‹ Histoire et description de ProvinsChapitre 36 sur 66 · SCÈNE ONZIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE ONZIÈME

CRI5ALE,ALGANDE.

CRIS-VLE.

Ma foi, monsieur Alcande, vous ne vous attendez pas à ce que je vais vous dire. Un nouveau concurrent vient de se présenter. Cela, sans doute, vous cause peu d’inquiétudes.

ALCANDE.

Pardonnez-moi, il ne faut jamais trop se flatter. Le portrait de mon neveu est connu ; tous ses rivaux se sont avoues vaincus. Venir après cela disputer le prix , c’est avoir beaucoup d’espoir de l’emporter sur lui.

CRISALE.

Le nouveau concurrent m’a demandé de lui permettre de placer dans les cheveux du portrait les fleurs que ma fille a présentement sur sa tête, c’est une satisfaction que j’ai cru devoir lui accorder, et il est dans mon atelier qui choisis ses couleurs.

ALCANDE.

Sans doute qu’il n’y avait pas lieu de se refuser à sa demande. Mais, monsieur, les juges... quels seront-ils?

CRISALE.

Le temps est tout près d’expirer, et je ne puis en rassembler. Je sens bien que je ne dois pas l’être seul, ôn pourrait me soupçonner de partialité et de m’entendre avec ce jeune homme.

ALCANDE.

Ah 1 Monsieur, l’on vous connaît trop bien .

CRISALE.

Pardonnez-moi, on présume déjà que Lisimon sera couronné,

et lorsqu on saura qu un jeune homme a attendu jusqu’au dernier moment pour se présenter, si je prononçais pour lui, l’eûtil mérité, je deviendrais suspect. C’est vous, monsieur, que je fais juge : votre sévère probité me répond que vous n’hésiterez pas a juger meme contre les interets de votre neveu , si vous croyez devoir le faire.

ALCANDE.

Monsieur, je suis extrêmement sensible à la haute opinion que vous avez de moi. Cette confiance rare, en m’honorant infiniment, ne me satisfait pas cependant, car je suis homme, à mérite égal ou dans un cas douteux, à pencher pour le rival de mon neveu .

GRISALE.

\ous serez juste, et c’est tout ce que je vous demande. Mais passons dans mon cabinet pour laisser le jeune artiste plus libre : Marton nous avertira quand il sera prêt.

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