VUE D’ENSEMBLE ET PROPORTIONS DE L’INTÉRIEUR
Il y a deux sortes de beauté : le beau de la variété et le beau de limité.
La basilique de Saint-Remi , à Reims , présente la première espèce de beauté. C’est un édifice où chaque époque apporta son génie, où chaque artiste épuisa ses conceptions : le plein-cintre y soutient Fogive , le gothique s’unit au style roman , le rayonnant se mêle à l’architecture flamboyante. La Renaissance elle-même est venue payer son tribut : elle décora le tombeau de l’apôtre des Francs, elle entoura le chœur d’une riche clôture de marbre. Nous ne pouvons blâmer les moines de saint Benoît, qui, à des dates éloignées, suivirent le goût particulier de leur époque ; ils surent fondre, en quelque sorte, tous les styles, et harmoniser l’œuvre des siècles successifs.
Mais à cette variété qui , dans un même édifice , présente les différents genres d’architecture, nous préférons le beau de Vunité, Nous aimons ces architectes inclinant leur génie sons le génie du maître, profilant leurs coupes sur une épure invariable, produisant, au XV® siècle, des œuvres que l’on croirait exécutées au XIIR, ajoutant seulement dans la statuaire la perfection qu’apporte une connaissance plus exacte des proportions.
Notre-Dame de Reims, à cause de cette parfaite régularité, qui en fait le véritable type de l’architecture religieuse du XIIR siècle (1) , est, à nos yeux , supérieure à toutes les autres cathédrales , à ces édifices qui ne sont pas sortis
,(1) M. Viollet-le-Düc.
PROPORTIONS DE l’iNTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE. 223
d’une pensée unique, à ces créations multiples et originales, à ces œuvres complexes dont nous admirons volontiers les beautés, mais dont, souvent, la science archéologique ne peut se rendre compte à elle-même, faute des renseignements que l’histoire seule pourrait lui fournir.
Nous l’avons dit , l’édifice élevé en l’honneur du Dieu unique dans son essence, présente partout l’image de la Trinité, et rappelle le dogme des trois personnes divines. Nous avons distingué dans la largeur trois parties : une nef centrale et deux has-côtés : dans la longueur, trois parties : la nef , le transsept et une abside d’une étendue beaucoup moindre que la nef ; dans la hauteur, nous avons reconnu trois étages distincts. Reprenons en détail l’élude de ces parties et de leurs proportions.
lo Longueur. — Dans sa longueur, la nef de Notre-Dame de Reims compte huit travées égales, suivies d’une plus large commençant le transsept, et précédées d’pne dixiéme plus large, soutenant les tours du portail principal. Les architectes du Moyen-Age prenaient comme mesure de la travée la moitié de la largeur de la nef principale ; ils avaient ainsi dans deux travées un carré parfait (1). Cette disposition n’est point fidèlement observée dans notro^ cathédrale. Chaque travée n’a que 65® de longueur, ce qui n’est pas la demi-largeur de la nef principale, mais à peu près la largeur des nefs latérales.
De chaque côté se prolonge parallèlement une nef plus étroite. Au XIll® siècle, nous n’avons pas encore ces chapelles qui, plus tard, s’enfoncèrent entre les contreforts, pour donner à l’édifice une plus grande largeur.
Le 'transsept suit immédiatement, et ne compte qu’une
(î) M. Rf.imbeau, Mémoire sur le projet de Notre-Dame de la Treille, à TAUe.
^2iA DESCUIPTION DE L.\ CATIlÉUilALE DE REIMS.
gronde travée de la largeur de la nef centrale, c’est-à-dire égalant deux des travées précédentes.
Aussitôt commence l’abside, avec ses cinq travées. Elles vont en se rétrécissant jusqu’à celle (jui ferme celte partie de l’église.
Enfin, s’ouvre la chapelle du fond, séparée de l’abside par la basse-nef. Sa profondeur égale la largeur de lu nef centrale.
Ainsi, depuis le fond de la chapelle absi<lale jusrju’à l’autel placé au transsepl , nous avons en longueur sept travées, ou trois fois et demie la largeur de la grande nef : le transsepl vaut deux travées ; celle qui précède le transsept et la dernière prés du j)orlail , réunies, en valent trois : ce qui donne, dans la longueur , vingt travées environ.
Celte étendue de notre édifice est contraire à la règle suivie le plus ordinairement dans les monuments religieux du Moyeu-Age. Les architectes prenaient pour longueur sept à huit fois la largeur de la nef principale. Si l’on eût suivi les proportions habituelles , Notre-Dame , une des plus étroites parmi les cathédrales, n’aurait eu que quatrevingt-dix-huit mètres au plus de longueur ; au lieu de vingt travées, elle eut été réduite à quatorze ou seize.
Cet allongement de l’édifice est-il entré dans le [)lan primitif? La disposition intérieure de notre cathédrale remonte-t-elle au commencement du Xllle siècle?
Celle question importante a été traitée par M. l’abbé Tourneur, à la XXID session du Congres archéologique, tenue récemment à Reims (1861). Nous croyons ne pouvoir mieux faire (juc de suivre le savant archiprêlre de Sedan dans la plupart de ses déductions archéologiques.
Avec lui nous dirons que les trois dernières travées de la
PKÜPOI'.TIUNS DE l/lNTÊlUELIl.
lier el celle du portail sont postérieures au reste de l’édifice; puis nous cliercherons à préciser l’époque de leur construction. Nous examinerons ensuite si elles constituent une modification au plan du premier architecte, ou bien si cet allongement avait été résolu par les Libergier et les Robert de Coucy, et quelles raisons les ont déterminés à sortir des régies habituelles.
I. (L Les trois dernières travées de la nef el celle du ï portail sont certainement posléi ieures à la masse totale 1) de l’édifice.
II est bien vrai que rarcbilecle qui les a construites » s’est scrupuleusement attaché à suivre les grandes lignes » précédemment adoptées ; il a cependant laissé en mille » endroits son cachet particulier, facile à reconnaître pour D peu qu’on l’étudie avec attention :
» 1o La ligne de raccord entre l’ancien el le nouveau est ji parfaitement visible et se suit depuis le pavé jusque dans U les voûtes;
^> 2*’ L’appareil n’est pas le même ; les pierres de la » partie moderne sont d’un échantillon plus considérable » el d’une qualité fort inférieure;
» 3® Les moulures, les ornements, les chapiteaux, les X) feuillages différent essentiellement ; la scotie (1) profonde }> du Xlll® siècle, qui règne dans toute l’église, à tous les » étages, n’existe plus ici : une moulure pleine l’a rempla- )i cée ; les fleurons des archivoltes (-) sont changés ; tous )) les chapiteaux sont d’un autre style beaucoup plus » feuillagé ;
» 4® Les colonnelles des piliers ne présentent plus ces » fûts d’une seule pierre posée à contre-sens du lit de car-
(1) Moulure concave qui fait le plus souvent partie de la base d’une colonne.
(2) Bande lar2;e qui fait saillie et suit le cintre d’une arcade.
» rière ; elles sont formées de tronçons superposés, fai- » sant partie de la muraille même, et placés selon leur n lit ;
» 5° Au chaînage de bois, scié après la construction, on » a substitué des crochets en fer;
» 00 L’appareil des gros piliers de la nef a changé. i) Dans toute la cathédrale, les piliers sont posés fort ingé- M nieusement , d’après le modèle tracé par Villart de » Honnecourt, vers 1225, de manière à ne laisser aperce* » voir aucun joint vertical entre les divers morceaux » composant chaque assise de la colonne ; c’est le contraire » dans la partie nouvelle.
» 7o Le triforium est partout aveugle, il est éclairé » au portail. »
Ces trois travées sont donc postérieures au XIII® siècle. Le fait ne peut être révoqué en doute, et M. Violletle-Duc le constate en cinq ou six endroits de son Dictionnaire d'architecture.
Mais cette addition est-elle une modification au plan primitif? M. Tourneur s’est prononcé pour raffirmative dans le mémoire déjà cité.
« La raison on est dans la disproportion des différentes î parties de la cathédrale. Il est certain que les édifices D gothiques étaient assujettis à certaines combinaisons qui » réglaient d’une manière précise les rapports de longueur, » de largeur et de hauteur. Ces rapports ne sont pas ré- » guliers à la cathédrale de Reims. Elle est beaucoup trop » longue pour sa hauteur et sa largeur. Tous ceux qui la » voient pour la première fois en sont frappés ...
» Le transsept est incomparablement plus rapproché de » l’abside que dans aucun autre édifice de la même époque. » Il y a entre les deux cathédrales de Reims et d’Amiens » d’innombrables analogies , car Amiens, commencé dix î> ans après Reims, s’en est visiblement inspiré. Or, un
PROPORTIONS DE l’iNTÉRIEUR.
») simple couf) d’œil sur les plans dcsrdeux basiliques » montre de la manière la plus évidente que le transsept )> de Reims n’est pas à sa place , et qu’il est beaucoup » trop reculé vers l’abside.
)j II l’est précisément de la largeur des trois travées « ajoutées à la fin du XlIR siècle. Supprimons-les sur le O plan, et Reims rentre dans les proportions d’Amiens et )) dans les proportions de toutes les églises de la môme D époque.
J) Pour laisser, autant que possible, à la nef ses pro-, y> portions j)rimitives, on répartit sur l’ensemble de la w cathédrale rallongement qu’elle subissait par le bas.
O Alors on prend les trois premières travées du haut de » la nef pour en faire le chœur, on diminue vers le haut )) précisément ce que l’on a surajouté vers le bas, et l’œil » est satisfait autant qu’il peut l’etre. »
A cette argumentation , nous opposerons une petite difficulté, à laquelle nous serions heureux de trouver une réponse. La cathédrale de Reims, dit-on, devait, dans les plans primitifs, se terminer à l’endroil où commencent les trois nouvelles travées. — Mais où donc aurait été le portail? Le quatrième pilier de la nef (celui qui précède ceux qui ont été élevés postérieurement) n’est point destiné à recevoir la tour du portail. Il ressemble entièrement aux autres piliers de la nef. Il n’a point une force suffisante pour supporter un poids semblable. — Les contre-forts qui, au dehors, doivent contrebalancer la poussée d’une semblable masse de pierre , ne présentent aucune différence avec les autres contre-forts : preuve évidente que ce pilier ne devait point être le dernier de l’édifice, et que l’on ne devait point s’arrêter à la septième travée à partir du transsept. Il fallait, de toute nécessité, le faire suivre d’une colonne plus forte, sur laquelle viendraient s’appuyer deux arcades, l’une partant du pilier précédemment construit, l’autre allant buter
contre le portail à élever : ce qui donnait nécessairement à la nef de Notre-Dame deux travées que n’ont point les autres édifices de la même époque.
Mais, une fois admis que notre cathédrale, d'après le plan de son premier architecle^ sort des proportions ordinaires, que sur quatre travées ajoutées, deux n’ont pas été élevées contrairement au dessin primitif, pourquoi ne pas tirer la même conclusion pour les deux autres? Pourquoi établir une différence que rien ne motiverait, que l’histoire ne mentionne aucunement?
Nous préférons conclure : Les quatre dernières travées ont été élevées postérieurement à l’ensemble du monument; mais, quoique différant, en certains détails , de l’œuvre duXIIIe siècle, quoique portant le cachet du XIV®, elles rentrent dans le plan primitif, et Robert de Coucy ou Liberg'ier a pu donner à Notre-Dame de Reims des proportions exceptionnelles, une longueur plus grande que ne la comportent les règles de l’architecture (1).
Quel puissant motif a déterminé nos grands architectes à sortir des voies ordinaires?
Notre-Dame de Reims , avons-nous dit dans notre premier volume, est, avant tout, la cathédrale des sacres. C’est son privilège exclusif, sa gloire, et peu de temps avant Albéric de Humbert, le droit de notre église venait d’être confirmé solennellement par la sanction royale. L’architecte devait donc tenir compte de cette destination spéciale i du monument qu’il allait élever. Mais, pour le déploiement |
(1) Nous devons ajouter que les règles architecturales, au Moyen Age, ne ressemblent point aux lois tracées par les Grecs et les Romains. Dans les ordres d’architecture de l’antiquité, les proportions étaient invariables; le diamètre d’une colonne donné, on pouvait déduire mathématiquement la hauteur de ses diverses parties. Au Mox'en-Age, les lois n’étaient point inflexibles ; elles se jiliaient aux exigences locales, aux rirconslances particulières, à la destination spéciale de l’éditice.
PROPOimONS DE l’intérieur.
les splemlides cérémonies d’un sacre, pour ce cortège nombreux qui accompagne le prince , pour le concours immense de ce peuple qui vient acclamer son roi, il faut un édifice aux vastes proportions. Notre-Dame de Reims ne peut y suffire par le peu de largeur de son vaisseau : le transsept, rehaussé d’estrades, sera réservé pourles princes, les seigneurs, les dignitaires, les invités ; la nef recevra les flots pressés de ce peuple avide de contempler des spectacles aussi grandioses ; et Robert de Goucy, pour donner à cette portion de l’assistance la place dont elle a besoin , viole les règles ordinaires, il allonge l’édifice.
Ce n’est pas là une conjecture sans fondement. Dans les grandes cérémonies dont nous avons été témoins tn ces d(irniéres années , dans les quatre sacres épiscopaux qu’il nnus a été donné de revoir, et surtout dans le sacre de Charles X, dont le souvenir est encore présent, l’expérience a constaté que Notre-Dame de Reims, avec ses quatre travées additionnelles , est encore insuffisante pour la multitude qui se presse aux abords de l’enceinte sacrée.
Cette étendue est, nous le voulons bien, une transgression des règles; mais^ à côté des règles, il y a les exceptions, et la cathédrale des sacres, par sa (festination même, motive une exception qui n’a rien de disgracieux , rien de choquant, une exception ijui s’harmonise même avec le goût de l’époque, avec l’architecture hardie,, élancée du XlRe siècle.
A quelle époque fut faite celle élévation des quatre dernières travées?
Nous ne pouvons rien préciser : les documents nous manquent. Nous avons dit, en parlant du labjrinthe (1), que les quatre personnages figurés sur ces dalles, travaillèrent au portail, aux voussures, à la grande rose, à la
(I ) Toino l-'f, p. 79.
i:2rjO DESCRIPTION DE LA CATHÉDRALE DE REIMS.
coiffe de l’église, et que i’im d’entre eux, Bernard de Soissons, fit cinq voûtes. Que devons-nous entendre par ces cinq voûtes, œuvre de Bernard de Soissons, par cette coiffe commencée par Jean d’Orbais? Ne seraient-ce pas les quatre travées élevées en même temps que le portail, et la voûte de la cinquième travée, peut-être endommagée et refaite à la même époque? La toiture qui couvre ces nouvelles travées n'est-elie pas cette coiffe commencée par Jean d’Orbais? Les architectes du XIV^ siècle ne suivaient point une autre marche que nos modernes architectes. Aujourd’hui, on couvre une église avant de construire les voûtes : celles-ci se font en même temps que les contreforts qui contrebalancent leur poussée. Or , les contre forts du portail datent de la fin du XIV® siècle (en 1381, élévation du premier étage de la tour méridionale; en 1391, construction de la galerie des Rois); les voûtes appartiennent donc à la même époque. Ainsi les travées nous paraissent élevées sous le pontificat de Jehan de Craon, vers 1372, peu après le sacre de Charles V (1).
Ces nouvelles constructions , celte addition de quatre travées amenèrent des modifications dans la disposition intérieure de Notre Dame. Si l’abside et le chœur restaient bornés à l’espace qui suit le transsept, nous aurions une grande disproporlion dans les diverses parties de l’édifice, une nef immense qui occuperait seule près des deux tiers du monument. Le Chapitre y pourvoit ; et, comme le disait le savant auteur du mémoire que nous citons, on répartit sur l’ensemble l’allongement qui a lieu vers le portail ; le chœur est rapproché de trois travées. Ainsi agrandi, il servira aux cérémonies des sacres : habi-
(l) A cette époque, les archives meatioiiuent une demande de secours et des aumônes pour réparer Notre-Dame, brûlée précédemment. En 1380, Charles V fait à l’église de Reims donation de plusieurs domaines.
(Tome El p. 45.)
PUOPOKTIOINS DE l’iNTÉKIÉUR.
luellcmenl, il deviendra le preshylerium (1) ; le clergé quitte l’abside pour se placer devant l’autel (*2) , et celui-ci reste à l’endroit qu’il a toujours occupé; l’arrièrechœur n’a plus de destination spéciale, mais, aux sacres, il deviendra une vaste sacristie, au-dessus de laquelle se placera un orchestre de cinq cents musiciens.
Celte disposition exceptionnelle des diverses parties de Notre-Dame de Reims a été plus d’une fois l’objet de crifi(jucs (jui, au premier abord, paraissent bien fondées. Récemment encore, la question du déplacement de l’autel a été examinée, au point de vue archéologique, par le Congrès tenu à Reims. Le rapport de M. l’abbé Tourneur a reçu l’approbation unanime des membres de l’assemblée, et nous avons lieu d’espérer aujourd’hui que celte disposition séculaire sera maintenue ; que le XIX« siècle, époque de restaurations historiques, archéologiques et liturgiques, ne détruira point ce que nos pères ont disposé avec tant de sagesse, ce que demande toute l’histoire de Notre-Dame, ce (jue réclame le respect dû aux cendres des vénérables pontifes inhumés dans le chœur actuel, ce qu’a respecté le XVIlIe siècle lui-même , ce siècle de destruction et de vandalisme (3).
2® Largeur intérieure de U édifice. — La nef principale a de largeur 23® entre les piliers, et 14'" 65^ d’un axe à l’autre.
(1) Tome 1“ , p. 121.
(2) En 1390, l’archevêque Ferrie Cassinel laisse une somme pour faire une clôture de pierre au chœur. (A cette époque, il y eut donc une modification dans l’intérieur de Notre-Dame.) — En 1400, les stalles étaient déjà rapportées en deçà de l’autel. — En 1417, construction du jubé.
(Tome K p. 82, 88, 91.)
(3) Nous donnerons aux pièces justificatives les raisons sur lesquelles s’est appuyé l’auteur du mémoire adopté par le Congrès.
De chaque côté se prolonge parallèlement une nef plus élroite (5"^ 53^ entre les piliers, 7™ 74^ entre les axes). Notre-Dame n’a point de chapelles le long des bas-côtés. La largeur totale de ces trois nefs est de 30"^ 13«, ce qui donne aux bas-côtés à peu près la moitié de la grande nef.
Le transsept suit immédiatement et mesure 45^, depuis la façade septentrionale jusqu’à celle du sud. Cette largeiir est divisée en cinq travées. Celle du milieu est pareille à celles de la nef principale ; les deux autres se prolongent autour de l’abside; les deux plus éloignées sont occupées par les chapelles, qui se développent en suivant les contours du chevet.
3o Dans sa hauteur, la cathédrale présente une régularité analogue à celle (jue déjà nous avons constatée à l’extérieur.
D’abord, les travées, qui ouvrent sur les basses-nefs. Au-dessus, régne une galerie ou triforium, formant une élégante ceinture qui occupe le milieu de la basilique. Knfin, comme troisième étage, s’élancent de grandes fenêtres géminées, surmontées d’une rose à six lobes.
Les travées sont séparées entre elles par des faisceaux de colonneltes qui s’élèvent jusqu’aux voûtes et en supportent les nervures.
Les extrémités des transsepts et le portail ont des dispositions particulières, qu’il est inutile de rappeler ici ; elles ont été indiquées en décrivant l’extérieur.
Les bas-côtés sont formés, d’une part, par les piliers de la nef principale, et de l’autre, par un mur surmonté d’une galerie, sur laquelle prennent naissance de grandes fenêtres géminées, semblables à celles du haut, et séparées par un pilier engagé dans le mur. Ces bas-côtés ont de hauteur IG'" 75^, c’est-à-dire un peu moins de la moitié de la haul(.‘ur totale, qui est de 37‘» 95^
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