‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 22 sur 138 · TUÆ · texte numérisé non relu

TUÆ

Seigneur, j'ai aimé la beauté de ta maison et le lieu où ta gloire habite (Psaume XXV, verset 8).

Ces petites portes donnent entrée à un palier, par lequel on entre dans la Chapelle, et à un escalier qui monte sur le dôme.

Ces escaliers sont terminés par une pyramide étroite et à pans carrés; celle-ci est surmontée d’une boule, composée de cercles sphériques que fait mouvoir une girouette placée au sommet. Cette girouette représente le chiffre de Diane et de Henri II découpé à jour. Autrefois des tiges de fer, descendant dans la Galerie, correspondaient de ces girouettes à un cadran représentant une Rose des vents; des aiguilles indiquaient la direction donnée par la girouette et transmise par ces tiges de fer. Il en résultait que, sans sortir et par ce moyen, on voyait où était le vent. Toute cette vieille ferraille, restée suspendue à l’une des pyramides, se voyait encore en i85o; elle a été enlevée à la restauration de la Chapelle. En sortant de la pyramide, on arrive sur une terrasse qui fait le tour du dôme.

Ce dôme, d’une forme très-élégante, est surmonté d’un lanternon formé par une colonnade ; une double arcade en fait le pourtour, et le premier rang est porté par des colonnes accouplées d’ordre corinthien. Ce magnifique campanile est surmonté d’un petit dôme , au bas duquel règne une frise formant balustrade , formée des chiffres de Diane et de Henri II entrelacés, avec un grand nombre de croissants sculptés à jour.

Sur ce lanternon était placée une très-belle croix en fer forgé et doré, qui était très-estimée. Quatre volutes en soutiennent le bas; les chiffres de Diane sont au milieu; les bras de la croix sont formés par des volutes terminées par une palmette grecque; entre chaque bras est un croissant.

Quant au dôme, il est considéré comme un chef-d’œuvre d’architecture. Quatre escaliers extérieurs permettent de monter au lanternon, dont on peut faire le tour entre le double entre-colonnement.

On ne saurait trop admirer l’intelligence qui a présidé à la construction de ce beau monument et l’art infini avec lequel l’appareillage en a été dirigé. Toute cette masse de pierre qui

forme la couverture est restée exposée aux pluies, aux neiges et à toutes les intempéries de-

puis plus de trois siècles sans avoir subi la moindre altération.

INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE

L’intérieur de cette chapelle est de forme circulaire; quatre arcades, qui s ouvrent en arrière du cercle central et forment quatre avant-corps extérieurs, lui donnent la forme d’une croix Grecque.

Dans ces quatre parties se trouvent: d’abord l’entrée, en face et au fond le maître-autel, et, de chaque côté, deux autels latéraux. Le pied de ces autels est en pierre et orné de quatre consoles portant un dessus en marbre. Ces autels furent consacrés en 1 5 53 ; en 1779 ils avaient été reconstruits et reçurent une nouvelle consécration; en 1 85 1 , après une restauration de la Chapelle, dont les autels avaient été détruits en 1799, ils ont été réédifiés de nouveau, mais dans un style moderne, lourd et peu gracieux. Au lieu de suivre l’élégant modèle donné par Philibert de Lorme, que l’on trouve dans la gravure de la coupe de cette Chapelle, dans son volume d’architecture, et que l’on voit aussi dans la coupe de cette même Chapelle par Ducerceau , M. Caristie a construit trois nouveaux autels d’une grosseur énorme, masse informe et moderne, montée sur des marches qui cachent une partie du pavage en marbre sur lequel ils sont placés, alors que ceux du XVIe siècle, qui se trouvent au Louvre avec ce qui reste de la fontaine, étaient si sveltes, si élégants et tenaient si peu de place.

Les murs sont ornés de pilastres cannelés d’ordre corinthien; entre les entre-deux des pilastres qui supportent la coupole sont quatre niches, contenant chacune une statue d’ Apôtre de grandeur naturelle; on les attribuait à Jean Goujon. Dans les pendentifs, sous les voûtes des arcades, sont sculptés en bas-relief des Anges portant les instruments de la Passion. Audessous du milieu de chaque arcade est un panneau sculpté, représentant une draperie tenue aux quatre angles par quatre têtes d’anges ailées. Sur les claveaux des arcades est le chiffre de Diane avec deux deltas, un en haut, l’autre en bas, enlacés par deux branches de laurier.

Sur l’archivolte des arcades sont huit Renommées ailées, sculptées en bas-relief par Jean Goujon. De toutes ses compositions, celles-ci sont les plus belles et les plus richement drapées; la coiffure et la pose en sont admirables, et elles dépassent en beauté tout ce qu’il a fait dans ce genre. Quatre tiennent en main des trompettes; les autres, des branches d’olivier. Entre chaque groupe de deux Renommées est une niche carrée où sont les quatre Évangélistes peints sur le fond du mur; ceux-ci datent de la restauration de M. de Caraman.

Toute la décoration intérieure n’est faite que par des sculptures en bas-relief et sobrement rehaussées d’or; la pierre est restée complètement apparente partout. Cette décoration est le chef-d’œuvre de Philibert de Lorme et de Jean Goujon.

Au-dessus des pilastres, la frise porte cette inscription qui, comme toutes les autres, est en parfaite harmonie avec l’architecture; les grandes lettres romaines dont ces inscriptions se composent sont dessinées avec élégance et distribuées avec beaucoup de goût :

Sic vivam, inquit Dominus, ut mihi se flectet omne genu, omnisque lingua Deum celebrabit;

ITAQUE NOSTRUM QUISQUE CAUSAM PRO SE DICET APUL DeUM.

(Je suis tellement vivant, dit le Seigneur, que tous fléchiront le genou devant moi; toute langue chantera les louanges de Dieu, et chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même. Saint Paul aux Romains, ch. xiv, versets 11 et 12.)

Au-dessus s’élève une admirable coupole, ornée de losanges décroissants dans lesquels sont sculptées des têtes d’ange dont la coiffure varie à chaque rang. La frise du bas de la coupole porte cette inscription :

Quisquis Jesum Dei esse filium confessus fuerit, et in eo Deus, ipse in Deo manet. (Quiconque aura cru que J ésus est le filsde Dieu, il viten Dieu et Dieuviten lui. Saint Jean, ch. iv, verset 1 5.)

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