‹ Histoire et description de ProvinsChapitre 1 sur 66 · ME*IC4L · texte numérisé non relu

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Notice sur M. OPOIX. (1)

Christophe Opoix naquit à Provins (Seine-et-Marne) le 28 février 1 745. Fils d’un maître apothicaire auquel il devait succéder, il fit connaître, dès ses plus jeunes années, les dispositions dont la nature l’avait favorisé pour la profession à laquelle l’appelaient son goût et les vœux de ses parents. M.Opoixfitdesétudesbrillantes,souslesOratoriens,au collège de sa ville natale : il alla ensuite à Paris puiser les connaissances nécessaires pour exercer son art au gré de sa louable ambition. Un esprit aussi avide de savoir que l’était M. Opoix devait embrasser tous les genres d’études et toutes les ressources intellectuelles que renferme la capitale. Le peu de liberté que lui laissaient ses travaux sérieux était'consacré à la culture des lettres; c’est de là qu’est venu ce sentiment littéraire et artistique qui distingue ses nombreux ouvrages.

A vingt-quatre ans, de retour dans sa famille, il occupa ses premiers instants à une production qui avait pour obj^et la ville qui l’avait vu naître : il publia i*analijse des Eaux Mi^ nérales de Provins. Cet ouvrage valut à M. Opoix l’approbation publique de M. Lassone, censeur royal et premier

(1) Nous avons fait quelques emprunts pour la rédaction de cette notice à la notice nécrologique sur M. Opoix, lue à la séance publique de l’Athénée des Arts de Paris, le dimanche 9 mai I84I , par M. Ramon, son compatriote.

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médecin de Louis XV. (1) Une approbation plus flatteuse encore, au point de vue de la science, fut celle du célèbre Macquer, le premier chimiste de cette époque. De telles sympathies redoublèrent l’ardeur du jeune savant pour ses études favorites, appelèrent sur lui l’attention de ses compatriotes et fixèrent sa position dans la société. Une famille de Provins, opulente et fort estimée, fut heureuse de s’allier à un jeune chimiste qui fesait concevoir de si belles espérances.

En 1773, le conseil municipal, voulant récompenser de son zèle et de ses utiles travaux un jeune concitoyen qui se montrait si jaloux d’honorer son pays, l’exempta des charges qu’imposaient le logement des gens de guerre et les fournitures aux casernes. Nons verrons que cette manifestation publique ne fut pas la seule dontM. Opoix ait été honoré.

L’union que M. Opoix avait contractée lui donna deux enfants ; mais la chaîne heureuse qu’il bénissait tous les jours fut trop tôt rompue pour son bonheur : le 15 décembre 1784, il perdit une compagne aussi chérie qu’aimable.

M. Opoix, depuis son mariage, n^avait pas cessé de s’occuper des études pour lesquelles il avait montré les plus heureuses dispositions. Aussi quand une perte prématurée vint

(1) Voici cette approbation dont nous avons le manuscrit sous les yeux :

J’ai lu, par ordre de Monseigneur le chancelier, un manuscrit qui a pour titre : Analyse des Eaux Minérales de Pro^nns^ etc.

Cette analyse, faite 'avec une précision et une sagacité qui décèlent un chimiste bien exercé aux expériences fines et variées qu’exigent ces recherches délicates, est très-digne d’être connue et publiée.

A Paris, 27 nov. 1769.

LASSONE.

SUR M. OPOl\.

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ie frapper dans ce qu’il avait de plus cher, il trouva dans ses travaux un refuge et une consolation.

Il avait, en 1778, produit une Réfutation de l’ouvrage intitulé Analyse des Eaux Minérales de Provins ^ analyse que le docteur Raulin avait faite par ordre du roi. En septembre 1780, il'avait fait paraître dans le Journal de Médecine des Observations sur quelques préparations de fer, particulièrement sur l'œlhiops martial. Il donna ensuite au public, en deux volumes, la Minéralogie de Provins et de ses environs, ouvrage qu’il dédia à ses concitoyens par une préface bien digne de celui qui professa jusqu’à sa dernière heure l’amour le plus sincère et le plus prononcé pour le lieu où il avait reçu le jour. Cette production, honorablement citée par M. de Lacépède (1) dans son édition de Buffon, fut suivie bientôt du Ti'aité des Eaux Minérales de Provins, dédié aussi par l’auteur à ses compatriotes.

Vint ensùite un ouvrage d’un genre nouveau et particulier, ayant pour titre : Théorie des Couleurs et des Corps inflammables ; et de leurs principes constituants : laLu-

(1) Voici ce qiCon lit dans les œuvres complètes de Buffon, par M. le comte de Lacépède, t. 25, p. 395 et 397.

Depuis 1788, époque de la mort de Bflffon, les progrès delà minéralogie ont été des plus remarquables. Un grand nombre de savants et plusieurs naturalistes ou chimistes du premier ordre en ont fait l’objet de leurs recherches. Pourquoi la nature de ce discours m’empéche-t-elle de les citer tous? MM . le cheva¬

lier Cuvier et Brongniard, ces célèbres auteurs de la minéraiosrie si curieuse des environs de Paris ;

Opoix, qui .s’est occupé des minéraux des environs de Provins;

Walter Stesphens, qui a publié la minéralogie des contrées voisines de Dublin ;

Etc., etc., etc.

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miève et le Feu. Cette théorie, basée sur les faits et sur les découvertes modernes, fit une grande impression sur les personnes susceptibles de se livrer à l’étude de cette matière; mais, éloigné de la capitale, exempt d’ambition, n’ayant d’autres recommandations que des connaissances acquises à force de travail et de veilles, M* Opoix manquait des éléments nécessaires pour faire opérer, disait-il avec conviction, une révolution en chimie. Il dut donc laisser au temps le soin de justifier la vérité de sa théorie.

L’honorable citoyen de Provins comptait au commencement de la révolution parmi les hommes les plus éminents : les élections devaient naturellement s’emparer de lui et l’envoyer dans une de ces assemblées où tant de célébrités figurèrent au milieu des orages. Son tour arriva Jors des élections de 1792 : il fut appelé à siéger à la Convention. A ce moment, la réaction contre les idées monarchiques devenait de jour en jour plus violente. Dès sa première séance, la Convention, sur la proposition de Collot-d’Herbois, avait proclamé la république. Environnée d’ennemis à l’intérieur, menacée par les armées étrangères, elle dut employer, pour sauver la France, les moyens les plus énergiques. De puissantes sympathies soutenaient l’esprit et le courage de cette assemblée : l’opinion publique l’influençait souverainement. Le jugement de Louis XVÎ était demandé à grands cris^ et ce jugement était inévitable après l’abolition de la royauté. On avait un roi dont on ne savait que faire, qui ne pouvait trouver place dans la nouvelle constitution politique, et les armées étrangères agissaient pour le rétablissement de ce roi. Alors la Convention se divisa en deux grandes scissions; les uns voulaient la mort de Louis XVI pour lancer irrévocablement le char de la révolution ; les autres plus doux, plus

SUR M. OPOIX.

cléments etnoii moins bons citoyens, embrassaient les principes révolutionnaires en repoussant la cruauté, Teffusion du sang. M. Opoix fut du nombre de ces derniers.

Des esprits irréfléchis ont censuré vivement cette minorité de la Convention qui, tout en votant une peine moindre que la mort, avaient néanmoins déclaré que Louis Capet était coupable. Pourquoi cette déclaration de culpabilité, disent-ils? N’est-ce pas elle qui entraîna la peine de mort? — Ceux qui raisonnent ainsi ne font pas attention qu’ils raisonnent après l’évènement : ils ne voient pas que le seul moyen de sauver la vie du malheureux roi était de le condamner à la prison. Car ne pas déclarer Louis XVI coupable, n’était-ce pas le livrer à l’assassinat? N’était-ce pas vouloir que le peuple courroucé renversât la prison du Temple, comme il avait détruit la Bastille? Et la preuve que ceux qui avaient voulu sauver le roi, quoiqu’ils l’eussent déclaré coupable, avaient des inten¬

tions fermes et signilicatives, c’est qu’après le vote de la peine de mort, on voulut tenter un sursis à l’exécution; c’est que, avant la prononciation de la peine, un grand nombre de membres, et M. Opoix élait parmi eux, répondirent, sur la question de savoir : « Si le jugement de Louis XVI serait soumis â la ratification du peuple réuni en assemblées primaires. » — Oui s’il est condamné à mort et non s’il ne l’est j)as. — Il est bien évident que si le roi n’était pas condamné à mort, il ne fallait pas exposer la Convention à être démentie par le peuple dont l’opinion était profondément irritée, et qui n’aurait sansdoute pas manqué de trouver le jugement trop doux. D’un autre C(Mé, il était habile, dans le cas d’une condamnation à mort, de tenter les chances de sauver leroi, en faisant rentrer la conscience publique en elle-même.

M. Opoix s’honora toujours d’avoir appartenu à cette mi-

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norité qui fit de si généreux efï’orls. La modération de ce digne citoyen était connue même de ceux qui l’ayait choisi pour les représenter à la Convention : les électeurs voulurent imposer à M. Opoix l’obligation de jurer qu’il voterait la mort de Louis XVI. L’honorable citoyen refusa courageusement et dit ces belles paroles : « C'est une monstruosité «( qu'un juge s'engage par serment ci condamner à « mort celui qu'il est appelé à juger ! i> Si le courage consiste adiré la vérité dans les temps difficiles, ce trait mérite d’être conservé parmi ceuxdes grands personnagesdel’antiquité.

M. Opoix était franchement patriote : il aimait la clémence ; mais il aimait encore plus son pays ; et s’il ne vota pas la mort de Louis XVI, il n’en fut pas moins chaleureux pour embrasser les idées démocratiques de la Convention. Il proposa une fête à la pudeur pour les fêtes décadaires. Dans cette proposition, imprimée par ordre de la Convention nationale, respirent les sentiments les plus généreux et les plus purs : on voit que M. Opoix croyait sincèrement à la réforme de nos mœurs sociales. Si l’évènement a trompé son attente, on ne lui reprochera pas sans doute, d’avoir trop bien auguré de Fespèce humaine. Toujours ardent pour ce qui pouvait être utile à son pays, et à une époque où la France menacée cherchait partout des moyens extraordinaires de résistance, M. Opoix adressa au Comité de Salut Public un mémoire sur les 3Ioyens de se procurer une énorme quan» tité de sel fixe ou salin pour la fabrication du salpêtre. S’apercevait-il que le Comité d’instruction Publique avait oublié la religion dans son plan d’éducation, il lui écrivait avec indépendance: « Citoyens législateurs, je vois avec peine « que^ dans le projet que le Comité d’instruction Publique « vous a présenté pour rétablissement des écoles primaires.

SUR M. OPOIX.

« il li’est nullement question de religion. Cependant Ja re- « ligion est toujours entrée dans les plans d’éducation que ^ nous ont laissés les peuples policés. Je dirais même que la « religion a fait dans tous les temps la base et la partie prince cipale de l’éducation. Pourquoi donc votre comité d’ins- « truction publique, dans son projet, ne parle-t-il absolu- « ment pas de religion, si ce n’est pour la renvoyer aux <r ministres des différents cultes? Si, comme le comité, vous (( traitez aussi légèrement un article aussi important, cette « insouciance de votre part donnera lieu de croire que vous « regardez la religion comme peu nécessaire dans un bon «T gouvernement et en cela vous ne donnez pas une bonne « opinion de vous comme individus ; et comme législateurs « vous péchez contre les principes et contre la saine politic( que. Vous tuez votre constitution à sa naissance et vous cr bâtissez sur le sable. y> M. Opoix esquisse ensuite à grands traits un plan qui renferme les principales idées religieuses et morales qu’on pourrait inspirer à la jeunesse.

L’honorable citoyen n’oublia pas sa ville natale pendant le cours de sa vie politique. Facile et bienfaisant pour tous, il ne négliga aucune occasion d’être utile à ceux qui s’adressèrent à lui. Dans une circonstance grave où il s’agissait de la tête, il servit puissamment la principale autorité de Provins qui s’était opposée à la direction des farines destinées à la capitale : pour un acte pareil la mairie de Versailles venait de monter sur l’échafaud!

Tels furent les actes par lesquels M. Opoix marqua sou passage dans les alfaires publiques (Ij.

(1 ) Croirait-on qu’il s’est trouvé quelqu’un qui, par une attaque imprudente , a failli abreuver d’amertume les derniers jours d’une existence si bien remplie? Heureusement IM. Opoix avait

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En 1818, M. Opoix publia V Ancien Provins, Cette dissertation révéla au monde savant et même à la plupart des Provinois, un système de fortifications qui offrait un grand

trouvé dans sa conscience et dans l’estime de ses concitoyens de quoi repousser des traits qui glissent sur la poitrine de l’honnête homme comme la flèche sur le rocher. On a dit dans une nouvelle histoire de Provins qu’il y avait eu contradiction dans la conduite de M. Opoix et on à relevé cette prétendue contradiction avec une rudesse inconvenante.

On a osé insinuer que M . Opoix n’était pas sincère lorsque, dans l’introduction de son traité des Eaux mmérales de Pro^iaSy publié en 1816, il avait blâmé l’exécution du roi. Pour ceux qui viennent de lire ce qui précède, la sincérité de M. Opoix ne peutêtre douteuse. En blâmant l’exécution de Louis XVI, l’honorable Provinois ne démentait pas sa conduite à la Convention ni ses hères paroles aux électeurs qui voulait la mort du roi.

Il n’y a qu’un homme ignorant des choses de la vie qui se décide sans examen à porter une lourde main sur une tête blanchie, sur un front revêtu de deux couronnes civiques. On fait aussi un crime à M. Opoix d’avoir dit, en 1793, dans une ode, en parlant du peuple français :

. ce superbe géant,

Puisse-t-il ne poser la foudre Qu’après avoir réduit en poudre Le trône du dernier tyran !

Et savez-vous quelle misérable conséquence on tire de ces mots? On suppose que celui qui a écrit le dernier vers était hostile à la personne de Louis XVI ! Nous l’avons déjà dit, M. Opoix aimait la clémence, mais bien plus son pays; il suivit les principes de la révolution et en blâma les excès; il ne voulait pas de trônes , c’est vrai ; est-ce à dire qu’il voulut des guillotines? De telles attaques ne méritent pas qu’on les relève ; nous demandons pardon aux mânes de M. Opoix d’avoir défendu sa mémoire : le coup partait d’un Provinois, et M. Opoix mit toujours un grand prix à l’estime de tous ses compatriotes.

s UK AI. OPOIX.

intérêt pour l’historien et l’archéologue. Ce travail fut accueilli avec faveur, et l’auteur, encouragé par d’honorables témoignages de sympathie, compléta son œuvre d’antiquaire en prouvant que V Agendicum dont parlent les Commentaires de César, n’était autre chose que la ville de Provins.

M. Opoix, par des rapprochements ingénieux tirés du texte même des Commentaires, jeta la plus vive clarté sur ce point d’histoire. Quelques savants revendiquèrent Agendicum au proht de Sens; la dispute s’anima, et l’on vit le savant de Provins toujours sur la brèche pour disputer la victoire à ses adversaires. II est évident que les données sur lesquelles on pouvait s’appuyer dans ce débat étaient renfermées dans les Commentaires même, et M. Opoix ne voulut pas d’autres armes que celles que lui fournissait l’écrivain romain. Les littérateurs latins reconnaissaient dans l’œuvre de César une grande élégance réunie à une parfaite netteté. M. Opoix justiha le jugement des contemporains de César; il prouva que tout, dans les Commentaires, était clair, compréhensible, logique pour un esprit droit et impartial. Tous les passages où ligure Agendicum, il les expliqua en faveur de Provins avecune dialectique irréprochable, facile et sans eiïorts. Cette |)roduction qui mérita à son auteur les plus éminentes sympathies j)laça M. Opoix bien haut dans l’opinion publique. 1/ Histoire et la Description de Provins, qui ne se fit pas longtemps attendre, mit le comble à la réputation du savant Provinois.

L’esprit métaphysique et délié que M. Opoix avait montré dans la discussion (V Agendicum, laissait assez soupçonner qu’il n’était pas étranger aux matières j)hilosophiques. IVl. Opoix mit au jour un ouvrage avant pour titre : U Ame dans la veille et dans le sommeil. Cette œuvre obtint les

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suiïrages de deux hommes célèbres dans le monde philosophique : MM. Laromiguère et Cousin.

M. Opoix fit paraître en 1818 une dissertation sur les Roses de Provins et un Méîiioire sur l'attraction considérée particulièrement dans l’homme moral. Ce mémoire remarquable par l’élégance du style et une foule d’observations intéressantes fut lu à la Société Royale et académique des sciences de Paris.

L’amour de sa ville natale était si vif dans M. Opoix, qu’il était toujours préoccupé d’elle. S’il fait deux comédies, le Siège de Provins par Henri IV et les Eaux Minérales, elles , ont pour objet Provins et la scène est dans cette ville. Tout ce qui appartenait à Provins excitait son intérêt et son attention : il chercha même à donner quelque célébrité aux deux modestes fleuves qui traversent la ville : la Voulzie et le Durteint.

11 fit deux almanachs de Provins, science et littérature, années 1780-1781. S’il ne les a pas continués les années suivantes c’est par ce que des désagréments causés par la malveillance l’en ont détourné.

M. Opoix a donné encore l’histoire de Jean Desmarest, né à Provins, avocat-général qui sauva Paris dans plusieurs émeutes. Il a répandu plusieurs écrits tendant à former une souscription pour élever, dans une place de la ville de Provins, un monument à la mémoire de Jean Desmarest ; il a même fait faire le dessin d’une belle colonne de laquelle serait sortie une fontaine. Le dessin de ce monument est resté à la ville , où il se trouve encore. Ce qui est résulté de ses démarches, de ses écrits et de ses dépenses, c’est que la rue où est né notre illustre concitoyen prendra le nom de Jean Desmarest. Sans lui ce résultat eût-il été obtenu?

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