COMÉDIE-Y AUDE VILLE
SCÈXE PREMiESlE.
LIN VAL [en habit de voyageur)^ jolivet.
LINVAL.
Ma foi, monsieur, votre maison nous est venue bien à propos. Il est heureux, après notre accident, d’avoir trouvé dans ce village un logis aussi commode que celui-ci et une personne aussi obligeante que vous.
JOLIVET
Monsieur, je me fais un plaisir d’étre utile, et je regarde comme un bonheur de pouvoir oflVir un asile et quelques secours à des personnes qui se trouvent dans une position aussi embarrassante que celle où vous vous trouvez.
LINVAL.
Mais, monsieur, nous allonsvouscauser beaucoup d’embarras...
quatre personnes.
JOLIVET
Point du tout : c’est ici une ci-devant maison seigneuriale ; elle a été vendue toute meublée, la personne qui l’a achetée my a établi comme concierge, vous pouvez disposer de tout, et attendre tranquillement que votre bei line soit raccommodée, et que vos dames soient en état de se remettre en route... mais à ce qu’il paiaît, vous avez couru de grands risques.
LmVAL.
C’est un miracle que nous nous en soyons tirés. Notre voitme d escendaitla montagne qui conduit ici. Les chevaux s ernporleni, les postillons n’en sont plus les maîtres; déjà la berline
quitté le pavé, et nous allions infailliblement être renversés sur le côté de la route à une profondeur de plus de quinze pieds. Aux cris perçants des deux dames qui sont avec nous, un jeune homme de ce pays, au hasard d’être précipité avec nous, se jette entre la voiture et le bord du chemin, et avec autant d’adresse que de courage parvient à ramener les chevaux sur la chaussée ; là nous ne pûmes éviter de verser; mais ce fut heureusement pour n’être que très légèrement blessés. Enfin , nous en avons été quittes pour la peur, et quelques dommages à notre voiture.