CONTREFORTS, .\RCS-BOUTANTS DES COLLATÉRAUX
Le rez-de-chaussée se confond avec la phnlhe mouhi- •éc qui enveloppe le périmèlrc extérieur du mur. 11 se •elie aux appuis des fenêtres, et après une ''eTadc moivée par un petit glacis destine à rejeter 1 eau en dehors les soubassements, il s'élance jusqu’à la premmre corn,he dont la moulure sert de couronnement a ce piedeslal
.à se trouvent places les l,•op-plcins des eaux et le cana liiui les reçoit. 11 est terminé par un énorme animal, dont le corps, hideusement contourné, s’accroche a la corn.che.
L’édificc est hérissé tout autour de ces figures grotesques, qui ne laissent pas de produire un effet ires-heu-
reux (1).
Le second étage est un quadrilatère trcs-élancé, orne sur les trois faces extérieures d’une arcature ogivale La rpiatrième reçoit la complication du double «rc- outan savamment combiné avec la retombee de la voûte. Aux angles s’élèvent de légères colonnetles, sur lesquelles repose une riche corniche saillante ornée de feuilles a crochets.
Une tourelle percée à jour forme le troisième ctage. Elle présente en face une arcade ogivale a trois lobes, et sur les côtés de simples ogives. Le centre est occupe par un ange aux ailes étendues. 11 est debout sur une base polygonale, dont les côtés et les arêtes sont enrichis d orne-
™ Us chapiteaux donnent naissance à de plus petites colonnes destinées à soutenir une corniche horizontale a moulures profondes. De là sortent sur es quatre faces des animaux de tous genres, des têtes d hommes et des monstres bizarres, pour la plupart restaures.
(t'i Ces aar'^ouilles deiDandent ua soin tout particulier, mais qui nest
îesgar|ouitles sont biisées, ou sont reliées par des colliers de fe q , tôt ou tard, les laissent échapper.
Nous ne pouvons entrer dans le détail de ces figurines, qui sont au nombre de douze par contre-fort. Elles ont des poses tellement variées, un air si effaré, des altitudes si grimaçantes que difficilement on trouverait une allégorie dans chacune de ces cariatides. Le hibou rappelle peut-être la pénitence du roi David et les gémissements de sa solitude (i).
Dans leur ensemble, elles peuvent représenter les vices combattus et détruits par l’Eglise , ou bien encore les mauvaises puissances de l’air qui attirent le chrétien et le détournent du temple saint (2).
Plusieurs de ces figures ont beaucoup de caractère et d’expression. Les animaux, malgré leurs formes grotesques, les oiseaux nocturnes surtout sont si parfaitement imités, qu’ils pourraient exciter la jalousie de leurs frères vivants dans les tours voisines. Aucune de ces figures n’affecte ces postures peu décentes, que notre siècle reproche parfois aux sculpteurs du Moyen-Age.
Dans l’intérieur du contre-fort, nous l’avons dit, se trouve un ange. C’est une belle pensée de confier ainsi la garde du temple aux anges du Seigneur, et de placer autour du palais du Roi des rois, ces messagers célestes qui, debout, les ailes déployées, semblent attendre le moment de se répandre à travers la ville pour y porter 1^‘S grâces par eux recueillies dans le sanctuaire. — Les attributs qu’ils tiennent à la main n’ont pas un très-grand sens symbolique. Ceux qui regardent le préau portent tous un livre ou un listel. Ceux du côté opposé présentent le soleil, la lune ou les emblèmes du sacrifice une burette, un calice, du pain.
(1) « Sicut nycticorax in domicilie. » {Psaume Cl, 7.)
(2) « Principem potestatis aeris hujus, spiritus qui nunc operatur in
» filios diffidentiæ. >. (Saint Paul, Ephes., II, 2. )