaient de grosseur et de son bien diiïérenls. Le langage de la cloche, en effet, doit varier à l’infini ; elle doit exprimer tous les sentiments du peuple chrétien, célébrer ses joies et redire ses tristesses ; la cloche pleure avec nous, elle fait entendre nos cris d’allégresse et les accents de notre reconnaissance ; tour-à-tour elle devra donc être douce ou mélancolique, grave ou majestueuse; fière et imposante, ou moelleuse et pleine de fonction la plus suave. Tantôt elle éclatera comme le clairon, tantôt elle retentira comme la cithare (3). La voix grandiose des Bout-

(1) Tome le'', art. Incendie de U8l. — Nous y avons montré l’existence de quatre tours au traussept, détruites par le feu, et non relevées : elles contenaient onze cloches.

(2) Tome F*', pièces justificatives, p. 535.

(3) Discours prononcé le 31 Juillet 1859, à la bénédiction des cloches du Mans, par M. V. Tourneur.

dons OU des Richardes, succédant aux sons aigus des P rimer esses, versait dans les airs ces flots d’harmonie .que comprennent même les esprits les moins religieux (1).

Nous avons mentionné (tome pièces justificatives, p. 535) l’état successif de la sonnerie, de 1492 à 1792; le proces-verbal de 1705 nous a surtout fourni de précieuses indications.

Les beffrois des tours du portail ne datent que de 1492. Refaits a diverses époques, ils le furent de nouveau en 1703, au moins dans la tour méridionale, comme l’atteste rinscription suivante gravée sur une plaque de cuivre et fixée à la charpente : « Cæsis sylvarum labricæ Remensis J) quercuhus(2|, munifica Ludovic! Magni indulgentia. provo- » canleCarolo Mauritio Le Tellier episcopo, ligni hæc moles » extracta est, anno R. S. 1703. — Cette charpente- a été O construite l’an de la Rédemption 1703; Louis le Grand, » dans sa munificence royale, ayant, sur les instances de » l’archevêque Maurice Le Lellier, permis de couper dans » les forêts de la fabrique de Reims les bois nécessaires » à sa construction . »

Des deux tours de Notre-Dame, l’une renferme les deux bourdons , l’autre les huit cloches harmonisées pour former la gamme. La pureté des lignes, l’élégance des reliefs, la mesure des proportions, et surtout la richesse

(1) On sait l’iniluence profonde qu’exerçait sur le grand Napoléon le son de l’hunible cloche de Rueil. — Dans un autre sens, ils avaient compris c(îtte puissance souveraine des cloches, ces iconoclastes du XVI* siècle qui leur déclaraient une guerre impie ; ils la connaissaient, ces terroristes du XVIII® siècle, quand, après avoir dépouillé le sanctuaire, ils brisaient nos cloches, pour réduire au silence la voix importune du Dieu qu’ils ne pouvaient anéantir.

(2) Le mol quercuhtts est à remarquer , et confirme ce que nous dirons à l’article Charpente, en parlant du bois de chêne employé dans les combles.

GRAND l*OI\TAll.. — SONNERIE.

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