‹ Histoire et description des manuscrits et des éditions originales des ouvrages de BossuetChapitre 23 sur 50 · OUVRAGES SUR L'ÉCRITURE SAINTE · texte numérisé non relu

OUVRAGES SUR L'ÉCRITURE SAINTE

de Langeron, Ta revue en 1691 et il a indiqué des corrections et des additions à introduire dans le texte, à la suite du Sixième Avertissement aux Protestants.

Deexcidio Babylonis, Samuel Verensfel, professeur de théologie protestante, a combattu l'Apocalypse de Bossuet dans une dissertation latine qu'il a fait soutenir à l'académie de Bâle et qu'il a intitulée : Dissertatio philologicotheologica in sententiam Jacobi Benigni Bossuet Condomensis olim, nunc Meldensis episcopi, viri clarissimi, de Babylone, bestiis ac meretrice Apocalypsis, quam, favente Deo, praeside viro plurimùm venerando, atque eruditionis et ingenii gloriâ celeberrimo D. Samuele Verensfelsio sacrsB theologiae Doctore, locorum communium et controversiarum Professore dignissimo, in diem 24 Junii 1701... Doctoruni disquisitioni subjicit Jacobus Christophorus Iselius. Basileae, m.dcc.i. In-4** de 80 pages.

Pour réfuter cette Dissertation que Verensfel lui avait fait remettre par Varignon, de l'académie des sciences de Paris, Bossuet a composé De excidio Babylonis du 6 novembre 1701 au 2 février 1702, durant trois séjours qu'il fît à Germigny, à Versailles et à Paris ; mais il ne prit pas le temps de le publier. L'écriture du manuscrit (Bibl. Nat., Fonds fr. 12812), est si mauvaise que l'abbé Ledieu disait « qu'il n'y avait à Meaux personne capable de le déchiffrer ni de l'entendre ». Verensfel y est savamment réfuté et l'ouvrage est complet, bien qu'il n'ait pas la péroraison par laquelle Bossuet voulait le terminer.

Il a été inséré dans les Œuvres de Messire Jacques- Bénigne Bossuet.., t. II, pp. 700-791 : De excidio Babyionis apud S. Joannem, Demonstrationes âdversiis Samuelem Verensfelsium. sacrse theologiœ Doctorem, locorum

communium et controversiarum Professorem. A Paris, Chez Antoine Boudet. m.d.cc.lxxii [1772]. In-4°.

Edition originale préparée par Tabbé Lequeux dès

Liber Psalmorum, additis Canticis, cum Notis Jacobi Benigni Bossuet Episoopi Meldensis. Lugduni, Apud Anissonios, Joan. Posuel et Claudium Rigaud. m.dc.xci [1691]. Cum Privilegio Régis. In-8^

Collation : i feuillet pour le titre et xciv pp. comprenant : Epistola ad Clerum Mcldensem et Dissertatio de Psalmis. Liber Psalmorum, pp. 1-464 ; Veteris et Novi Testamenli Cantica, pp. 465-512, plus 16 pages non chiffrées pour Tlndex et l'Extrait du Privilège que voici : Summa Privilegii Régis Christianissimi : Auctoritate Regiâ sancitum est, ne quis Notas in universam sacram Scripturam a Jacobo Benigno Bossuetf Episcopo Meldensi, etc., intrà duodecim annos à die privilegii riumerandos, imprimât, aut alibi impressas in hoc Regno divendat, prœter ejusdem D. Episcopi Meldensi» consensum, aut eorum quibus idjuris concesserit; hocque omnibus perinde clarum, notum, indictumque habeatur, ac si Regii diplomatis sententia operis initio prœfigatur, finive postponatur. Qui secus faxit Librorum confiscatione, aliisque pœnis in Regio diplomate declaratis muletabitur. Datum Parisiis, die prima mensis Septembris 1689. Demandato Régis signatum Boucher.

Idem D. Episcopus Meldensis jure suo cessit Anissoniis, Joanni Posuel, et Claudio Rigaud, die 15 Novembris 1689.

Desiit prœlum primi voluminis in Psalmos, et secundi in Cantica, die 23 Decembris 1690. » ,

Edition originale. Elle donne le texte de la sainte Ecriture d'après la Vulgate et d'après la traduction de saint Jérôme. Le^ commentaires portent principalement sur le sens littéral et historique des Psaumes qu'ils cherchent à éclairer ; mais les applications morales n'y sont qu'insinuées, parce que Bossuet n'a voulu donner au lecteur qu'un travail court et substantiel en lui demandant de suppléer par l'attention à ce que ses notes n'apprenent pas.

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Lihri Salomonis Proverbia, Ecclesiastes, Canticum Canticorum, Sapientia, Ecclesiasticus. Ciim Notis Jacohi Benignj Bossuet, Episcopi Meldcnsis. Accesserunt ejus^ dem Supplenda in Psalmos. Parisiis, Apud Joannein Anisson, Typographiœ Régi se Directorem, via Jacobœâ, sub Lilio Florentino. m.dc.xgiii fl693]. Cuni Privilegio Régis. In-8^

Collation : 1 feuillet non chifTré pour le titre > Pra^fation in Proverbia Salomonis, pp. 1-25 ; Commentaires, Table et Privilège, pp. 26-660. Uachevé d'imprimer est du 29 mai 1693 : c Exit è pncio hic Tomus anno millesimo sexcentesimo nonagesimo tertio, die mensis Maii vigesima nona : continet autem Librum Proverbiorum, Ecclesiasten, Canticum Canticorum, Sapientiam et Ecclesiasticum. »

Le Privilège, (c'est le même que celui du volume des Psaumes), est cédé par Bossuet à J. Anisson : « Idem 111. D. Episcopus Meldensis jure suo cessil Joanni Anisson, die décima quinta Novembris, anno millesimo sexcentesimo octagesimo nono. »

Edition originale. Les notes y sont un peu plus abondantes que dans le Liber Psalmorum : de temps en temps, Bossuet y montre l'application à faire des sentences qu'il commente et il les éclaire plus souvent par d'autres textes analogues ; mais, si l'on met à part le Cantique des Cantiques, c'est cependant un travail moins original que le commentaire sur les Psaumes ; malgré ses qualités, il n^olïre vraiment rien de nouveau et on peut reprocher à l'annotateur de ne pas faire effort pour approfondir les questions et pour résoudre les difficultés. (1)

Le Commentaire sur le Cantique des Cantiques est remarquable. Pour Bossuet, ce chant de Salomon est un poème pastoral qu'il explique en théologien et en humaniste, comme un vrai savant dans la science sacrée qui a cependant l'esprit ouvert à toutes les beautés de la poésie. (2)

(1 et 2) R. de La Broise : Bossael et U Bible, pp. 294 et 297.

Supplenda in Psalmos qui terminent le volume des livres de Salomon, ont été publics pour montrer que les passages prophétiques de beaucoup de psaumes s'appliquent à Jésus-Christ, et qu'appliqués à tout autre, ils seraient destitués de sens et de vérité ; c'est, en même temps, une réfutation de certains novateurs et surtout de Grotius.

Le Privilège placé après les Psaumes prouve que Bossuet voulait publier des ■ Notes » sur toute la Bible mais les occupations de son épiscopat et l'Affaire du Quiétisme le forcèrent d'abandonner son dessein ; il parait cependant prouvé qu'il eut le temps d'écrire encore ces deux autres commentaires, aujourd'hui perdus :

JVotaî in Libros Genesis et Prophetarum.

Le catalogue de la bibliothèque de Le Peletier des Forts, ministre d'Etat, imprimé en 1741, indique un in-4'> latin sous ce titre : Jacobi Benigni Bossuet Notœ et Comment (aria in Libros Genesis, etc. In Isaiam et Prophetas.

Il venait de Le Peletier, contrôleur général, qui l'avait sans doute reçu de l'abbé Fleury avec lequel il était très lié et que Bossuet avait longtemps associé à ses travaux sur l'Ecriture sainte.

Ce n'était certainement pas l'autographe de l'ouvrage dont nous parlons, car l'évèque de Troyes se serait hâté de le réclamer en qualité de seul propriétaire des papiers de son oncle. Ce n'était donc qu'une copie faite par Fleury, Barrois, libraire à Paris, en fit l'acquisition et la revendit

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à M. de Mazauge, président au parlement d'Aik, et à la mort de ce magistrat, l'évêque de Carpentras Tacheta avec ses livres et la donna, croit-on, au pape Benoît XIV.

Vers 1770, D. Deforis la fît rechercher, mais sans succès, à Aix, à Carpentras et à Rome. On lui dit pourtant que Benoît XIV avait légué sa bibliothèque à FOratoire de Bologne et que, s'il avait possédé le manuscrit qu'il demandait avec tant de zèle, il le rencontrerait probablement dans cette ville.

Deforis (1) pria alors les savants d'Italie de l'aider, mais il ne reçut point de réponse, et, depuis, personne ne l'a retrouvé.

Notœ in Job, Isaîam et Dânielem. La « Bibliothèque sacrée » du Père Le Long les mentionne comme existantes, en 1723, Chez Alexandre Le Roi, mais l'éditeur des Œuvres posthumes de Bossuet (1753) et D. Deforis n'en parlent pas, ce qui laisse supposer qu'elles ont été égarées, dès la première moitié du dix-huitième siècle.

Traductions

U Apocalypse SLvec une Explication a été traduite en italien par Arcangelo Augustini, religieux carme, sous le pseudonyme de Selvaggio Canturini, Venise, 1723, in-S**

Les Préfaces des livres de Salomon et la Dissertation sur les Psaumes ont été traduites par l'abbé Leroy, 1775. 1 vol. in-12. (2)

Une traduction du commentaire sur le Cantique des

(1) Préface du t. i»"" des Œuvres de Messire Jacques- Bénigne Bossuet, 1772, in-40.

(2) L'abbé Guillon a également publié : Dissertation de Bossuet sur les Psaumes, traduite du latin en français, avec notes. Paris, 1822, in-80.

Cantiques datée de 1695 et attribuée, peut-être à tort, à Bossuet lui-même par quelques éditeurs, a été insérée parmi les Letti^es et Opuscules de M, Bossuet, PariSy BarroiSy 1748, 2 vol. in-12. (Voyez plus loin, page 216.)

Remarques et Ordonnance contre Richard Simon.

R. Simon, prêtre érudit mais téméraire et partisan du socinianisme, publie en 1702, à Trévoux, une traduction du Nouveau Testament que M. de Malezieu fait remettre, avec le consentement de l'auteur, à Bossuet.

Bossuet y trouvant « des erreurs, des vérités affaiblies, des commentaires, et encore des commentaires mauvais, mis à la place du texte, et enfin les pensées des hommes au lieu de celles de Dieu ; un mépris étonnant des locutions consacrées par l'usage de l'Eglise ; et enfin de tels obscurcissements (1) » qu'on ne pouvait les dissimuler sans prévarication, écrit contre lui des Remarques (2) qu'il envoie aussitôt au cardinal de Noailles, à M. de Malezieu et à l'abbé Bertin. Au lieu d'attendre le résultat de leur examen, Simon se hâte de mettre sa traduction en vente et le cardinal de Noailles la censure, le 15 septembre 1705.

Bossuet crut devoir la censurer également le 29 septembre par r

Ordonnance de Monseigneur Llllustrissime et Révérendissime Evesque de Meaux, Portant défense de lire et retenir le Livre qui a pour titre : Le Nouveau Testament... traduit, etc., avec des Remarques, etc. A Paris, Chez Jean Anisson, Directeur de l'Imprimerie Royale, rue de la Harpe, m.dcc.ii. In-12.

(1) Lettre à M, de Noailles, 19 mai 1702.

(2) Elles n'ont été ni imprimées, ni conservées dans la première forme que Bossuet leur avait données : elles ont servi à rédiger ses Instructions sur la Version de Trévoux,

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