AILE GAUCHE
L’aile gauche, plantée à l’ouest et dont le premier étage contient la salle des Gardes, présente une architecture d’une sobriété du meilleur goût.
L’aspect des fenêtres, avec leurs meneaux de pierre, est magnifique. Toutes les fenêtres du premier étage, décorées de frontons élégants et variés, ont pour base les fenêtres du rez-dechaussée qui semblent leur servir de piédestal, et sont terminées par de belles lucarnes qui s’élèvent à la hauteur des combles. Tout cet ensemble présente un aspect majestueux et monumental digne d’être particulièrement admiré dans sa simplicité.
Ces lucarnes, dont les larges frontons sont décorés des chiffres de Diane découpés à jour, forment chacune un monument, terminé par un croissant posé sur une boule. Dans l’intervalle de ces grandes lucarnes, on en voit d’autres plus petites, terminées par un motif d’architecture en forme de tombeau. La crête dorée, placée au sommet du comble, découpe sur le ciel ses riches arabesques ornées de croissants et termine d’une façon très-heureuse l’aspect imposant de ce bâtiment.
Aux angles sont deux tourelles suspendues, pareilles à celles que nous avons déjà décrites à l’extrémité du bâtiment de l’aile droite. Entre ces tourelles, qui font face à la place du village, on voit, à la hauteur des combles, une large cheminée ornée d’un grand cartouche sculpté, terminé en haut par une tête ailée, en bas par une tête de biche. Deux Amours suspendus tiennent chacun une palme de la hauteur du grand cartouche; entre les palmes se trouve un cartouche plus petit, portant une couronne de comte.
En 1 683, ce bâtiment avait subi une très-grande modification qui lui avait fait perdre son caractère primitif. Le style pur de la Renaissance avait été complément modifié ; les meneaux avaient été arrachés des fenêtres, ainsi que les cordons de pierre qui passaient d’une fenêtre à l’autre -, les fenêtres du rez-de-chaussée, qui ne descendaient pas jusqu'en bas, avaient toutes été transformées en portes-fenêtres. Au milieu du bâtiment on a plaqué une façade, en bossage au rez-de-chaussée-, le premier étage en est décoré par une ordonnance de huit pilastres d’ordre ionique, dont le milieu est orné d’un trophée composé de cuirasses, de casques et de piques enlacés de drapeaux, par allusion aux victoires remportées en Espagne par le duc de Vendôme, alors propriétaire du Château d’Anet. Pour compléter cette décoration de style Louis XIV, les combles ont été exhaussés de près de moitié pour pouvoir augmenter le nombre des appartements, ce qui a nécessité l’addition de seize assises de pierre pour surélever les cheminées. A la hauteur du bas du premier étage, les deux tourelles terminales furent reliées par un passage suspendu, adossé à la muraille ; ce couloir a été supprimé en 1842. En 1 8 1 1 , cette aile a été menacée d’être entièrement démolie à la suite des autres bâtiments