CBANDS COMBLES
La forme générale des grands combles de Notre-Dame représente un angle aigu s’Iiarmonisanl avec ce que figure la toiture au-dcliors. Chacune des extrémités de ces combles produit des frontons pyramidaux dissimulés par un mur enrichi de sujets en pierre.
Les grands combles, depuis le portail jusqu’au chevet, sont couverts fie feuilles de plomb. Les tours des transsepts, seules, sont couvertes en ardoise.
Ce qui frappe le plus en pénétrant dans les vastes combles de Notre-Dame de Reims, c’est la quantité de bois qu’elle renferme, et la manière dont toutes les pièces s’enchevêtrent en de mutuelles étreintes.
Cette charpente révèle tout le talent des architectes chrétiens, et prouve qu’ils apportaient , dans cette partie peu appréciée du vulgaire , le même soin que dans l’extérieur du monument. Sans doute, celle que nous admirons aujourd’hui n’est pas primitive ; l’historique de ses différentes réparations nous l’a démontré. Telle qu’elle est cependant, elle mérite d’être étudiée.
Suivons M. Viollet-le-Duc dans ce qu’il a dit sur ce sujet :
« A cette époque ( XV^ siècle) , l’art de la charpente » était arrivé à son apogée : l’esprit des constructeurs ï) s’était particulièrement appliqué à perfectionner cette » branche de l’architecture , et ils étaient arrivés à pro- » duire des œuvres remarquables au double point de D vue de la combinaison et de l’exécution.
» Le bois se prêtait mieux que toute autre matière aux I » conceptions architectoniques du XV® siècle, et on l’em- » ployait à profusion dans les constructions civiles et
» religieuses. 11 ne faut pas s’étonner si, à cette époquo,
» les charpentiers en étaient arrivés à un degré d’habiï) lelé supérieure.
» Les fermes sont taillées sur un triangle qui n’a pas » moins de 14"^ 40^ de base sur 15"^ 50^ de hauteur, du » sommet à la base; les arbalétriers et les chevrons ont » 17 mètres. La coupe longitudinale est faite dans Taxe » sur le poinçon; la coupe transversale est faite entre M deux fermes. La partie inférieure des chevrons est » appuyée sur de'ux cours de pannes, portées par une T> contre-flèche posée sur l’arbalétrier, et venant s’assem- » hier dans l’entrait et à la tête d’un poteau. Ce poteau » est suspendu par les sous-arbalélriers-moises, et susj> pend lui-même un entrait au moyen de deux moises » pendantes, et des clefs de bois. Il reçoit à son sommet D deux entre-toises qui arrêtent le déversement de la D partie intermédiaire de la charpente, au moyen de liens O et de croix de Saint-André. Dans la partie supérieure, le û fléchissement des chevrons est seulement arrêté par des » jamhettes et des entrails retroussés.
» Quant aux arbalétriers des fermes, iis sont rendus » rigides par deux entraits retroussés, des jambeltes et » des esseliers. Un sous-faîte, assemblé à la tête des grands » poinçons, règle, en leur servant d’appui, les bouts supé- II rieurs des chevrons assemblés à mi-bois. Un second » sous-faîte et des croix de Saint-André maintiennent le » sommet des fermes dans leur plan vertical. Les grands M poinçons suspendent les entraits au milieu de leur portée,
» au moyen de longues moises pendantes, serrées par plu- V sieurs clefs de bois.
I) On ne voit, dans cette charpente, aucune ferrure ;
D elle est (eu égard à sa grande dimension) fort légère, et D les bois employés sont d’une qualité supérieure, par- » faitement équarris et assemblés.
» Toute sa force consiste dans ses sous- arbalétriers- '