‹ Histoire et description de Notre-Dame de ReimsChapitre 70 sur 257 · I. GALERIE INEÉHIEURE · texte numérisé non relu

I. GALERIE INEÉHIEURE

La première galerie que nous rencontrons, longe le chéneau du comble des basses-nefs et celui des chapelles de l’abside.

Dans cette dernière partie, elle s’élève à trois mètres de hauteur. Des arcatures à lancettes reposent sur des colonnes isolées ou en faisceaux. Autrefois, sui' les chapiteaux des colonnes j)rincipales , on voyait des animaux chimériques d’une grande dimension; c’est ce qu’attestent les gravures de Gentillastre, et surtout les deux chevaux en pierre qui, naguère encore, existaient au nord de celle galerie. Ils ont été descendus, il y a peu de temps , au moment de la restauration commencée dans cette partie de l’abside ; ils sont conservés avec soin pour être replacés un jour, et servir de modèle à ceux qui devront se dresser avec eux sur la galerie.

Celle balustrade est en rapport avec le style de l’édifice.

On a révoqué en doute son existence primitive : Villard de Honnecourt (XlIIe siècle) ne l’a pas mentionnée dans ses dessins. Celle raison ne nous convainc pas; nous croyons cette balustrade du XIII® siècle, élevée en même temps que l’abside, et non surajoutée : il est facile de s’en convaincre en examinant les parties profondément engagées sous les contre-forts.

M. Viollet-le-Duc, en faisant remonter celle décoration au XlIIe siècle, la regarde comme hors d’échelle avec les autres parties de l’édifice ; elle rapetisse les chapelles. Celte observation de notre illustre architecte est fondée : mais que l’on sache par la pensée la replacer à sa véritable hauteur ; qu’on lui rende sa ceinture de chevaux

dressés, qu’on lui ôle son aspect trop uniforme, et l’objection tombera, et l’on ne trouvera plus en défaut le goût de nos maîtres du Xin^ siècle. Ne l’oublions pas, vers l’abside et du côté de l’archevêché (1), la cathédrale a perdu plusieurs mètres de hauteur, le sol s’est exhaussé, chargé des décombres de huit siècles. Les travaux entrepris en ce moment autour de l’abside de Notre-Dame, dans le but de l’assainir, lui rendront sa hauteur primitive.

La galerie inférieure, qui existe encore à l’abside avec sa balustrade de pierre, se continuait-elle de même aux faces collatérales?

Nous regardons comme certain qu’elle devait exister dans le plan primitif de Noire-Dame ; tout nous porte à croire que la balustrade a existé, qu’elle fut détruite par l’incendie de i48i, et que, depuis, les ressources n’auront pas été suffisantes pour la relever.

1° Elle devait exister. Les mêmes raisons qui la firent élever a l’abside militent pour les combles des collatéraux.

2^ Cette balustrade a existé. Nous croyons pouvoir apporter en preuve les bases des colonnes, les nervures des meneaux conservées sur le premier étage des contreforts de la tour des cloches. — Le chéneau existe encore. Il traverse les contre-forts par une ouverture triangulaire de deux mètres de hauteur, et vient aboutir, en ce point, aux grandes gargouilles. Or, le glacis de cette corniche se termine par une enveloppe en plomb, disposée de telle sorte que l’on croit reconnaître un socle destiné à recevoir des colonnetles.

Dans l’incendie qui détruisit les grands combles, le

(î) L’exhaussenwut du sol dans celte dernière partie est évidente. A la porte latérale du côté de rarclievéché, on descend actuellement plusieurs marches pour pénétrer dans la cathédrale. Au portail principal, on montait autrefois cinq marches : aujourd’hui, il n’y a plus que trois degrés.

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