‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 65 sur 257 · CONTRE-FORTS, ARCS-BOUTANTS, CARIATIDES · texte numérisé non relu

CONTRE-FORTS, ARCS-BOUTANTS, CARIATIDES

COXTRE-FORTS, ARCS-BOL Î.OTS, CARIATIDES.

Les architectes du Moyen-Age dressèrent des contreforts et des arcs-boulanls pour comprimer les larges voûtes de leurs églises. Ce syslème, employé à l’extérieur des cathédrales gothiques, passe, aux yeux de bien des personnes, pour une imperfection. « Ce sont, disent-elles, » des étais inutiles dont on n’ose dégager l’édifice. » — D’autres, au contraire, y voient une merveille de construction et l’application d’une science avancée.

Nous pensons que les architectes de la période ogivale, ouvrant de hautes et larges fenêtres dans ces murs en quelque sorte a jour, et d’ailleurs donnant plus d’élévation, plus de hardiesse aux temples qu’ils construisaient, eurent besoin d’arcs-boutants, pour recevoir les arcatures des voûtes et porter les combles. Le plein-cintre des édifices romans, posant d’aplomb -sur la muraille, ne pouvait produire l’écartement qu’engendre l’ogive, qui pousse au vide. Ainsi, dans la période byzantine, il suffisait d’un pilier-butanl ou d’un éperon. L’architecture gothique, plus audacieuse, dut chercher un point d’appui plus résistant pour contrebalancer la pression exercée par les voûtes ogivales. Elle créa l’arc incliné, dit arc-boutant, dont le bras gigantesque part du contre-fort et va s’appuyer, pour le soutenir, sur un des piliers droits des parties supérieures de l’édifice , entre les grandes ouvertures des fenêtres.

L’architecte delà cathédrale, il faut l’avouer, a su faire des arcs-boutants de Notre-Dame un motif très-riche et

La première impression du voyageur est un sentiment d’admiration et de ravissement : volontiers il resterait muet des heures entières devant cette masse de pierres sculptées qui s’élèvent vers les deux; ces arcades si bien ^ ouvragées, ces milliers de statuettes, ces frontons si riches, : ces clochetons élégants, cette rose qui s’épanouit, cette ■ galerie vraiment royale, ces tours qui s’élèvent tout à > la Ibis majestueuses et pleines de hardiesse, tout cet en- i semble frappe l’imagination ; le cœur se détache de la 1 terre ; il est transporté au moins dans une région tout î idéale, s’il ne s’élève par la foi aux pieds de i’Eternel. 1 Mais quand , après ce coup-d’œil général , vous voulez a examiner les détails de cette architecture variée ; quand j vous pénétrez les mystères que révéle l’étude iconogra- , phique de ce portail ; quand, le livre des Evangiles ou j de l’Apocalypse en main, vous suivez toutes ces scènes si , nombreuses et cependant si bien ordonnées ; quand vous remarquez cette unité qui régne depuis la base jusqu’au sommet, vous ne pouvez vous défendre d’un sentiment | profond d’amour pour cette époque, appelée le Moyen-Age. ’ Ajoutez à cela l’effet que devaient produire, au XV^ siècle, les peintuies encore récentes, les reflets de l’or et de | l’azur qui détachaient les gioupes des uns des autres , s et vous aurez l’idée du chef-d’œuvre conçu par Robert de I Goucy et par Libergier, et vous comprendrez, en admi- t rant le génie et la science de ces hommes du XIIR siècle, •; que la foi ne rétrécit point les intelligences, et que le Dieu qui embrasse tout par son immensité, dont la sagesse a formé ce monde, peut, quand il le veut, faire descendre un rayon de son intelligence dans l’esprit des hommes qui le servent.

, Mais arrachons-nous à cette contemplation : d’autres parties de l’édifice appellent notre attention; elles nous montreront la cathédrale de Reims encore bien digne d’admiration sur scs faces latérales, et surtout dans son abside extérieure.

COiNTIŒ-rOUTS, AUCS-liOUTANTS, CAHIATIDKS.

I AKTICU* II'.

CO.NTHE-FOUTS, AKCS-I]OLTA.\TS, CAKIATIDES.

Les arcliitcctes du .Moyen-Age dressèrent des conliefurls et des arcs-boiilanls pour comprimer les larges voûtes de leurs églises. Ce système, employé à l’extérieur des cathédrales golhitjues, passe, aux yeux de bien des personnes, [)our une imperleclion. « Ce sont, disent-elles, » des étais inutiles dont on n’ose dégagei’ l’édifice. » — D’autres, au contraiie, y voient une mei’veille de construction et l’application d’une science avancée.

Nous pensons (|ue les architectes de la [)ériode ogivale, ouviant de hautes et larges fenêtres dans ces murs en (|uelque sorte à jour, et d’ailleurs donnant plus d’élévation, plus de hardiesse aux temples qu’ils construisaient, eurent besoin d'arcs-boutants, pour recevoir les arcatiires des voûtes et porter les combles. I.e plein-cintre des édifices romans, posant d’aplomb -sur la muraille, ne pouvait produire l’écartement qu’engendre l’ogive, qui pousse au vide. Ainsi, dans la période byzantine, il suffisait d’un pilier-butant ou d’un éperon. L’architecture gothique, plus audacieuse, dut chercher un point d’appui plus résistant pour contrebalancer la pression exercée par les voûtes ogivales. Elle créa l’arc incliné, dit arc-boutant, dont le bras gigantesque part du contre-fort et va s’appuyer, pour le soutenir, sur un des piliers droits des parties supérieures de l’édifice , entre les grandes ouvertures des fenêtres.

L’architecte delà cathédrale, il faut l’avouer, a su faire des arcs-boutants de Notre-Dame un motif très-riche et

très-heureux d’ornemealation. Il les a disposés avec une sage réserve (1) ; il leur a donné une élégance qui en fait .autant de petits monuments complets (2). Vus des galeries | inférieures, surtout à l’abside, ils donnent à l’édifice de la vie, de la grâce, de la légèreté ; ils forment comme une , vaste forêt, dont les rameaux s’unissent, se courbent, ; s’entrelacent pour abriter tout le temple. L’effet est encore plus admirable quand le soleil, pénétrant sous ces berceaux / de pierre, multiplie les courbures en tous sens.

La cathédrale de Reims compte vingt-deux contre-forts , * dont quatorze le long des collatéraux (sept de chaque côté) et huit autour de l’abside.

Décrivons d’abord les contre-forts des collatéraux ; nous J passerons de là à ceux de l’abside.

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