‹ Histoire et description des manuscrits et des éditions originales des ouvrages de BossuetChapitre 11 sur 50 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

sterdam et qui contiennent le texte latin et la traduction de la Défense de la Déclaration de 1682; enfin, en 1753, le même abbé Leroy les a complétés par les « Œuvres Posthumes de Messire Jacques-Bénigne Bossuet » en trois autres volumes in-4". Les tomes xii, xiii, xiv, xviii, xix et xx sont des éditions originales ; les tomes xv, xvi etxvii sont composés de la traduction de la Défense, et les onze premiers, d'ouvrages de Bossuet précédemment publiés et que l'éditeur n'a pas toujours donnés d'après les meilleurs exemplaires.

6. Œuvres de Messire Jacques-Bénigne Bossuet, Evêque de Meaux, Conseiller du Roy en ses Conseils et Ordinaire en son Conseil d'Etat, Précepteur de Monseigneur le Dauphin, etc. Nouvelle édition. Revue sur les Manuscrits originaux et les Editions les plus correctes; enrichie d'un grand nombre d'Ouvrages de l'illustre Auteur non encore imprimés. — Paris, chez Boudet et Lamy. m.dcc.lxxii- M.DGC.xc. 21 volumes in-4**.

Entreprise par l'abbé Lequeux en 1765, cette collection a étécontinuéedel768àl790par DomDeforis, Dom Clément, Dom Clémencet et Dom Tassin, bénédictins des Blancs- Manteaux, à Paris. Elle renferme 20 tomes divisés en 21 volumes, parce que le tome vu est double. Elle a été faite aux frais du gouvernement ou du Clergé de France et elle est connue sous les noms d'édition bénédictine et d'édition de Dom Deforis, parce que ce religieux en avait la direction. Les Préfaces, les notices et les notes qu'on y trouve sont écrites par lui, et comme elles respirent les sentiments jansénistes dont il était imbu, elles ont jeté de la défaveur sur son travail ; les plaintes et les murmures que soulevèrent les premières livraisons ne le rendirent point plus réservé, et l'Assemblée du Clergé de 1780 le désapprouvant d'une manière « très expresse », demanda au garde des Sceaux de lui renouveler l'ordre qui lui avait été déjà inutilement donné de ne publier que « le texte seul de Bossuet, sans

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réflexions ni commentaires ». Quand cet ordre lui fut communiqué, plusieurs volumes de la troisième livraison étaient déjà imprimés avec les commentaires qu'on lui enjoignait d'éviter : il fallut donc les subir une fois encore, mais les Préfaces furent supprimées et on laissa môme inachevée une Table analytique à laquelle quelques feuillets auraient suffi pour la compléter.

L'abbé Lequeuxa préparé les tomes i, ii, m, xvi, xvii et xviii qui, à part trois ou quatre écrits qui figurent là pour la première fois, ne comprennent que des ouvrages déjà publiés. Les tomes iv, v, vi, vu [première partie] et vu seconde partie, contiennent Tédition originale des Sermons et des Panégyriques, et les tomes ix, x, xi, xii, xiii, xiv et XV contiennent l'édition originale de beaucoup de Lettres et de la Correspondance sur l'AtTaire du Quiétisme, etc. Enfin, les tomes xix et xx dans lesquels se trouve la traduction [sans le texte] de la Défense de la Déclaration de 1682, n'ont pas été édités par Deforis. Publiés en 1774 par l'abbé Leroy, ils ont été ajoutés aux dix-huit précédemment parus avec un nouveau titre portant la date de 1790.

La Révolution a interrompu cette édition lorsqu'elle a dispersé les Bénédictins; et depuis, aucun éditeur ne l'a continuée, et en 1836 les exemplaires qui restaient dans la librairie de Lamy ont été vendus à la rame, comme du papier sans valeur.

Malgré les arrêts du Conseil d'Etat contre les contrefacteurs, malgré la vigilance des magistrats à les poursuivre et la sévérité des peines portées contre eux dans les Privilèges, les livres qui avaient du succès étaient réimprimés secrètement et, le plus souvent, dans des conditions très défectueuses ; un prédicateur du Roi s'en plaignait amèrement dès le commencement du dix-septième siècle : a J'ai eu, dit-il, le déplaisir de voir mon ouvrage contre-

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fait, les beaux caractères de Paris changez en méchantes petites lettres, le fin papier en broiiillats, de nettes corrections en fatras, piètreries et besognes de village. Quelques chétifs imprimeurs me causent cette affliction et font ce tort au public, gâtant, brouillant et confondant toutes choses ; ils ne sont portez qu*à faire leurs affaires et remplir sordidement leurs bourses. Ce sont des monnoies étrangères, étoffes à faux teint, marchandises suspectes et vieux haillons de fripperie. Il n'y a point d'honneur à s'en servir, ni de plaisir à en avoir seulement la veuë. » (1) Bossuet n'a pas échappé à cette injustice. Pendant sa vie, plusieurs de ses œuvres ont été contrefaites à l'étranger, mais pourtant avec quelque soin, il faut le reconnaître : le texte est généralement correct, les caractères ne sont pas toujours de « méchantes petites lettres » et le fin papier ^'est pas toujours changé « en broiiillats ». Après sa mort, les contrefaçons sont devenues plus multipliées, surtout en Belgique, et, quand parurent les 20 volumes in-quarto de Tédition de Paris, une imprimerie d'Avignon eut Taudace de s'en approprier le texte et les Préfaces et de les publier sous la rubrique de Liège (chez les libraires associés), de 1766 à 1768, en 22 volumes inoctavo.

(1) Conceptions théologiques sur tontes les Festes de Vannée, t. ii, Préface.

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