PORTAILS DE NOTRE-DAME
Le portail a toujours été un objet de prédilection pour ies constructeurs du Moyen-Age. C’est là qu’ils donnaient un libre essor à leur génie et à leur talent. Cette partie du monument, assombrie à sa base par les noirs enfoncements de ses trois grands portiques, devient de plus en plus légère à mesure qu’elle s’éloigne du sol; sa masse se divise en ouvertures multipliées , et laisse jaillir les clochers, les flèches, comme autant d’aspirations vers la céleste patrie. Si une cathédrale, prise dans son ensemble, est un poème magnifique, le portail en est encore la page la plus belle. C’est là que l’artiste^ prenant l’humanité à son berceau, la mène à travers une longue suite de prophètes, de rois, de saints, de martyrs, jusqu’au dernier jour, jusqu’à cet instant solennel qui sera la joie des élus ou le désespoir des réprouvés.
Pour procéder avec ordre dans cette étude, la plus intéressante de la cathédrale, nous irons de portail en portail, en suivant la date de la construction. Elle est, d’ailleurs, en parfaite harmonie avec l’ordre des mystères figurés sur la pierre. Ainsi, du portail nord (côté de l’ancien cloître), nous nous dirigerons vers le portail sud (côté de l’archevêché); puis nous nous arrêterons au portail principal. iVu sommet du premier , nous verrons Marie consentant à devenir la mère de Dieu ; le fronton du second nous présentera Marie s’élevant vers le ciel; et au portail principal, nous serons témoins de la gloire de la mère de Dieu, couronnée dans le ciel par son divin fils.