‹ Histoire et description des tapisseries de la Cathédrale d'AngersChapitre 29 sur 86 · Traduction de Bossuet · texte numérisé non relu

Traduction de Bossuet

les tapisseries.

2'^ TABLEAU. (Fondrouge.)

Saint Jean (') écouté la voix qui lui parle et prend le livre où il va écrire sa vision, pour 1 envoyer aux sept églises qui sont sous ses yeux et que gardent sept anges.

Chapitre U'". — v. 4. Jean aux sept églises qui sont en Asie, la grâce et la paix soient avec vous...

10. Un jour de dimanche, je fus ravi en esprit, et j’entendis derrière moi une voix éclatante comme une trompette ;

1 1 . Qui disait : Ecris dans un livre ce que tu vois, et l’envoie aux sept églises qui sont en Asie, à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée.

3® TABLEAU. (Fond bleu.)

Jésus-Christ est assis sur un trône, entre sept chandeliers (^), le glaive passé en travers dans la bouche et sept étoiles rouges dans la main droite. Saint jean se prosterne à ses pieds.

Ch. — V. 1 2. je me tournai pour voir quelle était la voix qui me parlait, et en même temps je vis sept chandeliers d’or.

13. Et au milieu des sept chandeliers d’or, quelqu’un qui ressemblait au Fils de l’homme, vêtu d’une longue robe, et ceint sur les mamelles d'une ceinture d’or.

1 4. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, et comme de la neige ; et ses yeux paraissaient comme une flamme de feu.

15. Ses pieds étaient semblables à l’airain fin, quand il est dans une fournaise ardente, et sa voix égalait le bruit des grandes eaux.

1 6. Il avait sept étoiles en sa main droite ; de sa bouche sortait une épée à deux tranchants ; et son visage était aussi lumineux que le soleil dans sa force.

I 7. Dès que je le vis, je tombai à ses pieds comme mort ; mais il mit sa main droite sur moi, en disant : Ne crains point, je suis le premier et le dernier.

18. je suis celui qui vit ; j’ai été mort, mais je suis vivant dans les siècles des siècles; et j’ai les clefs de la mort et de l’enfer.

19. Écris donc les choses que tu as vues, celles qui sont, et celles qui doivent arriver ensuite.

20. Voici le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or. Les sept étoiles sont les sept anges des sept églises; et les sept chandeliers sont les sept églises (3).

4' TABLEAU. (Fondrouge.)

Saint jean franchit le seuil d’une porte ouverte et regarde Jésus-Christ entouré de l’arc en ciel, dont il est enveloppé comme d’une auréole, et qui est assis sur un pliant à têtes d’animaux. Sept lampes pendent à la hauteur de son visage. Les quatre animaux, symboles des évangélistes, l’accompagnent, disposés selon l’ordre iconographique adopté par le moyen

1. Saint Jean paraît à chaque tableau. Suivant les règles de l’iconographie chrétienne. Apôtre et Évangéliste, il a constamment le nimbe et les pieds nus.

2. A Rome, quand le Pape officie, il célèbre sur un autel paré de sept chandeliers et fait accompagner la croix papale, que porte devant lui un sous-diacre apostolique, de sept autres chandeliers, quatre à droite et trois à gauche.

3. Les chapitres 2 et 3 du te.xte de l’Apocalypse ne renferment que les louanges, les exhortations et les reproches que Dieu fait aux anges des sept églises. Ils n’ont servi à composer aucun tableau de notre tapisserie.

TAPISSERIES d’aNGEHS.

CatbéDrale D’angers.

âge : homme, aigle, lion et veau ('), ils sont nimbes, ailes de six ailes et portent le phylactère sur lequel leurs chants sont écrits. Les vingt-quatre vieillards sont ranges de part et d'autre ; à la gauche du Fils de l’homme, les prophètes; à la droite, comme à la place la plus honorable, les apôtres, dont les lis fleuris signifient la royauté sur le monde, le parfum des vertus et l’intégrité de la foi.

Ch. IV. — V. I. Après cela je regardai, et je vis une porte ouverte dans le ciel , et la première voix que j’avais ouïe, qui m’avait parlé avec un son éclatant comme celui d une trompette, me dit : Monte ici haut, et je te montrerai les choses qui doivent arriver ci-apres.

2. [e fus aussitôt ravi en esprit, et je vis un trône place dans le ciel et quelqu un assis sur le trône.

3. Celui qui était assis paraissait semblable à une pierre de jaspe et de sardoine, et il y avait autour du trône un arc-en-ciel, qui paraissait semblable a une emeraude.

4. Autour du trône, il y avait encore vingt-quatre trônes, et survies trônes vingtquatre vieillards assis, revêtus d’habits blancs, avec des couronnes d or sur leurs têtes.

5. Il sortait du trône des éclairs, des tonnerres et des voix; et il y avait sept lampes brûlantes devant le trône, qui sont les sept esprits de Dieu.

6. Et devant le trône, il y avait une mer transparente comme le verre et sembkble à du cristal; et au milieu du trône, et autour du trône, il y avait quatre animaux pleins d’yeux devant et derrière.

7. Le premier animal était semblable à un lion (saint Marc); le second a un veau (saint Luc) ; le troisième avait un visage comme celui d un homme (saint Matthieu) ; et le quatrième était semblable à un aigle qui vole (saint Jean).

8. Les quatre animaux avaient chacun six ailes; et au dedans, ils étaient pleins d yeux, et ils ne cessaient de dire jour et nuit 1 Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu tout-puissant, qui était, qui est et qui doit venir.

5e TABLEAU. (Fond bleu.)

Un ange déroule le philactère qui contient l’appel à celui qui est digne d’ouvrir le livre. Saint Jean pleure de tristesse. Un vieillard s’approche de lui et, le prenant par son manteau, le conduit à une scène plus consolante.

Ch. V. — v. 2. Et je vis un ange fort, qui criait à haute voix : Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en lever les sceaux ?

3. Et nul ne pouvait, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ouvrir le livre ni le regarder.

4. Je fondais en larmes de ce que personne ne s’était trouvé digne d’ouvrir le livre, ni de le regarder.

5. Mais l’un des vieillards me dit : Ne pleure pas, voici le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, qui a obtenu par sa victoire le pouvoir d’ouvrir le livre et d’en lever les sept sceaux.

J. Cet ordre a été également observé au portail de Saint-Maurice, sur la fin du XII® siècle. — Saint Matthieu, qui raconte la généalogie selon la chair de Jésus-Christ, est représenté en homme ; saint Marc, en lion, à cause de la résurrection; saint Luc, en veau, parce qu’il traite du sacerdoce ; enfin saint Jean, qui décrit les mystères incompréhensibles de la génération du Verbe, en aigle qui vole et plane dans les airs. Mattkeus in honiine intelligitiir,^ quia circa hicmanitatem Christi principaliter inimoratur. Marcus in leone^ quia agit de resurrectione. Lucas in vitulo^ agens de sacerdotio. Johannes in aquilâ^ scribens sacramenta divinitatis. ChrisHis vero quem describimt, komo fuit de Virgine naîus ; vitubis in iinmolatione j leo m resîirrectione ; aqtiila ùi ascensione; velhihomine^ /iuma?iitas j in vitîilo^ sacerdotiwn ; ùi Leone ^ regnum; m aquilâ exprimiiur divinitatis sacramentum, (Manuscrit du XIII® siècle, à la Bibliothèque de la ville.)

APOCALYPSE DE LA CATHEDxRALE D’ANGERS 1°'' pièce, sixième. tableau

Les tapisseries.

6' TABLEAU. (Fondrouge) (').

Saint Jean, debout à l’intérieur d’une maison crénelée, regarde par la fenêtre et voit les vieillards enlever leurs couronnes et se prosterner devant Jésus-Christ, en chantant ses louanges.

C H. ly. — V. 9. Et lorsque ces animaux donnaient gloire, honneur et bénédiction à celui qui est assis sur le trône, qui vit dans les siècles des siècles,

10. Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui est assis sur le trône et ils adoraient celui qui vit dans les siècles des siècles, et ils jetaient leurs couronnes devant le trône, en disant :

11. Vous êtes digne, ô Seigneur notre Dieu, de recevoir gloire, honneur et puissance, parce que vous avez créé toutes choses, et que c’est par votre volonté qu’elles étaient et qu’elles ont été créées.

7® TABLEAU. (Fond bleu.)

Les vieillards chantent un cantique à l’x^gneau, immolé, sanglant et tenant l’étendard de la Résurrection, en signe de vie. Saint Jean contemple cette scène.

Ch. V. — v. 6. Je regardai, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un agneau, debout, comme égorgé, ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu, envoyés par toute la terre (“).

Au-dessus de ces six derniers tableaux est cousu un Ciel nuagé, où des anges forment un concert qu’ils accompagnent de l’oliphant, de la viole, du tambourin, du monocorde, du triangle, de la trompette, de l’orgue et des cymbales. Le pennon de la trompette est armorié d’Anjou : semé de France à la bordtire de gueules.

Il n’existe plus. J’en donne la description en note, d’après les anciens manuscrits (‘).

Ch. V. — V. 7. L’agneau vint et prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.

8. Et l’ayant ouvert, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’Agneau, ayant chacun des harpes et des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints.

9. Ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Vous êtes digne. Seigneur, de prendre le livre et d’en lever les sceaux, parce que vous avez été mis à mort, et que vous nous avez rachetés pour Dieu, par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.

9' TABLEAU. (Fond bleu.)

Un ange au ciel parle à saint Jean et lui montre le vainqueur éperonné et couronné, qui part, l’arc et la flèche en main, sur un cheval blanc, pour frapper et gagner la victoire.

1. Ce tableau aurait sa place naturelle avant le précédent, sans une inversion du tapissier.

Il a été reproduit en couleurs, pour La Tapisserie^ de M. Guiffrey, un des plus beaux livres de M. Marne, de Tours. Il a bien voulu m’autoriser à en faire un tirage. On peut juger par cette planche du caractère et du coloris de l’ensemble.

2. Le nombre sept est consacré dans l’Apocalypse pour exprimer une certaine universalité et perfection.

Ici, le Christ, dans une vesica piscis entourée de nuages, remet le livre à l’Agneau en présence des quatre animaux et des vingt-quatre vieillards, prosternés comme au n° 6.

Catf)éîiralc D’angers.

Brune et Maloyer en ont rassemblé les divers morceaux en 1872, et ont refait à neuf au moins un mètre carre.

Ch VI — V I Et je vis que l’Agneau avait ouvert un des sept sceaux, et j’entendis l’un des quatre animaux, l’Ange, qui dit avec une voix d’un tonnerre : Viens et vois.

2. le regardai et je vis un cheval blanc. Celui qui était monté dessus avait un arc; et on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur qui va remporter victoire sur victoire.

Il n’existe plus (').

Ch. VI. V. 3. A l’ouverture du second sceau, j’entendis le second animal, le Lion, qui

dit : Viens et vois.

4. Il partit aussitôt un autre cheval qui était roux, et il fut donné à celui qui était monte dessus, d’ôter la paix de dessus la terre, et de faire que les hommes s’entretuassent, et on lui donna une grande épée.

iC TABLEAU. (Fond bleu.)

Saint Jean écoute les quatre animaux, qui sont rangés au ciel dans cet ordre : homme, aigle, lion et veau. La parole qu’ils lui adressent est exprimée, selon l’usage traditionnel, par un rouleau déployé. Le cavalier, monté sur le cheval noir, a pour attribut une balance, car, en temps de famine, le pain se pèse.

Ch. VI. — v. 5. Quand il eut levé le troisième sceau, j’entendis le troisième animal, le veau, qui dit: Viens et vois. Et je vis un cheval noir (la famine), et celui qui le montait avait en main une balance.

6. Et j’entendis une voix comme du milieu des quatre animaux qui dit : Le litron de blé se vend un denier, et les trois litrons d’orge un denier. Ne gâtez point le vin et l’huile.

12'= TABLEAU. (Fond rouge.)

L’aigle, du haut du ciel, appelle saint Jean, celui-ci voit la mort, squelette hideux, enveloppé d’un suaire, le glaive levé pour exterminer, et parcourant la terre, monté sur un cheval pâle. L’enfer suit, c’est un donjon crénelé où brûlent les damnés, que les démons y apportent. Au fond de l’abîme, s’ouvre une large gueule de monstre, image ordinaire de l’enfer au moyen âge.

Ch. VL — v. 7. Lorsqu’il (l’Agneau) eut levé le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième animal (l'aigle) qui dit : Viens et vois.

8. Et je vis un cheval pâle, et celui qui était monté dessus s’appelait la mort, et l’enfer le suivait ; et on lui donna puissance sur les quatre parties de la terre, pour faire mourir les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité et par les bêtes sauvages.

13' TABLEAU. (Fondbleti.)

Saint Jean montre la vision suivante, écrite dans son Apocalypse. Sous l’autel, sept élus agenouillés supplient Dieu de les venger. Un ange descend du ciel et les revêt

I. Saint Jean regarde le lion, entouré de nuages et tenant un phylactère avec ces mots : VENI ET VIDE. Un ange, descend du ciel et remet l’épée à un roi, monté sur le cheval roux.

ïLe0 tapisseriM.

de robes blanches. Sur 1 autel, couvert d’une nappe blanche, qui retombe de chaque côte, est pose un calice avec son purificatoire; le parement antérieur se compose d’une étoffe losangee et croisetee, ornée d’un frontal frangé en passementerie, auquel pendent deux orfrois ou fanons marqués d’une croix et frangés.

Cn. VI. ■ V. 9. A 1 ouverture du cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui ont donne leur vie pour la parole de Dieu et pour lui rendre témoignage.

10. Ils jetaient un grand cri en disant : Seigneur, quiètes saint et véritable, jusqu’à quand différerez-vous à faire justice et à venger notre sang de ceux qui habitent la terre ?

1 1. Et on leur donna a chacun une robe blanche. Il leur fut dit qu’ils attendissent encore un peu de temps, jusqu’à ce que le nombre de ceux qui servaient Dieu comme eux fût accompli, et celui de leurs freres qui devaient souffrir la mort aussi bien qu’eux.

II n’existe plus (').

Ch. VI. — v. 12. Et je vis, lorsque le sixième sceau fut ouvert, il se fit un grand tremblement de terre ; le soleil devint noir comme un cilice et la lune devint comme du sang.

13. Et les étoiles tombèrent du ciel sur la terre comme lorsque le figuier, agité par un grand vent, laisse tomber ses figues vertes.

Il n’existe plus (“').

Ch. VL — v. 15. Les rois de la terre, les princes et les tribuns, et les riches, et les puissants, et tous les hommes libres ou esclaves, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes.

16. Et ils dirent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et dérobez-nous à la face de celui qui est assis sur le trône et à la colère de l’Agneau.

17. Parce que le grand jour de leur colère est arrivé ; et qui pourra subsister ?

Autrefois régnait une ^erre fleurie sous toute l’étendue de la tapisserie, mais aujourd’hui il ne reste pas assez de fragments de cette ferre pour en garnir la première pièce.

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