‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 11 sur 138 · CA · texte numérisé non relu

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EGLISE PAROISSIALE

l’église pendant bien des années, et les gamins finirent par le mutiler complètement à coups de pierres. Les deux autres sculptures, ayant été reléguées dans le clocher, furent remarquées par M. le comte de Caraman, qui les fit transporter au Château pour les sauver de l’abandon où elles étaient tombées. En 1 86 x il en fit don au Musée du Louvre, où les artistes les admirent aujourd’hui (nos 126 bis et ter du nouveau livret de M. Barbet de Jouy, 1873, p. 80). Nous avons moulé toutes ces parties, nous proposant un jour de réédifier quelque part ce magnifique autel, dont la destruction est si regrettable.

Une autre décoration d’autel, provenant d’Anet et du même artiste, et qui paraît faire le pendant de celle que nous venons de décrire, a été transportée naguère dans l’église de Dreux. Cette ornementation a été démontée à la restauration de cette église en 1866. Les bas-reliefs., représentant deux anges féminins à quatre ailes, tenant l’un un sceptre entouré de feuillages, des palmes et un croissant, l’autre une couronne de feuillages et une sorte de croissant formé d’une palme, ont été, sur notre indication, achetés par M. Moreau, qui les conserve dans le Château d’Anet. Notre planche reproduit, d’après nos moulages, cette curieuse et libre interprétation plus voisine de la manière de l’école de Pilon que de la mâle simplicité de Jean Goujon et qui sent le paganisme de l’Hermaphrodite beaucoup plus que la sévérité du Paradis chrétien. La frise, ornée d’arabesques, acquise par M. Reiset, a été mise par lui dans son château du Breuil, qui était autrefois une abbaye.

Le bénitier de pierre, remarquable par la forme élégante de son support, offre sur le dé de pierre qui lui sert de base le nom du donateur dans l’inscription IG ( en monogramme ) dd — 1624.

La voûte de la nef principale n’a pas été faite; elle devait être en pierre; elle est en bardeau masquant la toiture.

Les deux voûtes latérales des bas-côtés sont voûtées en pierre. La clef de voûte de chaque travée forme une croix sculptée portant un losange; cette ornementation, aussi simple que distinguée, est en même temps héraldique; elle indique la croix des armes de Brézé et le losange des armoiries de Diane une fois veuve.

Dans la nef de droite un losange porte une inscription empruntée au verset 3 du premier chapitre d’Isaïe et ainsi conçue : Cognovit bos possessorem suum , Isai., I. i58o; le bœuf

connaît celui à qui il appartient. L’inscription fait le tour de l’encadrement en losange, et le mot bos est placé au centre.

Un peu plus loin, cette même inscription est répétée, mais avec la date de 1 58 1 , ce qui indique l’époque où les travaux ont été arrêtés. Cette inscription paraît être un hommage des habitants pour ceux

qui restaurèrent l’église. Il est singulier que la suite du verset soit : et asinus prœsepe domini sui; et l’âne connaît le râtelier de son maître. Comme il n’est pas probable qu’il y ait là une allusion satyrique au nom d’Anet, il serait plus naturel de supposer que le mot de bos fût là à l’état de rébus et fît allusion au nom du pa-

Clef de voûte de l’église.

roissien qui a payé de ses deniers ou qui a surveillé les travaux, et qui se serait appelé Le Beuf . Dans la nef de gauche on voit aussi un losange avec une croix, mais sans inscription.

l8 LA VILLE D'ANET.

Au moyen âge on avait lu funeste habitude d inhumer dans 1 intérieur des églises , ce qui occasionnait souvent des épidémies terribles. Ce motif n est peut-etre pas étranger à la situation aussi éloignée de l’église, car on y a fait beaucoup d’inhumations à l’intérieur. Les tables de marbre noir avec leurs inscriptions placées sur tous les piliers nous en donnent la preuve. Au milieu du chœur est déposé le corps de Mlle du Maine, sous une dalle de marbre blanc • on ne lit plus de l’inscription que ces trois lignes, encore fort apparentes :

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