‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 37 sur 138 · LE VESTIBULE · texte numérisé non relu

LE VESTIBULE

Au XVIe siècle, il y avait un petit escalier, ayant tout au plus un mètre et demi de large, et soutenu par des consoles de pierre*, il a été détruit en 1680, pour en construire un plus grand; c’est le vestibule actuel du Château, qui est d'une très-grande beauté.

C’est, nous apprend Lemarquant, M. Desgaux, inspecteur des Bâtiments du Roi, sans doute Claude Desgots, mort en 1732, qui en a été l’architecte; il a été construit par un maçon d’Anet.

Le palier du premier étage est un chef-d’œuvre de hardiesse et d’habileté; il n’a que trente-cinq centimètres d’épaisseur, sur deux mètres cinquante centimètres de largeur et dix mètres de long. Il ne tient que par le côté adossé à la muraille ; l’autre est dans le vide, et le dessous en est absolument plat. Il reste suspendu par l’effet de la coupe des pierres, dont l’appareillage et le goujonnage ont été dirigés et exécutés avec beaucoup de soin et de précision. L’escalier et le palier sont bordés d’une très-belle rampe en fer forgé, richement décorée d’arabesques; on y remarque le chiffre de Louis-Joseph de Vendôme, simulé par deux L enlacés, rehaussés d’or.

Ce vestibule, à la hauteur du premier étage, est décoré par vingt pilastres d’ordre Corinthien ; entre ces pilastres se trouvent des consoles sculptées en pierre, sur lesquelles étaient posés des bustes en marbre blanc; ces bustes étaient italiens et venaient de Chenonceaux, où ils faisaient partie d’une décoration faite par Catherine de Médicis, qui après la mort de Henri II avait échangé avec Diane de Poitiers ce Château contre celui de Chaumont. Le pavage de ce vestibule est en marbre noir et blanc, encadré d'une double

bordure de marbre noir et de marbre de couleur.

L’entrée de ce Cabinet de curiosités est sous le grand escalier. Il est décoré d’une trèsbelle vitrine à colonnes qui en fait le tour. Celle-ci contient une très-riche collection d’objets rares et précieux, faïences, porcelaines et cristaux, dont quelques-uns sont aux chiffres de Diane et de Henri II. Ce cabinet et cette rare collection font honneur au goût de M. Moreau, le propriétaire actuel, qui, après l’avoir créée, l’augmente encore chaque jour de tout ce qu’il peut découvrir ayant appartenu à Diane ou au Château d’Anet.

On y remarque un très-beau pavage en faïence, provenant du Château d’Écouen; il est aux chiffres de Henri II et du Connétable de Montmorency, pour qui il avait été fait par le céramiste rouennais Arachequesne. Une autre partie, entre les deux portes, représente les Armes de France entourées du collier de l’Ordre de Saint-Michel, et surmontées d’une couronne; les chiffres de Henri II sont de chaque côté, avec un croissant dans les angles. Autour de ce morceau sont placés des petits pavés, avec le chiffre de Diane en creux, provenant d’Anet; ces pavés, posés l’un contre l’autre, devraient être intercalés entre des carreaux unis pour ne faire qu’un semis, ainsi qu’ils étaient posés au XVIe siècle. Ce Cabinet était autrefois l’Antichambre de l’appartement n° 2 ; il était décoré jadis par de vieilles tapisseries à personnages du XVIe siècle.

CHATEAU DANET

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SALLE A MANGER

Au XVIIIe siècle, cette Salle était l’appartement n° 2; il n’y avait rien de bien remarquable qu’un lit à large dossier, et sur le devant un Soleil en bronze doré.

La décoration de cette Salle est dans le style Renaissance; les deux portes sont ornées de panneaux sculptés aux chiffres et aux allégories de Diane, avec le monogramme de M. Moreau, le propriétaire actuel, à qui l’on doit la dernière restauration. Les dessus des portes sont deux anciens panneaux provenant du plafond de la Galerie de Diane ; le chiffre de Diane et de Henri y est au milieu sur un cartouche, orné de quatre croissants et accompagné de deux griffons de chaque côté; deux branches de laurier soutiennent ce cartouche sculpté et doré.

Une cheminée monumentale est portée par deux cariatides en noyer; la partie supérieure est sculptée, avec des incrustations en marbre, et le milieu est orné d’un cartouche avec les armoiries de Diane de Poitiers; au-dessous est un très-joli médaillon en marbre blanc, qui est la reproduction du bas-relief de Jean Goujon et représente Diane caressant un cerf. Cette cheminée est terminée par l’inscription du foyer de l’ancienne Salle à manger du XVIe siècle :

Dapibus mensas oneramus inemptis.

L’horloge est renfermée dans une boiserie sculptée qui reproduit un panneau de la décoration de la Galerie de Diane, d’après un dessin donné par celui qui écrit ces lignes.

D’anciennes tapisseries, représentant des chasses au vol, au sanglier, et des chasses à courre, forment la décoration de cette Salle.

Le plafond , en noyer, est composé de plusieurs panneaux sculptés et dorés aux chiffres de Diane et de Henri II, ainsi qu’à celui de M. Moreau. Entre chaque panneau sont les emblèmes et les allégories de Diane en dorures.

Au milieu de cette Salle est une très-belle table, dont les deux bouts sont richement sculptés et dorés; on y voit le chiffre de Diane. Cette pièce fornie la pointe de l’aile gauche qui donne sur la place.

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