DE LA CHAPELLE
C’est au dernier moment que nous avons appris, par une communication faite par M. de Guilhermy au Comité d’archéologie, que les statues d’apôtres de la grande Chapelle venaient d’être apportées à l’église de la Sorbonne. Des magasins du Musée des Petits- Augustins, où elles ne furent jamais exposées, elles avaient été transportées dans le chœur de la Chapelle de l’église de l'École militaire de Saint-Cyr, où, masquées comme èlles l’étaient par l’autel, elles étaient restées comme perdues. Nous les avons vues avant la restartration qui vient d’en être faite, et qui a fait disparaître les tons d’une légère coloration dans certaines parties des vêtements, et notamment de dorures sur les broderies et les ceintures. Il en a été fait deux moulages à la hâte, l’un pour Saint-Cyr, et l’autre pour M. Ferdinand Moreau, de sorte que ces reproductions , placées maintenant dans les archives de la Chapelle d’Anet , lui rendent son ancien caractère.
Elles sont sculptées dans la même pierre blanche de Vernon, avec laquelle la Chapelle est construite. Nous avons choisi pour notre planche les cinq statues les plus remarquables des dix maintenant retrouvées; car, lors de leur acquisition par M. Lenoir, deux avaient été antérieurement achetées par des habitants de villages voisins d’Anet. Les apôtres de notre planche sont, de gauche à droite, Barthélemy, Pierre, Jacques, Thomas et Simon. Les cinq autres sont André, Barnabé, Paul, avec sa grande épée; Jean, avec le calice; et Jude, avec une croix de roseau. Rien de plus élégant et de plus surprenant à la fois que le caractère précieux et un peu affecté de ces habiles figures, trop peu religieuses, mais par. là même d’autant plus à leur place dans la chapelle courtisanesque d’un palais aussi luxueux.
Les étoffes sont fines, les cheveux sont frisés, les vêtements sont ornés et élégants. De toutes façons, en dehors de leurs mérites artistiques, cette suite de statues est de ce côté particulièrement curieuse, et nous sommes bien heureux de les avoir connues à temps et de pouvoir en faire juges nos lecteurs.
CHATEAU D'AN ET