Histoire et description du château d'Anet
e motif qui ma fait écrire ces pages n’a pas été le désir de faire un livre : je n’ai ni ce talent, ni cette prétention. J’ai voulu, sur Anet, rassembler les détails épars et dispersés. Si je suis parvenu à pouvoir grouper les faits relatifs à ce monument, c’est que fai obéi au désir ardent de collectionner ces documents précieux et de réunir tout ce que j’avais pu connaître sur le Château d’ Anet.
J’aime beaucoup mon village, dont ce Château est le plus bel ornement. C’était plus qu’il n en fallait pour m’inspirer l’admiration de la Renaissance Française , dont ce Château est un des plus beaux spécimens. Aussi, après en avoir reconnu tout le mérite , ai-je voulu tout connaître et tout savoir sur sa brillante splendeur. J’en ai moulé, calqué et dessiné les plus belles parties, et j'ai cherché à en faire faire une Monographie , pour le retirer de l’oubli où sa demi-destruction l’avait plongé.
On publiait à cette époque la belle et magnifique Monographie du Palais de Fontainebleau , dont une partie est contemporaine du Château d’Anet. J’ ai vu
PRÉFACE
l’artiste habile qui l’a illustrée par son burin; je lui fis voir les beautés d’Anet, et en 1866 on vit paraître les premières livraisons de la Monographie du Chateau d’Anet, publiée et gravée par M. Rodolphe Pfnor ; qui la termina en 1 869.
Le Château d’Anet est rendu par cet éminent artiste dans tout ce qui peut faire sa gloire et sa belle réputation. Je fus transporté de joie, car j'ai eu l’honneur d’y participer en donnant à M. Pfnor tous les renseignements dont il pouvait avoir besoin , et en lui désignant les morceaux les moins reproduits qui me paraissaient les plus dignes d’intérêt.
J’avais l’ambition de voir mettre dans cette publication tout ce qui intéresse le Château; mais, dans une Monographie de ce genre, le principal objet est presque nécessairement la gravure architecturale. Aussi, après avoir vu terminer cette splendide publication, j’ai eu le désir d’un livre différent, qui complétât cette belle Monographie et qui réunît tout ce qui peut faire connaître les beautés de ce Château , surtout par la description exacte de sa décoration à toutes les époques. Après avoir terminé cette description matérielle, j ai remarqué que l’Art est tellement lié à l’Histoire que l’un est incomplet sans l’autre; il m’a fallu étudier la biographie de tous les possesseurs du Château, surtout Diane de Poitiers , dont le véritable caractère n’est pas asse £ connu, rechercher en les classant les faits qui s’y sont passés à tous les âges, et ajouter une notice sur la Ville d’Anet en tête de la Description , pour que l’histoire d’Anet y fût complète.
En même temps, dans les conditions où j'ai fait ce livre , c’est-à-dire à mes frais, avec mes seules ressources personnelles , et sans le concours d’aucun éditeur, pour rester libre de donner à ce livre le genre et la forme qui me plairait le mieux, d ajouter à mesure toute l’illustration qui me semblerait nécessaire, ce qui a été pour moi la partie la plus lourde, ce sont les dépenses de V illustration . Je n ai nullement prétendu lutter contre les belles planches de M. Pfnor, et je me suis particulièrement préoccupé de donner ce qu’il n’a pas , ou, pour ce qu’il était impossible de ne pas faire figurer ici, de le donner d'une autre manière. C est pour cela que j ai insisté sur les détails et sur les décorations intérieures, et que j ai fait faire plus de chromo-lithographies que je ne le pensais d’abord.
Sauf les gravures , qu’il m’a été gracieusement permis d’ emprunter et de reproduire, celles entre autres de /’Art pour tous, publié par la maison Morel, ce qui m a rendu possible d en faire un plus grand nombre de nouvelles , tous
PRÉFACE
les dessins de mes planches et des ornements du texte ont été faits par moi , et je ne puis que demander l’indulgence; si la perfection de quelques-uns peut laisser à désirer, au moins peut-on être sûr que l’ exactitude y a été religieusement conservée.
J'aurais voulu faire encore davantage , et il ne meut pas été difficile de trouver d’autres motifs à reproduire dans les nombreux documents graphiques , inédits et inconnus, que fai recueillis; mais mes faibles ressources ne mont pas permis d'aller au delà de ce que je donne aujourd'hui. Seulement j'ai choisi ce qui était le plus important, le moins connu, et mon ambition sera satisfaite si l’on trouve que mon livre peut se joindre et ajoute quelque chose à l’ancienne description de M. Lemarquant , au volume de M. de Caraman, à celui de M: Lefèvre, qui s’est surtout préoccupé du côté historique , et à la belle suite de planches de la Monographie de M. Ffnor.