GUILLAUME
Et qui sait la guérir aussi , témoin, la jument de la mère Simonne. Voyez comme elle va bien sous l’homme. C’est un plaisir de la monter. Hé bien , il y a six semaines, elle était sur la litière, vous n’en auriez pas donné une piistole ; vraiment c est qu’on sait son métier : avec du jus de certaines plant('S , un homme instruit fait des miracles.
Air ; Le parfait amour en liqueur.
Chacun cherche de la pratique^
Et maréchal, et médecin ;
Nous apprenons à ce dessein,
Anatomie et botanique ;
En simples nous nous connaissons.
C’est avec eux que nous vivons.
OUDINET.
A la santé des simples.
CÉLICOUR.
Des campagnes et des villes.
MATHURIN
Monsieur Pabbé c’est vous qui l’avez voulu : ah ! vous ne vous en défendrez pas, c’est à votre tour.
C’est justice.
Air : Vivie le vin, vive l’amour.
Lorsque l'hymen surprend i’amour.
Qui vient de lui jouer un tour, •
S'en désespérer c’est folie.
Il est très commun dans la vie D’éprouver un pareil destin :
Cher Malhurin, c'est le verre à la main Qu'on s’en console et qu'on l'oublie.
DURASOIR.
Nous vous avons gardé pour la bonne bouche. Allons, sire Oudinet , quelqu’un des bons tours de votre jeunesse : mais point de gasconnade. Vous êtes du pays, partant un peu sujet à caution.
OUDINET, avec l’accent gascon.
Air : La nymphe mignonne.
J’étais clerc de notaire.
Je parle de longtemps.
Alors je n’avais guère Que dix-neuf à vingt ans.
On rit, on jase, on veut plaire,
Et l’on aime à vingt ans.
Alors je n’avais guère Que dix-neuf à vingt ans,
La femme du notaire Etait dans son printemps.
On rit, on jase etc., erc,
La femme du notaire Etait dans son printemps.
Moi je ne pus lui taire Mes tendres séntiments.
On rit, on jase, etc. etc.
Moi je ne pus lui taire Mes tendres sentiments;
Elle fut peu sévère A mes empressements.
On rit, on jase, etc. etc.
Elle fut peu sévère A mes empressements.
Dans les bras du mystère Que nous étions contents!
On rit, on jase, etc. etc.
Dans les bras du mystère, Que nous étions contents !
Mais le jaloux notaire Certain jour nous surprend.
On rit, on jase, etc.
Mais le jaloux notaire, Certain jour nous surprend.
Il me dit en colère Nirez-vous à présent?
On rit, on jase, etc. etc.
Il me dit en colère, Nîrez-vous à présent?
Je n’oserais le faire,
Lui dis-je un peu tremblant.
On rit, on jase, etc. etc.
Je ii’oserais le faire,
Lui dis-je un peu tremblant.
C’est par devant notaire Nier c’est impudent.
On rit, on jase, on veut plaire,
Et l'on aime à quinze ans.
CELICOÜR.
En voilà une bonne, sire Oudinet
DÜRASOIPx.
Croyez qu’il en a fait plus d’une de celte force-là.
CELlCOUR.
Messieurs, pendant que je vous tiens tous rassemblés , il faut que vous me donniez des renseignements sur ce jeune homme qui nous a sauvés dans la montagne. Quel est-il, que fait-il?
DURASOIR.
C’est Julien : il est le garde-moulin de naadame Nicole , la mère de la fiancée.
MATHURIN
Oui, mais j’espère qu’il ne le sera pas longtemps. Sitôt la noce, je compte bien lui donner son congé.
CELICOÜR.
Et pourquoi donc, c’est un gentil garçon, plein d’excellentes qualités.
MATHURIN
Et parsengué , monsieur l’abbé, c’est pour cela même. Ce garçon que vous trouvez si gentil, pourrait bien me rendre plus de services que je ne lui en demanderais. J’ai des raisons de le craindre.
DURASOIR, à Célicour.
C’est que Julien aime Agathe.
MATHURIN
Et qui pis est , c’est qu’il ne lui est pas indifférent ; nous savons ça. Il faut donc qu’il décampe, et le plus tôt sera le meilleur... tenez le voilà.
SGÈi\E QUATRIÈME.
Les acteurs precedents, JULIEN,
JULIEN
Messieurs, madame Nicole vient d^arriver avec sa fille. On m’envoie vous dire que vous passiez dans la chambre de madame Jolivet, où va se faire la lecture du contrat.
OUDINET.
Allons de suite nous y rendre. (On se lèçe de table.)
DURASOIR.
J’ai regret de quitter la place.
' CÉLICOUR.
Nous n’y perdrons rien, c’est pour y revenir.